Russie-Iran/Nucléaire:l'avenir n'est pas bouché

Iranprotestwomen203apbod A peine revenu de Paris ou il a rencontré Jacques Chirac et Angela Merkel, la chancelière allemande, Poutine se tourne à nouveau vers l'Iran et le nucléaire.

Gholamreza Aghazadeh, vice-président iranien, mais également chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a rencontré lundi, dans le cadre d'une visite de travail à Moscou, son homologue russe Sergueï Kirienko, patron de Rosatom.

Les relations avec la Russie seraient très importantes pour l'Iran. Les deux parties prévoient d'examiner très sérieusement au cours de la visite de travail les questions relatives à la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr ainsi que de nombreux autres aspects de la coopération entre les deux pays.

I - La centrale de Bouchehr au centre de la rencontre

Les parties devraient fixer lors de cette rencontre les délais définitifs de mise en service de la première tranche de la centrale nucléaire de Bouchehr ainsi que ceux de la livraison à l'Iran du combustible nucléaire russe nécessaire à ce lancement. Bien que la Russie, à l'époque d'Alexandre Roumiantsev (ex-directeur de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique Rosatom), ait donné à l'Iran un engagement écrit sur la date de l'envoi du combustible, il ne se serait pas concrétisé.

A l'heure actuelle, 95% des travaux de construction de la centrale nucléaire de Bouchehr ont été achevés. Ce projet de près d'un milliard de dollars, doit être achevée "en septembre 2007" et commencer à produire de l'énergie "en novembre 2007", avait indiqué la semaine dernière Sergueï Novikov. Selon lui, "la Russie peut livrer du combustible nucléaire à l'Iran en mars prochain, six mois avant la date du lancement de la centrale en septembre".

Le projet de la centrale de Bouchehr a été lancé par le Shah d'Iran dans les années 70. La compagnie allemande Kraftwerk-Union, filiale de Siemens, avait été choisie pour sa construction, mais s'est retirée au moment de la révolution islamique de 1979. Moscou a pris le relais en signant un contrat avec Téhéran en 1995 pour terminer la construction de la centrale, mais le projet a pris du retard, notamment sous la pression des autorités américaines.

La Russie a ainsi conclu avec l'Iran, sous la pression de Washington, un accord afin que le combustible nucléaire d'origine russe pour Bouchehr soit retourné en territoire russe une fois sous forme de déchets, afin d'éviter des risques de détournement à des fins militaires.

La Russie et l'Iran poursuivront mardi leurs négociations sur la coopération, a annoncé lundi le porte-parole de l'Agence russe de l'Energie atomique (Rosatom), Sergueï Novikov. Les négociations russo-iraniennes devaient initialement prendre fin lundi. Selon le porte-parole de Rosatom, les négociations Kirienko-Aghazadeh qui ont commencé lundi à 16 heures locales devaient se poursuivre lors du dîner.

La construction de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr se déroule sous le contrôle de la société russe Atomstroyexport.

II - L'Iran veut construire deux autres centrales nucléaires

L'Iran vient d'achever les travaux préliminaires à la préparation d'un appel d'offres concernant la construction de deux nouvelles centrales nucléaires, a annoncé par ailleurs lundi Gholamreza Aghazadeh.

"La documentation nécessaire pour la construction de deux autres centrales de 1.000 MW chacune est déjà prête", a annoncé le responsable, cité par l'agence iranienne d'information FARS. "Cependant, avant de lancer l'appel d'offres, nous attendons une amélioration du climat politique", a ajouté le vice-président iranien.

Début 2005, le parlement iranien avait ratifié un projet de loi prévoyant la construction dans le pays de centrales nucléaires d'une puissance totale de 20.000 MW. En décembre 2005, le gouvernement iranien avait décidé de créer des centrales de 360 MW dans la province du Khouzestan. Téhéran estime que le chantier nécessitera sept ans de travaux.

III - L'Iran a besoin du nucléaire civil, pas de l'arme atomique

L'Iran n'a pas besoin d'armes nucléaires, avait préalablement déclaré vendredi à Téhéran le premier vice-président iranien Parviz Davoudi.

"L'Iran a jusqu'ici respecté les normes internationales (en matière d'activités nucléaires) et nous réaffirmons que nous n'avons pas besoin d'armes nucléaires", a indiqué M.Davoudi avant le défilé militaire organisé à l'occasion du 26e anniversaire du début de la guerre irano-irakienne de 1980-1988.

