Safran aurait il des difficultés pour trouver sa voie ? Problème de gouvernail pour naviguer au dessus des flots des marchés ?
Le conseil de surveillance de Safran réuni mardi n'a en effet tranché ni sur le départ du président du directoire Jean-Paul Béchat, ni sur une cession éventuelle de son activité téléphonie mobile avec laquelle le groupe éprouve quelques difficultés.
Le conseil de surveillance a porté essentiellement sur les comptes du premier semestre, publiés mardi soir, qui traduisent une baisse de 36,4% du bénéfice net à 133 millions d'euros, plombé notamment par les pertes de la branche Communications.
I – Pas de décision majeure lors du Conseil de surveillance
Selon une source proche du dossier, le conseil n'a évoqué que lors de "questions diverses" les rumeurs de ces derniers jours concernant un éventuel projet du président du directoire Jean-Paul Béchat de céder la téléphonie mobile ainsi que sur les tensions à la tête du groupe.
Depuis la fusion du motoriste d'avions Snecma et de l'équipementier en télécommunications Sagem en mai 2005 le groupe, rebaptisé Safran, n'a jamais réellement fusionné les équipes, les activités et les cultures d'entreprise.
Les divergences se sont aussi multipliées entre Jean-Paul Béchat, ancien patron de Snecma, et Mario Colaiacovo, président du conseil de surveillance et ancien patron de Sagem. Des sources proches du gouvernement estimaient en début de semaine que le départ de M. Béchat était "souhaitable".
Selon un des participants du conseil, rien de majeur ne se serait passé à part l'examen des comptes. Le président du directoire devrait expliquer rapidement "quelles inflexions stratégiques" il souhaite pour le groupe.
Un millier de salariés avaient manifesté dans l'après-midi devant le ministère de l'économie à l'appel de l'intersyndicale pour "dire non au démantèlement" du groupe, dont l'Etat reste principal actionnaire avec 31,3%. Plusieurs dizaines de salariés ont ensuite attendu devant le siège dans le 15e arrondissement de Paris pendant la tenue du conseil de surveillance. "On n'a pas annoncé de dossier ficelé de vente de la téléphonie mobile à ce conseil, mais la direction va devoir expliquer quelles sont ses stratégies, faute de quoi l'inquiétude des salariés ne cessera pas", indiquait-on de source syndicale, à l'issue du conseil.
II - Résultats 1er Semestre en chute
Safran a essuyé une forte baisse de ses résultats semestriels malgré la progression de son chiffre d'affaires, en raison des pertes de ses branches Défense et Sécurité et Communications, a-t-il annoncé mardi soir dans un communiqué.
Le bénéfice net du groupe a chuté de 36,4% au cours des six premiers mois de l'année, comparé à la période correspondante de 2005, à 133 millions d'euros, malgré une hausse de 10,8% du chiffre d'affaires publié en juillet, s'élevant quant à lui à 5,47 milliards d'euros
Le résultat net "enregistre une diminution parallèle à celle du résultat opérationnel", en chute de 34,6% sur la période à 231 M EUR, ajoute Safran. La marge ressort ainsi à 4,2%, contre 7,1% au premier semestre 2005.
La branche Communications du groupe, en difficultés, a vu sa perte opérationnelle se creuser à -67 M EUR, contre -11 M EUR au premier semestre 2005.
Selon le groupe, cette activité aurait continué de subir une forte pression concurrentielle notamment sur le segment mobile entraînant une baisse du prix de vente moyen des produits. .Safran rappelle par ailleurs que les activités déficitaires télévisions et circuits imprimés de grande série ont été arrêtées en fin de semestre.
La branche Défense Sécurité a plongé dans le rouge avec une perte de 44 millions d'euros, contre un bénéfice de 40 M EUR un an plus tôt. Cette forte baisse est "liée d'une part à la prise en compte de charges non récurrentes sur certains contrats de défense, et d'autre part à la nécessité de provisionner des coûts de restructuration des activités Sagem Orga", selon le groupe.
