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Pétrole : le véritable enjeu de Bush au Soudan
Enfin, George W.Bush se dévoile : alors qu'il était clair pour les spécialistes du secteur que le conflit actuel au Soudan était encore une fois lié aux volontés d'hégémonie de Bush en vue d'obtenir la main-mise sur une majeure partie des réserves de pétrole du pays, le président américain a ordonné vendredi le maintien de la totalité des sanctions contre le gouvernement du Soudan, mais y a ajouté l'interdiction de toute transaction liée aux activités pétrolières et pétrochimiques.
Cette carte issue de la bibliothèque en ligne de l'Université du Texas donne une vision – américaine – très particulière du Soudan ... s'il était besoin d'appuyer mes dires ...
I – Bush étend les sanctions au secteur pétrolier
Le décret signé vendredi par Bush maintient le blocage de tous les avoirs du gouvernement soudanais aux USA, imposé le 3 novembre 1997 par le président Bill Clinton. Le décret invoque "les politiques et les actions du gouvernement du Soudan, qui violent les droits de l'Homme", en particulier au Darfour, région du Soudan en proie à la guerre civile. Le décret ajoute aux mesures de 1997 l'interdiction faite à tout Américain de faire des transactions liées aux industries pétrolières et pétrochimiques au Soudan, y compris les services relatifs aux champs de pétrole et les gazoducs et les oléoducs.
Le décret de 1997 interdit également l'importation de tous les biens et services en provenance du Soudan, à l'exception de ceux qui ont trait à l'information. Il proscrit l'exportation ou la ré-exportation des Etats-Unis ou par des Américains vers le Soudan de biens, de services et de technologies nécessitant une licence fédérale, à l'exception de ceux à but humanitaire ou médical. Il interdit aux Américains l'octroi de prêts ou de crédits au gouvernement soudanais.
En 1997, la Maison Blanche invoquait le soutien de Khartoum au terrorisme international, les efforts de déstabilisation des gouvernements voisins et les violations des droits de l'Homme. Washington se focalise désormais sur le Darfour où, selon l'ONU, la guerre civile aurait fait au moins 200.000 morts depuis février 2003. Le Conseil de sécurité a décidé le 31 août l'envoi d'une force de l'ONU d'environ 17.000 soldats et 3.000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l'Union africaine. Mais le président soudanais Omar el-Béchir s'oppose farouchement à un tel déploiement, qu'il assimile à une tentative de re-colonisation du Soudan.
II - Le Soudan regrette la décision du président Bush sur les sanctions
"Nous regrettons cette décision injuste", a déclaré samedi le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères Ali al-Saddek après une rencontre à Khartoum entre l'émissaire américain sur le Darfour, Andrew Natsios, et le chef de la diplomatie soudanaise Lam Akol. "Le moment de cette décision est mal choisi", a ajouté M. al-Saddek, en faisant référence à la visite de M. Natsios, ajoutant qu'il s'agissait "d'un message négatif qui n'aidait pas au dialogue".
Selon le département d'Etat, M. Natsios se serait rendu au Soudan dès vendredi, pour appeler Khartoum à autoriser le déploiement de troupes de l'ONU dans cette région en proie à la guerre civile. Nommé le mois dernier par M. Bush pour appuyer les efforts des Etats-Unis au Soudan, il a prévu de se rendre à Khartoum, mais aussi dans la capitale du sud, Juba, ainsi qu'au Darfour .
III – Le Soudan occupe une position stratégique importante
Pour être moins tributaire des pays arabes, Russes, Chinois, Européens et Américains recherchent d’autres lieux de production d'hydrocarbures. Si le Caucase et l’Asie centrale sont des issues très recherchées, de nouveaux conflits surgissent en Afrique de l’Ouest.
En 2004, l’odeur du pétrole plane déjà au-dessus du Darfour. Après bien des hésitations, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution le 30 juillet 2004 pour permettre aux ONG humanitaires d’intervenir en toute sécurité et pour commencer une enquête sur le génocide en cours (seule la Chine s’est abstenue, et pour cause ...). Le Soudan semblait décidé à s’y plier, après 21 années de guerre civile qui a déjà fait 2 millions de morts.
Mais, il s’agit bien d’une guerre pour le contrôle du pétrole et la construction d’oléoducs est au coeur de ces enjeux. C’est le cas de l’ouverture de l’oléoduc Tchad – Cameroun où sont impliqués les intérêts des firmes transnationales (Total pour la France, CNPC pour la Chine, Petronas pour la Malaisie, Lundin pour la Suède, OMV pour l’Autriche, Talisman pour le Canada et Exxon Mobil pour les USA). Ce pipeline doit passer par le Darfour et entre dans la logique d’éviter les zones à risques et arabes en particulier. De son côté, l’Inde envisage également un oléoduc qui passera dans cette région d’Afrique, celui prévu par les firmes ONGC et Reliance Petroleum en accord avec le Soudan.
