Russie : nouvel assassinat après celui d'Anna Politkovskaïa

Rsf2Alors que le monde entier semble – officiellement – réuni pour pleurer et s'indigner face à l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, la mort d'Alexandre Plokhine passerait presque inaperçue .. ce que recherchent très certainement les détracteurs de ce directeur de banque abattu à Moscou en début de semaine. Après l'agression mortelle qui a frappé récemment le vice-président de la Banque centrale de Russie, le secteur financier russe est en effet de nouveau atteint.

Mais même si la nouvelle se fait plus discrète, un journaliste est récemment décédé au Cameroun alors qu'il s'apprêtait à se rendre en France dans les locaux de RFI, en tant que correspondant du journal.

Point de tout ceci dans notre belle patrie me direz-vous, encore que ... La position du gouvernement sur l'ouverture du dimanche du magasin Louis Vuitton, le zèle dont la justice a pu faire preuve pour clore l'instruction du dossier AZF de manière quelque peu précipitée... et les raisons de la démission de Laurent Mauduit, journaliste du Monde pourraient bien nous faire douter.

I – Un directeur de Vnechtorgbank tué à Moscou

Un directeur de banque russe a été tué mardi soir à Moscou dans l'ascenseur de son immeuble, selon un responsable du bureau du procureur de Moscou. Une enquête a été ouverte sur l'assassinat d'Alexandre Plokhine, 38 ans, qui occupait le poste de directeur d'une succursale de la banque Vnechtorgbank 24, a déclaré le procureur adjoint de la capitale russe Alexandre Ponevejski qui privilégie l'hypothèse d'un meurtre commandité lié à ses activités professionnelles.

Pour rappel, Vnechtorgbank est l'établissement financier qui a récemment déclaré avoir pris une participation de l'ordre de 5% dans EADS.

Les meurtres commandités seraient relativement courants à Moscou, selon l'AFP. Samedi, la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, qui s'était montrée très critique au sujet de la Tchétchénie, avait été tuée par balles également dans l'ascenseur de son immeuble.

Le 13 septembre dernier, le vice-président de la Banque centrale de Russie, Andreï Kozlov avait été grièvement blessé par balles par des inconnus à la sortie d'un club de sports de Moscou. Il devait décédé le lendemain à l'hôpital.

II – Un correspondant de RFI décède au Cameroun

Le journaliste camerounais David Ndachi Tagné est décédé lundi matin d'un accident cardio-vasculaire à son domicile. Journaliste depuis plusieurs années au quotidien à capitaux publics "Cameroon Tribune", David Ndachi Tagne, la cinquantaine, était également correspondant permanent de Radio France internationale (RFI) et de l’Agence France Presse (AFP).

" Il sortait de son studio d'où il venait d'enregistrer une émission pour Rfi, vers 9h, quand il s'est écroulé devant sa chambre, près des sacs qu'il venait de préparer. Il devait voyager quelques heures plus tard. Il était dans le coma et on a tout de suite appelé le médecin qui vit à quelques mètres de la maison ", raconte Joël Wadem, le fils de David Ndachi Tagne. Le médecin arrive aussitôt et commence un massage cardiaque. " Pendant que je le massais, il rejetait de l'air. Puis, plus rien. J'ai regardé sa pupille et là, j'ai constaté que c'était fini ", déclare le Dr Roger Meupeou. Personne ne connaissait au journaliste des problèmes d'hypertension ou de coeur, mais l'hypothèse du médecin est claire, il est décédé des suites d'un arrêt cardiaque.

Pourtant, David Ndachi Tagne avait prévu de prendre le prochain vol pour Paris. Il comptait faire un saut aux studios de Radio France internationale (Rfi), dont il était le correspondant à Yaoundé.

La disparition brutale lundi de deux journalistes camerounais, David Ndachi Tagne et Mathieu Kisito Ngalamou, a provoqué un grand choc parmi leurs confrères. Mathieu Kisito Ngalamou, 28 ans a quant à lui trouvé la mort dans un accident de la circulation sur l'axe Yaoundé-Bafoussam. Il était le correspondant à Bafoussam (ouest) du quotidien "La Nouvelle Expression".

