Irak : les démocrates favorables à un retrait rapide

Irakchilds108948Suite à leur récente victoire, les démocrates ont souhaité dimanche voir les USA entamer un début de retrait militaire d'Irak dans les 4 à 6 mois. Le sénateur républicain John McCain, candidat probable à la présidentielle de 2008 s'est quant à lui élevée contre une telle perspective.

Il n'en reste pas moins que le groupe américain de BTP Bechtel, un des principales sociétés oeuvrant pour la reconstruction de l'Irak, a annoncé vouloir se retirer du pays. Le ministre irakien du Pétrole a d'ores et déjà appelé le Japon à participer au redressement de l'industrie pétrolière de son pays, tandis que le gouvernement irakien demandait à la communauté internationale une aide d'environ 100 milliards de dollars sur 5 ans pour reconstruire son infrastructure.

I – Les démocrates pour un retrait d'Irak

"Nous avons besoin d'entamer une phase de redéploiement des forces d'Irak dans les 4 à 6 mois", a déclaré le démocrate Carl Levin, appelé à devenir en janvier président de la commission des Forces armées du Sénat. Selon lui, l'engagement militaire américain en Irak ne serait pas "sans fin". Considérant que la seule solution au problème irakien était politique, il a alors estimé que les Etats-Unis devaient mettre la pression sur les dirigeants irakiens afin qu'ils parviennent à trouver une issue.

Le sénateur démocrate Joe Biden, appelé de son côté à redevenir au Sénat président de la commission des Relations internationales, s'est déclaré d'accord avec cette perspective de quatre à six mois. "Le nouveau Congrès mettra la pression sur les dirigeants irakiens pour qu'ils distribuent équitablement les revenus du pétrole, qu'ils instituent une forme de fédéralisme, négocient avec les milices et travaillent en faveur d'une conférence internationale", a-t-il dit, également.

II – Le républicain McCain contre une telle stratégie

Le sénateur républicain John McCain a réaffirmé pour sa part son opposition à tout retrait prématuré des troupes. Selon lui, un retrait ou que la fixation d'une date de retrait mènerait au chaos dans la région. Une telle phrase signifie tout de même que l'idée fait son chemin. Il estime pour sa part que de nombreuses possibilités demeurent pour sauver la situation, mais qu'elles nécessitent toutes la présence de plus de troupes.

Ancien combattant au Vietnam et bénéficiant à ce titre d'une forte audience aux Etats-Unis, M. McCain s'est opposé à un retrait graduel du pays. Selon lui, la mise en oeuvre d'une telle stratégie impliquerait une recrudescence de la violence confessionnelle et l'implication de l'Iran et de la Syrie, aboutissant de ce fait à une situation grave. "Nous sommes à un moment critique où nous allons gagner ou perdre dans les prochains mois", a-t-il enfin estimé.

Dans un sondage pour le magazine Newsweek diffusé samedi, 78% des Américains se sont dits "inquiets" (dont 51% "très inquiets") que les démocrates s'emploient trop précipitamment à retirer les troupes d'Irak.

III - Bechtel se retire d'Irak

Le groupe américain de BTP Bechtel, principal acteur de la reconstruction de l'Irak, a indiqué la semaine dernière qu'il se retirait du pays, justifiant sa décision par le fait que 52 de ses employés y ont trouvé la mort, et qu'en tout état de cause, son dernier contrat avait désormais expiré. Tous les travaux que l'USAID (une des agences gouvernementales américaines en charge de la reconstruction) avait demandé auraient été réalisés. Il estime ainsi qu'il s'agit d'un "départ normal".

Bechtel a reçu 99 contrats portant sur la reconstruction de réseau électrique, l'alimentation en eau potable et le traitement des eaux usées, dont 2 ont été abandonnés pour des raisons de sécurité. La valeur totale de ces contrats, octroyés notamment par les agences américaines chargées de la reconstruction, s'élevait initialement à 3 milliards de dollars, mais a été ramenée à 2,3 milliards de dollars, les USA ayant décidé d'allouer une part des sommes engagées à des dépenses de sécurité supplémentaires.

