Alors qu'Airbus doit faire face à de sérieuses turbulences suite à l'annonce de retards de plus en plus conséquents concernant la livraison de l'A380, ces derniers induisant même un plan social, Boeing n'est pas à l'abri non plus des difficultés.
Les exigences d'une loi américaine complexifient en effet les ventes d'appareils militaires par Boeing au Canada. Un document confidentiel du ministère canadien de la Défense indique que Boeing ne pourra pas vendre directement au Canada ces appareils en raison des exigences du département d'Etat américain en matière de ventes militaires à l'étranger, ce qui risque de faire grimper de 10% la facture finale pour Ottawa.
Quinze ans seront nécessaires avant qu'Airbus ne dépasse Boeing en termes de développement de production, a par ailleurs déclaré le président d'Airbus Christian Streiff dans une interview publiée jeudi dans le quotidien britannique The Financial Times.
I – Pas de discrimination au Canada
Des exigences américaines compliquent la vente par Boeing au Canada de quatre avions gros-porteurs C-17 et de 16 hélicoptères Chinook, des contrats totalisant 8,4 milliards de dollars canadiens (7,5 mds USD), a annoncé la chaîne publique Radio-Canada.
Le secrétaire parlementaire du Premier ministre canadien Stephen Harper, M. Jason Kenney, a toutefois démenti devant la Chambre des Communes que le contrat allait coûter 800 millions de dollars de plus au Canada. "Nous ne signerons pas de contrat sur l'achat d'équipements militaires tant que nous ne serons pas parvenus à un accord acceptable", a-t-il dit.
Selon les règles du département d'Etat américain, les Canadiens qui disposent de la double nationalité avec certains autres pays (tels que la Chine, Cuba ou le Vietnam) ne peuvent travailler sur des projets militaires impliquant des technologies américaines.
A contrario, la charte des droits et libertés qui prévaut au Canada - pierre angulaire de la Constitution de 1982 - interdit à l'Etat toute discrimination à l'égard de ses citoyens, quelle que soit leur origine. Concilier ces exigences contradictoires risque de créer des "problèmes ingérables", indique le document du ministère canadien de la Défense.
Un scénario envisagé pour contourner les règles américaines consisterait à passer par un pays qui accepterait les conditions américaines et agirait ensuite à titre d'intermédiaire. Mais cette solution comporterait le paiement de commissions et annulerait les retombées économiques au Canada promises par Boeing. "Des négociations sont en cours avec Boeing (...) Il y aura des bénéfices pour l'industrie canadienne", a assuré de son côté le ministre de la Défense Gordon O'Connor.
Le Canada a également annoncé en juin qu'il consacrerait 9 milliards de dollars (8 milliards USD) à l'achat de 17 avions de transport tactiques à rayon d'action plus réduit, trois navires de ravitaillement et 2.300 camions militaires.
II – Airbus : 15 ans pour dépasser Boeing selon Streiff
Il faudra quinze ans avant qu'Airbus dépasse Boeing en termes de développement de production, a déclaré le président d'Airbus Christian Streiff dans une interview publiée jeudi dans le quotidien britannique The Financial Times.
"C'est une affaire à long terme. Nous devons rattraper le retard. J'espère que dans quinze ans nous serons à nouveau devant Boeing", a expliqué M. Streiff au quotidien économique.
Mardi, le patron d'Airbus avait annoncé un nouveau retard d'un an pour l'avion géant A380, dont le calendrier de livraisons est désormais décalé de deux ans par rapport au plan initial. Ce nouveau retard se traduira pour EADS par une dégradation de 4,8 milliards d'euros de son résultat d'exploitation sur la période 2006-2010.
Mercredi, Airbus a annoncé un plan de restructuration censé compenser les surcoûts liés aux retards de l'A380. Selon M. Streiff, l'avion militaire de transport A400M pourrait également enregistrer des retards.
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1 Commentaire
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Boeing garde le bon cap , l experience de l avioneur est efficace et je pense que ds 15 ans l evolution sera bonne
12 mars 2007 à 12:41Ajoutez un commentaire
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