III – Laurent Mauduit quitte le Monde et l'accuse de censure

Laurent Mauduit, éditorialiste du Monde, a annoncé lundi 9 octobre son départ du quotidien. Il accuse la direction du journal de censure. "Mon départ est la conséquence d'un différend très grave que j'ai eu avec la direction du journal, touchant au respect du droit du travail, et plus encore au respect des règles éthiques et déontologiques", écrit Laurent Mauduit dans un courrier adressé aux journalistes du Monde.
"Mise à l'écart, articles censurés en catimini sur pression d'un actionnaire du groupe: j'ai été victime de pratiques contraires à toutes nos règles internes et à celles de notre profession", dénonce Laurent Mauduit, un proche de l'ancien directeur de la rédaction Edwy Plenel. L'éditorialiste estime notamment que la direction de la rédaction a censuré un passage d'une de ses enquêtes consacrée aux Caisses d'Epargne, dont une des caisses régionales est actionnaire à 0,72% du Monde SA.

Gérard Courtois, directeur délégué du Monde, a démenti catégoriquement ces accusations, dénonçant un "procès d'intention", alors que Laurent Mauduit quitte le Monde "à son initiative et dans des conditions négociées". Le directeur délégué a démenti toute mise à l'écart de Laurent Mauduit, "qui a rédigé de nombreux éditoriaux, y compris au coeur de l'affaire Clearstream" et dont "toutes les analyses ont été publiées". Gérard Courtois a par ailleurs affirmé que l'enquête de Laurent Mauduit sur les Caisses d'Epargne "n'a pas été censurée". L'article, qui comportait des "accusations infondées et indéfendables" devant la justice, a été retravaillé avec son auteur, a indiqué Gérard Courtois.
"On s'est mis d'accord sur une version et, lors d'une ultime relecture, il y a eu une dernière coupe sur un passage qui prêtait à ambiguïté", alors que Gérard Courtois n'était pas immédiatement joignable, a-t-il ajouté.

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5 Commentaires

  1. 1

    GABON .... :(

    Le gouvernement somme les ministres de ne plus être propriétaires ou sponsors d'un journal

    Gabonews (Libreville) ACTUALITÉS
    13 Octobre 2006


    Le gouvernement gabonais réuni en conseil des ministres jeudi a demandé instamment aux membres du gouvernement et présidents des hautes institutions républicaines de ne plus être propriétaires ou sponsors d'un ou des journaux.

    Le ministre de l'intérieur et son collègue de la communication ont été « instamment » chargés de « prendre toutes les dispositions nécessaires afin que des membres du gouvernement et des hautes institutions de la République ne soient plus, à compter d'aujourd'hui propriétaires ou sponsors de journaux ».

    Le gouvernement souhaite ainsi faire appliquer les articles 69 et 70 du Code de la communication qui interdisent à tout fonctionnaire d'être propriétaire d'un organe de presse écrite ou audiovisuelle.

    Le communiqué du gouvernement a également « invité le Conseil national de la communication à jouer pleinement et en toute impartialité son rôle de régulateur ».

    Cette sortie du gouvernement intervient au moment où le pays est ébranlé par un scandale médiatique né des "révélations" suivies des "démentis" au sujet de la vente de l'île Mbanié à la Guinée Equatoriale qu'aurait proposée au chef de l'Etat un, deux ou trois membres de son propre gouvernement.

    Les médias ont fait de cette information leurs choux gras. Certains se sont ligués contre quelques membres du gouvernement. D'autres se sont érigés en avocat des ministres incriminés.

    Toutes choses qui font dire à certains observateurs de la vie politique gabonaise que les journaux du pays ne sont rien d'autre que « des outils de règlement de compte ».

    ... et cela vient pourtant de Libreville ...

  2. 2

    Assassinat Directeur TASS

    La liberte de la presse en Russie totalement bafouée ...

    Meurtre d'un responsable de l'agence Itar-Tass
    Lundi 16 octobre 2006
    Le directeur commercial d'Itar-Tass, Anatoli Voronine, a été assassiné lundi à l'arme blanche dans son appartement de Moscou (photo), a annoncé l'agence de presse officielle russe. Citant des sources proches du parquet de la capitale, Tass a précisé que son cadre était décédé «des suites de nombreux coups de couteau».

    Le corps de Voronine a été découvert par son chauffeur dans son appartement situé au centre-ville. La porte de son domicile était ouverte et les effets personnels étaient éparpillés, a constaté le chauffeur. Voronine, qui était âgé de 55 ans, travaillait pour Tass depuis 23 ans et devait reprendre le travail ce lundi à l'issue de vacances.

