Le réchauffement climatique à l'origine d'une récession ?

Rechauffmnt_1Le réchauffement climatique pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 7 trillions de dollars (5,5 trillions d'euros) si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales au cours des 10 prochaines années, avertit une étude d'un ex responsable de la Banque mondiale.

Certes, mais certains pourraient néanmoins y trouver leurs intérêts, la fonte polaire permettant d'ouvrir de nouvelles routes pour le pétrole. Alors que les uns s'inquiètent des impacts importants sur l’environnement, d'autres estiment cependant que des glaces plus minces signifient davantage de navigation par le Nord. A l'heure actuelle, le canal de Panama sert de lien entre les océans Atlantique et Pacifique. Une route dans l’Arctique raccourcirait de 4000 km les présentes routes de navigation de l’Europe à l’Asie.

I - Le réchauffement climatique : un coût économique phénoménal

Selon le rapport de M. Stern, commandé il y a un an par le ministère britannique de l'Economie pour mieux cerner les répercussions du réchauffement climatique sur l'économie du globe, ce dernier pourrait même provoquer une récession mondiale. L'étude de 700 pages qui doit être présentée lundi par Sir Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale serait la première à aborder le sujet d'un point de vue économique et non strictement scientifique.

Selon l'Observer, le coût du réchauffement climatique pourrait aller jusqu'à 6,8 trillions de dollars si les choses restent inchangées soit plus que les deux guerres mondiales et la grande dépression de 1929, tout en rendant de grandes parties de la planète inhabitables. L'ancien économiste de la Banque mondiale a calculé que l'humanité devrait dépenser 1% du PIB annuel de la planète, soit près de 275 billions d'euros sous peine de voir le coût du réchauffement climatique être de 5 à 20 fois plus élevé. Le rapport prévient également que le nombre de réfugiés, victimes de la sécheresse ou d'inondations, pourrait s'élever à quelque 200 millions de personnes.

Même si la pollution était stoppée nette, les gaz à effet de serre déjà dans l'atmosphère continueraient à provoquer un réchauffement du climat pendant encore une trentaine d'années avec le niveau des mers s'élevant encore pendant un siècle. Le problème est tellement urgent qu'un nouvel accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, remplaçant le protocole de Kyoto, devrait être conclu dès l'année prochaine plutôt qu'en 2010-2011 comme prévu, estime l'auteur de l'étude.

Selon le journal, le ministère britannique des Finances espère que cette étude servira à provoquer un revirement de l'opinion aux Etats-Unis et à combattre l'assertion du gouvernement américain que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est dommageable pour la croissance économique.

II - Un nouveau passage maritime recherché depuis des siècles

Pendant des siècles, les explorateurs ont espéré découvrir “le légendaire passage du nord-ouest” : une route maritime à travers l’Arctique canadien qui permettrait de gagner des milliers de kilomètres sur le trajet vers l’océan Pacifique, ouvrant ainsi une nouvelle voie de communication avec l’Asie de l’Est. Des centaines d’explorateurs ont péri au cours de leurs recherches de la route “miraculeuse”, l’épaisse glace rendant les conditions du voyage extrêmement périlleuses.

Mais le réchauffement planétaire redéfinit la géographie du Nord canadien. De récentes études suggèrent que 50 à 60 % de la glace de l’Arctique pourrait disparaître vers la fin du siècle, d’autres estiment que d’ici 2070, ou plus tôt, l’Arctique serait si chaud qu’il n’y aurait pas du tout de glace en été.

Mais, outre des impacts importants sur l’environnement, des glaces plus minces signifient davantage de navigation par le Nord. A l'heure actuelle, le canal de Panama sert de lien entre les océans Atlantique et Pacifique. Une route dans l’Arctique raccourcirait de 4000 km les présentes routes de navigation de l’Europe à l’Asie.

