Liban : les industriels dans la rue ?

Libanfig3industrieLe président de l’Association des industriels du Liban, Fadi Abboud, a mis en garde le pouvoir contre "le recours à la rue" que pourraient avoir les industriels, si le gouvernement ne réagissait pas favorablement à leurs revendications d’ici à deux semaines.

Fadi Abboud a tenu à préciser que l’Association n’était pas contre le gouvernement, mais qu’elle "émettait certaines réserves" sur le comportement du ministère de l’Économie vis-à-vis des dossiers relatifs à l’industrie.

Si le Président de l'Association réfute toute motivation politique, il  se pourrait bien que cela soit le contraire. A noter que Fadi Abboud a obtenu le soutien des ministres du Tourisme et de l'Industrie. C'est donc le Premier ministre Fouad Siniora et le Ministre de l'Economie qui seraient ainsi mis en cause. Bouleversement politique à prévoir au Liban ?

Une rencontre élargie des industriels s’est tenue cette semaine à l’hôtel Metropolitan en présence notamment des ministres de l’Industrie et du Tourisme, respectivement MM. Pierre Gemayel et Joe Sarkis.

Dans son mot de circonstance, Fadi Abboud a réaffirmé que l’Association des industriels n’avait pas de couleur politique et que ses membres étaient "loin de toute prise de position politique". En tout état de cause, l’Association revendique les droits des industriels alors que "certains mettent en doute l’avenir même de l’industrie", a-t-il dit.

Fadi Abboud a révélé que le Premier ministre Fouad Siniora était entré en contact avec lui et lui avait demandé un délai de deux semaines pour trancher sur les revendications des industriels. Le chef du gouvernement ne lui aurait cepedant promis aucune indemnité.

M. Abboud a estimé que le ministre de l’Économie Sami Haddad "menait une campagne irrationnelle contre l’Association des industriels". Celle-ci demande que les pays arabes arrêtent de "subventionner leur production" et leur vendent le pétrole aux mêmes prix appliqués dans leur pays. Si tel n'est pas le cas, le gouvernement libanais se devrait - selon lui - d’appliquer la taxe spécifique, droit qui est mentionné dans les accords conclus entre le Liban et les pays arabes.

De son côté, le ministre de l’Industrie, Pierre Gemayel, a estimé que les doléances des industriels étaient justes et stratégiques pour le maintien de l’économie. Il a insisté sur l’urgence pour "le gouvernement de prendre une décision stratégique de long terme concernant l’avenir de l’industrie".

Pour sa part, le ministre du Tourisme, Joe Sarkis, s’est félicité de la résistance du secteur industriel qui fait les frais de la conjoncture non seulement depuis la guerre de juillet dernier, mais depuis de longues années. "Ce secteur qui s’est maintenu avec et sans le soutien de l’État", a-t-il dit.
De son côté, le vice-président de l’Association des industriels, Wagih Bizri, a réclamé une indemnisation des industries touchées lors de l’offensive israélienne, insistant sur l’importance de dynamiser l’activité de l’Institut de garantie des investissements.

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Source : L'Orient Le Jour

 

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