  3. 3

    Blanchiment d'argent

    Russie: près de 10 milliards de dollars blanchis chaque année (police)
    AFP 26.10.06 | 13h41


    Un haut responsable du ministère russe de l'Intérieur a indiqué jeudi que près de 10 milliards de dollars étaient blanchis en Russie chaque année. "Le montant approximatif des sommes illégales blanchies s'établit entre 250 et 300 milliards de roubles", soit près de 10 milliards de dollars, a déclaré le vice-ministre russe de l'Intérieur Andreï Novikov, cité par l'agence Ria Novosti. Le nombre de crimes pour blanchiment d'argent a plus que triplé, passant à 7.500 en 2005, selon M. Novikov. A la mi-octobre, la police russe avait mené un raid contre la banque commerciale, Vek, à Moscou, pour démanteler un trafic international de blanchiment d'argent qui pourrait porter sur près de 500 millions de dollars sur les années 2004 et 2005.

  4. 4

    Elisabeth

    Nouvel attentat dans secteur pétrolier, on en reparle

  5. 5

    ANNA P. accuse Poutine

    Dans un entretien posthume, Anna Politkovskaïa accuse Vladimir Poutine de "tuer la démocratie"

    AP | 25.11.06 | 01:26


    LONDRES (AP) -- La feue journaliste russe Anna Politkovskaïa, dont l'assassinat faisait l'objet d'une enquête de l'ancien espion russe Alexandre Litvinenko, tué à son tour par empoisonnement, accuse dans un entretien posthume le président Vladimir Poutine d'étouffer la démocratie en Russie et de répondre à une "psychologie stalinesque".
    La journaliste, qui a révélé meurtres, tortures et abus perpétrés contre les civils en Tchétchénie, a été abattue dans son immeuble à Moscou le 7 octobre dernier. Avant sa mort, elle a déclaré à la BBC que Vladimir Poutine avait délibérément provoqué des actes terroristes, dont la prise d'otages dans un théâtre moscovite en 2002.
    "La naissance de la démocratie fut dure. Mais elle est née, et il la tue", a déclaré Mme Politkovskaïa à l'émission "This World", lors d'un entretien enregistré en avril dernier.
    "Ses années au Kremlin ont signifié que la prochaine génération devra faire beaucoup, faire un pas géant, pour sortir des problèmes", ajoute-t-elle.
    L'ancien espion russe Alexandre Litvinenko a été empoisonné après avoir rencontré un contact italien à Londres qui prétendait détenir des informations sur le meurtre de la journaliste, que Litvinenko décrivait comme une amie.
    Dans l'entretien avec la BBC, Mme Politkovskaïa accuse également le président russe d'avoir provoqué la prise d'otages de l'école de Beslan en 2004, qui s'est soldée par la mort de 333 personnes, dont plus de la moitié étaient des enfants.
    "Tous ces problèmes, le siège du théâtre, Beslan et les résultats, viennent du fait qu'il (Poutine, NDLR) ne comprend pas que chaque personne a des droits, qu'elle n'est pas une dent d'engrenage dans une machine", déclare-t-elle.
    *****
    "Poutine ne comprend pas cela, il a sa propre logique, c'est la logique d'un officier du KGB sous l'Union soviétique -la pire sorte", poursuit-elle.****
    "Le fait est que beaucoup de gens dans notre pays partagent cette vision, beaucoup. Mais la vie d'une personne n'est rien (...) Cette psychologie stalinesque est bien vivante dans notre pays".
    ****
    La journaliste accuse également M. Poutine d'avoir délibérément enflammé la crise en Tchétchénie. ***

    "La racine du problème est qu'il reproduit le terrorisme. C'est une sorte de politique qui crée des gens qui veulent être des terroristes", déclare-t-elle.
    Enfin, elle reproche au président d'avoir éliminé la liberté de la presse en faisant pression sur ceux qui contestaient son autorité.
    "Il est devenu président sans aucun programme, sans un mot. S'il y avait une presse indépendante, elle démonterait Poutine, pièce par pièce", estime Mme Politkovskaïa. "Il laissera un pays soviétique avec des médias opprimés et des courants fascistes sous-jacents". AP

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