50 % des voitures bonnes pour le flexfuel ?

E85Après avoir annoncé la semaine dernière que le prix à la pompe du biocarburant E85 pourrait se situer autour de 0,80 euro le litre, le ministre de l'Economie Thierry Breton a déclaré lundi soir sur France 2 que la moitié des véhicules essence fabriqués "avant 2009" pourront fonctionner grâce au flexfuel.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé vendredi la construction de cinq nouvelles usines de biocarburants permettant une production de 1,1 million de tonnes supplémentaires.

Le développement des biocarburants en France constitue une "formidable opportunité" pour les agriculteurs, a affirmé pour sa part Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, jeudi lors d'une conférence de presse.

I – Des véhicules compatibles flexfuel

"Les constructeurs ont pris l'engagement, demandez à Carlos Ghosn, le président de Renault, qu'avant 2009, je dis bien avant 2009, la moitié des véhicules essence produits seront des véhicules qui permettent de mettre à la fois du flex ou du carburant traditionnel", a-t-il affirmé.

M. Breton a indiqué par ailleurs qu'il inaugurerait la première pompe verte "dans les jours qui viennent" avec le Premier ministre et a réaffirmé qu'il y en aurait "5 à 600" l'an prochain sur tout le territoire.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a par ailleurs confirmé vendredi sur RMC Info que le prix à la pompe pour le biocarburant E85 (85% d'éthanol et 15% d'essence) serait de 0,80 euro le litre. Il a annoncé que le biocarburant serait "détaxé sur toute la partie bioéthanol".

Le gouvernement a annoncé mardi l'installation en France dès 2007 d'environ 500 à 600 "pompes vertes" délivrant de l'E85.

II – Agréement de 5 nouvelles usines

Le gouvernement a annoncé vendredi la production de 1,1 million de tonnes supplémentaires, dans le cadre de son programme de développement des carburants verts. "Je viens de donner un agrément pour cinq nouvelles usines", a déclaré le Premier ministre Dominique de Villepin lors de l'inauguration du Mondial de l'automobile. Par ailleurs, des agréments pour des productions supplémentaires seront attribués à des usines déjà lancées de la filière éthanol et de la filière biodiesel.

Tous les agréments seront notifiés "prochainement" aux opérateurs industriels retenus, ont précisé dans un communiqué les ministères de l'Agriculture et de l'Industrie.

Sur les 1,1 million de tonnes, 900.000 concernent le biodiesel et 200.000 l'éthanol.

Actuellement, il existe en France 10 usines – considérées comme modestes - d'éthanol et 4 de diester (carburant composé pour 30% d'ester de colza ou de tournesol et 70% de gazole). Les cinq usines nouvelles - qui s'ajoutent aux 16 dont la construction est réalisée, en cours, ou prévue depuis 2005 - appartiennent à la filière biodiesel. Elles représentent environ la moitié des nouveaux agréments accordés. Trois d'entre elles, qui se situeront à Charny-sur-Meuse (Meuse), Cornille (Ille-et-Vilaine), et Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), fonctionneront à partir de graisse animale et d'huile végétale recyclées. Les deux autres usines fonctionneront à partir de la transformation d'huiles végétales (colza et tournesol), l'une à Chalandray (Vienne), l'autre à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

Au total, ce sont près de 3,8 millions de tonnes d'agréments nouveaux qui ont été délivrés depuis mai 2005, dont 2,795 millions de tonnes de biodiesel, 900.000 tonnes d'éthanol et 85.000 tonnes équivalent éthanol d'ETBE. L'investisement pour l'ensemble de ces projets est estimé à plus de 1,2 milliard d'euros, et le nombre d'emplois créés ou consolidés à plus de 30.000.

Les 21 usines de biocarburants réalisées ou en construction, dont six produisant de l'éthanol et 15 du biodiesel, sont situées dans 14 régions.

De 1% des carburants vendus en France en 2005, la part des biocarburants doit être portée à 1,75% en 2006 et 3,5% en 2007. A l'horizon 2010, la production doit être quadruplée par rapport à 2006 pour atteindre 7% des ventes, puis 10% en 2015.

III – Biocarburants : les agriculteurs souhaitent une contractualisation

Le développement des biocarburants en France constitue une "formidable opportunité" pour les agriculteurs, a affirmé Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, jeudi dernier. "Les agriculteurs sont les premiers concernés car ils sont les fournisseurs de la matière première", a-t-il souligné.

Mais, "il n'est pas question que la matière première soit la variable d'ajustement d'un prix bas", a averti M. Lemétayer, faisant ouvertement référence à la déclaration du ministre de l'Economie Thierry Breton, selon laquelle le prix à la pompe du biocarburant E85 pourrait se situer autour de 0,80 euro par litre.

Le président de la FNSEA a réclamé à ce sujet une "contractualisation" entre les trois parties concernées - agriculteurs, industriels et Etat - concernant la production future de biocarburants, notamment un engagement à long terme des pouvoirs publics sur les détaxations pour pouvoir rentabiliser les investissements nécessaires.