IV - La stratégie réelle de Bush au Soudan
Alors que la Chine est en train de consolider ses positions au Soudan, la situation est jugée inacceptable pour Washington, qui envisagerait même selon certains de diviser le Soudan en deux, voire en plusieurs entités séparées si cela devait s'avérer être le seul moyen d'assurer son accès aux champs pétroliers. Parmi les différents groupes qui composent les milices du sud, l'administration américaine a particulièrement favorisé ceux qui revendiquent la sécession.
Un certain nombre de "missions Chrétiennes", bénéficiant d'importants soutiens financiers aux Etats-Unis, s'efforcent depuis plusieurs années d'alimenter la haine raciale contre les "Arabes". Non seulement le gouvernement américain a fourni entraînement militaire, armes et argent à l'APLS (Mouvement Armé de Libération du peuple soudanais), mais il a aussi accordé son soutien au "Mouvement pour la Justice et l'Egalité" (JEM) basé au Darfour. Le JEM est lié au fondamentaliste Al Tourabi, qui a aidé Al Bachir a accéder au pouvoir en 1989. Al Tourabi fut évincé par Al Bachir en 2000, et signa un accord avec l'APLS en 2001.
Sous la pression de Washington, un accord sur la guerre dans le sud a finalement été signé début 2004, sur la basse du "Protocole de Machakos" : il prévoit une division des ressources pétrolières entre le gouvernement de Khartoum et une "administration autonome" dans la sud, avec promesse de référendum sur l'indépendance après une période de transition de 6 ans. Si cet accord était appliqué,cela signifierait que le sud "autonome", bien que sous l'autorité de l'aile politique de l'APLS, deviendrait en fait un Etat pétrolier satellite des USA.
Les Etats-Unis font pression désormais pour acquérir toujours plus de contrôle territorial, notamment sur les 3 provinces du centre du Soudan. Par le moyen de harcèlements politiques et économiques et en apportant son soutien à tout groupe armé près à combattre le gouvernement de Khartoum, les USA espèrent déstabiliser et finalement renverser le régime actuel. L'installation d'un gouvernement au service des intérêts américains ouvrirait les vastes réserves pétrolières du Soudan aux compagnies US, au détriment de leurs rivaux. La Grande-Bretagne, la Norvège et l'Italie soutiendraient la stratégie américaine dans l'espoir de se voir attribuer une part du butin à un stade ultérieur.
V – Le potentiel pétrolier du Soudan ...et du Darfour
Des forages pétroliers ont débuté au Darfour où des études préliminaires ont montré que le sous-sol recelait d'importantes réserves de pétrole, a fait savoir un porte-parole du ministère soudanais de l'Energie mi-Avril 2005. L'objectif alors affiché était de produire 500 000 barils par jour de pétrole brut à partir d'Août 2005. En tout état de cause, l'annonce faite par le Ministre de d'Energie n'a pas surpris la plupart des experts pétroliers, car des rapports préliminaires avaient d'ores et déjà indiqué que la région recelait des ressources en pétrole, or, fer,argent ainsi que du gaz naturel.
Les principaux champs pétrolifères soudanais actuellement en exploitation se trouvent dans le sud du pays, où un traite de paix a été signé le 9 janvier 2005 entre le gouvernement et les rebelles. Selon l'accord signé à Nairobi, au Kenya, 50% des revenus pétroliers du Sud devraient revenir à l'ALPS. Le Soudan espère atteindre un montant d'exportations de pétrole autour de 2 millions de barils par jour en 2008. Soit un mort par baril ...
VI – La Chine fortement présente dans le pétrole soudanais
Si en 2003, les importations du pétrole en Chine ont augmenté de 40% par rapport à l’année précédente, Pékin travaillerait à l’heure actuelle sur environ 50 projets pétroliers et pétrochimiques majeurs au niveau international, le pays ayant besoin de sécuriser ses approvisionnements en pétrole. Ce "besoin vital" ne peut être assouvi qu’en s’attaquant à la position dominante des Etats-Unis.
Le pétrole soudanais représentait en 2003 d'ores et déjà 6% du total des importations chinoises de pétrole. Ce pourcentage est destiné à augmenter très rapidement, compte tenu des investissements massifs de la Chine dans l’industrie pétrolière soudanaise depuis 1990. La compagnie pétrolière nationale chinoise, la China National Petroleum Corporation (CNPC), possède 40% des actions de la Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC), qui elle-même contrôle 2 des plus importants gisements pétroliers dans le Haut Nil occidental, au Soudan.
Vers la mi-2005, la CNPC devait débuter la production de pétrole dans le bassin de Melut, à l’Est du Nil. D’autres compagnies chinoises sont également impliquées dans la construction d’un pipeline long de 1400 kilomètres reliant le bassin de Melut à Port Soudan, où la Chine construit un terminal pétrolier pour l’exportation. La Chine est donc ainsi devenue le plus important partenaire commercial du Soudan. Il est significatif de constater qu'en 2003, les concessions pétrolières, dans la région du Darfour étaient toutes détenues par la CNPC.