Selon lui, les technologies nucléaires militaires n'ont pas de place dans la doctrine de défense iranienne. "Le leader spirituel et dirigeant iranien (l'ayatollah Ali Khamenei) a déclaré à maintes reprises que l'utilisation des armes nucléaires était proscrite par l'islam", a ajouté le premier vice-président.

Les succès iraniens dans différents domaines, notamment dans le secteur nucléaire "servent la cause de la paix, de la justice et de la stabilité sur Terre". "Nous aspirons à la paix, mais nous mettons en garde nos ennemis contre toute velléité d'agression", a menacé M.Davoudi.

"Notre armée est plus forte que jamais, elle a démontré sa puissance au cours des récents exercices", a conclu le premier vice-président iranien. Le discours a semble-t-il suivi une nette progression, l'arme nucléaire semble ainsi être présentée désormais comme un moyen dissuasif.

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3 Commentaires

  1. 1

    Accord septembre 2007

    Bouchehr : accord russo-iranien pour un lancement en septembre 2007
    MOSCOU, 26 sept 2006 (AFP)
    La Russie et l'Iran ont signé un accord mardi à Moscou pour une entrée en exploitation de la centrale nucléaire de Bouchehr (Sud de l'Iran) en septembre 2007, a annoncé le porte-parole de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique (Rosatom) à l'AFP.

    "La société russe Atomstroïexport et l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) ont signé un accord additionnel au contrat sur la construction de la centrale de Bouchehr qui prévoit le lancement de la centrale en septembre 2007", a indiqué le porte-parole de Rosatom, Sergueï Novikov.

    L'accord a été signé à l'issue d'entretiens lundi et mardi à Moscou entre le chef de Rosatom Sergueï Kirienko et le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh, qui dirige l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a précisé M. Novikov.

  2. 2

    Anonyme

    L'Iran pourrait achever lui-même la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr

    2006-09-26 18:58:07

    TEHERAN, 26 septembre (XINHUA) -- L'Iran s'est dit prêt à achever lui-même la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr dans le cas où le constructeur russe serait dans l'incapacité de finir le projet, a rapporté mardi le journal Tehran Times.

    Le vice-président iranien Gholamreza Aqazadeh, également directeur de l'Organisation iranienne de l'Energie atomique (OIEA), a donné cet avertissement lundi à Moscou.

    M. Aqazadeh était à Moscou en vue de discuter de l'agenda de livraison et de la mise en opération de la centrale nucléaire de Bouchehr.

    "De notre point de vue, cinq ou six mois sont nécessaires pour finir le travail", a estimé M. Aqazadeh.

    Le constructeur russe Atomstroiexport est en train de construire la première partie de la centrale suite à la signature en 1995 d'un contrat d'une valeur d'un milliard de dollars entre la Russie et l'Iran. Selon M. Aqazadeh, le projet est à présent réalisé à 90%.

    Le vice-directeur de l'OIEA, Mohammad Saïdi, a déclaré lundi après la rencontre entre M. Aqazadeh et Sergueï Kiriyenko, chef de l'Agence fédérale de l'énergie nucléaire de Russie, que les négociations étaient incomplètes.

    "Au cours de ce cycle de pourparlers, les deux parties ont indiqué des obstacles pour la mise en opération le plus tôt possible de la centrale", a ajouté M. Saïdi.

    Il a précisé que les principaux obstacles concernaient la fabrication et l'installation des équipements de la centrale.

    La Russie tentait de persuader l'Iran d'accepter une date d'opération prévue pour novembre 2007, a relevé M. Saïdi.

    Selon l'accord précédent, la centrale nucléaire de Bouchehr devrait entrer en opération fin 2006.

  3. 3

    zino

    Energie Nucléaire : Le droit du nucléaire iranien
    En 1950, le shah d’Iran, Mohammed Réza Pahlavi, avec l’aide des Etats-Unis, posa le premier jalon d’une véritable industrie du nucléaire iranien. En Iran, l’énergie nucléaire est considérée comme nécessaire pour une nation s’industrialisant rapidement et une population à forte croissance démographique (une population qui se voit doubler en 20 ans).


