Alors que la France prend conscience 5 ans après des conséquences majeures de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse - dont l'origine demeure toujours mystérieuse - un incident est intervenu également le 21 septembre à l’usine Bayer CropScience France de Villefranche/Limas. Un échauffement anormal de 35 sacs de 500 kgs de mancozèbe, produit servant à la fabrication d’un fongicide anti-mildiou a en effet été constaté.
Bayer CropScience France, avec la Préfecture du Rhône, aurait pris toutes les mesures qui s’imposent dans le cadre d’une prévention de risques lié au classement Seveso 2 du site en déclenchant le Plan Particulier d’Intervention (PPI).
L''usine, qui emploie 320 personnes, fabrique des herbicides, fongicides et insecticides.
Les pompiers de l'entreprise Bayer CropScience ont entamé vendredi en fin d'après-midi le traitement des 17.500 kilos de produit fongicide qui présentaient un échauffement anormal constaté depuis jeudi après-midi vers 16 h à l'usine de Limas (Rhône).
Les sacs de produits sont isolés sur une plateforme de rétention et sont en cours de traitement : ils sont immergés progressivement dans un bac d’eau afin de neutraliser leur échauffement. "Après plusieurs tests validés par des experts, le produit fongicide sera plongé dans un bac d'eau. Quatre postes de travail sont en cours d'installation. Ce traitement doit être poursuivi jusqu'à son terme durant le week-end", précise la préfecture dans un communiqué.
Des contrôles permanents de température et des mesures de l’air sont assurés pendant toute la durée de l’opération. Aucune conséquence pour le personnel de l’usine, les riverains et l’environnement n’aurait été notée. Une enquête est en cours pour déterminer les raisons de cet échauffement anormal de produit.
Selon la préfecture, aucune mesure de protection particulière des populations ne s'impose dans l'immédiat, aucune menace potentielle n'ayant été identifiée. Vendredi matin, un plan préfectoral d'intervention (mobilisation des sapeurs-pompiers, de la police, des maires et diffusion de messages d'alerte auprès de la population) a été déclenché.
Le site de Limas est classé Seveso II, c'est-à-dire qu'en cas d'accidents majeurs impliquant des substances dangereuses, elle doit en conséquence déployer un dispositif de prévention.
Le produit incriminé, du Mancozèbe, est un fongicide en poudre. Il peut entraîner des irritations des voies respiratoires, notamment en cas d'élévation de la température. Il était stocké dans des sacs de 500 kilos. Sur 300 sacs, 35 présentaient une température anormalement haute, l'élévation de température étant de l'ordre de 20°C.
"La principale conséquence, si l'incident se prolongeait et que les matières entraient en consumation, serait un dégagement d'odeur" selon Gilles Delanoë, responsable de la communication de Bayer Cropscience.
Cet échauffement a dégagé une très forte odeur qui peut "s'apparenter à celle d'une décharge à ciel ouvert", a précisé quant à elle Stéphanie Goutorbe, une porte-parole de Bayer CropScience. Le risque d'explosion était écarté dès vendredi matin.
L'usine de Bayer CropScience de Villefranche-sur-Saône/Limas produit chaque année plus de 30.000 tonnes de produits phytosanitaires. Elle constitue le deuxième plus gros site industriel mondial de Bayer CropScience dans le monde.
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Incident dans une usine SEVESO II : avons nous tiré les leçons d'AZF ?
France Nature Environnement, fédération des associations de protection de la nature et de l'environnement apprend qu'un plan préfectoral d'intervention a été déclenché vendredi matin après un échauffement anormal de 17.500 kilos de produit fongicide stockés à l'usine Bayer CropScience, classée Seveso, à Limas (Rhône).
Cet incident démontre une nouvelle fois l'urgence d'améliorer le contrôle et la sécurité de ces installations industrielles à haut risque.
Il démontre le bien fondé de la colère des inspecteurs des installations classées qui réclament davantage de moyens pour contrôler ces établissements et la nécessité de renforcer notre système de prévention des risques industriels.
France Nature Environnement n'entend pas se satisfaire des propos rassurants et bien rapides du porte-parole de BayerCropScience.
Elle demande impérativement au gouvernement français de prendre toutes mesures pour protéger les populations riveraines et l'environnement. Il faut faire toute la lumière sur cet incident, en identifier les causes exactes et assurer enfin une transparence totale de l'information.
Contact(s) Presse
23 septembre 2006 à 14:14service communication 01 45 87 96 09
http://biofrais.com/Incident-dans-une-usine-SEVESO-II_a1614.html
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