"C'est une opportunité extraordinaire car la filière sucrière a désormais +l'interdiction+ d'exporter un million de tonnes de sucre par an depuis la réforme européenne du secteur", a souligné Dominique Ducroquet, président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves). La progression des carburants en France va permettre de créer ou de "consolider" 20.000 à 25.000 emplois, a révélé M. Beulin.

La France dispose des surfaces nécessaires pour remplir les objectifs (5,75% en 2008, 7% en 2010 et 10% en 2015 du total des carburants ) fixés par le gouvernement pour les biocarburants, ont mis en avant les responsables de la FNSEA.

Actuellement, seulement 650.000 hectares de colza et de tournesol, 12.000 hectares de céréales (sur un total de 9 millions) et 20.000 ha de betteraves à sucre sont utilisés pour la production de biocarburants. Or, il reste 1,2 million d'hectares en jachère qui peut être mis en exploitation pour "l'énergie verte".

Mais, les demandes du Brésil auprès de l'Union Européenne, dans le cadre des négociations de l'OMC ou dans le cadre des négociations avec le Mercosur, de pouvoir bénéficier de contingents plus importants d'importation d'éthanol, fabriqué à bas prix à partir de la canne à sucre, inquiètent les responsables de la FNSEA

"Il faut maintenir des droits de douane élevés et maintenir un quota d'importation entre 5% et 7% de la production nationale", a estimé M. Pinta.

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13 Commentaires

  1. 1

    Matthieu

    Pourra-t-on espérer une prime du gouvernement pour inciter les consommateurs à acheter un nouveau véhicule adapté "flex-fuel"?

  2. 2

    Elisabeth

    Quelle réactivité !! :)

    Logiquement , c'est ce qui devrait se faire ... surtout avant des élections ...

  3. 3

    Renault

    Quid des retombées environnementales? Consommation d'eau, d'engrais, de surfaces en agriculture intensive? Le bilan énergétique n'est pas clair, mais il n'est pas étonnant que la FNSEA se frotte les mains!

  4. 4

    Panama

    @ renault : bonne question ! Mais qui va oser y répondre ?

    je m'étonne de l'absence de réaction des compagnies pétrolières. La menace ne serait-elle pas prise au sérieux ? Y aurait-il réellement une menace au fait ?

    Les politiques parlent, les media relaient, les citoyens (bientôt électeurs) écoutent, les pétroliers se taisent... Et certains internautes s'amusent de la situation !

  5. 5

    courti

    Vivement que la France soit comme le Brésil :)

    http://mesbonsplansduweb.blogspot.com

  6. 6

    Elisabeth

    Une 1ere vision :

    Le développement de la filière Diester conforté par les annonces du Premier ministre au Mondial de l’automobile 2006

    [ 02/10/2006 - 11:03 ]

    Les Agréments annoncés par le Premier ministre lors du Mondial de l’automobile vont permettre à la filière Diester de continuer le développement initié depuis 2004, et tout particulièrement suite aux décisions du gouvernement de mai 2005 et mars 2006.
    Grâce à un nouvel agrément de 400 000 tonnes, la filière Diester pourra ainsi à la fois développer les sites de Bordeaux-Bassens (33), Coudekerque (59), Grand Couronne (76), Le Mériot (10), Montoir (44), et et construire une deuxième unité à Sète (13).
    L’ensemble représentera une capacité totale de production en France de plus de 2 millions de tonnes.

    La filière Diester qui vient de nouveau de contractualiser pour une nouvelle période triennale avec les organismes collecteurs dans le cadre des holdings de coopératives Fidicoop et de négoces Finegoce, poursuit ainsi sa stratégie en jouant pleinement son rôle de structuration d’une filière impliquant les producteurs, les collecteurs et les opérateurs industriels.

    Communiqué reçu le 02/10 de Proléa

  7. 7

    Elisabeth

    Attention tout de même, les agriculteurs ne veulent pas jouer le rôle d'"airbags" contre les couts :

    cf.

    Ethanol : les paysans veulent des prix

    29/09/2006 - 10:46 Communiqué de la Coordination rurale

    La CR s’étonne de la communication officielle du Ministre Thierry Breton concernant les supposés bienfaits économiques et environnementaux des biocarburants-éthanol.
    Dans son communiqué du 2 septembre 2006, reprenant à son compte les termes du rapport d’Alain Prost, plus connu pour ses performances sur les circuits automobiles que pour ses compétences agricoles et économiques, le ministère de l’économie et des finances semble oublier une donnée pourtant essentielle : les producteurs de matières premières permettant de fabriquer l’éthanol, autrement dit les agriculteurs, pourront-ils en vivre ?

    Nulle part, que ce soit dans la communication béate de ceux qui se présentent comme des représentants professionnels agricoles, dans celle du Ministre de l’agriculture ou dans celle de Thierry Breton, il n’est fait mention du prix du blé, du maïs ou de la betterave-éthanol.