La glace disparaissant rapidement, nous pourrions assister à une augmentation vertigineuse du trafic maritime dans l’Arctique. En plus des espèces comme l’ours polaire, qui fait face à l’extinction en raison de la fonte de son habitat, d’autres espèces pourraient aussi être tourmentées par des espèces étrangères introduites par le trafic de bateaux et par l’augmentation de la pollution.

III – Les opérateurs pétroliers vivement intéressés

Si l'Arctique est plus accessible, les réserves de pétrole qui se trouvent dans le Grand-Nord le seront aussi. Selon certaines estimations, elles équivaudraient au 1/4 des ressources mondiales, de quoi provoquer l'intérêt des opérateurs pétroliers. En effet, bien que le processus du réchauffement de la planète ait entraîné une fonte significative des calottes polaires, augmentant les risques d'une catastrophe écologique, il est néanmoins perçu comme une source potentielle de nouveaux revenus.

En plus de la perspective d'un accès accru à de nouvelles sources d'approvisionnement en poisson et en matières premières, plus particulièrement le pétrole et le gaz, le réchauffement des eaux de l'Arctique signifie la possibilité dans un avenir proche d'une voie navigable nord-ouest, au moins pour la période d'été. Cela représenterait d'énormes économies pour les compagnies maritimes internationales qui pourraient ainsi raccourcir leurs trajets actuels de 6500 à 8000 kilomètres. À titre comparatif, le trajet Londres-Tokyo serait réduit à 16 000 km par rapport à 21 000 km par le canal de Suez et 23 000 km par celui de Panama, en passant par cette voie. Dans le cas de pétroliers de plus en plus massif, qui ne peuvent emprunter le Canal de Panama, et doivent alors passer au sud de l'Amérique du Sud, un passage au nord-ouest offrirait un avantage encore plus conséquent.

D'ici une trentaine d'années, la banquise d'été devrait avoir tellement fondu que peut-être même des navires non spécifiquement conçus pour l'Arctique devraient être capables de franchir le passage du Nord-Ouest. 20 à 30 navires franchiraient déjà le passage chaque été.

En 1986, le Canada avait proclamé sa souveraineté sur les eaux intérieures de l’Arctique, mais tant les États-Unis que l’Union européenne et le Japon n’ont jamais reconnu cette proclamation soutenant qu’il s’agit d’eaux internationales. Les dirigeants canadiens voient ainsi le contrôle de l'Arctique comme le point central de leurs ambitions économiques et géopolitiques. Le contrôle de l'Arctique nord-américain est perçu comme une avantage stratégique dont l'importance ne fera que croître pour le Canada dans ses relations avec ses principaux rivaux commerciaux et en particulier avec les États-Unis, concerné par l'Arctique non seulement en vertu de son influence globale mais en raison de l'Alaska.

IV – La bataille sur la territorialité fait déjà rage

Les politiques canadiens ont fait de la revendication de la souveraineté de l’Arctique un sujet-clé de la campagne électorale. Après avoir pris ses fonctions de premier ministre, Harper a promis d’accroître les dépenses pour assurer au Canada une présence militaire dans l’Arctique. Le plan inclurait la construction de trois brise-glaces armés, qui seraient amarrés près d’Iqualuit, à un coût élevé. Sont également annoncés la construction d'une base sous-marine en eau profonde, le déploiement d'avions téléguidés et l'établissement d' un réseau de postes d'écoute sous-marins pour la surveillance de navires étrangers.

Alors que le Canada affirme que le passage du Nord-Ouest fait partie des eaux territoriales sur lesquelles il devrait avoir souveraineté et être en mesure de contrôler les allées et venues, les États-Unis et plusieurs pays d’Europe maintiennent que les eaux de l’Arctique sont une route internationale gratuitement navigable. D'énormes intérêts économiques sont déjà en jeu , et ce d'autant plus qu'il s'agit en particulier de transit de tankers chargés de pétrole.

