Enfin un pays qui réagit, serais-je tentée de dire ! Ce que si révèle être un phénomène extrêmement grandissant depuis quelques jours, est proclamé aujourd'hui haut et clair par la Roumanie. Merci à la Chine de relayer l'information !
Alors que la Russie montre une hégémonie de tout premier ordre en augmentant son contrôle à la fois civile ET militaire sur gazoducs et oléoducs, le président roumain vient ainsi de mettre en garde l'opinion internationale contre le monopole énergétique de la Russie. Mais est-il encore temps ? Il est clair que Poutine a lancé une vaste opération en se servant du secteur pour assurer d'une manière ou d'une autre son maintien à la tête du pouvoir économique et financier de la Russie – voire de certains des ex-pays de l'Union soviétique- au delà des élections présidentielles de 2008.
Si le pétrole de la région continue d'être transporté exclusivement par la Russie, celle-ci aura un mot toujours plus important à dire quant à la politique de l'Union européenne, a averti mardi le président roumain Traian Basescu, lors des travaux de la conférence internationale traitant du "Développement économique et de la sécurité dans la région de la mer Noire", organisée à Washington par le Centre de Stratégies et d'études internationales et la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Roumanie.
Le président Basescu a ainsi mis en avant que l'espace économique et politique évoluait en interdépendance serrée. Il a par ailleurs jugé important de rappeler que la mise en oeuvre des réformes dans toute la région de la mer Noire se heurtait au monopole énergétique de la Russie dans la zone. Ce fait est d'autant plus inquiétant que la régression de la libéralisation et de la privatisation des colosses énergétiques russes est évidente selon lui et "le cas Ioukos est exemplaire à cet égard", a dit le président Basescu. Certains estiment en effet que Poutine n'a fait qu'écarter ainsi un patron jugé "indésirable" à la tête de la compagnie pétrolière russe.
Compte tenu de ces difficultés, Traian Basescu a estimé que les Etats-Unis devraient inclure la stratégie énergétique eurasiatique dans leur dialogue transatlantique. N'ayant pas le choix, il semble que la Roumanie se tourne ainsi vers les USA en vue de freiner les tendances hégémoniques du Président russe. Condoleezza Rice étant une véritable experte de la Russie et des champs pétroliers du Kazakhstan, de part sa formation et son expérience chez Chevron, elle pourrait malgré tout retirer une sacré épine du pied à la Roumanie voire à l'UE toute entière, si elle parvenait à restreindre les appétits de Poutine. Mais cela n'empecherait pas cependant que les USA s'avèrent également gourmands...
M. Basescu a réitéré l'annonce selon laquelle la Roumanie cherchait des opportunités de coopération avec les Etats de la mer Noire pour réaliser des projets économiques qui assurent un développement durable de la région. Traian Basescu a affirmé à cet égard que la Roumanie envisageait de relancer la coopération régionale dans le cadre de l'Organisation de la coopération économique à la mer Noire (OCEMN), promouvoir le commerce libre et faciliter les transports dans la région, compte tenu que le développement de voies alternatives de transport du pétrole et des gaz du bassin caspien via région de la mer Noire vers l'UE devenait d'une importance cruciale.
"Je considère qu'après l'adhésion à l'UE, dès le 1er janvier 2007, la Roumanie et la Bulgarie devraient continuer à militer en tout premier lieu pour la concentration de l'attention sur la région de la mer Noire et réussir à convaincre leurs partenaires de l'Union qu'il est nécessaire, bénéfique et opportun de réaliser un partenariat avec les pays de cette région", a conclu le président Basescu.
Vous pouvez être assuré Monsieur le Président de mon plus ample soutien ... en vue d'éviter notamment que Vladimir Poutine ne soit tenté de récréer - via dans un premier temps une éventuelle OPEP du Gaz comme un député russe l'a très récemment suggéré – une nouvelle union des ex-pays membres de l'URSS à partir des pays déjà rompus à sa cause ou qu'il saura d'une manière ou d'une autre ramené dans son giron, ne laissant à l'UE que peu de réactions possibles, cette dernière étant "tenue" par ses besoins en approvisionnement d'hydrocarbures.
Source : Xinhua
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8 Commentaires
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Pour les européens la seule solution réaliste de dépendance toujours croissante vis-à-vis des ressources énergétiques russes dans la décennie à venir, se situe dans le volet iranien de sa politique énergétique.
Clairement vers 2015-2020, l’UE fera face à un sérieux déficit gazier, même si la Russie continue ses livraisons et même en élève le niveau. L’Iran devient dès lors un enjeu en termes de sécurité gazière de l’Europe (impossible de poser un gazoduc depuis le Qatar jusqu’en Europe, sauf à passer par les territoires instables de l’Irak et de l’Arabie séoudite).
Quant à l’Iran, sa préférence va et ira toujours à vendre son gaz à l’Europe. Un gazoduc vers l’Europe via la Turquie ou via le Sud-Caucase ferait de ce rêve une réalité. L’ironie veut que l’Iran partage les réticences de l’UE (comme des Etats-Unis) à propos du renforcement de Gazprom en Asie centrale. Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour réaliser que l’Asie centrale représente une ligne de front particulièrement sensible entre l’Iran et Gazprom.
Les conséquences stratégiques sont gigantesques. L’UE l’a compris, mais ne peut guère en tirer parti ; les Etats-Unis l’ont aussi compris mais n’agira pas ; et la Russie a compris que ni l'UE, ni les Etats-Unis n’y feront rien.
