Si la victoire démocrate laissait présager d'une telle éventualité, les troupes américaines pourraient belle et bien quitter l'Irak.
Selon l'édition du Washington Post du 28 novembre, un rapport accablant des marines préciserait que l'armée américaine n'est plus à même de venir à bout de l'insurrection qui ensanglante la province d'Al-Anbar.
Le Pentagone envisage de retirer les soldats américains stationnés dans l'ouest de l'Irak, a par ailleurs indiqué mardi soir la chaîne de télévision ABC News citant des "responsables" du ministère de la Défense.
Ne manquant aucune occasion de faire enrager les USA, l'Iran a quant à elle exhorté les USA à quitter le territoire irakien, tout en proposant son soutien à l'Irak. Mais l'Arabie saoudite n'a pas dit son dernier mot.
I – Retrait US envisagé dans l'Ouest de l'Irak
La chaîne de télévision ABC News a confirmé cette information et a également révélé que le Pentagone envisageait même de retirer les soldats américains stationnés dans l'ouest de l'Irak, citant des "responsables" du ministère de la défense. Compte tenu de la situation d'Al-Anbar et du besoin impératif de contrôler Bagdad, le général Peter Pace, le deuxième plus haut gradé de l'armée américaine, envisagerait de laisser la province aux forces de sécurité irakiennes et de redéployer autour de la capitale les quelque 30 000 soldats américains, essentiellement des marines, stationnés dans la province à majorité sunnite d'Al-Anbar.
Une autre option envisagée serait d'augmenter de 2 à 5 brigades (soit 7 000 à 18 000 hommes) le niveau des troupes présentes en Irak. Cependant cette option serait rejetée par les généraux Casey et Abizaid, qui envisageraient plutôt un redéploiement des troupes dans le pays. En tout état de cause, toute nouvelle initiative devra attendre la prise de fonctions du nouveau secrétaire d'Etat à la défense, Robert Gates, qui devrait avoir lieu dans quelques semaines.
"Depuis octobre 2004, nous avons tué ou capturé 7 000 terroristes d'Al-Qaida. Les forces de sécurité irakiennes et de la coalition ont fait d'importants progrès dans le démantèlement du réseau terroriste", a cependant affirmé le général William Calwell, mardi. "Depuis juillet, 30 membres de haut niveau d'Al-Qaida ont été tués ou capturés", a-t-il ajouté. "Il y a eu depuis plusieurs mois une évolution très positive de la situation", a-t-il assuré.
II - Al-Qaida contrôle la province d'Al-Anbar
Selon un rapport secret du service de renseignement du corps des marines écrit par le colonel Peter Devlin, les forces américaines ne peuvent ni endiguer le mouvement des insurgés de l'ouest de l'Irak, ni contrecarrer l'influence grandissante du réseau terroriste Al-Qaida dans cette région.
Pour rappel, la province d'Al-Anbar est considérée comme le bastion de l'insurrection en Irak. Au moins 1 055 soldats américains y ont trouvé la mort. Le document décrit Al-Qaida comme étant "l'organisation influente dominante" dans la province d'Al-Anbar"par sa capacité à contrôler la vie quotidienne du sunnite moyen".
A moins que les Etats-Unis ne déploient entre 15 000 à 20 000 militaires supplémentaires dans la région et ne débloquent des milliards de dollars supplémentaires d'aide, les troupes américaines "ne peuvent rien faire pour mater" les insurgés, estime le document. Selon le rapport, "la situation sociale et politique se détériore au point" que les troupes américaines et irakiennes "ne sont plus capables de battre militairement l'insurrection à Al-Anbar".
Des affrontements interconfessionnels devenant de plus en plus fréquents et acharnés depuis ces derniers mois en Irak ne sont cependant pas une guerre civile, a estimé mardi le président des Etats-Unis, George W. Bush. Selon le président américain, les affrontements sont le résultat des agissements d'Al-Qaïda qui cherche à diviser la société irakienne à l'aide de la violence.
III - Ahmadinejad : les USA doivent quitter l'Irak
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a conseillé mercredi aux Américains de «quitter l'Irak pour préserver le peu de réputation qui leur reste», à l'issue d'une visite de trois jours du président irakien Jalal Talabani à Téhéran. «Remettez les responsabilités au gouvernement irakien selon un calendrier précis, comme l'a demandé ce gouvernement», a-t-il ajouté. «Le gouvernement irakien doit être puissant. Les Irakiens sont capables de gérer la situation et de restaurer la sécurité», a-t-il encore affirmé.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est également livré mercredi à une attaque en règle de la politique étrangère de George W. Bush dans une lettre sans précédent au peuple américain.
