La mise en garde des Etats-Unis contre l'Iran devient désormais réalité. Néanmoins Bush tape si fort qu'on ne peut pas ne pas y voir une énième mesure protectionniste de l' oncle Sam, tant les sanctions contre l'Iran et ses partenaires pourraient se révéler être nettement avantageuses pour les entreprises américaines.
Le Congrès américain a adopté samedi matin une nouvelle loi prévoyant des sanctions à l'encontre des pays qui collaborent au programme nucléaire iranien et qui fournissent à Téhéran des armes de haute technologie... la Russie est directement visée agissant dans les deux secteurs.
Je vous le disais il y a quelques mois : le désaccord n'est pas là où on le croit...
I - Une loi prévoit des sanctions contre les partenaires de l'Iran
Le Congrès américain a adopté samedi une loi prévoyant des sanctions à l'encontre des pays qui collaborant avec l'Iran dans le domaine du nucléaire et des armes de haute technologie. Conscients de la situation en Irak, les législateurs ont en revanche souligné que rien dans ce texte ne devait être "interprété comme une autorisation de recourir à la force contre l'Iran".
La Chambre des représentants américaine avait adopté jeudi une version révisée du projet loi visant à prolonger les sanctions contre l'Iran, le jour même de la poursuite de négociations à Berlin sur le programme nucléaire de Téhéran. "Cette nouvelle version (..) bénéficie du soutien de l'administration et du Sénat, et fournit aux responsables américains les outils nécessaires pour empêcher l'Iran d'acquérir l'aide technique, les ressources financières et la légitimité politique nécessaires pour développer des armes nucléaires et soutenir le terrorisme", a souligné la républicaine Ileana Ros-Lehtinen. Le projet de loi avait été adopté par un simple vote à main levée.
Cette loi dispose que les Etats-Unis ont le devoir de "ne pas mettre en oeuvre d'accords de coopération avec les gouvernements des pays apportant leur soutien au programme nucléaire iranien ou fournissant (à Téhéran) des armes conventionnelles de haute technologie ou des missiles". Le président se voit néanmoins donner le droit d'ignorer certaines dispositions de la loi si les intérêts américains l'exigent. Eh ben voyons ... on n'est jamais mieux servi que par soi-même ... Le président George W. Bush devrait prochainement promulguer la loi.
En avril, une version initiale du texte de loi - qui avait suscité des réserves du Département d'Etat - avait été adoptée par 397 voix contre 21. "Notre projet de loi vise à renforcer la diplomatie par des mesures économiques", a assuré le démocrate Tom Lantos. "Nous demandons à nos alliés de faire ce que les Etats-Unis ont fait il y a plus de dix ans: se retirer du secteur énergétique iranien, la vache à lait des aspirations nucléaires des ayatollahs".
Le texte met par ailleurs fin officiellement aux sanctions contre la Libye, entérinant dans les textes une décision prise par le président Bush dès avril 2004.
II – Avertissement envers Chine et Russie
Cette mesure est perçue comme un avertissement à l'intention de la Russie et de la Chine, deux pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU opposés à des sanctions internationales contre Téhéran.
La Russie s'est engagée dans un projet estimé à 800 millions de dollars visant à aider l'Iran à construire une centrale nucléaire à Bouchehr et est accusée de lui avoir fourni des armes de haute technologie. La Chine est également un important partenaire économique de l'Iran et est soupçonnée de fournir à la République islamique la technologie nécessaire à la fabrication de missiles.
Moscou a par ailleurs signé un contrat de 700 millions de dollars sur la vente de 29 missiles sol-air Tor-M1 à l'Iran à la fin de 2005. Le contrat ne serait néanmoins aucunement lié avec le dossier nucléaire iranien, a indiqué en janvier le Service fédéral russe pour la coopération technico-militaire. La Russie affirme que le contrat a été signé conformément aux normes du droit international et qu’il porte sur les armes purement défensives qui ne peuvent pas servir pour l'attaque.
Les missiles modernisés de cinquième génération Tor-M1 sont capables de détruire les avions, les hélicoptères, ainsi que les missiles balistiques et les drones. Les Tor-M1 ont une portée plus étendue et peuvent atteindre des cibles à une altitude de 10 km. De plus, les missiles Tor-M1 ont été dotés d'un système anti-brouillage plus opérant.
III – Vers une déstabilisation interne de l'Iran par les US
La loi l'autorise également à soutenir et à subventionner des organisations et des particuliers iraniens ou étrangers oeuvrant pour la démocratie en Iran.... ce qui doit être déjà fait ... si le texte se croit désormais obligé de le préciser...
Cette mesure prévoit enfin d'apporter une aide aux radios et télévisions pro-démocratiques dont les programmes sont diffusés en Iran. L'invasion américaine se fait donc désormais par les ondes ...
Qui a prédit que le 21ème siècle serait le théâtre d'une soft war (guerre douce) via les satellites : notre ministre de l'économie Thierry Breton ... diplômé tout de même - et entre autre - de la 46e session de l'Institut des Hautes études de Défense nationale (IHEDN).
IV – L'Iran ne cède toujours pas
La mesure intervient à un moment où l'Union européenne a engagé avec Téhéran de difficiles négociations visant à convaincre la République islamique de suspendre son activité d'enrichissement d'uranium et à éviter une crise internationale majeure. La secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice doit s'entretenir ce week-end avec le représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, et ses homologues britannique, chinois, français, allemand et russe, pour faire le bilan des négociations.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré samedi que l'Iran ne suspendra pas l'enrichissement d'uranium, même pour quelques jours. "Ils font pression pour qu'on suspende (l'enrichissement d'uranium). Au début, ils ont demandé une suspension de six mois, ensuite de trois mois et enfin d'un mois, mais nous avons refusé", a déclaré M. Ahmadinejad.