Et ceci est sans doute possible un facteur critique de divergence dans les attitudes respectives de la Russie, de l’UE et des Etats-Unis vis-à-vis du dossier nucléaire iranien.
02 novembre 2006 à 09:502
merci beaucoup pour votre analyse.
La géopolitique devient on ne peut plus cruciale ces temps-ci, où le gaz est souvent à l'origine de moult tractations et moult enjeux.
02 novembre 2006 à 10:583
CQFD :( .... on en reparle au plus tot
Gazprom veut plus que doubler le prix du gaz à la Géorgie en 2007
MOSCOU, 2 nov 2006 (AFP)
Le géant gazier russe Gazprom a annoncé jeudi avoir proposé à la Géorgie, en crise avec la Russie, un doublement du prix de ses livraisons de gaz pour 2007 à 230 dollars les 1.000 m3, soit un prix qui s'approche de celui payé par les clients européens du groupe.
"Le prix de 230 dollars est inclus dans la proposition envoyée hier à la Géorgie", a indiqué à l'AFP Denis Ignatiev, du service de presse du groupe.
La Géorgie, dont le régime pro-occidental traverse une crise politique aiguë avec la Russie, payait jusqu'ici son gaz 110 dollars pour 1.000 m3.
02 novembre 2006 à 13:254
mille mercis à Google News Belgique d'avoir mis en ligne le sujet !! Il est crucial pour toute l'UE !!!
Merci encore
Elisabeth
02 novembre 2006 à 13:555
On en reparle , l'ANNEXION etant un sujet majeur de mes "recherches" du moment
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L'annexion de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud est étrangère à la politique de la Russie (ministre)
01/11/2006 09:50 OSLO, 1er novembre - RIA Novosti. L'annexion de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud est étrangère à la politique de la Russie, a déclaré mardi le vice-premier ministre et ministre de la Défense de la Russie, Sergueï Ivanov, dans une interview à la chaîne de télévision Russia Today.
"La Russie n'a pas de projet d'annexion du territoire de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud mais d'autre part, nous sommes contre toute tentative de la Géorgie de résoudre ce problème par des moyens militaires", a-t-il déclaré.
"La Géorgie, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie doivent résoudre ce problème par des moyens diplomatiques et pacifiques, indépendamment du temps que cela prendra", a ajouté le ministre russe.
Sergueï Ivanov s'est déclaré préoccupé par les livraisons d'armements à la Géorgie par les "nouveaux alliés européens, otaniens et est-européens, de Tbilissi". "C'est dangereux parce que ce problème doit être résolu par voie d'efforts diplomatiques et pacifiques, sans faire usage de la force", a tenu à répéter le ministre.
02 novembre 2006 à 14:266
Moscou a accusé jeudi Washington d'être guidé par de "faux schémas géopolitiques" et de privilégier les gazoducs qui contournent la Russie, réagissant à la mise en garde lundi d'un responsable américain lancée à l'Europe contre sa dépendance du gaz russe.
"Nous avons malheureusement l'impression que l'opposition des Etats-Unis d'abord contre le gazoduc Blue Stream, maintenant contre le gazoduc nord-européen est motivée non par le souci de la sécurité énergétique en Europe mais par le principe prôné par certains responsables américains que les bons gazoducs sont ceux qui contournent la Russie", déclare le ministère russe des Affaires étrangère dans un communiqué.
Le texte réagit à une interview de Matthew Bryza, membre du département d'Etat américain, dans le Financial Times Deutschland (FTD) de lundi où il met en garde les Allemands contre de possibles interruptions dans les livraisons de gaz cet hiver.
"La Russie n'a jamais violé ses engagements sur les livraisons du gaz à ses partenaires européens", assure la diplomatie russe.
"La décision de réorienter vers l'Europe une partie de ressources du gisement unique de Chtokman garantit des livraisons stables du gaz russe en Europe pour plusieurs décennies", ajoute-t-il.
Le président russe Vladimir Poutine avait annoncé fin septembre que le gaz du gisement de Chtokman, en mer de Barents, destiné au départ en grande partie aux Etats-Unis, serait réorienté vers l'Europe.
Le gazoduc nord-européen sous la Baltique, qui doit relier directement Vyborg (nord-ouest de la Russie) à Greifswald (nord-est de l'Allemagne) pour desservir l'Europe du Nord, devrait être opérationnel dès 2010.
La Pologne et les pays Baltes se sont élevés contre ce projet et de nombreux experts ont mis en garde contre un risque de dépendance accrue de l'Europe envers le gaz russe avec ce nouveau gazoduc.
Environ 25% du gaz consommé en Europe est actuellement d'origine russe et cette part monte même à 35% pour l'Allemagne.
02 novembre 2006 à 21:407
Inquiétant, très inquiétant en tenant compte de l'ensemble des infos sur le dossier.
Poutine est près à aller jusqu'au bout pour préserver son pouvoir au delà de 2008.
Certains estiment qu'il poourrait faire en sorte que les ex-pays de l'URSS soient ingérables en vue de se positionner en sauveur.
Attention , il est tout de même l'ancien chef du KGB :(
02 novembre 2006 à 22:108
Article très intéressant sur Poutine et KGB
http://www.libres.org/francais/actualite/archives/actualite_1103/russie_a7_4603.htm
02 novembre 2006 à 22:16Ajoutez un commentaire
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