A lire également :
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Commentaires
Elisabeth
14 oct 2006 22:32:11
sur exportations de pétrole du Soudan
cf.
http://www.gasandoil.com/goc/news/nta52109.htm
Elisabeth
14 oct 2006 22:38:06
Dossier de l'EIA sur le Soudan
http://www.eia.doe.gov/emeu/cabs/Sudan/Full.html
Energy Information Administration des USA
Elisabeth
14 oct 2006 23:23:15
Soudan: début de la cérémonie de signature de l'accord de paix dans l'Est
AFP 14.10.06 | 17h41
La cérémonie de signature de l'accord de paix dans l'Est du Soudan entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Front de l'Est a commencé samedi en fin d'après-midi, a rapporté la radio publique soudanaise Oum Dorman, d'Asmara, la capitale érythréenne.
La cérémonie a débuté vers 17H30 (14H30 GMT) avec une heure de retard sur l'horaire prévu, selon la radio.
Les deux partie doivent signer un accord sur le partage du pouvoir et des richesses ainsi que des arrangements de sécurité, négocié pendant cinq mois à Asmara et destiné à mettre fin à un conflit de 12 ans.
La cérémonie a été suspendue pour l'iftar, le repas de rupture du jeûne du ramadan, après plusieurs discours de circonstance, dont celui du président soudanais Omar el-Béchir, qui s'est engagé à appliquer l'accord de paix, en y voyant un exemple de "la solution d'un problème africain par les Africains et sans tutelle étrangère".
Il a réaffirmé son refus de l'envoi de force de l'Onu au Darfour, région troublée de l'ouest du pays, comme le demande le Conseil de sécurité de l'Onu dans sa résolution 1706 et de nombreux pays, notamment les Etats-Unis.
Son conseiller et négociateur avec le Front de l'Est, Mostafa Osmane Ismaïl qui s'est également adressé à l'assistance, a fait état de la poursuite des efforts pour convaincre des groupes du Darfour à se joindre à l'accord de paix dans cette région.
Le chef du Front de l'Est, Moussa Mohammad Ahmad, a qualifié l'accord d'historique, estimant qu'il "tourne définitivement la page d'un conflit et ouvre la voie au développement de l'Est".
La signature doit avoir lieu après la reprise de la cérémonie organisée dans le palais présidentiel à Asmara, selon la radio soudanaise. L'accord porte sur le partage du pouvoir et des ressources ainsi que des arrangements de sécurité.
Il prévoit d'associer les chefs du front de l'Est à la gestion des affaires de ce pays et un fonds de développement pour la région, doté d'un budget de 600 millions de dollars sur cinq ans.
Alain Portant
15 oct 2006 13:04:20
Ah bon, vous me rassurez! Je me demandais bien pourquoi on allait s'énerver pour le Darfour, un conflit qui ne passe jamais à la télé et où il n'y a pas de pauvres petits palestiniens qui peuvent jouer à la victime dès que les caméras tournent...
Mais si c'est pour nous permettre d'avoir, pendant encore longtemps, du pétrole pour chauffer nos maisons et nous permettre d'aller où on veut en voiture, alors ça va, les Américans ont ma bénédiction.
Parce que, soyons logique: soit vous acceptez que quelqu'un fasse tout le sale boulot pour nous permettre de garder notre mode de vie actuel, soit vous refusez et, conséquent avec vous-même, vous coupez votre PC et allez vivre loin de tout ce qui, de près ou de loin, utilise du pétrole. Eh bien? Vous êtes encore là?
Elisabeth
15 oct 2006 20:47:30
On peut le voir comme cela ..
Peut-etre d'autres méthodes pour revenir à un comportement plus "équilibré", non ?
Elisabeth
16 oct 2006 00:18:10
Le Soudan dit vouloir le dialogue et non l'affrontement avec Washington
AFP 15.10.06 | 18h56
KHARTOUM, 15 oct 2006 (AFP/AFP) - Le vice-président soudanais a souligné dimanche à un émissaire américain la volonté de Khartoum de "faire passer les relations bilatérales de l'état d'affrontement à celui du dialogue et de la négociation", a rapporté l'agence officielle Suna.
La même agence a annoncé l'arrivée lundi à Khartoum du ministre britannique de la Coopération internationale, Hilary Benn, pour une visite centrée sur le Darfour, région troublée de l'ouest du pays, où le président soudanais Omar el-Béchir refuse le déploiement de forces de l'Onu en dépit d'une résolution du Conseil de sécurité et de pressions occidentales.
Le vice-président soudanais, Ali Osmane Mohammed Taha, a parlé à l'envoyé américain, Andrew Natsios, du "désir du gouvernement de dialoguer avec l'administration américaine et de faire passer les relations bilatérales de l'état d'affrontement à celui du dialogue et de la négociation", écrit Suna.
Suna n'a fait aucune référence, dans son compte-rendu de la rencontre, du renouvellement et du renforcement des sanctions américaines contre le Soudan décidés vendredi, le jour même de l'arrivée de M. Natsios à Khartoum, par le président américain George W. Bush.
Mais un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères a regretté samedi cette décision, la qualifiant d'"injuste" et d'"inopportune", en référence à la mission de M. Natsios chargé, selon le département d'Etat, de convaincre les dirigeants soudanais d'accepter une force de l'Onu au Darfour.
