Ce qui avait d’ores et déjà été annoncé depuis quelques mois devient désormais officiel : le groupe pétrolier italien Eni a signé un accord "historique" avec Gazprom, a annoncé Eni mardi dans un communiqué.
Le géant russe va désormais pouvoir vendre directement son gaz en Italie à partir de 2007. Espérons qu’il ne la fasse plus frissonner comme l’hiver dernier.
I - Gazprom va vendre directement du gaz à l’Italie
Gazprom va vendre directement du gaz sur le marché italien à partir de 2007 pour un volume qui atteindra 3 milliards de m3 à partir de 2010 et pour toute la durée du contrat, a précisé Eni. En contrepartie, Gazprom a prolongé son contrat de fourniture de gaz au groupe italien jusqu'à 2035, confirmant Eni comme premier client du groupe russe.
"Il s'agit d'un accord historique. La nouvelle alliance stratégique entre Eni et Gazprom a été rendue possible par un rapport unique existant depuis 50 ans et qui se prolonger sur les 30 prochaines années, englobant l'ensemble des secteurs", a commenté Paolo Scaroni, administrateur délégué d'Eni.
Dans la production, les deux groupes ont identifié "une série de grands projets à développer conjointement tant en Russie qu'à l'étranger et qui seront finalisés d'ici fin 2007. Les deux groupes, ainsi que la filiale Snam Rete Gas d'Eni, vont aussi coopérer dans le transport de gaz sur longue distance pour améliorer le transport du gaz russe. Ils vont en outre "développer des projets communs dans le gaz naturel liquéfié (GNL) pour servir le marché mondial du gaz".
II - L'Italien Eni partenaire de Gazprom
En septembre dernier, ENI avait annoncé la signature avant le 15 octobre 2006 d’un accord avec le géant gazier russe concernant toutes les étapes de la production à la commercialisation de pétrole, de gaz, d'électricité et de gaz naturel liquéfié (GNL). Les dirigeants des deux groupes avaient d'ores révélé en juin qu'ils négociaient un accord selon lequel le géant gazier russe pourra vendre sa production sur le marché italien sans intermédiaire. En échange, Eni sera associé à la recherche de sources d’hydrocarbures en Russie. Le président russe Vladimir Poutine et le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, avaient ainsi convenu le 20 juin d'ouvrir leurs marchés énergétiques respectifs aux entreprises de chacun des deux pays.
De son côté, Eni a intérêt à proroger son contrat avec Gazprom sur les fournitures de gaz qui expire en 2017 mais aussi à avoir accès à de nouveaux gisements russes. Le groupe pourrait prendre une participation dans l'immense champ gazier sibérien de Ioujno-Rousskoïe, un gisement convoité depuis des mois par l’allemand E.ON.
De 2009 à 2012, Eni projette d'augmenter de 3% par an sa production, mais la compagnie, pour parvenir à ce taux, participera, entre autres, à la mise en valeur des gisements ayant des perspectives à long terme, notamment au Kazakhstan et en mer de Barents.
En février 1998, Gazprom et Eni avaient signé un accord de coopération stratégique du projet Blue Stream, gazoduc reliant la Russie à la Turquie sous la mer Noire. Pour financer la construction du gazoduc, les deux compagnies avaient créé une joint-venture baptisée Blue Stream Pipeline Company. Mis en service en février 2003, le nouveau gazoduc a déjà permis de livrer à la Turquie 7,8 milliards de m3 de gaz naturel.
III - Gazprom pourrait se renforcer via l'Italie
Depuis la libéralisation du marché de ses actions, Gazprom souhaite développer les relations d'affaires avec les clients italiens importants, plus particulièrement avec Enel, Edison. Le patron de Gazeksport a également admis que Gazprom avait des visées sur Snam Rete Gaz, la société chargée du réseau de transport du gaz. En mars 2006, le dirigeant de Gazprom avait également rencontré le patron d'un autre distributeur d'énergie italien, Edison. A l'heure actuelle, Edison importe 2 milliards de m3 de gaz par l'intermédiaire de Promgas, joint-venture fondée par Gazprom et Eni.
L'Italie constitue le 3ème plus grand marché européen du gaz naturel, après la Grande-Bretagne et l'Allemagne, cette source d'énergie représentant plus de 30% du bilan énergétique italien. Les importations assurent près de 86% des besoins italiens en gaz naturel, l'Algérie et la Russie étant les principaux fournisseurs. L'Italie est le 2ème importateur européen de gaz russe. Ce dernier lui est livré par Gazprom dans le cadre de cinq contrats à long terme. En 2005, les approvisionnements russes se sont élevés à 21,85 milliards de m3 de gaz naturel.