    Ce silence est lourd de menaces pour les paysans français, lorsqu’il s’accompagne de l’argument développé dans le rapport d’Alain Prost, selon lequel les automobilistes munis du flex-fuel « seront protégés des chocs pétroliers grâce à une souplesse totale d’arbitrage ». La CR traduit ainsi : l’arbitrage se fera sur le prix de la matière première agricole et les paysans seront les « airbags » procurant la souplesse totale aux automobilistes.

    La seule question que devrait se poser aujourd’hui tout responsable agricole est : « a combien seront payés la betterave ou le blé-éthanol pour fabriquer de l’éthanol à 0,80€ par litre à la pompe verte comme l’envisage notre Ministre de l’économie et des finances » ? Un élément de réponse se trouve dans la pratique des prix actuels : la tonne de blé est payée au départ de la ferme de 75 à 80 euros pour le débouché éthanol et de 125 à 130 euros pour le débouché alimentaire.

    Dans ces conditions la CR refusera d’être partenaire de la charte « éthanol 85 » annoncée par Thierry Breton, laissant à d’autres syndicats la responsabilité de réintégrer les paysans dans le statut de « taillables et corvéables à merci ».

  8. 8

    Anonyme

    A méditer/commenter :

    "Selon la plupart des gouvernements occidentaux et de nombreux experts, les biocarburants produisent moins d'émission de CO2, l'un des principaux gaz à effet de serre et responsable des pluies acides. En effet, lorsque l'on utilise du pétrole, on libère du carbone qui était enseveli profondément dans le sol depuis des centaines de milliers d'années. Ce carbone provient de la décomposition de la faune et de la flore qui y avaient vécu auparavant. Par contre, les biocarburants émettent autant de carbone de l' atmosphère que les plantes ont absorbé durant leur croissance. Le bilan est nul : les plantes absorbent du CO2 pour croître puis sont brûlées, elles libèrent alors du carbone qui sera à nouveau absorbé par les plantes qui sont à nouveau produites. Néanmoins certains professeurs d'université comme Tad Patzek ou David Pimentel pensent que le bilan est négatif : l'émission de carbone est supérieure à la consommation car, selon eux, d'autres facteurs ne sont pas pris en compte ou sont négligées.

    Parmi celles-ci citons, le carbone nécessaire à la fabrication des engrais, l'énergie nécessaire aux outils agricoles, à l'irrigation et à la fabrication des biocarburants.

    La production de biocarburants peut aussi s'avérer non "écologique" ou non durable, si les matières premières sont produites grâce à une agriculture intensive qui entraîne un épuisement des nappes phréatiques et pollution des eaux par l'usage d'engrais et pesticides. De plus, certaines personnes considèrent comme dangeureux l'usage de plantes OGM qui permettent d'obtenir de plus hauts rendements. Il n'y a pas que les plantes qui peuvent être modifiées génétiquement. Par exemple, dans la fabrication du bioéthanol, l'ADN des levures sont aussi souvent modifiées pour permettre une transformation plus rapide du sucre en éthanol.

    En outre, la fabrication de biocarburants signifie souvent qu'il faille consacrer davantage de terres à l'agriculture, cela peut entraîner dans certains pays le défrichement de forêts vierges et la réduction de la biodiversité, lorsque ces terres n'étaient pas auparavant cultivées.

    En ce qui concerne les gaz émis lors de la combustion des biocarburants, la comparaison avec le pétrole est nuancée. Les biocarburants produisent généralement moins de SOX, mais parfois plus de NOX. De plus, la combustion du bioéthanol produit davantage d'aldéhydes que l'essence. Mais ceux du bioéthanol sont moins toxiques (acétaldéhydes contre formaldéhydes pour l'essence).

    Il faut aussi ajouter, que les biocarburants se dégradent plus vite que les carburants fossiles, ce qui limite les dégâts occasionnés à la nature lors d'une "marée noire".

  9. 9

    Elisabeth

    Pour ma part, je suis plutot favorable à ce type d'opinion :

    "Néanmois, d'aucuns estiment que les biocarburants, en incitant les agriculteurs à consacrer des terres aux besoins énergétiques de nos machines et appareils électriques, réduiraient la quantité de nourriture produite par les sols et accentueraient la faim et la sous-alimentation qui touchent 800 millions d'habitants (chiffre de Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture pour 2005)
    "

  10. 10

  11. 11

  12. 12

    eth85

    A ce jour, seulement 13 véhicules commercialisés en France.

    Faut dire que la vitesse d'ouverture des stations ne les encouragent pas.

    http://ethanol-e85.fr/forum/les-vehicules-flex-e85-des-constructeurs-f2/

    Eric, http://ethanol-e85.fr

  13. 13

    eth85

    je voulais bien évidemment dire modèles de véhicules et pas véhicules.

    Eric, http://ethanol-e85.fr

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