Le président Bush a ordonné le maintien de la totalité des sanctions contre le gouvernement soudanais et y a ajouté l'interdiction de toute transaction liée aux activités pétrolières et pétrochimiques.
Elisabeth
16 oct 2006 12:03:40
@ Alain Portant :
finalement le ratio 1 mort/baril n'a pas l'air de vous choquer outre mesure ..
TOM
16 oct 2006 12:54:23
"finalement le ratio 1 mort/baril n'a pas l'air de vous choquer outre mesure ..."
Citations de Georges Clemenceau :
"Désormais, pour les nations et pour les peuples, une goutte de pétrole a la valeur d'une goutte de sang."
La citations date de 1917 donc c'est pas nouveau !
Et puis je voulais vous dire que vos chiffre c'est n'importe quoi comme d'hab quoi ^______________^ le soudan dispose de 3,5 milliards de baril de réserve de pétrole au total, elle en a deja consommer 0,5 milliards de baril, la production ne depassera jamais 300 000 barils par jour et la production declinera irréversiblement après 2010.
Alain a juste compris que l'ont n'est obliger de laisser creuver une majorité d'individus pour en satisfaire une minorités et pour garder notre confort !
Elisabeth
16 oct 2006 13:52:58
Bonjour, TOM, toujours aussi agréable de vous lire :)
De plus, je ne vois pas pourquoi, sans reference aucune , je devrai plus croire vos infos que les miennes
sur les chiffres .
cf.
Sudan expects oil exports to surge to 2 mm bpd in 2008
10-05-05 Sudan's Foreign Minister Mustafa Osman Ismail, after a meeting with Brazil's Foreign Minister Celso Amorim, said he expects his country to export 500,000 bpd of oil in August, and 2 mm bpd in 2008, the Arab-Brazilian Commerce Chamber said.
"Preliminary studies show that Sudan is situated on a true lake of oil," Ismail was quoted as saying.
Mohammed Isa, a high-ranking Sudanese diplomat with the embassy in Brasilia, told the August figure is approximately right, and that Sudan's current oil exports are about 350,000 bpd.
Foreign Minister Ismail also invited Brazil's state-run oil company Petrobras to invest in Sudanese oil projects. Ismail, according to the commerce chamber, also said his government "needs" Brazilian products as it plans to invest $ 6 bn in infrastructure in the African country that has been devastated by a 21-year of civil war, between the Muslim Arab north and the largely Christian and animist African south. The conflict has left an estimated 2 mm people dead.
The government in Khartoum and the southern Sudanese rebels in January 2005 signed a comprehensive peace agreement.
"The Sudanese government wants to rebuild the country after last year's peace agreement," Isa said. "We want new roads, hospitals, airports." Ismail also invited Brazil's President Luis Inacio Lula da Silva to visit Sudan, the commerce chamber said.
The prospect of potentially lucrative oil contracts in Sudan has been met with interest by companies such as France's Total, Marathon Oil, Kuwait Petroleum, or London-listed White Nile Ltd.
But the Arab-led regime in Khartoum and a government-in-waiting of Southern Sudan to be instated on July 9 and led by the Sudanese People's Liberation Movement, or SPLM, have disagreements over who is in charge of granting oil exploration and production contracts. Under the peace agreement oil revenues from existing oil production will be split equally between South and North. In six years, the South may hold a vote on independence at the end of an interim period of the peace agreement.
Source: Dow Jones
Via Alexander's gas and oil : une des références majeures dans le secteur pétrolier.
Elisabeth
16 oct 2006 13:55:57
Sur chiffres également via EIA
"Oil
Sudan is working to become a significant world oil producer. According to the Oil and Gas Journal (OGJ), Sudan contained proven conventional reserves of 563 million barrels as of January 2006. This is more than twice the proven 262 million barrels estimated in 2001.
The Sudanese Energy Ministry estimates total oil reserves at five billion barrels. Due to civil conflict, oil exploration has been mostly limited to the central and south-central regions of the country. It is estimated that vast potential reserves are held in northwest Sudan, the Blue Nile Basin, and the Red Sea area in eastern Sudan.
Oil production has risen steadily since the July 1999 completion of an export pipeline that runs from central Sudan to the Port of Bashair. In 2005, crude oil production averaged 363,000 barrels per day (bbl/d), up from 343,000 bbl/d during 2004. The Sudanese government has set a production target of 600,000 bbl/d by the end of 2006. This target will likely be achieved if new projects come online and proposed output increases are realized. In 2005, Sudanese oil consumption averaged 82,000 bbl/d. This was a 15 percent increase over the 70,000 bbl/d consumed during 2004.
cf.
http://www.eia.doe.gov/emeu/cabs/Sudan/Full.html
CHINE / SOUDAN
16 oct 2006 14:00:57
cf.
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A21143-2004Dec22.html
TOM
17 oct 2006 21:12:58
Désoler pour ceux que j'ai dit, mais ca ne change rien sur certain chiffres que vous donnez, de dire que le soudan pourra atteindre 2 millions de baril par jour en 2008 c'est n'importe quoi, parce qu’il faut au minimum 20 milliards de baril de réserve pour développer une production de 2 millions de baril par jour, pas la peine d'être expert pétrolier pour savoir cela.