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Sources : AFP, Ria Novosti

6 Commentaires
1
Précisions :
L'accord avec Eni était en discussion depuis plusieurs mois mais sa conclusion initialement prévue pour le 15 octobre avait dû être retardée en raison des inquiétudes de l'italien face aux difficultés d'autres compagnies pétrolières occidentales pour travailler en Russie.
14 novembre 2006 à 20:112
Le Président du conseil italien Romano Prodi veut lever les doutes de l'Italie concernant l'accord gazier entre la compagnie publique algérienne Sonatrach et son homologue russe Gazprom, a-t-il déclaré au quotidien algérien Al-Khabar.
"On a beaucoup exagéré la réaction italienne concernant cet accord, car notre intention était seulement d'obtenir des informations sur cet accord entre Sonatrach et Gazprom. Mais je suis sûr que nos doutes à ce sujet vont être levés après nos entretiens avec nos interloctueurs algériens", a dit M. Prodi.
Il a rappelé que l'Italie, importateur de 98% de son gaz, "veut un approvisionnement garanti et des prix fermes, avoir une capacité d'anticipation pour ce qui est des imprévus et un marché énergétique équilibré".
Le protocole d'accord signé en août à Moscou entre Sonatrach et Gazprom, prévoyant une coopération algéro-russe dans le gaz naturel liquéfié (GNL), a soulevé des inquiétudes européennnes, notamment en France et en Italie, deux grands impoprtateurs de gaz.
Alger avait immédiatement fait savoir que l'accord Sonatrach-Gazprom était commercial et ne préludait pas à la création d'une OPEP du gaz.
La Russie dispose des premières réserves mondiales de gaz et la Sonatrach contrôle l'essentiel du gaz extrait en Algérie et sa vente.
Arrivé mardi après-midi à Alger pour une visite de 24 heures, sa première depuis qu'il dirige le gouvernement, M. Prodi a été reçu par par le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem et le président Abdelaziz Bouteflika.
Le Président du Conseil italien a qualifié les relations des deux pays de "très, très bonnes" et "très fortes".
"J'espère qu'elles le seront davantage, notamment par l'engagement de projets communs et pas seulement dans le domaine de l'énergie, mais également dans la petite et moyenne entreprises", a-t-il dit, inaugurant une école italienne.
"Ma politique vise notamment à la création d'une vraie communauté méditerranéenne entre les deux rives, nord et sud", a-t-il ajouté.
Un "mémorendum d'entente", prévoyant un mécanisme financier d'aide italienne au développement des PME en Algérie, géré par Simest, une agence financière de statut public, a également été signé mercredi.
Rome et Alger veulent accélérer la réalisation du gazoduc sous-marin "Galsi" entre l'Algérie à la Sardaigne, prévu pour 2009. "J'espère que les travaux de construction de Galsi commenceront l'année prochaine", a dit l'ambassadeur d'Italie.
Une délégation algérienne ira à Rome d'ici fin décembre discuter de la réalisation de l'ouvrage de 940 km avec une capacité de transport de 8 milliards de m3/an.
La Sonatrach a annoncé avoir signé des accords de vente de gaz naturel avec cinq sociétés italiennes pour un volume total de 6 milliards de m3/an. Les livraisons se feront à travers le Galsi.
Les échanges, nettement en faveur de l'Algérie, doivent atteindre 10 milliards de dollars en 2006, selon les sources italiennes. Les investissements directs italiens en Algérie s'élèvent, en 2006, à 6 milliards de dollars.
15 novembre 2006 à 17:583
Oui, merci bcp pour cet article .
Bcp, bcp de choses à dire sur le gaz et Gazprom, un avant gout tout de suite dans article sur pénurie possible.
Article sur marché russe du gaz et éventuelle création d'une Opep du gaz en "gestation".
15 novembre 2006 à 18:054
je rajoute qu'aujourd'hui plusieurs accords ont été signé entre la sonatrach et ses associés au sujet du gazoduc Galsi.
Edison et Enel importerons 2 mds m3/an pendant 15 ans a partir de 2011
15 novembre 2006 à 18:05Hera 1 mds m3/an pendant 15 ans a partir de 2010
5
sur accord Algérie/ Russie :
15 novembre 2006 à 18:07cf.
a href="http://www.leblogfinance.com/2006/10/algrie_russie_d.html">Algérie – Russie : de l'eau dans le gaz ?
6
accord de la sonatrach et ses associés au sujet du gazoduc Galsi. : merci pas eu le temps de voir
Par ailleurs GDF confirmé sur Medgaz, tandis que la Russie ne mache pas ses mots avec la Pologne ...
15 novembre 2006 à 18:12Ajoutez un commentaire
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