La construction de l’A350 est de nouveau sur la sellette. Alors que dès le mois de mai dernier Airbus avait laissé entendre qu’il envisageait de s'orienter vers le lancement d'un tout nouvel avion long courrier au lieu de se "contenter" de l'A350, version améliorée du biréacteur A330, l'assureur-crédit Coface estime aujourd’hui que les problèmes actuels d’Airbus seraient liés à cet appareil. Son PDG François David a en effet émis une telle éventualite au cours d'un petit déjeuner de presse organisé par l'Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).
A noter que le scénario du constructeur concernant l’A350 avait d’ores et déjà été évoqué, avant la tourmente occasionnée par l’annonce des retards de livraisons de l’A380.
I - L’A350 à la source des malheurs d’Airbus ?
Le retard de livraison de l'avion géant A380, ne serait pas le véritable problème d’Airbus et de sa maison-mère EADS, mais plutôt le lancement de l'A350 (200-300 places), a estimé mercredi le PDG de l'assureur-crédit Coface, François David.
Selon lui, les difficultés liées à l'A380 pourront être résolues, demeurant du domaine financier. Estimant que l’A380 répondait en tout état de cause à une réelle demande clients, aucune concurrence ne mettrait en péril la rentabilité du projet. Les véritables questions concerneraient le lancement ou non d’un concurrent au 787 de Boeing via l'A350, et l’intérêt de s’orienter vers ce milieu de gamme. Selon lui, le futur A350, dont la mise en oeuvre nécessitera de trouver 9 à 10 milliards d'euros, ne correspond pas à une véritable demande au contraire du Boeing 787, qu’il estime être "un excellent avion".
Le nouveau président d'Airbus, Louis Gallois a indiqué la semaine dernière qu'il présenterait "le dossier du lancement de l'A350 de façon positive" au prochain conseil d'administration d'EADS, estimant qu'Airbus devait "être présent sur l'ensemble de la gamme".
Concernant l'entrée de la Russie dans le capital d'EADS, après le rachat de 5% des actions par la banque Vnechtorgbank, M. David, qui est membre du conseil d'administration d'EADS, a qualifié cette prise de participation de "belle opération financière", réalisée "au moment où le cours de bourse était grotesquement bas". Cette opération répond avant tout à "la volonté de Poutine de se consolider dans le secteur aéronautique" car la Russie fabrique des avions depuis toujours mais n'a "jamais réussi à les exporter", a-t-il estimé.
II - Remise en cause du programme de l’A350 ?
Alors que le monde entier avait en mai dernier les yeux rivés sur la proche mise en exploitation de l'A380, Airbus avait laissé entendre qu’il pourrait s’orienter vers le lancement d'un tout nouvel appareil long courrier à la place de l’A350. Une source interne au constructeur européen indiquait alors que la conception d’un nouvel avion au fuselage élargi doté d'une nouvelle aile pourrait être à l'étude. L'élaboration de ce nouvel appareil, en lieu et place du projet A350, dérivé de l'A330 était "soupçonné" faire perdre au moins un an au programme et doubler le coût du projet, actuellement estimé à 4 milliards de dollars.
Ces indications recoupaient le sentiment d'autres sources aéronautiques toulousaines, selon lesquelles Airbus était engagé dans une révision d'ampleur du projet, et pourrait en venir à élargir la taille du fuselage.
La mise en service de l'A350 est officiellement prévue pour 2010, mais Airbus a déjà laissé entendre en mai qu'elle pourrait intervenir seulement en 2011. Une porte-parole du constructeur aéronautique avait déclaré à la même date qu"Airbus continuait d'explorer toutes les possibilités" concernant d'éventuelles modifications à apporter à l'A350.
De sources industrielles, Airbus attendrait désormais début 2007, au lieu d’octobre 2006, avant d’opérer le lancement industriel de l’A350XWB. Officiellement, les nouveaux retards de l’A380 ne permettraient pas à Airbus de se consacrer plus amplement sur l’A350XWB. Mais une bataille fait également rage entre Français et les Allemands en vue de déterminer le lieu d’assemblage du futur A350XWB.
Fin avril, le président d'Airbus Gustav Humbert alors en fonction avait également indiqué que l'avionneur déciderait d'ici la mi-2006 des "améliorations" à apporter à ce modèle d'appareil, pour prendre en compte les revendications de certains clients insatisfaits.
Deux d'entre eux, le loueur d'avions américain ILFC et la compagnie aérienne Singapore Airlines, ont émis des critiques à l'égard de l'A350, concurrent du 787 de l'américain Boeing, réputé très économe en carburant. Le PDG de la firme américaine de location d'avions ILFC, Steven Udvar-Hazy, avait prévenu que les parts de marché d'AIRBUS pourraient plafonnées à 25% dans le segment des moyens porteurs s'il se contentait d'utiliser la base de fuselage de l'A330 pour l'A350, alors que le B787, dont la construction fait appel à de nombreux matériaux composites, consommera 20% de fioul de moins que les modèles actuels.
Sous la pression de ces compagnies aériennes, Airbus a donc été contraint de revoir entièrement son projet pour l’améliorer, et notamment agrandir le diamètre du fuselage par rapport à celui de l’A330, et introduire plus de matériaux composites. Du coup, le coût du projet doublera à plus de 8 milliards d’euros, et prendra beaucoup plus de temps. « Airbus doit partir de zéro, définir de nouveaux process de fabrication, de nouveaux outillages, ce qui lui prendra au minimum cinq ans de développement », estime un fournisseur de l’avionneur européen, qui a été récemment informé des intentions du constructeur.
