Airbus : l'Allemagne sur la sellette

Airbus_a380sellette Alors qu'à l'annonce de son plan de redressement d'Airbus, Christian Streiff avait précisé la semaine dernière que l'entreprise allait passer en revue ses sites en Europe, pour éviter les doublons, tout en précisant qu'Airbus n'avait pas de "projet précis de fermeture d'usine" pour l'instant, la presse allemande affirme mercredi qu'Airbus envisagerait de se séparer de cinq usines en Allemagne employant au total quelque 6.600 salariés.

Les journaux allemands faisaient également état mardi de rumeurs concernant un éventuel départ de Gerhard Puttfarcken, patron d'Airbus Allemagne, tenu pour responsable d'une partie des retards du programme du gros porteur A380. L'information a été démentie en suivant par le groupe.

I – Bild : Airbus se séparerait de 5 usines en Allemagne

L'avionneur européen en proie à de très fortes turbulences veut se séparer de cinq usines en Allemagne employant au total quelque 6.600 salariés, affirme le quotidien Bild paru mercredi. Ces sites devraient être cédés le plus rapidement possible à des investisseurs et continueraient, mais à des coûts plus favorables, à être fournisseurs d'Airbus, selon le journal.

Les salariés devraient ainsi conserver leurs emplois, mais à des conditions salariales moins avantageuses qu'actuellement, selon des sources proches de l'entreprise citées par Bild. Les sites concernés sont basés en Basse-Saxe à Nordenham (environ 2.200 salariés), Stade (1.600), Varel (1.300) et Buxtehude (400) ainsi que à Laupheim dans le Bade-Wurtemberg (1.100).

Airbus est également présent à Hambourg où se trouve son plus grand site allemand avec de plus de 10.000 salariés, et à Brême où travaillent plus de 3.100 personnes, selon des données du groupe. Le site de Hambourg a souvent été montré du doigt, les déboires du programme d'avion géant A380, responsable de la tourmente que traverse Airbus, provenant essentiellement de l'installation des câblages, assurée par les salariés de cette ville d'Allemagne.

Selon le journal Die Welt de mercredi, la restructuration d'Airbus menace directement jusqu'à 1.000 emplois en Allemagne, à travers la suppression de postes occupés par des intérimaires ou des réductions de temps de travail. Aucun licenciement sec ne serait prévu jusqu'en 2012.

Le patron d'Airbus Allemagne a néanmoins de nouveau démenti les informations du quotidien Bild, selon lesquelles l'avionneur voudrait céder cinq usines allemandes dans le cadre de son plan de redressement à venir. "C'est dénué de tout fondement, c'est faux", a-t-il insisté, ajoutant qu'aucune décision n'avait été prise en ce sens.

II – Lagardère des efforts en France comme en Allemagne

Dans un entretien paru mercredi dans Les Echos, le co-président du conseil d'administration d'EADS Arnaud Lagardère a assuré que le plan de redressement impliquerait des efforts "en France comme en Allemagne". Airbus emploie au total quelque 57.000 salariés.

Il n'y aura pas de plan alternatif au plan de compétitivité baptisé "Power 8", qui "passera par des réductions d'effectifs dans l'encadrement" de la filiale d'EADS, affirme M. Lagardère. Le nouveau patron d'Airbus, Louis Gallois, également co-président de l'exécutif d'EADS, aura les mains libres pour appliquer les restructurations, ajoute-t-il.

Le ministre allemand des Transports, Wolfgang Tiefensee, s'était de son côté dit "certain" qu'Airbus trouverait une "solution équitable entre la France et l'Allemagne" aux questions sociales, à l'issue d'un déjeuner à Strasbourg mardi avec son homologue français Dominique Perben.

III – Gallois jeudi à Hambourg

A peine nommé nouveau président d'Airbus, Louis Gallois, va se rendre en visite jeudi à l'usine de Hambourg du constructeur européen, a annoncé mercredi le patron d'Airbus Allemagne à l'agence de presse allemande DPA. "Il ne s'agit pas de discussions de crise, mais d'une visite d'entrée en fonction", a précisé Gerhard Puttfarcken à l'agence.

Les deux hommes devraient débuter leur réunion, qui vise avant tout "à faire connaissance" vers midi, et devraient dans la foulée tenir un point presse, a précisé un porte-parole de Airbus Allemagne... Petite visite de courtoisie en somme, alors que le constructeur européen peine à se remettre de son crash boursier et affiche actuellement des comportements qu'une Arlésienne ne renierait pas ?

M. Gallois avait assuré mardi que le plan de restructuration d'Airbus, "inévitablement rigoureux", serait mis en oeuvre dans "le dialogue et l'équilibre". Le ministre allemand de l'Economie Michael Glos a quant à lui prévenu mercredi que Berlin serait très attentif à une répartition "juste" des fardeaux entre France et Allemagne dans le cadre de la restructuration.

IV – Loos contre tout changement brutal du partage France-Allemagne

Le ministre français délégué à l'Industrie François Loos a affirmé mercredi qu'il n'y aurait pas de "changement d'orientation brutal" dans le partage entre la France et l'Allemagne de la production de l'avionneur européen en difficulté Airbus.

"La collaboration entre les deux pays et les nombreuses usines qui participent à la réalisation, c'est quelque chose qui ne se change pas, qui évolue doucement", a-t-il déclaré sur la radio BFM. "La compétence qui existe en Allemagne est une compétence, il faut la renforcer, il faut l'améliorer et c'est le travail des industriels de le faire", a-t-il ajouté. "Il n'y aura pas de changement d'orientation brutal dans ces domaines", selon lui.

Interrogé quant à savoir si le problème d'Airbus avait été purement industriel ou aussi franco-allemand, le ministre a répondu: "les deux". Airbus est "le champion dont nous nous vantons, Français et Allemands, à l'international". Donc "nous sommes très jaloux de ses succès et lorsqu'il y a un problème, nous nous sentons évidemment très interpellés", a-t-il expliqué. Même si "dans la pratique c'est surtout un problème industriel et de confiance", a conclu le ministre.

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1 Commentaire

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    Achat action par allemagne

    Maire de Hambourg: Allemagne veut racheter 7,5% dans EADS à DaimlerChrysler
    AFP 12.10.06 | 13h58

    Le maire de la ville allemande de Hambourg (Nord), Ole von Beust, a indiqué jeudi que le gouvernement allemand avait décidé de racheter un paquet d'actions du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, dont le groupe allemand DaimlerChrysler veut se séparer. La chancelière Angela Merkel "a décidé hier soir que les parts de DaimlerChrysler à vendre seraient achetées par l'Allemagne", a fait savoir le maire conservateur, lors d'une conférence de presse à Hambourg en présence du nouveau patron d'Airbus, Louis Gallois.

    DaimlerChrysler a fait savoir il y a plusieurs mois qu'il était prêt à réduire sa part dans EADS de 22,5% actuellement à 15%.

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