Même si la Chine et dix pays africains ont signé dimanche à Pékin 16 accords commerciaux d'une valeur totale de 1,9 milliard de dollars, il n'en reste pas moins que le gouvernement chinois pourrait ne pas être totalement satisfait de ces entrevues.
En effet, alors que la Chine a une soif de plus en plus grandissante d'hydrocarbures – compte-tenu de sa forte dépendance dans ce domaine - aucun des accords signés ne concerne le pétrole. Ne nous leurrons pas, l'enjeu des négociations était bien celui là.
Des contrats impliquant douze entreprises chinoises soutenues par leur gouvernement, ont été signés au deuxième et dernier jour du sommet sino-africain de Pékin, dans le cadre de la deuxième Conférence des entrepreneurs de Chine et d'Afrique. Les domaines concernés sont notamment les ressources naturelles, les infrastructures, la finance, la technologie et la communication. Le seul “gros “contrat, d'une valeur de 938 millions de dollars, porte sur l'exploitation d'aluminium en Egypte, représentant à lui seul près de la moitié du montant total des accords signés dimanche.
Aucun contrat pétrolier n'a été paraphé, alors que la Chine a intensifié ses relations avec l'Afrique ces dernières années avec pour objectif principal d'y trouver des sources d'approvisionnement en hydrocarbures, dont elle est fortement dépendante pour satisfaire les besoins de son économie.
La Chine va également effacer tous les prêts à taux zéro arrivés à échéance en 2005 des pays africains les plus endettés, sans mentionner le nom des pays concernés par cette mesure. Pékin propose également à l'Afrique des prêts à taux préférentiel. Les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain devraient atteindre 50 milliards de dollars cette année et le Premier ministre Wen Jiabao, dans un discours prononcé samedi, a formé le voeu que ce chiffre double d'ici 2010.
Mais alors que l'Afrique représente actuellement un tiers des importations chinoises de pétrole, Pékin étant déjà, présent en Angola, au Nigeria et au Soudan, et ayant signé un protocole d'accord au Liberia, aucun accord de ce type n'a été évoqué ce week-end. A noter cependant, qu'un consortium chinois a décroché récemment pour 3 milliards de dollars un contrat d’exploitation de minerai de fer au Gabon. Pékin a également signé des accords pétroliers avec le Congo et la Guinée Equatoriale.
Le sommet, plus importante réunion diplomatique jamais organisée par la Chine, devait s'achever dimanche après-midi par la publication d'un plan d'action pour la période 2007-2009 et d'une déclaration. Mais alors que la plupart de la presse internationale s'empresse de se féliciter de tels accords, le journal “Afrique Centrale” a le mérite de mettre clairement les choses au point.
Il précise en effet que des groupes de défense des droits de l’homme déplorent les effets de la politique de non-ingérence de Pékin à l’égard de ses partenaires. En refusant de lier investissement et amélioration des libertés, estiment-ils, l’engagement de la Chine en Afrique renforce des gouvernements soumis par ailleurs à la pression des Occidentaux, comme au Soudan ou au Zimbabwe.
"La politique de la Chine a non seulement maintenu certains des pires responsables d’atteintes aux droits de l’homme du continent mais aussi affaibli les moyens de pression des pays tiers pour obtenir un plus grand respect des droits de l’homme", souligne Human Rights Watch dans un communiqué. L’organisation basée à New York presse la Chine de se servir de son influence croissante pour aider à la progression des libertés en Afrique.
Afrique Centrale clame – enfin, j'allais dire - haut et clair, ce que, pour ma part, j'estime essentiel pour comprendre la situation : “en développant sa coopération avec l’Afrique, la Chine a deux objectifs principaux : sécuriser ses approvisionnements pétroliers et vendre sa technologie, et s’assurer le soutien politique du continent au sein d’organisations internationale comme l’Onu. Une politique cynique qui ferme les yeux sur le génocide au Darfour (Soudan) ou sur les guerres civiles qui ravagent le continent”.
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Sources : AFP, Reuters, Afrique Centrale

3 Commentaires
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Ce qui va également dans le sens de "Afrique Centrale"
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C’est dans ce contexte que le président Abdelaziz Bouteflika, entouré d’une forte délégation ministérielle et en présence de nombreux hommes d’affaires algériens participant à ce forum, s’est adressé à ses pairs africains pour souligner que, si, depuis le forum de 2000 organisé ici même à Pékin, les relations économiques entre la Chine et le continent africain «ont connu un essor considérable» -on évoque le chiffre de 50 milliards de volume d’échanges à la fin 2005- «il faut reconnaître qu’elles se situent encore en deçà de nos potentialités réelles et ne reflètent pas encore pleinement la qualité de notre relation d’amitié et de coopération politique» et c’est dans ce cadre qu’il a appelé «les chefs d’entreprise à prendre des initiatives concrètes dans l’intérêt mutuel de l’Afrique et de la Chine».
En dressant un tableau assez dur, pour ne pas dire négatif, sur les défis en matière de développement non atteints par l’Afrique, Bouteflika s’est montré plus magnanime pour mettre en exergue «les aspects positifs liés à l’œuvre du renouveau qui est en train de s’opérer dans de nombreux pays africains» notamment sur la bonne gouvernance, les droits de l’Homme, la liberté d’expression qui connaissent «un élan appréciable à travers de nombreux pays africains» tout comme «le suffrage universel qui est devenu le passage obligé pour l’accession au pouvoir».
Soit une manière feutrée d’exhorter ses pairs africains, demeurés en reste, à ne pas occulter les problèmes politiques pendants sur le continent, à l’image du Darfour, de la Côte d’Ivoire ou de la Corne de l’Afrique. Saisissant l’opportunité de la présence des hommes d’affaires chinois, le chef de l’Etat algérien les a exhortés «à renforcer leur présence en Afrique à travers l’investissement dans les secteurs productifs et apporter ainsi une contribution significative au développement socio-économique du continent».
Très actif au cours de ce sommet, Bouteflika a multiplié les contacts avec des chefs d’Etat et de gouvernement africains et nombre d’apartés avec des responsables chinois de haut niveau à l’image du président Hu Jintao, qu’il retrouvera d’ailleurs pour les journées à venir, puisqu’il effectuera une visite d’Etat qui le conduira jusqu’à la Cité administrative de Shanghai.
Cette visite d’Etat, la seule programmée dans l’agenda des dirigeants chinois, sera sanctionnée par des accords bilatéraux touchant nombre de secteurs socio-économiques.
Par Bachir Chérif Hassen - La Tribune, le 5 novembre 2006
05 novembre 2006 à 22:362
depuis 2001 50000 chinois ont immigré en algerie. les batiments poussent comme des champignons en algerie grace a ces nouveaux ouvriers qui travaillent de jour comme de nuit sous les projecteurs.
06 novembre 2006 à 08:21a la grande surprise de certains ces chinois se sont tres bien intégrés en algerie et certains se sont meme mariés a des algeriennes
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A noter cependant que des constructions immobilières ont pris du retard en Alégrie, les Chinois ne semblant pas toujours respecter leurs contrats, je recherche l'article
06 novembre 2006 à 10:16Ajoutez un commentaire
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