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Renault : oui au Brésil, niet en Russie
L'Amérique latine sourit à Renault alors que les Russes viennent d'entrefermer la porte au constructeur français. Renault va investir 300 millions d'euros entre 2006 et 2009 au Brésil, a en effet indiqué vendredi le service de presse de Renault do Brasil, confirmant des informations communiquées à la presse brésilienne.
A contrario, le russe AvtoVAZ aurait trouvé une alternative à Renault. Le constructeur automobile russe s’apprêterait à passer un accord avec un des plus gros producteurs de pièces, le canadien Magna en vue d'élaborer conjointement la plate-forme d’une voiture moderne et construire une nouvelle usine d’un rendement de 450.000 véhicules par an.
En tout état de cause, Renault envisage d'ici 2009 de multiplier par plus de 3 ses ventes annuelles sur le marché russe pour les porter à 100.000 unités, avait déclaré fin août le directeur de la section russe du constructeur français, Jean-Michel Jalinier.
I – Renault investit au Brésil
Le constructeur automobile français Renault va investir 300 millions d'euros entre 2006 et 2009 au Brésil, a indiqué vendredi le service de presse de Renault do Brasil. Entre 2006 et 2009, Renault compte produire six nouveaux modèles au Brésil, y compris la nouvelle Renault Mégane lancée sur le marché en mars.
Avec le lancement de nouveaux modèles, la production va passer de 78.000 unités en 2006 à près de 170.000 en 2009. De leur côté les ventes devraient doubler pour atteindre 106.000 unités, soit une part de marché de 5,7%. Le groupe a commencé à embaucher afin de constituer une troisième équipe dans son usine de Sao José dos Pinhais et prévoit d'accroître ses effectifs de 1.000 personnes d'ici 2007.
Renault do Brasil va aussi renforcer son réseau de concessionnaires qui va passer de 143 points de vente à 176 en 2009.
Cet investissement devrait permettre également d'améliorer les capacités de production existantes. D'après Jérôme Stoll, qui dirige les activités brésiliennes de Renault, le taux d'utilisation des capacités de production pourra ainsi progresser, ce qui favorisera la productivité et les réductions de coûts.
II – AvtoVAZ dit niet à Renault
Selon le quotidien russe Vedomosti, un des plus gros producteurs de pièces, le canadien Magna pourrait être choisi par AvtoVAZ comme partenaire stratégique. Celui-ci aurait signé récemment avec le groupe canadien un accord-cadre de coopération stratégique et préparait actuellement un contrat définitif. Alors que Renault avait proposé à AvtoVAZ sa plate-forme Logane, les managers de la société russe avaient pour leur part étudié l’offre française en menant parallèlement des négociations avec d’autres constructeurs, à savoir Porsche et Magna.
Magna possède des technologies d’élaboration et de production d’automobiles. Sa filiale Magna Steyr qui a débuté par l’assemblage de petites séries de Mercedes G-Class, est aujourd’hui un des plus importants producteurs mondiaux opérant sans marque propre sur des marchés tels que BMW, Mercedes, Saab, Jeep, Chrysler. Sa production 2005 s'élève à 230 500 véhicules.
Les plans "agressifs" de Renault auront sans doute déplu aux dirigeants de l’usine de Togliatti, tout particulièrement le souhait d’obtenir une participation dans le capital social de leur entreprise tandis que le partenariat avec Magna qui n’envisage aucune expansion sur le marché russe convenait mieux à AvtoVAZ. La proposition du constructeur français d'acquérir 25% du géant automobile de Togliatti apparaît n'avoir pas pleinement satisafait AvtoVAZ.
Les négociations entre les deux constructeurs avaient démarré au printemps dernier. Renault proposait de créer une entreprise conjointe pour produire une voiture commune élaborée sur la base de la Logan. En échange de son offre, il prétendait à une minorité de blocage dans AvtoVAZ. En juillet, Igor Essipovski, aujourd'hui "ex-directeur général" (...) de l'usine russe, avait déclaré que céder une minorité de blocage à une société étrangère reviendrait à lui donner le contrôle du marché russe.
D'après les rumeurs, la Russie aurait souhaité travailler sur une plate-forme plus avancée – comprendre très certainement "plus moderne" - comme par exemple celle de la Mégane. Le groupe russe aurait été d'avantage intéressé par de nouveaux modèles et technologies, que le créneau de la Logan. Mais il se pourrait bien que Renault ait refusé, la Megane se vendant bien en Russie, une voiture russe créée sur la base de la Mégane pouvant également faire concurrence à la Logan.
Après seulement huit mois de gestion à la tête d'AvtoVAZ, le conseil d'administration du géant automobile russe a voté début août la démission du directeur général Igor Essipovski. Les actionnaires lui avaient alors reproché l'absence de stratégie de développement claire et l'incapacité à attirer les investissements publics. En outre, le manager était hostile à toute cession de titres à des étrangers, Renault qui convoitait 25% des actions s'était vu opposer un refus catégorique.
Même si l'Etat russe ne semble pas prêt à céder sa participation - même partiellement - à des investisseurs étrangers, l'opération revenant à perdre le contrôle de l'entreprise, il se pourrait qu'AvtoVAZ n'ait peut-être pas le choix. Selon les analystes, l'usine serait en train de perdre tout un segment du marché qui regroupe les voitures coûtant entre 12.000 et 16.000 dollars. Les ventes de marques étrangères en Russie sont tous les ans multipliées par 2 ou 2,5, et les producteurs russes risquent bientôt de perdre définitivement ce segment, étant donné que la fabrication de la fameuse Volga sera prochainement arrêtée. Dans cette hypothèse, l'Etat et l'administration d'AvtoVAZ seraient obligés de rechercher des partenariats avec les géants internationaux.
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