Au total, 52 employés du groupe ont été tués et 49 autres blessés en Irak, où plusieurs employés ont également été kidnappés. Le groupe y employait entre 100 et 200 expatriés et avait recours, au plus fort de son activité, à 40.000 employés locaux. Une partie des travaux sur place a également été détruite ou sabotée. Certains employés du groupe resteront en Irak pour régler les formalités administratives. Interrogé sur l'éventualité d'un retour des équipes de Bechtel sur place, en cas d'attribution de nouveaux contrats, Bechtel s'est montré prudent.

IV - Le ministre irakien du Pétrole appelle les Japonais à investir

Le ministre irakien du Pétrole, Hussein al-Shahristani, a appelé la semaine dernière le Japon à participer au redressement de l'industrie pétrolière de son pays par des investissements et des prêts. "L'industrie pétrolière est importante pour la reconstruction de l'Irak", "mais investir n'est pas suffisant. Nous aimerions que les entreprises et le gouvernement japonais accordent des prêts à l'Irak", a-t-il ainsi déclaré au cours d'une rencontre à Tokyo avec le ministre japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, Akira Amari.

M. Amari a quant à lui répondu que le Japon était actuellement en train de sélectionner les projets qu'il financera à l'aide d'un prêt de 3,5 milliards de dollars accordé à l'Irak en 2003. Ces projets devraient notamment concerner la reconstruction des capacités de raffinage, ainsi que l'installation d'oléoducs. M. al-Shahristani a effectue cette semaine une visite officielle de trois jours au Japon, un des principaux fournisseurs d'aide à l'Irak. Outre les prêts de 3,5 milliards de dollars consentis en 2003, Tokyo a accordé à Bagdad 1,5 milliard de dollars d'aide directe et a effacé 6 milliards de dettes

V – L'Irak chiffre ses besoins à 100 mds USD

L'Irak a demandé récemment à la communauté internationale une aide d'environ 100 milliards de dollars sur 5 ans pour reconstruire son infrastructure ravagée par plus de trois ans de violence, le montant n'étant qu"approximatif" selon le gouvernement irakien. L'Irak aurait en effet besoin d'une assistance jusqu'à ce que son secteur pétrolier soit reconstruit.

Dans cet optique, un "Pacte international avec l'Irak » a été élaboré à l'initiative du gouvernement irakien, en vue de garantir une aide financière et politique pour restaurer la paix et la démocratie dans le pays.

Les USA, l'UE et l'Arabie saoudite ont d'ores et déjà promis des aides financières. Ryad aurait même exprimé sa volonté de fournir un milliard de dollars, incluant des dons et des prêts, ainsi que 500 millions de dollars d'aides financières. L'Irak a par ailleurs appelé à l'annulation des dettes accumulées par le pays, estimées à des dizaines de milliards de dollars. Le Pacte devrait être lancé officiellement dans cinq semaines.

Des représentants de 14 pays donateurs, dont la France, le Japon, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, et sept institutions internationales, dont l'ONU et l'UE demandent par ailleurs à l'Irak d'appliquer un programme de réformes économiques, sociales et sécuritaires et de combattre la corruption répandue dans ce pays, avant de lui accorder cette aide. Le Koweit a pour sa part annoncé qu'il examinerait les moyens d'une meilleure utilisation de l'aide promise par les pays donateurs lors de la conférence de Madrid, en octobre 2003, lesquels  s'étaient alors engagés à contribuer à hauteur de 33 milliards de dollars à la reconstruction du pays.

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3 Commentaires

  1. 1

    déconfiture

    Les Etats-Unis sont "pris au piège" en Irak (Kofi Annan)
    GENEVE, 21 nov 2006 (AFP)
    Les Etats-Unis sont "pris au piège" en Irak, où leurs troupes ne peuvent ni rester ni partir, a déclaré mardi à Genève le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

    "La question de la présence militaire est difficile. D'une certaine façon, les Etats-Unis sont pris au piège en Irak, du fait qu'ils ne peuvent rester mais ne peuvent partir non plus", a estimé le patron des Nations unies, lors d'une conférence de presse.

    M. Annan a fait valoir que les Etats-Unis devraient trouver la date "optimale" pour le départ de leurs troupes pour s'assurer que la situation du pays n'empire pas après ce retrait

  2. 2

    Elisabeth

    Pour ceux et celles qui recherchent des photos

    http://www.digitaljournalist.org/issue0604/finalsalute02.html

    THE FINAL SALUTE

  3. 3

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