Jeu de chaise de musicale pour Didier Quillot entre Orange et Lagardère ? Détrompez vous. Pour France Telecom au moins, la "manoeuvre" est loin de se résumer à une opération de ce type.
En effet le départ du groupe de celui qui assurait les fonctions de PDG de l'opérateur mobile en France affirme la volonté de l'opérateur historique de poursuivre sa politique de restructuration en une entité mondiale, nommée désormais Orange ... et une nouvelle adaptation de ces services aux dures lois de la concurrence.
I – Didier Quillot quitte Orange ....
Didier Quillot devrait être remplacé par Louis-Pierre Wenes, proposé à la présidence du conseil d'administration, et Jean-Noël Tronc, proposé comme directeur général, a annoncé France Télécom mercredi.
Pascal Viginier, actuellement directeur de la recherche et du développement du groupe France Télécom, est nommé directeur commercial France, sous la direction de M. Wenes, un poste qui était également occupé par M. Quillot.
Louis-Pierre Wenes était jusqu'alors directeur exécutif en charge des opérations France et membre du comité de direction générale de France Télécom, tandis que Jean-Noël Tronc était en charge du marketing mobile France, postes qu'ils vont continuer à exercer.
La dissociation des deux fonctions, président et directeur général, occupées par Didier Quillot, est due à la réorganisation du groupe, dans le cadre du programme Next de France Télécom, Orange France passant du statut de filiale à celui d'entité juridique interne à Orange.
"La mise en place de l'organisation France autour de Louis-Pierre Wenes et de Pascal Viginer est une étape importante de transformation du groupe", a estimé le PDG de France Télécom Didier Lombard, qui a salué par ailleurs la "contribution remarquable de Didier Quillot au développement de l'activité mobile du groupe en France".
II - ... pour Lagardère
Le PDG démissionnaire d'Orange France, Didier Quillot, va prendre la tête d'un pôle média élargi du groupe Lagardère, regroupant les filiales HFM et Lagardère Active, a annoncé mercredi à la presse Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme.
Présentant les résultats semestriels de son groupe, Arnaud Lagardère a indiqué qu'il y aurait désormais "une structure commune avec directoire et conseil de surveillance", afin de développer des "synergies". M. Quillot prendra la présidence de ce directoire et rejoindra le groupe dans quelques semaines.
Hachette Filipacchi Medias (HFM) est le premier groupe de presse magazine au monde et était dirigé par Gérald de Roquemaurel, à qui M. Lagardère a rendu hommage et qui restera "auprès de lui l'année prochaine, s'il le souhaite".
Dans un "environnement mondial difficile des magazines", M. Lagardère a souhaité "donner à ce nouvel ensemble une impulsion".
Le groupe Lagardère a ainsi décidé d'unir ses forces dans les médias pour relever le défi du numérique", insiste le groupe dans un communiqué, pour décrire ce nouveau pôle qui regroupera "les activités d'éditeurs de magazine, audiovisuelles et numériques".
M. Lagardère a démenti complètement deux fausses idées - selon lui - selon lesquelles les magazines souffraient et étaient moins bien gérés que les autres.
III - après le départ de Gérald de Roquemaurel de Lagardère
Gérald de Roquemaurel, président du groupe Hachette Filipacchi Médias (HFM), branche presse du groupe Lagardère, va quitter ses fonctions, et sera donc remplacé par Didier Quillot. Les rumeurs de départ de M. de Roquemaurel, PDG du premier groupe de presse magazine au monde, revenaient déjà depuis plusieurs mois, pour s'intensifier récemment.
Gérald de Roquemaurel, 60 ans, PDG d'HFM depuis 1997, figure de la presse, était le dernier "baron" de Jean-Luc Lagardère, décédé en 2003, auquel a succédé son fils Arnaud, le patron actuel du groupe Lagardère.
La branche presse en 2005 a atteint un résultat opérationnel de 161 millions en euros, en retrait par rapport à 2004 de 4% pour un chiffre d'affaires de 1,863 milliard d'euros.
M. de Roquemaurel pourrait être appelé à d'autres fonctions, moins exécutives, dans le groupe, indique-t-on de bonne source.