En janvier 2006, l’ambassadeur américain au Canada, s'est exprimé sur le sujet en précisant ne pas reconnaître les revendications du Canada sur ces eaux, qualifiant même le passage d'«eaux neutres», une allégation fortement contestée par les canadiens. Le terme implique que non seulement le Canada n’a aucun droit d’exercer un contrôle sur la région, mais aussi que les ressources comme le poisson et le pétrole peuvent être exploitées par n’importe quel pays, une position que même les États-Unis ne partagent pas. Selon la revue MacLeans, un haut fonctionnaire américain a plus tard corrigé le commentaire de Wilkins en affirmant que le mot "neutre" avait été utilisé à mauvais escient.

Si les États-Unis, tout comme des pays tels la Russie et la Grande-Bretagne, ne mettent pas réellement au défi la revendication du Canada sur les ressources, ils insistent néanmoins sur le fait qu’ils ne devraient pas avoir à demander l'autorisation pour emprunter le passage ni être sujets à toute l’étendue de la loi canadienne. Selon eux, accepter les revendications canadiennes sur le passage jetterait un précédent potentiellement désastreux, poussant d’autres pays à affirmer des revendications territoriales sur d’importantes routes maritimes.

Selon certains experts, la plus grande menace pour la revendication de souveraineté du Canada est la pratique de pays étrangers d'emprunter le passage du Nord-Ouest sans obtenir la permission des autorités canadiennes. Un trafic non régularisé par le passage du Nord-Ouest pourrait établir des précédents qui empêcheraient le Canada de réclamer le contrôle de la région, ne laissant qu’une petite marge pour contrôler les navires étrangers. En réponse à cette situation, le Canada a insisté pour allouer des autorisations aux navires en vue de leur traversée du détroit, même s’ils avaient déjà mis en pratique ce type de parcours, sans permission.

Les experts canadiens estiment que le passage sans autorisation des navires étrangers à travers le corridor constitue une menace. Ils ont toutefois des idées différentes sur les actions à mener par le Canada en vue d'y faire face. Si certains privilégient la solution d'une présence militaire accrue en Arctique, d'autres estiment que toute tentative d’utiliser des moyens militaires pour arrêter le trafic à travers le détroit pourrait «créer un problème diplomatique pour le Canada».

Une approche graduelle et une politique de planification à long terme devraient être considérées par le gouvernement canadien, les relations internationales entre le Canada et les pays concernés seraient ainsi moins compromises.

A lire également :

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12 Commentaires

  1. 1

    Dieux $£€

    Juste une question...

    Avec tous ces bénéfices, on peut construire une nouvelle planète?!

    Si oui, je propose d'ores et déjà un nom: l'Etoile de la Mort :)

  2. 2

    Elisabeth

    Oh , si vous saviez .... vous croyez que les recherches actuelles sur la planète MARS sont "gratuites" ? certains preparent deja leur "repli" .

    Impressionnant.

    Je vous tiens au courant sur ce point.

  3. 3

    Vincent P.

    Je conseille tout particulièrement le "courrier international Hors Série" de ce dernier trimestre 2006.
    Il est très intéressant et traite du réchauffement climatique (avec notamment ces passages au Nord à travers l'arctique , ...).

    Pour les glaces des pôles, il faut aussi dire qu'elles renvoient la chaleur du soleil, alors que l'eau liquide l'absorbe et se réchauffe: une fonte des pôles entraîne donc un réchauffement plus rapide encore ...

    En tous les cas, c'est clair qu'il y a urgence pour la planète, sa diversité, son économie, etc ... et personnellement, je ne pense pas que ce sera "dans 50 ou 100 ans" comme on l'entend souvent dire ... :-(

  4. 4

    Elisabeth

    A la Cite de l'Espace à Toulouse, les fondus d'astronomie pensaient la même chose que vous , deja il y a deux ans ...

    ceux qui possèdent très bien le sujet sont en général TRES inquiets.

    Depuis quelque temps, je me demande quand viendra le jour, ou il sera néfaste d'ouvrir ses fenetres pour faire rentrer l'air, compte tenu notamment de toutes les pollutions chimiques de part et d'autre, que l'on nous cache tres souvent, ainsi recemment pb aux USA et dans le Nord de la France.