Les branches Propulsion et Equipements aéronautiques maintiennent leur rentabilité, avec un bénéfice opérationnel respectif de 227 et 117 millions d'euros "malgré un taux de couverture dollar moins favorable qu'en 2005", note Safran.
Au vu de ces résultats semestriels en fort recul, le groupe s'attend à enregistrer une baisse de sa marge opérationnelle à 5,5%-6% sur l'ensemble de l'année 2006, contre 7,2% en 2005.
Le groupe avait prévenu en juillet que sa marge "devrait marquer un certain retrait sur l'exercice", mais sans donner de prévision chiffrée.
"Malgré les perspectives favorables des activités du secteur aéronautique, la marge opérationnelle de l'exercice sera marquée par les charges non récurrentes de Défense Sécurité, dont l'économie se rétablira au second semestre, et les difficultés de la branche Communications", explique-t-il.
Safran prévoit par ailleurs une progression de plus de 7% de son chiffre d'affaires cette année.
A lire également :
. SAFRAN : le départ d'un dirigeant épice le cours

4 Commentaires
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Sagem : face aux inquiétudes, le ministre rassure
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[ABP] Jean-Yves Le Drian, président de la région bretagne avait réagit dernièrement aux rumeurs concernant le groupe Safran. En effet, il était inquiet pour l'avenir de l'entreprise en Bretagne. A cette occasion, il avait interpellé Thierry Breton, ministre de l'économie et des finances sur ce dossier.
extraits du courrier de Jean-Yves Le Drian :
Le groupe SAFRAN est né du rapprochement en octobre 2004 de SNECMA et de SAGEM. Il a pour activité l’aéronautique et la communication. La branche communication, SAGEM COMMUNICATIONS est implantée en Bretagne à Fougères, Dinan et Lannion.
L’établissement de Fougères qui emploie 950 CDI est spécialisé dans la fabrication de téléphones mobiles. SAGEM COMMUNICATIONS a décidé récemment de renforcer ce site par un programme d’investissements et par le recrutement d’une cinquantaine de CDI, afin de conforter son niveau technologique et d’assurer une rentabilité satisfaisante sur le marché des téléphones de 3ème génération.
Le Site de Dinan qui emploie 295 CDI assure l’ensemble des services après-vente et de la logistique de SAGEM COMMUNICATION pour l’Europe.
Le site de Lannion, spécialisé dans la fabrication grande série de circuits imprimés et de cartes électroniques, destinées au téléphone et à l’automobile, devrait être réorienté vers la petite série et le prototypage en circuits imprimés pour le secteur de téléphones mobiles.
En effet, dans un communiqué, le conseil régional indique quil trouve d’autant plus surprenante et paradoxale que le pôle de compétitivité breton « Image et Réseaux » réunit des compétences de dimension mondiale sur le plan académique et industriel pour le développement au sein de notre région des services et usages en matière de téléphonie mobile. Et Jean-Yves Le Drian de souligner que si le groupe persistait dans sa volonté de se séparer de son activité Sagem Communications, une telle décision serait très préjudiciable à la Bretagne.
Un début de réponse est arrivé aujourd'hui par la voix d'une lettre du ministre de François Loos, ministre de l'industrie, au député d'Ille-et-Vilaine, Daniel Prévost (UMP) dans laquelle le ministre précise qu'il n'y aurait plus de projet de cession de l'usine de Fougère à l'ordre du jour.
Les salariés restente cependant fortement mobilisés et craignent une changement de cap dans la stratégie de l'entreprise, voir même un abandon de l'activité sur le site de Fougère. Une délégation de salariés s'est d'ailleur rendue aujourd'hui au siège de la société à Paris.
JPT / ABP
13 septembre 2006 à 06:56Fougeres le 12/09/06: Depeche de ABP -Agence Bretagne presse
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Fideuram Wargny conserve sa recommandation d'achat mais abaisse son objectif de cours de 24 euros à 22 euros sur Safran. Le bureau décide de rester positif car il estime que "la dynamique dans l'aéronautique doit primer sur les déboires de la branche Communication."