Sinon ma SOURCE :
Pétrole. Portrait.
Colin Campbell - Prédicateur de la fin
Le géologue à la retraite, qui a exploré durant toute sa carrière la planète pétrole, donnait l'alerte du déclin dès 1989. Il est enfin pris au sérieux.
Un tournant historique se serait produit en 2005. Mais la planète a continué à foncer, nez dans le guidon, dans l'impasse énergétique. Personne ne l'a noté, ou presque. Sauf Colin Campbell, 75 ans, géologue. «Eh oui, explique-t-il, le peak oil a vraisemblablement été atteint l'an passé.» Le peak oil ? Le pic du pétrole. «La moitié environ des ressources de pétrole conventionnel ont été exploitées.» D'ici à 2010, renchérit-il, même les autres formes de pétrole (lourd, sable...) auront atteint leur point de non-retour. «Le déclin physique se traduira par une baisse de 2 % par an ; les conséquences seront terribles.»
Ce prédicateur de la mort lente du pétrole et de l'ère des chocs pétroliers permanents donne rendez-vous chez lui, «après la station-service». Cet oiseau de mauvais augure se raconte autour d'un thé et d'un poêle à bois. Dehors, une petite quatre-roues française, des panneaux solaires et un jardin zen suspendu à l'arrière de sa maison, qui épouse les courbes tourmentées de la côte, au sud-ouest de Cork. Et voilà qu'il évoque le séisme à venir pour «ces boîtes cotées en bourse» qui ont bâti «leur modèle économique sur des sables mouvants», les crises financières, les déstabilisations géopolitiques, les ravages sur l'agriculture pétrodépendante, la décroissance, la fin de la mondialisation...
Comme à l'époque de Galilée
Un monde se meurt, un autre tarde à naître. Car, après cent cinquante ans d'âge d'or du pétrole, des fidèles croient encore que le filon ne se tarira jamais. «Des croyants, des religieux, des théologiens, rit Campbell, comme à l'époque de Galilée. Pourtant, dire que la fin approche, c'est comme assurer que la terre est ronde.» Avant le nouveau millénaire, les experts du pétrole moquaient cette thèse, pourtant théorisée en 1956 par un autre géologue – King Hubbert, qui a laissé son nom au Pic de Hubbert. Les gouvernements n'y prêtaient qu'une oreille – au mieux – distraite. Les économistes souriaient face à ces alarmistes prévoyant le pic en 1995, puis 1997, puis... Lui reconnaît qu'il n'a pas «la science exacte», mais moulinait de savants graphiques et lançait, en 2001, l'Association for the Study of Peak Oil and Gaz (Aspo).
Désormais, ce réseau informel de retraités, où l'on retrouve, aux côtés de Campbell, un ex-chef des explorations de Total ou un ex-conseiller aux questions énergétiques du vice-président américain Dick Cheney, ne tient plus du théâtre (supposé) de guignols. «En l'espace d'un mois, j'ai tenu une conférence à Dublin devant le patronat, j'ai été invité à parler à Cambridge et j'ai été sollicité par la Commission européenne...», se marre Campbell.
La popularité de son site Internet suit la courbe de la flambée du brut : 300 000 pages lues en mars. Un consensus émerge : il n'est plus question de savoir «si» le peak oil existe, mais «quand» il arrivera... Etrange période où les Cassandre virent aux oracles. Et sont sondés jusque dans les rangs des républicains américains. Sourire, à nouveau : «L'an passé, un député du Maryland, Roscoe Bartlett, m'a inondé de mails pour me parler avant de s'entretenir du peak oil avec Bush.»
A coups de pioche, à dos de mule
Comment va-t-on au peak oil ? En le laissant venir à soi. Môme, Campbell est tombé dans la géologie avec un livre «qui racontait comment des enfants cherchaient de l'or et étaient poursuivis par un géologue». Et voilà comment ce «nul à l'école» se retrouve à Oxford, juste après-guerre, puis à Bornéo : «J'y ai vu mon premier puits, j'ai plongé dans l'aventure.» Deux ans plus tard, il embarque sur un tanker pour Trinidad à la demande de Texaco. Passe quatre ans en Colombie pour British Petroleum, à explorer. A coups de pioches. A dos de mules. «Il était déjà facile de dire que le pétrole se trouvait à l'intérieur des terres, pas sur les côtes, souffle-t-il. Certains ont mis vingt-cinq ans à s'en rendre compte.»
Il est passé à peu près par toutes les firmes, de la Nouvelle-Guinée aux Etats-Unis, de l'Equateur à la Norvège. Epoque loin de l'irrationalité exubérante d'aujourd'hui où un PDG d'Exxon peut gagner l'équivalent de 33 000 années de Smic. Epoque où les deals se faisaient «à l'oral, dans les couloirs», où les géologues étaient «pris aux sérieux». Pas comme ces économistes «qui ne connaissent qu'un système basé sur l'énergie sans fin». Pas comme ces ingénieurs, qui promettent de «vous emmener sur la lune avec un tournevis». Les géologues, eux, «observent». Et «savent que je ne mens pas, même si, comme eux, j'ai passé ma vie à mentir, à surestimer les réserves pour des raisons économiques ou politiques».
