Les prix du pétrole ont progressé lundi, en raison notamment de nouvelles attaques au Nigéria, ces dernières ayant d'ores et déjà eu pour effet de réduire la production de cet important producteur de pétrole.
Les propos du ministre saoudien du Pétrole, selon lequel l'Opep pourrait procéder à de nouvelles baisses de sa production en décembre a pu également influer sur les cours.
La condamnation à mort prononcée dimanche à l'encontre de l'ex-président irakien Saddam Hussein fait également craindre une escalade de la violence en Irak, qui pourrait être à l'origine d'une nouvelle flambée du brut.
I – Le cours du pétrole progresse
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a avancé de 88 cents, clôturant à 60,02 dollars. A Londres, le baril de Brent de la Mer du Nord a gagné 60 cents, terminant à 59,75 dollars le baril sur l'échéance de décembre.
Les cours avaient tout d'abord entamé la journée en baisse, le gouvernement américain ayant averti vendredi de possibles attaques au Nigeria contre des installations pétrolières, mais ces dernières ne s'étant pas concrétisées durant le week-end. Ils ont rebondi lundi, les faits confirmant malheureusement les précédentes annonces américaines.
II – Attaque sur le pétrole du Nigéria
Des manifestants ont envahi la station de pompage de Tebidaba de la société italienne Agip dans le sud du Nigeria, causant une interruption de production de 55.000 barils par jour de pétrole, selon un haut responsable du groupe. Ces nouvelles pertes s'ajoutent à un déficit d'environ 500.000 barils par jour au Nigeria, dû à de nombreuses attaques menées par des militants séparatistes du delta du Niger, depuis le début de l'année.
Les ravisseurs de l'Américain et du Britannique employés par la firme norvégienne Petroleum Geo-Services (PGS), enlevés la semaine dernière au sud du Nigeria, ont demandé une "énorme rançon", a déclaré par ailleurs lundi à Lagos une source proche des négociations.
Si, les parties avaient pu auparavant atteindre un point d'accord sur les demandes initiales de services sociaux tels l'eau, des routes, des écoles, l'électricité et des bourses étudiantes, les ravisseurs ont subitement demandé lundi une énorme rançon, en liquide. Pour rappel, les deux hommes ont été enlevés par un groupe inconnu dans la nuit du 1er au 2 novembre dans la région pétrolifère du delta du Niger.
III – L'OPEP fait craindre une diminution de l'offre
Le ministre saoudien du Pétrole Ali Al-Naimi a indiqué lundi que l'Organisation des payx exportateurs de pétrole, après avoir décidé de réduire en novembre sa production d'1,2 million de barils par jour, "pourrait procéder à de nouvelles baisses en décembre".
M. Al-Naimi a par aillleurs indiqué que le marché était sur-approvisionné et le niveau des stocks trop élevé. Ses propos ont fait écho à ceux du président du cartel, Edmund Daukoru, qui a jugé lundi les prix du brut "trop bas" et averti que l'Opep pourrait procéder à une nouvelle réduction de production le mois prochain.
Alors que les courtiers doutaient jusqu'ici que l'Opep déciderait d'une nouvelle baisse de sa production, ces commentaires semblaient avoir réduit lundi leur scepticisme. A noter que le Venezuela prône également quant à lui une réduction supplémentaire de 300.000 barils de pétrole par jour lors de la prochaine réunion du cartel.
IV – Inquiétude sur la situation en Irak
Les cours ont également progressé en réaction à la condamnation à mort prononcée dimanche à l'encontre de l'ex-président irakien Saddam Hussein, qui fait craindre au marché une escalade de la violence en Irak.
L'inquiétude est montée en effet, le marché anticipant les éventuelles conséquences du jugement rendu. Mais si aucun incident ne s'est produit à l'heure actuelle en signe de rétorsion, un regain de violence reste possible selon les analystes. Ces derniers estiment par ailleurs que toute nouvelle attaque au Nigeria ou aggravation des problèmes en Irak pourrait faire progresser les cours du brut.
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L'Iran n'exclut pas une nouvelle baisse de la production de l'Opep
AFP 07.11.06 | 09h56
07 novembre 2006 à 10:07Le ministre iranien du Pétrole Kazem Vaziri Hamaneh n'a pas exclu mardi une nouvelle baisse de la production de l'Opep si les prix du pétrole continuent de chuter. Interrogé par des journalistes à Téhéran si une nouvelle baisse du plafond de la production du cartel est nécessaire, il a répondu: "Cela dépend des effets de la baisse actuelle de la production sur les prix du pétrole". "Si cela a un effet et les prix se stabilisent, une nouvelle baisse ne sera pas à l'ordre du jour. Mais sinon, on décidera à Abuja" au Nigeria, où l'Opep doit se réunir le 14 décembre, a ajouté le ministre iranien. "A l'exception de l'Indonésie, qui a dit ne pas pouvoir appliquer la baisse décidée, les autres pays la respectent et nous espérons que cela aura un effet" positif, selon lui. L'Opep a décidé en octobre à Doha de réduire son plafond de production de 1,2 million de barils par jour pour contrer la tendance à la baisse des prix sur le marché international. D'autres pays membres de l'Opep, notamment l'Algérie, ont exclu une nouvelle baisse du plafond de production de l'organisation.
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