13 septembre 2006 à 07:173
Safran sanctionné (-8,97%) après résultats 1S, statu quo stratégique
PARIS, 13 sept 2006 (AFP)
L'action du groupe français Safran chutait mercredi dans les premiers échanges, sanctionnée par les investisseurs après des résultats semestriels en baisse et en l'absence de décisions sur la stratégie du groupe lors d'un conseil de surveillance très attendu.
A 09H40 (07H40 GMT), Safran perdait 8,97% à 15,52 euros, dans un marché en hausse de 0,16%.
"Safran publie des résultats inférieurs aux attentes et ne fait aucune annonce sur le recentrage du groupe", ont regretté les analystes d'Oddo Securities.
Le conseil de surveillance de Safran réuni mardi soir n'a pris aucune des décisions radicales qui étaient attendues ces derniers jours, en particulier la cession de la téléphonie mobile ou une révocation du président du directoire Jean-Paul Béchat, malgré des résultats médiocres au premier semestre.
"Bien que le groupe ait fait mention de résultats médiocres lors de la publication du c.a. au 1S, les chiffres publiés nous semblent particulièrement décevants: à moins d'une cession des activités de téléphonie mobile ou d'autres parties de la division Communications, les prévisions pour 2007 devront selon nous être revues à la baisse", ont renchéri de leur côté les analystes d'UBS.
Le groupe prévoit en effet une marge opérationnelle 2006 entre 5,5% et 6%, bien loin des 7,2% de l'exercice précédent.
"Le marché devrait réagir de manière négative à ces résultats selon nous, et ne devrait être rassuré que par l'annonce d'une cession imminente des activités de téléphonie mobile", ont ajouté les analystes d'UBS.
13 septembre 2006 à 11:454
Safran explore "toutes voies possibles" pour téléphonie mobile (Béchat)
PARIS, 13 sept 2006 (AFP)
Safran "va regarder toutes les voies possibles sans en exclure aucune" pour son activité téléphonie mobile qui "est très loin de l'équilibre" a déclaré mercredi le président du directoire Jean-Paul Béchat lors de la présentation des résultats du groupe.
Le résultat net de Safran s'est affiché à 133 millions d'euros au premier semestre, en baisse de 36% sur un an. L'action dégringolait de 9,50% à 15,43 euros vers 07h53 GMT à Paris.
Quant à son avenir à la tête du groupe, issu de la fusion du motoriste d'avion Snecma et du groupe de technologie Sagem, M. Béchat a déclaré : "Les actionnaires m'ont donné mandat jusqu'en mai 2009. Quand on livre de mauvais résultats, ils peuvent décider d'interrompre le mandat. Mais le groupe a une forte dynamique de progrès et les mesures mises en place vont l'améliorer."
M. Béchat a précisé que l'activité téléphonie mobile avait perdu 52 millions d'euros au premier semestre, pour un chiffre d'affaires de 477 millions d'euros.
"Notre problème est l'alliance de deux petits producteurs, Sagem et Bird. On n'y arrive pas, d'où la nécessité de réfléchir aux voies et moyens de traiter le problème", a-t-il expliqué.
M. Béchat a démenti "les rumeurs selon lesquelles" il "aurait trouvé un acquéreur pour la téléphonie mobile". "Le plus tôt sera le mieux pour trouver une solution", a-t-il expliqué, tout en soulignant qu'il excluait "une solution satisfaisant les actionnaires mais se faisant au détriment de l'emploi des salariés".
M. Béchat a assuré que la branche Sagem Défense serait "positive" au deuxième semestre (perte opérationnelle de 44 millions d'euros au premier semestre) et que "la partie haut-débit de la branche communication le serait également".
13 septembre 2006 à 11:46Ajoutez un commentaire
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