Hachette Filipacchi Médias est le premier éditeur de presse magazine au monde en nombre de titres publiés (260), notamment Elle, Paris Match.. et d'implantations internationales (présent dans 41 pays), représentant plus d'un milliard d'exemplaires par an.
A lire également :
. Roquemaurel restera-t-il à Lagardère ?
. La Bourse ira-t-elle à Lagardère ?
. Lagardere : poursuite de la hausse sur graphique hebdomadaire

9 Commentaires
1
Bonjour
M. Quillot avait peut-être un titre honorifique mais je ne suis pas sûr qu'il avait des responsabilitées réelles depuis le départ de Michel Bon, il y a quand même 4 ans.
D'aucun disent qu'il faisait de l'ombre au PDG, bien réel celui là, M. Lombard.
Le départ de Michel Combes, la placardisation d'Olivier Sichel et de M. Davencens et maintenant le départ de Didier Quillot montre qu'il y a une lutte sévère au plus haut sommet.
13 septembre 2006 à 23:552
D'autres placards sont effectivement à prévoir, d'autant plus qu'on peut éventuellemnt présenter des "doublons" entre Orange et FT.
par contre au delà des placards, c'est l'esprit qui à l'air de changer, le règne des "barons" semble avoir quelques soucis à se faire, pas forcement négatif pour l'entreprise ....
13 septembre 2006 à 23:583
Lombard et Viginier sont tout deux issus de FT R &D , signe des temps ?
esperons qu'ils sauront marier la recherche/le developpement .... et l'opérationnel, un des pb majeurs
et qu'ils redorent le blason de la technique dans l'entreprise , ce n'est pas tout de vendre, mais il faut que cela soit testé préalablement et que ca marche ... à grande échelle.
14 septembre 2006 à 00:014
Peut-être qu'il existe des barons parce qu'il y a des frontières naturelles entre des métiers très différents?
Pour moi les seuls PDG ayant une réelle vision pour FT en tant qu'entité unique c'était Marcel Roulet et Thierry Breton.
Tiens j'ai oublié le départ de Dangeard et indirectement celui de T Breton. On murmure que M. Dangeard a vainement cherché la pierre philosophale à FT et que c'est la la raison réelle de son départ et de celui de T Breton.
Plutôt que chercher une vision qui n'a pas l'air d'exister, ni ici ni ailleurs, il serait peut-être temps de reconnaître que c'est la fin de l'ère des paquebots. En effet il est impossible qu'un quelconque mouvement d'une des innombrables divisions de FT ne mécontentent pas au moins 10 autres simultanément.
5 unités complètement indépendantes serait pilotable plus simplement et plus facilement focalisable sur des objectifs simples et quantifiables, au hasard:
- Télécom et services pour grand comptes. On y vend de la capacité à être un prestataire de service global et fiable.
- Réseau d'entreprise (voix et data) pour PME et TPE. Les PME ont besoin d'un service local, crédible et faisant l'objet d'un contrat clair.
- Moyens de communication pour personne seule et famille (on vend ici ce qu'attendent les personnes et les familles, pas de la techno).
- Réseaux dorsaux (backbone) pour opérateurs nationaux et internationaux. On y vend de la capacité à acheminer sur des grandes distances de grande quantités de données avec une QoS et un coût raisonnable.
- Réseaux d'accès filaires, mobiles, optique et Wimax pour VNO et MVNO. On vend aux VNO de la capacité à fournir le dernier kilomètre jusqu'au client final. Ce kilomètre qui coûte si cher.
Il pourrait même être possible de filialiser chacune de ces sociétés et de les introduire en bourse, il se trouvera encore des petits actionnaires pour les acheter!
Et aussi vendre les 200+ filiales qui n'ont aucun intérêt stratégique pour FT ou l'une de ces 5 futures entitées.
Jean-Pierre
14 septembre 2006 à 00:585
"et plus facilement focalisable sur des objectifs simples et quantifiables," ... un des pb majeurs est là, comme dans tout paquebot
et en l'absence de cultures d'entreprise pour de nouveaux "managers" tout frais moulus des grandes écoles, mais néanmoins très soucieux de leur carrière et des bons points qu'ils peuvent glaner de part et d'autres , l'objectif reste très "local" dirons nous poliment, au détriment de l'interet global de l'entreprise .
