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AngloAmerican : une place en or pour une femme
Quelque part cela me dérange qu'on puisse encore titrer ainsi au 21ème siècle. Pourquoi une femme n'aurait elle pas sa place au sein des directions, comme tout être humain, indistinctement de son sexe, sa race – j'en passe et des pires - mais en tenant compte au contraire de ses qualités et de ses compétences ...comme on le fait très certainement et tout simplement pour un homme. On ne devrait pas de nos jours être présumée coupable d'être incompétente, parce qu'on est une femme, nous obligeant alors à se battre dix fois plus qu'un homme pour prouver qu'on peut être autre chose qu'un joli minois.
Finalement, les plus sérieux dans l'histoire, c'est qui ?
En tout cas, la nomination de l'Américaine Cynthia Carroll à la tête d'Anglo American constitue une première pour le groupe minier, alors qu'il n'embauchait présent que des patrons sud-africains. Petite révolution aussi à la City qui n'offre pas encore beaucoup de postes prestigieux à mes congénères.
I - Cynthia Carroll à la tête d'Anglo American
Anglo American vient d’annoncer la nomination de Cynthia Carroll en tant que directrice générale du géant minier sud-africain, à la place de Tony Trahar. Après des études de géologie, elle avait travaillé dans l’exploration pétrolière et gazière avant de rejoindre le géant de l'aluminium canadien Alcan en 1989, avec lequel elle a géré l’intégration de Péchiney. Elle en dirige actuellement la division métal primaire qui, avec 18 000 salariés opérants dans vingt pays, représente 75 % des résultats du groupe pour un chiffre d’affaires de 12 milliards de dollars.
C.Carroll rejoindra la direction d’Anglo American en Janvier 2007 et prendra ses nouvelles fonctions le 1er mars 2007. Cette nomination marque une étape pour le groupe minier qui avait jusqu’à présent toujours été dirigé par des Sud-africains. Agée de 49 ans, elle recevra un salaire de base annuel de 1,7 million de dollars auxquels pourront s’ajouter jusqu’à 150 % de primes.
II – Les restructurations vont se poursuivre
La future directrice d’Anglo American a d'ores et déjà annoncé que les restructurations allaient se poursuivre. Après avoir vendu sa filiale papiers, Mondi, le groupe, qui souffre de performances très inférieures à celles des autres grands groupes miniers plus diversifiés – les anglo-australiens BHP Billiton et Rio Tinto, le brésilien CVRD ou Xstrata – chercherait un repreneur pour sa filiale aurifère Anglo Gold Ashanti ... laquelle vient de voir un de ses sites de production sud-africains récemment endeuillés.
Des rumeurs laissent également sous-entendre que le groupe pourrait faire l'objet de raid, et notamment du russe Rusal qui devrait bientôt atteindre le rang de premier producteur mondial d’aluminium. Carroll n’a d’ailleurs pas écarté la possibilité de vente du groupe. « Nous allons examiner la situation factuelle et comment nous continuerons à maximiser la valeur des actifs de nos actionnaires dans le futur », a-t-elle notamment souligné.
Cette nomination éclaircit une situation obscurcie depuis le début de l’année par l’annonce du départ de Tony Trahar. Selon le Financial Times, le favori pour diriger le groupe de 70 milliards de dollars de CA était Philippe Varin qui avait réussi à relever le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus en voie d’être racheté par Tata Steel. Certains analystes estiment que la restructuration et la réorganisation du groupe minier constituent un énorme potentiel de réalisation de valeur, et ce d'autant plus que les fondamentaux du secteur sont nettement favorables.
III – La nouvelle surprend la City
L'arrivée d'une femme est inattendue dans ce milieu vu comme plutôt masculin. Une caricature dans le Times mercredi faisait ainsi dire à un mineur d'or du groupe: "Moi ça fait des mois que je n'ai pas vu une seule femme". Certains analystes ont estimé que son arrivée était dans la ligne de la récente décision d'Anglo American de se restructurer pour se concentrer sur la production de métaux de base.
Avec Mme Carroll, qui gagnera environ 3,3 millions d'euros par an avec les bonus, le nombre de directrices générales dans l'indice Footsie-100 des principales valeurs grimpe de moitié : elle rejoint Marjorie Scardino du groupe d'édition Pearson et Dorothy Thompson du groupe d'électricité au charbon Drax. Le dernier rapport de la Cranfield School of Management souligne "que 22 des 100 entreprises du Footsie-100 ont encore des conseils d'administration entièrement masculins" en 2005, "un anachronisme" selon elle. Si le nombre d'entreprises de l'indice ayant au moins une femme au conseil d'aministration a progressé de 13% en 2005, onze seulement avaient un administrateur exécutif femme l'an dernier, contre 13 en 2004 et 12 en 2002.
Le groupe d'électricité Scottish Power était l'an dernier le plus "féministe", avec trois administratrices, dont une exécutive, à son conseil de dix membres. L'indice Footsie-250 comprend sept directrices générales, dans des secteurs plus éloignés des industries lourdes. Cependant, la Bourse de Londres elle-même, le London Stock Exchange, est dirigée par une femme, Clara Furse, qui a su depuis deux ans repousser toutes les avances (Deutche Börse, Euronext, Macquarie, Nasdaq) qui ne valorisaient pas assez le groupe à ses yeux.
Sources : AFP, Usine Nouvelle
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Commentaires
Dadounet
26 oct. 06 11:33:28
Dans un des derniers "Bilan", un magazine suisse d'économie, on passait en revue des femmes dirigeantes.
Un seul petit bémol : dans l'éditorial, rédigé par une femme, le nombre moyen d'enfants de ces dirigeantes était à peine supérieur à 1.
Il n'y a pas besoin d'autre pour avoir la dysgénie, la décadence de la civilisation.