Remettre en cause le dogme d'une ressource primaire lui est venu en 1989... d'une commande d'un gouvernement. Norvégien. Cinq ans plus tard, il affine ses prévisions en se fondant sur les données (portant sur 24 000 puits dans le monde) d'un institut – Petroconsultant – proche des grandes firmes. Il en tire deux ouvrages (The Coming Oil Crisis, The End of Cheap Oil) qui vivotent, d'autant qu'en 1998, le baril s'arrime autour des dix dollars. Puis, il fonde l'Aspo qui tiendra sa 5e conférence en juillet, à Pise.
L'association sert de vigie à la cause écolo ? Lui s'accroche à son indépendance. «On me demande parfois pour qui je roule. Pour personne», évacue Campbell. Il abhorre les pétroliers genre «développement durable.com» : «Je préfère encore Exxon qui se fout des énergies renouvelables à BP qui se renomme "Beyond Petroleum" ["au-delà du pétrole", ndlr]. »
Et il ne soutient pas les croisés de la cause climatique : «Je me moque du réchauffement, ça a toujours existé, même si là, l'homme en est à l'origine.» Il ne croit pas à la théorie du complot, mais s'amuse à raconter comment, à six mois de la guerre en Irak, «des services» du ministère de la Défense américain l'ont convié – en vain – à venir parler «rareté» du pétrole. L'an passé, nouveau coup de fil. «Trois personnes des services m'attendaient... au pub du coin ! J'y suis allé, on a parlé.» Dans la foulée, il reçoit un rapport confidentiel du ministère de la Défense qui s'alarme... de l'éventualité de la fin du pétrole. Au fond, dit-il, les barils de pétrole sur terre, c'est comme un fût de bière dans un pub : «Plus on le boit vite, moins il y en aura pour longtemps...»
Article de LIBERATION.FR : Vendredi 1er septembre 2006 - 16:33
MA SOURCE C'EST LUI ===> Colin Campbell
Elisabeth
17 oct 2006 21:19:14
euh le rapport "choucroutal" ???? :)
Sof
18 oct 2006 12:36:04
Je reviens sur le commentaire d "Alain Portant"
"où il n'y a pas de pauvres petits palestiniens qui peuvent jouer à la victime dès que les caméras tournent..." et d'après vous ceux qui meurent après le "coupez" du réalisateur se relèvent et reprennent une "vie normale"...
A défault d'ettayer par des exemples vos dires, vous ne faites que démontrer votre haine et vision érronée sur un autre sujet que vous voulez passer comme vérité.
moi
18 oct 2006 13:58:53
moi je pense que la pénurie de petrole est une grosse intox.il ya un an tout le monde s'alarmait et prevoyait la fin du petrole pour 50 ans a peu pres,certains "experts" avaient meme parler de 10 max pour l'arabie saoudite. et maintenant fin 2006 on annonce la fin des reserves petrolieres en arabie saoudite pour 140 ans. pour l'irak idem. en algerie chaque semaines on decouvre de nouveaux gisements et on sait que seulement 20% du sahara algerien est exploré. je ne parle pas des reserves en mer du nord,russie ou amerique latine.bref une grosse intox pour faire monter le prix du baril et ca a marché. du petrole yen aura encore pour nos arriere arriere petits enfants.
Elisabeth
18 oct 2006 14:10:12
merci "moi", c'est tout à fait ce que je pense.
Un jour, on s'apercevra que la notion de peak oil a été lancée ... par les lobbies pétroliers américains ...
Sof
18 oct 2006 15:20:15
J'ai juste une question, qui est à l'origine de l'intox?
parce que il est vraiment balaise se mettre dans la poche tout les "experts" est un exploit!
Elsiabeth
18 oct 2006 15:23:23
Justement , j'allais re-chercher ...
Elisabeth
18 oct 2006 15:28:46
Interessant ...
auraient-ils garder des actions de leur "ancienne " entreprise .... ??
L'ASPO (Association for the Study of Peak Oil and Gas) est l'association pour l'étude du pic pétrolier et gazier. C'est un réseau presque informel d'ingénieurs, de géologues, de scientifiques de disciplines diverses et d'économistes, qui cherche à déterminer le moment où le pic pétrolier va survenir, et ses conséquences sur l'économie.
Elle comprend actuellement 24 membres de 14 pays d'Europe, dont :
Colin Campbell, ancien responsable d'exploitation chez AMOCO et FINA (retraité) ;
Kjell Aleklett, professeur à l'université d'Uppsala en Suède ;
Pierre-René Bauquis, président de l'AFTP en 1999 et 2000, directeur Gaz chez TOTAL, puis conseiller auprès de son président Thierry Desmarest, et depuis sa retraite professeur avec Totalprof et l'IFP (Institut français du pétrole) ;
Jean Laherrère, qui a travaillé 37 ans chez TOTAL, où il a fini comme chef des techniques d'exploration, puis a participé aux travaux du Commissariat Général du Plan sur l'énergie ;
Matthew Simmons, banquier d'affaires, conseiller du vice-président états-unien ***Dick Cheney*** pour les questions d'énergie en 2001
Kenneth Deffeyes, qui a tenu des postes similaires dans la société SHELL.
