La rencontre informelle de ce week end entre les 25 et la Russie aura-t-elle au final porté ses fruits ? Cela semble être le cas en tout cas pour la France puisque le géant gazier russe Gazprom envisage de conclure prochainement - notamment avec Gaz de France - des contrats de livraison pour le gaz qui sera transporté à travers le gazoduc Nord Stream, a indiqué lundi un responsable du groupe russe cité par l'agence Interfax.
Reste néanmoins, qu'au delà des livraisons d'hydrocarbures, GDF compte bel et bien intégrer le consortium russo-allemand chargé de construire le gazoduc sous la Baltique.
I – Accord entre Gazprom et GDF
"La conclusion de l'accord entre le français Gaz de France et notre filiale Gazprom Marketing and Trading en est au stade final", a déclaré un haut responsable de Gazprom Sergueï Balachov lors d'une conférence à Moscou.
Une entrée du groupe français Gaz de France dans le consortium russo-allemand chargé de construire un gazoduc sous la Baltique est envisageable, avait déclaré fin mars Gazprom. "Cette décision peut être prise si le nouveau partenaire apporte quelque chose de nouveau, d'importance stratégique", les attentes russes ne semblant pas prioritairement d'ordre financier dans le domaine. Le quotidien russe Vedomosti affirmait alors que "le français GDF et le néerlandais Gasuni montraient une volonté très forte d'entrer dans ce projet". Le résultat des négociations dépendrait notamment d'un avantage économique qui découlerait de ce partenariat, et notamment la possibilité d'assurer le transport du gaz vers un nouveau marché prometteur.
II – Relations de plus de 30 ans entre GDF et Gazprom
Depuis trente ans, Gazprom et Gaz de France développent leur coopération commerciale pour garantir l’approvisionnement en gaz naturel des clients de Gaz de France en France et en Europe. Les contrats long terme de Gaz de France avec Gazprom portaient fin 2005 sur 12 milliards de m3, représentant près de 25 % des approvisionnements long terme de Gaz de France.
Sur la base de ces relations, les Présidents de Gazprom et Gaz de France ont signé en septembre 2005 un protocole détaillant les actions à conduire et les axes de travail prioritaires pour renforcer et développer cette coopération.
En particulier, alors que Gazprom entame la construction d’un gazoduc nord-européen passant sous la mer Baltique, il avait été convenu par les deux groupes de poursuivre les travaux menés en commun en vue de développer les fournitures de gaz russe à Gaz de France et de renforcer la sécurité d’approvisionnement du marché européen.
Les présidents de Gazprom et Gaz de France avaient alors échangé sur les perspectives offertes par la production et la commercialisation de gaz naturel liquéfié qui prend une place croissante sur le marché de l’énergie, et ont donné des orientations en vue de l’élaboration de projets communs.
III - Le nouveau gazoduc : des intérêts stratégiques majeurs
La construction d'un gazoduc sous la mer Baltique pourrait changer la carte politique de l'Europe. En construisant un gazoduc sous la mer, qui contournera les pays baltes et la Pologne, la Russie pourra en effet imposer des prix de gaz de monopole pour avoir une influence sur la politique de ses voisins baltes, ukrainiens et polonais.
Le gazoduc dit nord-européen doit être construit sur près de 3.000 km, dont 1.189 km sous la mer Baltique. Il doit relier sur sa partie terrestre le système unifié d'oléducs russes au port russe de Vyborg, puis via la mer Baltique, à Greifswald en Allemagne.
La nouvelle alliance entre la Russie et l'Allemagne, appelée aujourd'hui "alliance énergétique", qui représentera plus de 4 milliards d'euros d'investissements, a été signé le 8 septembre 2005 à Berlin entre Gazprom et les allemands BASF et EON. L'Allemagne assure avec ce projet une grande partie de son approvisionnement énergétique sur des décennies. Gazprom compte mettre en service ce nouveau gazoduc en 2010 avec un volume de 27 milliards de m3 par an dans un premier temps, qui pourra être porté à terme à 55 mds de m3.
IV – Le gazoduc provoque la démission d'un ministre polonais
Le gouvernement polonais avait annoncé en mai 2006 que le secrétaire d’Etat au gouvernement polonais Ryszard Schnepf, qui avait informé la presse de la possibilité d’un engagement financier de la Pologne dans le projet de construction du gazoduc germano-russe avait démissionné.
Le Premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz avait alors fermement démenti des informations de journaux polonais et allemands sur la participation de Varsovie à ce projet très controversé en Pologne et dans les pays baltes.
"La Pologne n'a jamais accepté et n’accepte toujours pas l’accord entre la Russie et l’Allemagne sur la construction d'un gazoduc sous la Baltique. Un tel gazoduc risque de constituer une menace pour la sécurité énergétique de la Pologne et pour l'environnement en mer Baltique", avait alors affirmé M.Marcinkiewicz.