  5. 5

    Elisabeth

    "Pour les glaces des pôles, il faut aussi dire qu'elles renvoient la chaleur du soleil, alors que l'eau liquide l'absorbe et se réchauffe: une fonte des pôles entraîne donc un réchauffement plus rapide encore ..."
    ... je me demande ou on va :( ...

    Et merci pour l'info sur Courrier International , deja que je voulais m'y abonner, j'y cours de ce pas :)

  6. 6

    Vent en Roumanie !

    Quand on parle du loup .... :(

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    Roumanie-Les ports de la mer Noire fermés pour cause de vent

    BUCAREST (REUTERS) - La Roumanie a fermé lundi ses ports de la mer Noire, y compris le plus important, Constanta, et le canal reliant le Danube à la mer Noire, en raison de vents violents, ont rapporté les autorités roumaines.
    ""Les ports de Constanta Nord, Constanta Sud et Midia ont été fermés cet après-midi en raison de vents de l'ordre de 60 km/h"", a expliqué à Reuters le chef de la capitainerie de Constanta.

    Publié le: 30/10/2006 à 17:46:01 GMT

  7. 7

  8. 8

  9. 9

    Possible de vivre sur Mars ?

    cela a le mérite d'être clair :
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    Mars est intéressante à explorer mais les perspectives d'y vivre sont minces:

    la faible étendue de sa surface suffit à exclure d'en faire une seconde Terre et l'assimile plutôt à un immense astéroïde;
    l'énergie solaire au zénith et en haute atmosphère ne vaut en moyenne, sur Mars, que 590 W/m² contre 1.370 sur Terre;
    pour qu'une atmosphère à pression atmosphérique similaire à celle de la Terre la recouvre, il faudrait qu'elle soit plus épaisse (puisque la pesanteur est moindre); l'absorption atmosphérique ainsi que les albédo de l'air et des nuages gèleraient la surface; on devrait compter sur de puissants gaz à effet de serre, autres que le CO2 qui, à fortes doses, est irrespirable;
    sa pression atmosphérique moyenne est de seulement 700 Pascals, contre 101.325 Pascals; par conséquent, outre l'impossibilité actuelle de voir de l'eau liquide sur Mars, on peut en déduire que s'il fallait créer une atmosphère, il faudrait entièrement la créer ex nihilo, éventuellement en projetant sur Mars des astéroïdes susceptibles de se volatiliser;
    ses phénomènes saisonniers actuels sont complexes et très marqués et d'après les astrophysiciens, ceci pourrait notablement empirer;
    il s'agit d'une planète morte, dénuée de toute énergie géothermique, avec pour conséquent une absence de champ magnétique et donc une exposition (comme Vénus, mais pour d'autres motifs) au vent solaire.

    En fait, tout est compliqué sur Mars. La pression atmosphérique varie au cours des saisons, car le CO2 dont elle est composée gèle pendant l'hiver. Du coup, déjà très faible en moyenne, elle peut l'être encore plus lors de l'hiver d'un des deux pôles, tandis qu'au printemps suivant, d'immenses tempêtes de poussière balayent toute la planète lorsque le CO2 redevient gazeux.

    Pour se protéger efficacement du vent solaire, il faudrait établir des barrières en altitude qui ne feraient que diminuer encore le flux solaire qui arrive à cette planète, caractérisée par un grand-axe de 227,9 Mkm contre 149,6 pour la Terre. Rapport: 1,52. Mis au carré: 2,3 d'où un ensoleillement en moyenne 2,3 fois plus faible sur Mars que sur Terre.

    Par contre, Vénus est environ deux fois plus ensoleillée que la Terre.
    Si on plaçait un dispositif de blocage du vent solaire et que ceci diminuait l'ensoleillement de Vénus, ce serait tant mieux !

  10. 10

  11. 11

  12. 12

    Renverse de courant

    merci à la marine marchande d'avoir mis cet article fort inquiétant en lien

    http://www.info.lnc.nc/caledonie/20061031.LNC9370.html

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