....non vous ne revez pas :)
Selon l'ASPO, les prévisions de production sont surévaluées pour des raisons boursières et politiques. Elle prévoit un pic pétrolier vers 2010 et un pic gazier vers 2020. Elle se donne donc pour mission d'alerter les opinions et les pouvoirs publics sur ce problème, et sur les questions des énergies alternatives (renouvelables ou nucléaire).
L'ASPO estime à 1 850 milliards de barils les réserves de pétrole conventionnel (réserves existantes ou ayant existées, c'est-à-dire découvertes et/ou exploitées, plus les quantités de pétrole à découvrir). Pour l'USGS, elles sont au moins de 3 000 milliards. Les besoins journaliers étaient en 2003 de 77 millions de baril (soit 28,1 milliards de baril par an), et la consommation totale depuis 1859 est de 900 milliards de barils.
L'ASPO a pour l'instant tenu cinq séminaires, l'un à Upsalla en mai 2002 (un article publié dans le numéro n°439 de juillet-août 2002 de «Pétrole et Techniques», en rendait compte), puis les 26 et 27 mai 2003 à l'IFP (Rueil-Malmaison), le troisième à Berlin en 2004, à Lisbonne au printemps 2005 et les 18 et 19 juillet 2006 dans le parc San Rossore, un parc naturel situé près de Pise (Italie).
Elisabeth
18 oct 2006 15:31:05
Sur Dick Cheney ... et pétrole :
Retour sur investissement, épisode V 21/10/2003 HALLIBURTON, le géant pétrolier dont Dick Cheney était PDG jusqu'en 2000 et qui s'est vu, ô miracle, attribuer sans appel d'offres pour 1,7 milliard de dollars de contrats en Irak, se retrouve aujourd'hui au centre d'une nouvelle polémique aux Etats-Unis. Deux Démocrates, députés à la Chambre des Représentants Henry A. Waxman (Californie) et John D. Dingell (Michigan) ont accusé ce groupe d'avoir... gonflé le prix du pétrole en Irak.
Rice et Chevron
18 oct 2006 15:36:44
Allez, je vous le fais, pour ceux qui ne sauraient pas encore... c'est trop beau/ trop gros
http://www.aztlan.net/oiltanker.htm
Elisabeth
Gvt US et pétrole
18 oct 2006 15:38:24
Condoleezza Rice was a Chevron Director from 1991 until January 15, 2001 when she was transferred by President George Bush Jr. to National Security Adviser. Previously she was Senior Director, Soviet Affairs, National Security Council, and Special Assistant to President George Bush Sr. from 1989 to 1991.
Another Chevron Corporation giant in the Bush administration is Vice President Dick Cheney. Vice President Cheney was Chairman and Chief Executive of Dallas based Halliburton Corporation, the world’s largest oil field services company with multi-billion dollar contracts with oil corporations including Chevron. Lawrence Eagleburger, a seasoned Bush counselor who held top State Department posts under George Bush Sr., is a director of Halliburton Corporation.
TOM
18 oct 2006 18:01:30
"Un jour, on s'apercevra que la notion de peak oil a été lancée ... par les lobbies pétroliers américains ..."
"euh le rapport "choucroutal" ???? :)"
loooooooooooollll ^_____________________________^
OK. Alors pourquoi s’il y a tant de pétrole que cela, les Américain sont obligé de massacrer autant d'irakien ?
C'est vrai il vaut mieux croire l'IEA qui estime les réserve restante de l'Arabie saoudite a 275 milliards de baril, les réserve non tout simplement pas bougez depuis 1948 ils peuvent pomper autant qu'il le souhaite leur réserve sont INFINIE ! Est c'est pareil pour tous les membres de l'OPEP ! ^_____________________^
Ce n'est pas parce qu’il y a 1 ou 2 parasite dans l'ASPO qu'il faut tout remettre en cause !
petit rappel :
Pour ce qui concerne tout particulièrement les pays membres de l’OPEP, les points d’interrogation suscités par les estimations officielles remontent aux années 1980, quand les pays du Golfe notamment ont procédé, l’un après l’autre, à des réévaluations spectaculaires de leurs réserves, sans que cela ait toujours été justifié par de nouvelles découvertes, des hausses des prix ou de nouvelles études. Entre 1985 et 1986, les Emirats arabes unis ont porté l’estimation officielle de leurs réserves de 33,9 à 97,2 milliards de barils. L’Arabie saoudite a pour sa part augmenté la sienne de 50 % en la portant de 169,6 à 254,9 milliards de barils entre 1987 et 1988 (4), tandis que l’Irak procédait à un doublement, de 32 milliards de barils en 1981 à 65 milliards à partir de 1983 (puis à 115 milliards de barils à partir de 2001). Ce gonflement est intervenu à une époque où les pays membres de l’OPEP mettaient en place le système du plafond de production et de quotas nationaux fixés en fonction essentiellement des réserves prouvées de chaque pays. Ainsi, entre 1983 et 1988, le total des réserves prouvées estimées de l’OPEP a augmenté de 62 %, bondissant de 470 milliards à 761,4 milliards. D’autres réévaluations les ont par la suite, pour les mêmes pays, portées à 896,6 milliards de barils au 1er janvier 2005.
