Boeing contre des avances remboursables pour l'A350

BoeinggallandBizarrement, seul le journal "L'Usine Nouvelle" s'en fait l'écho en France alors que l'information a été communiquée lors d'une rencontre avec la presse. Allez savoir pourquoi ...

Yves Galland - par ailleurs ancien ministre du Commerce extérieur – qui dirige désormais la filiale française du géant Boeing, s'est fermement opposé mardi à ce qu'Airbus obtienne des avances remboursables pour financer l'A350, concurrent direct du Boeing 787.

Pour le patron de Boeing France, seul un renoncement à ce système de financement permettrait "d’arrêter la phase contentieuse actuelle".

I – Net avertissement de Boeing

"Si Airbus obtient des avances remboursables pour lancer son A350, nous considérerons cela comme un point de non retour", a lancé mardi Yves Galland, PDG de Boeing France, s'exprimant devant les médias

Aucune coïncidence mais bien une réelle intention d'émettre cet avertissement le jour même où le conseil d’administration d’EADS était réuni en vue de discuter précisément des modalités de financement de  l’A350, un appareil long courrier destiné à concurrencer le Boeing 787.

II – Le principe d'avances remboursables

Pour rappel, les avances remboursables versées par les états européens peuvent couvrir jusqu’à un tiers des frais de développement des programmes aéronautiques. Ce système a pour net avantage d'éliminer le risque financier pendant les premières années de développement.

Il est issu d'un « laborieux compromis » intervenu en 1992 entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

III – Remise en cause du principe par les USA

Depuis l’été 2004, le ministère américain du commerce, sous l’impulsion de Boeing, a remis en cause les accords de 1992, en ayant recours à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour obtenir la suppression de ce système. Peu après, l’Union européenne a également porté plainte contre les Etats-Unis sur la question des subventions directes ou indirectes dont bénéficie Boeing. Une lourde procédure est en cours, qui remettra sûrement en cause le système des avances remboursables. Ce dossier pourrait complexifier la tâche pour EADS qui doit réunir 9 milliards d’euros pour financer l’A 350.

IV – Noël Forgeard avait envisagé le recours aux avances pour l'A350

Le groupe européen EADS va "probablement" demander le versement d'aides publiques remboursables pour financer le programme A350 d'Airbus, en l'absence de solution négociée entre Washington et Bruxelles sur les subventions à l'industrie aéronautique, avait indiqué à la mi-février son coprésident d'alors Noël Forgeard.

"Nous nous sommes dits plusieurs fois avec le président de Boeing que ce serait bien de trouver des solutions amiables. Mais je constate que cela ne s'est pas enclenché, il n'a pas franchi le pas. Aujourd'hui je crois donc que l'on va vers la constitution de panels à l'Organisation mondiale du commerce (OMC)", avait-t-il déclaré sur la chaîne Public Sénat.

"En attendant, j'imagine que Boeing va continuer à tirer sur ses sources de financement et nous allons probablement demander les avances remboursables pour l'A350, dont nous avions suspendu l'application pour donner toutes ses chances à la négociation à l'amiable", avait alors indiqué le dirigeant d'EADS.

V - Boeing allonge encore son futur 747 face à l'Airbus A380

Un an après le lancement commercial du Boeing 747-8, l'avionneur américain vient de décider d'en augmenter la capacité. La nouvelle version passagers pourra contenir 467 passagers en configuration tri-classes, contre 450 dans celle envisagée initialement et 416 aujourd'hui dans le 747-400, vient d'indiquer Yves Galland, président de Boeing en France. Soit une hausse de capacité de 12,2 % par rapport au B747-400. "Après de longues discussions avec les compagnies, ces dernières nous ont demandé d'augmenter le nombre de sièges", explique le dirigeant.

Cet allongement réduira à nouveau les coûts d'exploitation au siège, sachant que la version à 450 sièges avait selon Boeing des coûts au siège kilomètres inférieurs de 8%. Les coûts d'exploitation seraient même plus bas de 20% dans le fret. Pour rappel l'A380 dispose dans sa version de base de 555 sièges.

En un an, 43 B747 fret ont été commandés. Trois en version passagers mais tous en version Business jet (VIP). "Je serai surpris s'il n'y avait pas de commandes de 747-8 prochainement", a indiqué Yves Galland, sans vouloir indiquer le nombre – et encore moins l'identité - de clients avec lesquels Boeing serait en discussion.

Même si l'avionneur est confronté à un problème de surpoids sur le B787, ainsi qu'à certains retards de quelques fournisseurs, il a néanmoins maintenu son calendrier, les premières livraisons demeurant prévues pour mai 2008. Pour résoudre ces deux problèmes, Boeing
a augmenté ses budgets de Recherche et Développement pour 2006 et 2007 de 300 à 600 millions de dollars. Néanmoins, selon Boeing,
même avec le poids actuel, les coûts d'exploitation sont inférieurs de 2% par rapport aux engagements vis-à-vis des compagnies, soit 12% de moins.

Sources : Usine Nouvelle, La Tribune, AFP

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3 Commentaires

  1. 1

    Maxime

    Merci encore et toujours Elizabeth
    Voic encore une information encore contre le vent mais BOEING a raison
    C'est de la concurrence déloyale qui va se régler à l'avantage de BOIENG devant les tribunaux.
    Je pressens un sinistre sociale et financier majeur du coté de Toulouse.
    Maxime

  2. 2

    Elisabeth

    Oui, et par rapport à ton article d'hier soir , seule l'USINE Nouvelle en fait état, alors que cela a été annoncé devant la presse !!!!!

    Par ailleurs, bien sur ;) le sujet n'est pas repris par google , et même les alertes google ne sont pas là pour montrer la voie ...

    Sinistre social aussi , car le phenomène va descendre en cascade sur toute l'économie locale qui est basée sur bcp de sous-traitants aéronautiques et informatiques.

    Les grosses boites telles que France telecom se vident également de leurs sous-traitants ... et seule Thales qui bénéficie d'un super-contrat rafle la mise ..

    Thales ... ca ne vous rapelle rien ??? lié egalement à Airbus

    une méga société Toulouse pour reprendre sous-traitants et partie informatique des grosses sociétés via externalisation ?
    Pourquoi pas, pas le temps de l'ecrire ce soir, mais peut etre demain : FT vient donc de montrer son interet pour Silicomp après Diwan et autre société ...

    Muavais temps à craindre à Toulouse qui regroupe une importante partie de l'informatique de FT . (au minimum 1/4 des effectifs)

  3. 3

    l'anonyme

    C'est de la concurrence déloyale ?
    Et la proximité des ministres du commerce extérieur français avec la société Boeing, vous appelez ça comment ? Vous avez la mémoire un peu courte.

    Il n'y pas si longtemps, Mme Lagarde, actuelle ministre de Commerce extérieur et ancienne avocate américaine de Boeing, s'est trouvée fort gênée quand elle a dû défendre l'européen Airbus lors d'un achat d'avion par la compagnie nationale polonaise. Devinez qui a gagné le marché ? Pas très difficile.

    Chacun des constructeurs utilise ses relations et quand on connaît le protectionnisme américain (agricole, pharmaceutique, militaire...), il est permis de penser que des avances temporaires n'ont rien de choquant.

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