Ce n'est pas pour rien que Lombard a fait bossé sur la "Communauté" .... bcp de chemins à faire d'ici là
D'autant + que comme partout, il ya une énorme méconnaissance entre les divisions entre elles.
Un des points importants, est egalement que l'ancienne culture qui prévaut est assez "militaire" : tout est fait pour prouver non pas que la "prestation" interne est fiable mais plutot que le service n'est pas coupable ... alors si on peut prouver que le service voisin est responsable, c'est royal !
D'ou de la gestion de réseau en "tronçons" pour limiter sa responsabilité .. seulement le hic, c'est quand , comme le dit et le re-dit Lombard , on passe à l'offre d'un "accès au réseau" à la satisfaction d'un "SERVICE contracté par un client" qui transite par tous types de reseaux et tous types d'équipements, donc tous types de "responsables" .. :)
de + comme vous le dites , le commercial ignore la technique et vice versa.
14 septembre 2006 à 07:056
L''action Lagardère accentuait sa progression jeudi matin, grâce à un bénéfice semestriel meilleur qu'attendu par les analystes, les bonnes surprises dans la branche livre ayant effacé les inquiétudes pour la branche presse.
A 09H58 (07H58 GMT), le titre gagnait 3,73% à 57,05 euros dans un marché en hausse de 0,30% à 5.153,42 points. Lagardère a enregistré un bénéfice net de 280 millions d'euros au premier semestre, en baisse de 4,7%.
Le résultat opérationnel courant a progressé de 7,6% au premier semestre, à 447 millions d'euros contre 415 millions au premier semestre 2005. "La contre-performance de la branche Presse" a "été effacée" par celle d'autres activités dont la branche "Livre", ce qui permet aux résultats de dépasser les attentes, souligne la Société Générale, dans une note à ses clients.
Lagardère va "continuer à acquérir et développer des magazines", a déclaré Arnaud Lagardère, patron du groupe, mercredi lors d'une conférence de presse, alors que les résultats de la branche presse ont eux plutôt déçu.
Le rassemblement -annoncé mercredi- dans un même pôle des activités de presse écrite (Hachette Filipacchi Médias, HFM) et des activités audiovisuelles et numériques (Lagardère Active) ne signifie pas que le groupe "tire un trait sur les magazines, c'est exactement le contraire", a-t-il dit.
"Nous maintenons notre opinion conserver sur le titre pénalisé par les perspectives difficiles dans la presse et par l'incertitude qui entourent l'audit à venir sur les livraisons de l'A380", mais avec un objectif de cours abaissé à 62 euros contre 66 euros auparavant, a commenté Pierre Bucaille, analyste chez Fideuram Wargny
14 septembre 2006 à 10:167
Pour rappel, Mr Quillot est une grande connaissance de Lionel Jospin ..
17 septembre 2006 à 11:058
> comme le dit et le re-dit Lombard , on passe à l'offre
> d'un "accès au réseau" à la satisfaction d'un "SERVICE
> contracté par un client" qui transite par tous types
> de reseaux et tous types d'équipements, donc tous
> types de "responsables" .. :)
Je ne suis pas convaincu par cela.
Marcel Roulet avec EO2, l'approche en processus et l'assurance qualité avait déclenché une formidable révolution culturelle qui a été continuée par Michel Bon quoi qu'on en dise.
Où sont les responsables qualités de FT aujourd'hui?
Parce exemple recherchez le mot qualité sur le site de FT:
http://www.francetelecom.com/fr/tools/search/index.jsp?words=qualite&ok.x=0&ok.y=0
Intéressant non?
Non je pense que l'essentiel n'est pas dans un "resserrez les rangs" mais dans la définition d'une stratégie très en rupture.
Il faudra une personnalité hors pair.
Qui sera le Jorma Ollila de FT?
Jean-Pierre
17 septembre 2006 à 19:179
Effectivement ,la qualité n'est pas de mise , si le but 1er est de prouver qu'on n'est pass coupable au lieu de privilégier la recherche d'une solution et un esprit d'équipe ....
http://perso.orange.fr/fondationbenoitchamoux/bio.htm
17 septembre 2006 à 21:00Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.