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/05/SARKIS/13413
VOUS ETES VRAIMENT DES GUIGNOL ! ^________________^
Elisabeth
18 oct 2006 18:21:47
"Ce n'est pas parce qu’il y a 1 ou 2 parasite dans l'ASPO qu'il faut tout remettre en cause !" ... rigolo, vous le reconnaissez quand même ... :-)
ca serait sympa :
. de voir l'evolution du cours du pétrole depuis la date exacte de l'annonce du peak oil
. de voir quels étaient les membres du gouvernement US à ce moment là et leurs "affinités" ...
Bon, et puis le Soudan dans tout cela ?
Sur "parce qu’il faut au minimum 20 milliards de baril de réserve pour développer une production de 2 millions de baril par jour, pas la peine d'être expert pétrolier pour savoir cela." ... en général, on ne produit pas avec des réserves , lol... :-)
Enfin, merci à vous, ca fait du trafic pour le blog :-)
Elisabeth
18 oct 2006 18:32:45
Un peu de réalisme :
en un mot comme un seul : difficile de tirer des plans sur la comète .
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cf.
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Evaluer les réserves, "c'est comme essayer de deviner le stock d'un entrepôt en regardant par le trou de la serrure"
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Au train d’enfer où va la consommation mondiale (voir encadré sur les chiffres), où en sont les réserves de pétrole?
On ne peut pas répondre à cette question de manière aussi unilatérale, expliquait le 22 octobre, lors des XIIe Rencontres internationales pour la prévention des conflits au Mémorial de Caen consacrées à l’or noir, Olivier Appert, président de l’Institut français du pétrole (IFP).
Pour ce faire, il faut en effet aborder des notions ECONOMIQUES : "Ainsi, de 1973 à 1979, lors des deux chocs pétroliers, les prix ont triplé : certains gisements sont alors devenus rentables", a observé l’expert.
Il faut aussi tenir compte de données TECHNIQUES. En 1973, les moyens de l’époque permettaient d’effectuer offshore des forages jusqu’à 200 m de profondeur. Aujourd’hui, on peut creuser jusqu’à 3000 m, comme le prouvent des opérations réalisées dans le golfe du Mexique et le golfe de Guinée : certaines réserves, inaccessibles il y a 30 ans, le sont donc aujourd’hui.
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Résultat : "En 1973, il y avait un consensus pour dire qu’il y avait encore du pétrole pour 30 ans. Donc, en 2003, nous n’aurions plus dû en avoir !", a ajouté Olivier Appert.
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Pour autant, quand on veut en savoir un peu plus sur ce thème, on constate que les chiffres varient très, très souvent d’une source à l’autre. ****L’opacité règne****
. Et ce en raison de l’importance des enjeux et des intérêts économiques, financiers et géostratégiques....
Des estimations divergentes
A l’IFP, on pense qu’il reste encore suffisamment de pétrole pour 40 annés de consommation (en 2004).
- Selon les autorités fédérales américaines, les réserves mondiales "ultimes" s’élèveraient à 2275 milliards de barils.
- L’US Geological Survey (USGS) parle, elle, de 3000 milliards de barils.
- Tandis que l’ASPO, association indépendante composée d’universitaires et ****d’ex-dirigeants de compagnies pétrolières à la retraite****, évoque le chiffre de 1750 milliards (chiffres cités par "Le Monde 2"...
****Une firme comme BP refuse de se projeter au-delà de 5 ans. ****
Alors que sa consoeur Total estime les "réserves prouvées à 1000 milliards de barils", a expliqué à Caen le directeur du développement durable du groupe, Jean-Michel Gires. Il y a de la marge. Encore faut-il savoir ce qu’on entend exactement par "réserves ultimes" et "réserves prouvées"…
Au-delà de ces données plus que divergentes, il y a sans doute une réalité très terre à terre: l’extrême difficulté de procéder à une estimation. "Evaluer les réserves d’un champ de pétrole, c’est comme essayer de deviner le stock d’un entrepôt en regardant par le trou de la serrure", commente avec humour le président de l’IFP.
"L’évaluation d’un champ est une fonction à sept paramètres : six d’ordre physique - porosité, proportion d’air, etc. -, un d’ordre technique - la capacité d’extraction - qui dépend lui-même des six premiers. Tout ça est très subjectif : faites plancher trois géologues différents, vous aurez trois réponses différentes", note (dans "Le Monde 2") le spécialiste américain Matthew Simmons (voir autre article). Si même la subjectivité s’en mêle…



