Lancement de l'Association des Pays Africains Producteurs de Diamants

Diamant1_1L'Association des Pays Africains Producteurs de Diamants (ADPA) a été formellement lancée samedi, à Luanda, en Angola. Son objectif est de mieux défendre les intérêts des producteurs et d'avoir une action ajustée en vue d'obtenir plus de poids et plus de crédibilité sur le plan international.

Le président angolais, José Eduardo dos Santos, à l'initiative du projet - a souligné le rôle essentiel de l'ADPA, dont les pays membres représentent environ 60% de la production mondiale de diamant, dans la surveillance du marché diamantifère.

L'Association des pays africains producteurs de diamants (ADPA) a été formellement lancée samedi à Luanda, où est installé son siège. Dans une déclaration commune adoptée à Luanda, les représentants des Etats membres et des groupes producteurs de diamants se sont engagés à "mettre en pratique l'esprit et la lettre des statuts de l'organisation".

Au terme de deux rencontres, dans la capitale angolaise, des experts de 18 pays producteurs de diamants ont analysé, entre autres sujets, le projet de statut de la future association, le budget pour l`installation du Secrétariat Exécutif, ainsi que les critères de sélection des membres et des mécanismes de fonctionnement.

L'objectif de cette instance communautaire africaine est d'éviter que le diamant ne soit utilisé pour soutenir financièrement les conflits sur le continent – comme cela est trop bien souvent le cas - et de protéger les prix de production. Le président angolais, José Eduardo dos Santos, a indiqué par ailleurs que l'ADPA allait formuler des stratégies visant à réglementer le marché du diamant.

L'association prévoit également de réunir les pays producteurs de diamants et les grandes sociétés de la branche dans un forum spécifique de concertation, à travers la coopération permanente entre les membres, visant à garantir une croissance durable du continent.

L'ADPA sera guidée par une série de mécanismes parmi lesquels un système de contrôle international connu sous le nom de "Processus de Kimberley", appuyé par l'Onu. Le Processus de Kimberley a notamment a établi en 2003 un système de certification assorti d'une série de contrôles et de suivi du diamant, des mines aux ateliers de polissage.

L'ADPA, qui sera présidée par un conseil des ministres dirigé par rotation par chacun des pays membres, compte 16 pays : l'Angola, la Côte d'Ivoire, le Ghana, l'Afrique du Sud, la Guinée Conakry, le Liberia, le Mali, la Namibie, la République centrafricaine, la RDCongo, le Congo-Brazzaville, la Tanzanie, le Zimbabwe, la Mauritanie, l'Algérie et le Botswana.

Le ministre adjoint du premier ministre angolais, Aguinaldo Jaime, a déclaré pour sa part samedi que l`Angola est indubitablement lié à la création de l`Association des Pays Africains Producteurs de Pétrole (ADPA). A l`occasion, il a appelé les Etats membres de l`ADPA à exploiter cette importante ressource minérale en vue de créer une valeur ajoutée des économies de l'Afrique, de promouvoir la régularisation du secteur informel des diamants et de créer les bases d`un développement durable.

De ce fait, l`association est importante selon lui pour éléver la voix des Etats africains dans le concert mondial des Nations, afin que "l`on mette fin au paradoxe qui consiste au fait que le continent africain représente plus de 60% de la production de diamants, mais n'a pas droit au bénéfice de ses populations". "Il est très important que la production de diamants serve, fondamentalement, à nos populations, et cela passe par l`établissement de politiques durables, par l`attraction de l`investissement privé tant national qu`étranger", a-t-il souligné, ajoutant que les populations doivent être les principales bénéficiaires du développement de l`industrie minière.

Sources : Afrique Centrale, Angola Press

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1 Commentaire

  1. 1

    Francis

    LE MONDE 04.11.06 Leonardo contre le lobby du diamant, Marc Roche

    Un vent de révolte souffle chez les diamantaires... En cause, Blood Diamond ( "diamant de sang"), un film d'aventures réalisé par Edward Zwick... dont les exploits se déroulent sur fond de combats barbares entre le gouvernement et les rebelles au profit de trafiquants de tout poil. Alimentée par la contrebande de diamants, la guerre civile en Sierra Leone a fait 75 000 morts, entre 1997 et 2000.

    ... La De Beers, le géant sud-africain des gemmes, a offert 8 millions de dollars au lobby diamantaire pour sa campagne de publicité dans la presse américaine sur le thème : ne laissons pas Leonardo DiCaprio entacher tout un secteur qui fait vivre des millions de gens en Afrique australe ou ailleurs. Eli Izhakoff redoute, en particulier, le boycottage des diamants comme il en existe pour la fourrure. L'enjeu économique est énorme : le marché américain absorbe plus de la moitié des ventes au détail de diamants polis qui s'élèvent au total à 14 milliards de dollars. Par ailleurs, l'écho rencontré par Blood Diamond risque d'ébranler la position de la De Beers, revenue en 2004 aux Etats-Unis après une absence de soixante ans pour violation de la législation antitrust sur le diamant industriel.

    ... Première place de négoce des joyaux africains, Anvers est également sur la sellette. L'ONG dénonce le trafic clandestin de diamants de Côte d'Ivoire ou du Liberia transportés illégalement via les pays limitrophes pour être revendus, en toute légalité, dans le port flamand.

    ... Le Processus de Kimberley, dit-on, ignore superbement les fuites provenant de République démocratique du Congo, d'Angola et de la République centrafricaine, trois des plus importants producteurs d'Afrique centrale. C'est que, à l'inverse de nombreuses organisations internationales, le Processus de Kimberley est une enceinte informelle, dénué de secrétariat et d'administration propre. Chaque pays est responsable de l'application des décisions prises en conférence. La présidence, tournante chaque année, est chargée de la coordination des actions : en 2007, ce sera le tour de l'Union européenne, premier centre mondial du commerce des diamants bruts...

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