La France devrait exporter plus de cent avions de combat Rafale, selon François Lureau, délégué général pour l'armement (DGA) du ministère de la Défense.
Même si aucune précision de calendrier ou de destination de ces appareils n'a été fournie, nous nous étions toutefois déjà fait l'écho sur ce blog de projets de ventes de rafales au Maroc et en Libye.
Alors que l'appareil n'a jusqu'ici jamais été vendu à l'international, il fait aujourd'hui l'objet de plusieurs campagnes pour l'exportation. Le Rafale intéresse vivement l'armée de l'air marocaine, qui pourrait devenir ainsi le premier client à l'export pour cet avion.
I – Dassault pourrait exporter plus de 100 rafales
"En tout état de cause, le nombre de cent appareils vendus devrait être dépassé", a déclaré M. Lureau, dans le cadre de son audition fin octobre devant la Commission de la Défense de l'Assemblée nationale. Selon le délégué général pour l'armement, "la vente du Rafale constitue un élément clé du succès de la France à l'exportation dans la mesure où des valeurs considérables sont en jeu".
"Les performances à l'exportation dépendront particulièrement de l'efficacité du travail collectif des grands industriels concernés : Dassault, Safran (moteurs), Thales (électronique) et MBDA (missiles)", a-t-il souligné, jugeant "nécessaire un "soutien très efficace de l'Etat". Les exportations françaises d'armement devraient "excéder 5 milliards d'euros" en 2006, a-t-il indiqué par ailleurs.
II - Vente de rafales prévues au Maroc
Alors que l'affaire avait été démentie en Juin, le groupe Dassault serait sur le point de vendre 18 avions de combat Rafale au Maroc, selon le quotidien Le Figaro et la presse du Maroc. L'armée marocaine serait ainsi le premier client étranger du Rafale de Dassault Aviation. Selon le Figaro, dont la famille Dassault est le principal actionnaire, la vente de rafales au Maroc marquera une étape importante après l’échec des négociations avec la Corée du sud, les Pays Bas et Singapour.
La négociation est réalisée par l'Arabie Saoudite qui financera les avions Rafale pour le Maroc. Cette transaction pourrait s'avérer être notamment une contrepartie à l'achat par les Saoudiens de l'avion Eurofighter construits par EADS, BAE Systems et Finmeccanica. Les rumeurs concernant ces négociations couraient depuis juin 2006. Le quotidien économique français, La Tribune affirmait alors dans ses colonnes que l'Arabie saoudite aurait financé l'achat de 12 à 18 appareils, citant des sources industrielles concordantes.
Selon le journal, les Saoudiens auraient visiblement sous-évalué l'énorme "déception" des Français à la suite de leur décision d'opter pour l'Eurofighter. L'échec du Rafale aurait été très durement ressenti en France. En conséquence, les missions diplomatiques françaises auraient fini par « ébranler les esprits saoudiens » qui n'avaient pas pris la mesure des enjeux du Rafale pour la France, selon le quotidien.
Dassault Aviation avait démenti le 7 juin l'information selon laquelle une vente de son avion de combat Rafale pouvait se concrétiser au Maroc, le constructeur aéronautique estimant à l’époque que son Rafale aurait une chance à l’export une fois mis en service fin juin par l’Armée de l’Air française, sur la base aérienne Saint-Exupéry de Saint-Dizie. Les négociations avec l’armée marocaine soucieuse de renforcer sa flotte aérienne auraient abouti récemment. Le fait que l'Algérie vienne d'acquérir récemment plus de 60 avions de combat russes de dernière génération, aura pu peser dans la balance.
III – Discussions en cours avec la Libye
La France serait en discussion avec la Libye pour concrétiser un accord cadre militaire visant à moderniser les armements libyens, dans le cadre de la coopération de défense renouée entre les deux pays en 2005. L'information n'est somme toute pas étonnante, sachant qu'en dehors de l'immense intérêt que peuvent représenter de tels contrats pour EADS, Dassault et autres fleurons français, les échanges commerciaux de la France avec la Libye fluctuent assez fortement d’une année à l’autre et que nos importations libyennes sont constituées à 95% des hydrocarbures (environ 2,5% de nos approvisionnements).