"Maintenant que l'Irak a une Constitution et un gouvernement et une assemblée indépendants, ne serait-il pas plus bénéfique à long terme de ramener à la maison les officiers et les soldats américains et de réorienter les sommes astronomiques consacrées aux dépenses militaires en Irak vers le bien-être et la prospérité du peuple américain ?", demande M. Ahmadinejad, dans cette lettre rendue publique par l'ambassade d'Iran à l'ONU.
Dans sa missive adressée aux "Nobles Américains", le président iranien s'efforce de souligner les points communs entre eux et son propre peuple, "craignant Dieu, amoureux de la vérité et avide de justice", pour mieux critiquer le président Bush et son administration.
IV - L'Iran prêt à aider l'Irak à garantir la sécurité dans le pays
L'Iran est prêt à aider l'Irak à garantir la sécurité dans le pays, a déclaré mardi le guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei au cours de sa rencontre avec le président irakien Jalal Talabani. "L'Iran ne refusera pas d'accorder à l'Irak l'aide nécessaire au maintien de la sécurité et de la stabilité dans ce pays, si le gouvernement irakien nous en fait la demande", a indiqué Ali Khamenei.
La violence en Irak porte préjudice à tous les pays de la région et Téhéran se croit obligé d'aider à garantir la sécurité en Irak pour des raisons humaines et religieuses", a indiqué le guide spirituel de l'Iran. L'Iran "prône un Irak stable et en constante progression et place la sécurité des villes irakiennes sur le même plan que celle des villes iraniennes", a conclu l'ayatollah Khamenei.
V - L'Arabie saoudite interviendrait en Irak en cas de retrait US
L'Arabie saoudite interviendrait en Irak pour protéger les Sunnites en cas de retrait américain, affirmait mercredi Nawaf Obaid, conseiller à la sécurité du gouvernement de Ryad, dans une tribune du Washington Post. Parmi les options envisagées par le leadership saoudien figurerait notamment une aide "financière, matérielle et logistique aux responsables militaires sunnites irakiens comparable à celle que l'Iran fournit depuis des années aux groupes armés chiites irakiens".
Le gouvernement de Ryad pourrait également, indique-t-il, inonder le marché de pétrole pour faire chuter les prix, "limitant ainsi la capacité de Téhéran à poursuivre le financement aux milices chiites en Irak et ailleurs".
"Il est sûr qu'un engagement du royaume saoudien en Irak comporte de grands risques et pourrait déclencher une guerre régionale. Qu'il en soit ainsi: les conséquences de l'inaction sont bien pires", indique aussi le conseiller, dont l'opinion "ne représente pas la politique saoudienne officielle", précise le journal.
Nawaf Obaid ajoute qu'il serait "très difficile" aux sunnites irakiens, minoritaires dans leur pays où la population est chiite à 65%, "de survivre à une campagne de nettoyage ethnique". "Dans ce cas, rester sur la touche serait inacceptable pour l'Arabie saoudite. Fermer les yeux au massacre de sunnites irakiens serait abandonner les principes sur lesquels le royaume a été fondé. Cela saperait la crédibilité de l'Arabie saoudite dans le monde sunnite et constituerait une capitulation face aux actions militaristes de l'Iran dans la région", ajoute le responsable.
Le roi Abdallah II, a mis en garde dimanche contre les risques de guerre civile non seulement en Irak, mais aussi dans les territoires palestiniens et au Liban.
A lire également :
. Irak : les démocrates favorables à un retrait rapide
. Irak : vers le début de la fin ?
. Irak : le pétrole coule à nouveau vers la Turquie
. Irak : patience recommandée face à un risque de guerre civile
. IRAK : guerre civile pétrolière menée par l'Iran?
. Pétrole: l'Irak va régler ses dettes à la Turquie
. Pétrole Irakien : perte de 6 milliards USD
Le chef d'état-major interarmées américain, le général Peter Pace, a démenti mercredi que l'armée américaine voulait retirer les soldats américains de la province irakienne d'al-Anbar (ouest) pour les redéployer autour de Bagdad. "Il n'y a pas de projets immédiats pour retirer toutes les forces de la coalition de la province d'al-Anbar et de transférer dès maintenant toutes les responsabilités en matière de sécurité aux forces de sécurité irakiennes", a dit le général Pace lors d'une conférence de presse. "Pourquoi voudrions nous abandonner une partie de l'Irak à l'ennemi. Ce n'est pas ce que nous voulons", a-t-il ajouté. Le général Pace a par ailleurs confirmé que le commandant des troupes de la coalition en Irak, le général George Casey, avait décidé de déplacer vers Bagdad deux bataillons américains actuellement déployés dans d'autres régions du pays pour renforcer la sécurité dans la capitale irakienne. |

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.