"Aujourd'hui, ils demandent une suspension de quelques jours et nous disent d'évoquer des problèmes techniques. Mais, nous leur disons que nous n'avons pas de problèmes techniques pour suspendre. Pourquoi voulez-vous que l'on mente à notre peuple", a ajouté le président lors d'un discours à l'occasion de la rentrée universitaire.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait par ailleurs déclaré jeudi que l'Iran "ne cèderait pas d'un pouce face à la pression" sur son programme nucléaire. Cette déclaration intervenait alors que le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani et le représentant de la diplomatie de l'UE Javier Solana ont fait état respectivement de "conclusions positives" et de "progrès" après leurs entretiens de mercredi et jeudi à Berlin.
Selon des diplomates européens, le but de la rencontre était de savoir si Téhéran est prêt à suspendre son enrichissement d'uranium en échange d'une série de mesures économiques et diplomatiques et de l'engagement du groupe 5+1 - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne - à ne pas faire adopter des sanctions au Conseil de sécurité de l'ONU.
Les Occidentaux craignent que l'Iran puisse utiliser son programme nucléaire civil à des fins militaires. Téhéran souligne que le Traité de non-prolifération nucléaire l'autorise à enrichir son uranium à des fins civiles.
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7 Commentaires
1
Très intéressant :
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Une lettre montre que Khomeiny envisageait le nucléaire 29.09.2006
United Press International, Téhéran, 30 septembre –
Une lettre de l’ayatollah Khomeiny écrite en 1988 et révélée récemment, dit que l’Iran aurait eu besoin d’armes atomiques pour gagner la guerre contre l’Irak, selon une information de presse.
L’ancien président Hachemi Rafsandjani a révélé que cette lettre entrait dans le cadre d’un différent qui l’opposait à un commandant militaire sur la responsabilité du cessez-le-feu de 1988, indique la BBC.
Dans la lettre, Khomeiny, qui est mort en 1989, cite le commandant en chef militaire du pays de l’époque sur l’armement dont l’Iran aurait besoin pour continuer à se battre. La lettre révèle aussi que l’économie iranienne a été pratiquement détruite par la guerre de huit ans et que les renforts en volontaires s’amenuisaient.
La lettre met le doigt sur un point sensible parce que le président actuel, Mahmoud Ahmadinejad, a démenti que l’Iran cherchait à produire des armes nucléaires. Il a dit que de telles armes violeraient des principes islamiques.
Mais la lettre suggère que Khomeiny, le guide de la révolution islamique d’Iran, n’avait pas ce genre de scrupules.
30 septembre 2006 à 15:192
quand le roi d'espagne philippe II voulu refuser de faire le canal de panama, il reunit une commission de theologien qui lui en donna le pretexte. (on ne pouvait modifier la création).
30 septembre 2006 à 22:37la religion n'est souvent que pretexte et meme chez les gens reellement croyant, elle ne guide pas tous les gestes.
de plus vu l'etat d'epuisement de l'iran, il etait impossible de fabriquer une bombe atomique à l'epoque.
peut etre tout simplement que komeiny utilisa cet argument pour faire accepter la paix à son camp.
3
@Dracula :
tres intéressant comme exemple :
le canal de Panama et la création de l'Etat de panama est souvent cité comme un des 1ers exemples de la volonté des USA de créer des petits états indépendants pour mieux asseoir leurs pouvoirs.
30 septembre 2006 à 23:304
A lire IMPERATIVEMENT !!!
Nucléaire : l'enjeu du trio Russie/Iran ... AREVA
03 octobre 2006 à 15:075
ET CELUI LA :
03 octobre 2006 à 15:08Négociations France/Iran : TOTAL et GDF ... avant AREVA ?
6
le Japon impose des sanctions à l’Iran
Le Japon a annoncé vendredi une série de sanctions à l’encontre de l’Iran, dont le gel d’avoirs financiers. Tokyo l’a fait dans le cadre des efforts entrepris pour stopper le programme nucléaire de la république islamique.
"Une action résolue est nécessaire sur la question du nucléaire iranien à l’aune de la protection de la non-prolifération nucléaire, de son impact sur la question du nucléaire nord-coréen et de la paix au Moyen-Orient", a expliqué le secrétaire général du gouvernement, Yasuhisa Shiozaki.
Parmi les mesures approuvées par le gouvernement figure notamment le gel des avoirs financiers de dix entités et de douze personnes physiques censées être impliqués dans le programme nucléaire iranien. Les autorités japonaises ont également décidé d’interdire les transferts de matériaux, de technologies et de fonds destinés aux activités nucléaires de l’Iran.
Ces mesures, qui entreront en vigueur samedi, s’appuient sur la résolution 1737 adoptée fin décembre par le Conseil de sécurité des Nations unies qui enjoint aux Iraniens de suspendre leurs programmes d’enrichissement de l’uranium.
SDA-ATS
16 février 2007 à 19:257
merci aux Suisses qui suivent ... (ATS)
egalement la GBretagne a pris des mesures cette semaine.
16 février 2007 à 19:31Ajoutez un commentaire
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