La Délégation générale pour l'armement (DGA) du ministère français de la Défense confirme pour sa part que "des contacts" ont été pris, précisant même que le directeur des relations internationales à la DGA, Jean-Paul Panier s'était rendu récemment à Tripoli. Le quotidien Al-Hayat, citant des "sources informée à Paris et Tunis", indiquait récemment que la France et la Libye avaient "accompli un grand pas" vers la signature d'une série de contrats militaires et la vente d'une vingtaine d'Airbus.
L'accord en cours de discussion viserait surtout à permettre à la Libye de retrouver la capacité opérationnelle qu'elle avait avant l'embargo international sur les armes entre 1986 et 2004. Les discussions en cours porteraient ainsi sur la modernisation de 38 Mirage F1 achetés par la Libye entre 1978 et 1980.
Le premier salon de la défense libyen "Lavex" prévu du 4 au 6 décembre à Tripoli devrait permettre aux industriels français de concrétiser de telles opportunités. Selon des sources industrielles, Dassault souhaiterait y présenter deux exemplaires du Rafale, si les autorités françaises l'autorisent. Lors de sa visite à Tripoli en février 2005, la ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie avait signé un accord définissant les futures relations de défense entre les deux pays. Cet accord comprend trois volets: dialogue stratégique, coopération militaire et coopération en matière d'armement.
IV – Plusieurs projets à l'exportation
Le Qatar pourrait être amené à remplacer ses douze Mirage 2000-5 par des Rafale, à condition de vendre ses Mirage à l'Inde, cette dernière semblant fortement intéressée par cette opération en vue de compléter sa flotte de Mirage 2000-H. La France et le Qatar avaient en effet signé en 2004 un protocole d'accord obligeant les Qataris à acquérir des appareils français en cas de cession de leurs Mirage 2000-5.
Plusieurs autres campagnes sont également en cours, notamment en Grèce où un appel d'offres pourrait être lancé en 2008, la Suisse envisageant de telles acquisitions pour 2007, tandis que le Brésil pourrait se montrer acquéreur. Même si l'Arabie Saoudite va acquérir 72 exemplaires du concurrent européen du rafale, l'Eurofighter, la France continue de le proposer aux Saoudiens.
V – Tout ne se résume pas au rafale
Pour autant, comme l'a rappelé François Lureau, "tout ne se résume pas au Rafale" pour les ventes d'armes même si "le secteur aéronautique représentera 50% à 70% des exportations françaises, missiles compris". Ainsi, les perspectives de contrats "sont nombreuses", en particulier pour les missiles, les hélicoptères, les avions de transport ou ravitailleurs.
Dans le domaine naval, le patron de la DGA mise sur les frégates multimissions FREMM, notamment dans sa future version anti-aérienne. Elles pourraient intéresser la Grèce qui a manifesté son intérêt pour l'acquisition de six frégates. "De même, a-t-il assuré, DCN propose des produits attractifs en matière de sous-marins conventionnels". Enfin, dans le domaine terrestre, où "les opportunités sont plus réduites", le DGA mise sur le canon autotracté Caesar, qui "est un bon produit" et le véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI) qui "suscite déjà beaucoup d'attention" même s'il doit "encore faire ses preuves".
Sources : AFP, La Tribune, MAP
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4 Commentaires
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salut.
07 novembre 2006 à 12:30Nul ne peut nier le potentiel et la puissance de l'algérie dans l'Afrique et notamment dans la région du maghreb. récemment l'algérie a conclu un accord avec la russie pour l'achat de 7 milliards d'armes et surtout des avions de chasse, je me demande pourquoi la France marginalise ce grand marché et laisse les autres pour en profiter????????????
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le contrat entre Algérie et Russie a permis notamment d'eponger les dettes algeriennes par rapport à Moscou, ceci peut peut-être expliquer cela ...
et puis , il se pourrait que les Généraux Algériens soient très gourmands ..
cf.
07 novembre 2006 à 12:35Poutine/Bouteflika : la Russie fait le bilan
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Franchement, vendre des Rafale à un pays comme la Lybie est une faute grave. Ce n'est qu'une question d'argent sans se soucier des dégats que de tels appareils pourraient causer entre de mauvaises mains!
04 octobre 2007 à 08:044
Merci pour ton article.
Mais vendre a la lybie je trouve ça pas très logique non ? tout pour l'argent.
14 janvier 2010 à 17:39Ajoutez un commentaire
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