A lire également :
. AIRBUS:nouveau long courrier autre que l'A350
Sources : AFP, L’Usine Nouvelle

8 Commentaires
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Louis Gallois, qui est également co-président exécutif d'EADS, la maison mère d'Airbus, souligne également que la mise en oeuvre du plan d'économies "Power 8" d'Airbus était un préalable indispensable à un éventuel lancement du futur long courrier A350 actuellement en projet.
"Sans 'Power 8' nous ne pourrions lancer l'A350. C'est l'avenir d'Airbus qui se jour", ajoute-t-il. EADS doit décider dans les semaines qui viennent de lancer ou non de cet appareil, destiné à concurrencer le B787 de Boeing.
"L'enjeu de l'A350 est majeur pour Airbus. Il faut que nous soyons capables de convaincre rapidement le conseil d'administration d'EADS de notre capacité à mobiliser les ressources d'ingénierie et financières pour lancer cet avion", insiste Louis Gallois.
Souces : Reuters, Depeche du Midi
18 octobre 2006 à 15:042
Dow Jones le 18/10/2006 15h44
PARIS (Dow Jones)--Les administrateurs de European Aeronautic Defence & Space Co. (5730.FR) décideront à la fin du mois si Airbus investira 9 milliards d'euros dans le programme de son nouvel appareil A350 XWB, censé permettre à l'avionneur de concurrencer l'américain Boeing Co. (BA).
Les dirigeants d'EADS se retrouveront dans deux semaines à Amsterdam, où se trouve le siège social du groupe, et l'avenir du programme A350 devrait être le principal point à l'ordre du jour, d'après François David, président de l'assureur crédit Coface et membre du conseil d'administration d'EADS.
18 octobre 2006 à 19:453
Bizarrement (? ....), l'info n'est pas reprise par Google Actu ...
19 octobre 2006 à 00:154
Elizabeth, c'est Libye, pas Lybie;-)
19 octobre 2006 à 01:205
1000 excuses ... je jongle ... :)
19 octobre 2006 à 01:226
19 octobre 2006 à 10:14PARIS (DJ-La direction d'Airbus ne se laissera pas intimider en matière de licenciements et de fermetures d'usines malgré les pressions des responsables syndicaux et politiques, a indiqué mercredi Thomas Enders, le co-président de EADS lors d'un entretien accordé au Wall Street Journal.
"Tout est sur la table", a-t-il affirmé.
Airbus a récemment annoncé un plan de restructurations majeures visant à résoudre les problèmes du programme A380, entre autres.
"Les gens verront bientôt que (nous) sommes aussi dévoués à la refonte profonde dont Airbus a besoin", que l'était Christian Streiff - l'ancien patron d'Airbus récemment remplacé par Louis Gallois - a assuré T.Enders.
Il a précisé que la "priorité à présent" pour EADS était de prendre une décision quant au développement de l'A350. "Il nous faut prendre une décision dans les prochaines semaines", a-t-il indiqué. Le conseil d'administration doit discuter de l'avenir de l'A350 dans deux semaines.
M.Enders a insisté sur le fait que EADS n'avait pas renoncé à prendre des mesures politiques controversées dans le passé, ayant déjà fermé des usines et supprimé des postes dans ses divisions d'aéronautique et de défense qui étaient en difficultés voici cinq ans.
Enfin, T.Enders a attaqué les récentes propositions de responsables politiques allemands concernant l'achat par le gouvernement allemand d'une participation dans EADS. D'après lui, cette initiative marquerait un "retour à l'âge de pierre".
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Prudence, prudence ..
19 octobre 2006 à 10:54si j'ai le temps je fais un récap sur mesures financières envers les sous-traitants, qui ne présagent rien de bon .
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A350 : des clients réclameraient
des modifications
NOUVELOBS.COM | 29.05.2007 | 19:08
Nouveau coup dur pour l'avionneur qui, sous la pression de quatre sociétés, verrait une nouvelle fois sa facture alourdie.
Plusieurs gros clients d'Airbus demandent à l'avionneur européen, filiale d'EADS, de revoir la structure de son long courrier A350 XWB, rapporte la Süddeutsche Zeitung mardi 29 mai.
Emirates, Singapore Airlines, Qatar Airways et la société de leasing ILFC réclameraient une modification de la structure de la carlingue, selon le quotidien de Munich (sud), généralement très bien informé.
"J'estime que l'esquisse actuelle d'Airbus n'est qu'une étape", aurait déclaré le patron d'Emirates, Tim Clark.
Après une longue réflexion, Airbus avait décidé l'an dernier de produire la carlingue de son nouveau modèle en fibres de carbone comme le Boeing 787.
Mais contrairement au long courrier américain, le fuselage sera composé d'un assemblage de petites parties de carbone et non pas de pièces entières.
Une facture toujours plus élevée
Les clients redoutent que cette structure ne complique l'entretien et la révision des avions, selon le quotidien allemand.
Une porte-parole d'Airbus, interrogée par le journal a qualifié l'information de simple rumeur. "Nous travaillons toujours sur la base de notre ancien design", a-t-elle indiqué.
30 mai 2007 à 00:21Les coûts de développement de l'A350 ont quasiment doublé depuis le lancement du projet,
qui a déjà été entièrement remis à plat. Selon la Süddeutsche Zeitung, un nouveau remaniement de la carlingue alourdirait considérablement la facture
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