Les 25 pays de l'Union européenne pourraient user d'un langage inhabituellement ferme la semaine prochaine pour demander à la Russie de cesser ses mailtraitances envers les Géorgiens de Russie, selon des sources diplomatiques européennes.
Selon un projet de conclusions préparé cette semaine qui devrait être soumis mardi aux ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg, les 25 "expriment leur grave inquiétude devant les mesures adoptées par la Fédération de Russie contre la Géorgie et leurs conséquences économiques, politiques et humaines."
Enfin, pourrons nous dire .. Il est vrai que l'enjeu est de taille compte-tenu de l'importance de la région pour la production et le transit du gaz vers l'Europe. Ne rêvons pas, l'Europe n'est pas prise d'une “crise” soudaine de respect des Droits de l'Homme. Géorgie et Iran se rencontreront sur le sujet la semaine prochaine.
I - Fermeté des 25 face à la Russie
Dans le cadre de ce projet de conclusions - qui pourrait encore être modifié par les représentants des 25 juste avant la réunion des ministres, ou par les ministres eux-mêmes - les pays membres de l'UE appellent également les autorités russes à "ne pas poursuivre les mesures ciblant les Géorgiens de Russie". Ils exhortent également les deux parties à agir en conformité avec leurs engagements et obligations internationales",
Ce texte qui a été longuement débattu par les représentants des 25, selon un diplomate européen, risque d'être modifié en dernière minute, la présidence finlandaise de l'UE aurait en effet engagé, à la demande des Etats membres, des "démarches" auprès des autorités russes, selon plusieurs diplomates. Les 25 espèrent que ces démarches amèneront les Russes à revoir leur attitude, ce qui permettrait alors de ne pas adopter mardi ces conclusions en l'état.
Depuis l'affaire des quatre "espions" russes détenus par la Géorgie avant d'être rendus à la Russie, Moscou a ordonné une coupure complète des liaisons avec son voisin caucasien et vise systématiquement hommes d'affaires, commerçants, restaurateurs et travailleurs géorgiens en Russie. Plus de 250 Géorgiens ont ainsi été expulsés de Russie vers la Géorgie par avions spéciaux.
La mairie de Moscou a indiqué que la police avait demandé à des écoles moscovites de lui fournir des listes d'élèves portant des noms à consonance géorgienne afin de vérifier si leurs parents étaient en situation régulière, des informations que la police a cependant démenties.
II - La Russie souhaite un retrait géorgien des gorges de Kodori
La Russie a par ailleurs demandé jeudi un vote rapide au Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution exigeant de la Géorgie qu'elle retire ses troupes des gorges de Kodori, une région montagneuse instable proche de l'Abkhazie, territoire séparatiste pro-russe dont Tbilissi veut reprendre le contrôle. Son ambassadeur, Vitaly Tchourkine, a introduit une version amendée de ce texte, qu'il avait mis en circulation le 3 octobre, et demandé qu'on passe au vote vendredi.
Le Conseil de sécurité a une réunion sur la Géorgie à son ordre du jour pour vendredi, afin notamment de renouveler le mandat de la Mission d'observation de l'ONU en Géorgie (Monug), qui expire dimanche. Le projet de résolution russe comprend un paragraphe prévoyant la prorogation de ce mandat jusqu'au 15 avril 2007.
Le texte demande que la Géorgie respecte ses obligations découlant de résolutions du Conseil et d'accords bilatéraux dont celui de 1994. Il appelle également Tbilissi à "s'abstenir de toute rhétorique militante et d'actes de provocation". Le projet de résolution appelle aussi les dirigeants abkhazes à "traiter sérieusement le problème du retour dans la dignité des personnes déplacées et des réfugiés". Il souligne également l'attachement du Conseil à "la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Géorgie".
III - Négociations Iran/Georgie concernant le gaz
Le ministre géorgien de l'Energie, Nika Guilaouri, se rendra à Téhéran le 21 octobre prochain. Dans le cadre de cette visite, il rencontrera les membres du gouvernement iranien et mènera des consultations provisoires au sujet d'importations de gaz iranien en Géorgie.
"Ses négociations à Téhéran porteront sur certains détails techniques. Somme toute, ce ne seront que des négociations provisoires sur des importations de gaz", a précisé Mme Teona Doliachvili, chef du Département de l'Information du ministère géorgien de l'Energie. Au cours de sa visite en Azerbaïdjan, M. Guilaouri a reçu une réponse positive des partenaires azerbaïdjanais qui ont jugé possible d'organiser le transit de gaz iranien à travers le territoire de l'Azerbaïdjan. Nous y voilà ...
Jeudi, le ministre de l'Energie de la Géorgie a quitté Bakou pour se rendre à Astana où vendredi 13 octobre se réunira le Conseil pour l'électricité de la Communauté d'Etats indépendants (CEI).
A lire également :
. Russie/Géorgie : l'Iran s'en mêle
. Russie : de l'eau dans le gaz avec la Géorgie
. Climat explosif entre Géorgie et Russie au mois de janvier 2006...

1 Commentaire
1
L'ONU demande à la Géorgie de retirer ses troupes des gorges de Kodori
AFP 13.10.06 | 16h57
Le Conseil de sécurité de l'ONU a mis en demeure vendredi la Géorgie de retirer ses troupes des gorges de Kodori, région montagneuse instable proche de l'Abkhazie, à l'initiative de la Russie qui soutient les séparatistes abkhazes.
Le Conseil a pris cette décision dans une résolution adoptée à l'unanimité de ses quinze membres, numérotée 1716.
Le texte "prie instamment la partie géorgienne d'assurer que la situation dans les gorges de Kodori soit conforme à l'Accord de Moscou (de 1994) et qu'aucune troupe non autorisée par cet accord ne s'y trouve".
Les gorges de Kodori, historiquement partie de l'Abkhazie, à 25 kilomètres de Soukhoumi, la "capitale" abkhaze, échappent au contrôle du régime séparatiste.
Elles ont été le théâtre le 25 juillet d'une opération géorgienne visant à mater une rébellion locale mais considérée par les Abkhazes et leurs alliés russes comme une première étape dans la reprise en main du territoire par la force et une violation de l'accord de cessez-le-feu de Moscou de 1994.
Le texte demande que la Géorgie respecte ses obligations découlant de résolutions du Conseil et d'accords bilatéraux dont celui de 1994.
Il appelle également Tbilissi à "s'abstenir de toute rhétorique militante et d'actes de provocation".
Ce paragraphe est une allusion aux incidents de fin septembre, où quatre officiers russes avaient été arrêtés à Tbilissi pour "espionnage" militaire, avant d'être remis à la Russie via l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Après cet incident, la Russie avait pris des sanctions, suspendant ses liaisons aériennes, terrestres et maritimes ainsi que ses services postaux avec la Géorgie.
13 octobre 2006 à 19:51Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.