Le quotidien polonais Rzeczpospolita, citant Ryszard Schnepf, avait affirmé auparavant que le Premier ministre polonais avait proposé à la chancelière allemande Angela Merkel que la Pologne participe à cet investissement en échange de la présence d'un représentant dans la direction du projet.
V – Le GNE devient désormais Nord Stream
La société North European Gas Pipeline Company, opérateur du projet de Gazoduc nord-européen (GNE), a annoncé en début de mois le changement de son nom, devenue Nord Stream AG, et l'ouverture de son premier bureau à Zoug, en Suisse.
La décision de rebaptiser la compagnie a été prise par ses actionnaires Gazprom, Wintershall (filiale de BASF) et E.ON Ruhrgas. Le bureau suisse de la compagnie emploiera presque trois quarts des effectifs prévus à hauteur de 70 personnes. La filiale de Nord Stream basée à Moscou devrait rapidement ouvrir.
La coentreprise russo-allemande Nord Stream AG (initialement North European Gas Pipeline Company) a été fondée en décembre 2005 pour concevoir, construire et exploiter le nouveau gazoduc qui passera sous la mer Baltique. Elle est détenue à 51% par Gazprom, le solde des actions étant réparti à parts égales entre Wintershall et E.ON.
En 2000, la Commission européenne a attribué au gazoduc le statut de réseau énergétique transeuropéen (Trans-European Energy Networks, TEN-E). Ce statut a été confirmé en 2006.
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Sources : AFP, Ria Novosti, Russie.net

2 Commentaires
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Poutine: la sécurité du gazoduc nord-européen sera assurée par la Marine de guerre russe
25/10/2006 15:56 MOSCOU, 25 octobre - RIA Novosti. Les forces navales russes assureront la sécurité du gazoduc nord-européen, a déclaré mercredi le président Vladimir Poutine lors de sa ligne directe avec la population russe.
"C'est un projet grandiose, important pour l'économie de notre pays et pour celle de l'Europe occidentale toute entière. Nous profiterons évidemment des moyens de la Marine de guerre en vue de venir à bout des problèmes écologiques, économiques et techniques", a indiqué le chef de l'Etat russe.
D'après lui, les marins des forces navales connaissent mieux que quiconque l'évolution du fond de la Baltique depuis la Seconde Guerre mondiale.
"Personne d'autre ne dispose de tels moyens de contrôle, personne d'autre ne pourra mieux régler les problèmes de la sécurité écologique", a estimé le président russe.
"Il s'agit d'activités nouvelles et très utiles de la Marine de guerre, en l'occurrence, dans la mer Baltique", a expliqué M. Poutine.
27 octobre 2006 à 01:002
VILNIUS, 13 juil 2007 (AFP) - 19:18
L'Allemagne dénonce les réactions "d'hystérie" sur le gazoduc germano-russe
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a appelé vendredi les pays est-européens à réagir avec moins "d'hystérie" dans la controverse sur le gazoduc germano-russe sous la Baltique.
Le ministre, en visite à Vilnius, a explosé quand un journaliste lui a demandé si lui et sa famille pourraient encore manger du poisson de la Baltique quand le gazoduc entrera en exploitation.
"On peut tout de même avoir (un débat) plus sérieux que par le passé sur des sujets de ce genre", a-t-il dit à la presse après une rencontre avec son homologue lituanien Petras Vaitiekunas.
"Une partie de l'hystérie en Europe s'est calmée. Je pense que nous pouvons maintenant aborder d'autres sujets de façon plus rationnelle", a-t-il ajouté.
M. Steinmeier a cité parmi ces sujets la sécurité d'approvisionnement en énergie de tous les pays membres de l'Union européenne dans les années à venir.
Pendant sa tournée de quatre jours à partir de mercredi en Lettonie, en Estonie et en Lituanie, le ministre s'est efforcé de calmer les inquiétudes sur l'impact du gazoduc sur l'environnement.
Il a assuré que le projet est réalisé en conformité avec les règles écologiques très strictes de l'UE, et annoncé la participation d'une délégation allemande à une conférence internationale sur l'énergie en Lituanie en octobre.
Le gazoduc nord-européen sous la Baltique, dont la construction a débuté en décembre 2005, appartient à un consortium contrôlé à 51% par Gazprom, 24,5% par BASF et 24,5% par E.ON. Sa première tranche doit être opérationnelle en juillet 2010.
Le projet a déclenché la fureur de la Pologne et des pays baltes qui voient d'un mauvais oeil ce contournement de leurs territoires. Ces pays estiment qu'il met en danger leur sécurité énergétique et présente des risques pour l'environnement. Ils ont accusé l'Allemagne de manque de solidarité européenne.
13 juillet 2007 à 22:34Ajoutez un commentaire
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