    « Le pétrole est un matériau noble, de bien trop de valeur pour qu’on le brûle… Nous envisageons de produire, aussitôt que possible, 23 000 mégawatts d’électricité en utilisant des centrales nucléaires », disait le shah en 1974. Les ressources fossiles énergétiques devant se tarir un jour, leur remplacement devient une urgence pour assurer la continuité du développement. L’Iran soulève aussi la question financière, soutenant que développer la capacité de son industrie pétrolière coûtera plus de 40 milliards de dollars, cette opération de substitution optant pour l’électronucléaire ne coûtera seulement qu’une fraction de cette somme, tout en dégageant un surplus de pétrole pour satisfaire la demande mondiale croissante de pétrole et diminuer la facture de la consommation nationale en hydrocarbures.

    Aussi, l’Iran importe une grande partie de son énergie électrique et de son essence qui lui coûtent très cher, bien qu’elle possède d’autres ressources énergétiques non valorisées et des moyens pour se soulager. D’autre part, la production de l’électricité nucléaire est propre, il n’y a pas d’émission de CO2 dans l’atmosphère ; elle est en outre recommandée par le protocole de Kyoto. La nécessité pour l’Iran de produire une partie de son énergie domestique par le nucléaire civil a été comprise par l’opinion mondiale et approuvée par les Etats-Unis, et ce, depuis 1950. Un programme nucléaire de coopération civile a été signé en 1957 avec les Etats-Unis dans le cadre du programme « Atoms for Peace ». Le shah, à cette époque, gouvernait l’Iran, le régime apparaissait suffisamment stable et amical envers l’Occident pour que la prolifération nucléaire ne devienne pas une menace. Deux années plus tard, en 1959, est créé le Centre de recherche nucléaire de Téhéran (CRNT), opéré par l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI). Le CRNT était équipé d’un réacteur nucléaire de recherche fourni par les Américains, il est opérationnel depuis 1967. D’une puissance de 5,5 mégawatts, il fonctionne à l’uranium hautement enrichi, pouvant (avec le temps) produire assez de plutonium pour fabriquer une bombe atomique. L’Iran a signé le traité de non-prolifération nucléaire en 1968 et l’a ratifié en 1970. Elle prévoyait de construire 23 centrales nucléaires pour produire 6000 mégawatts, afin de couvrir ses besoins en électricité qui sont évalués à 23 000 mégawatts en 2010.

    Le droit de l’Iran d’utiliser l’énergie nucléaire civile et pacifique

    L’Iran a ratifié le traité de non-prolifération nucléaire en 1970, ce qui l’engage a ne pas fabriquer ou se procurer d’armes nucléaires. Les responsables de l’AIEA sont soudoyés par l’Occident et Israël, pour empêcher l’Iran et les pays arabes, coûte que coûte, d’accéder à la technologie de l’énergie nucléaire civile, car arrivés là, ils seront à deux doigts de l’arme nucléaire. Des tonnes d’uranium hautement enrichi ont disparu des stocks européens et russes pour alimenter le marché parallèle du nucléaire, sous la complicité de l’AIEA. La fin de la guerre froide, le démantèlement des armes nucléaires, la dissolution du pacte de Varsovie, l’envoi à la casse des sous-marins nucléaires russes ont mis sur la rue de grandes quantités d’uranium enrichi prêt à l’emploi et des composants d’armes nucléaires.

    Il serait plus discret et plus économique de se procurer une bombe atomique au marché aux puces que de peiner pour la fabriquer sous le mauvais regard de l’AIEA. Quant à l’additif au Traité sur la non-prolifération (TNP) de 1968, il stipule que rien de ce traité ne devait être interprété comme affectant le droit inaliénable de toutes les parties du traité à développer la recherche, la production, et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des buts pacifiques, sans discrimination et en conformité avec les articles I et II de ce traité. Toutes les parties, du traité sous-entendu, ont le droit à la facilité et l’échange des équipements, de matériel, d’informations technologique et scientifique le plus large possible afin d’utiliser pacifiquement l’énergie nucléaire. Les parties du traité en position de le faire devront aussi coopérer en contribuant seuls, avec d’autres pays ou les organisations internationales au développement ultérieur de l’application de l’énergie nucléaire pacifique, particulièrement sur le territoire des Etats membres du traité ne possédant pas l’arme nucléaire, avec une considération particulière pour les besoins des régions du monde en développement. Cela dit, deux pays comme l’Algérie et l’Iran pourront construire et exploiter ensemble des centrales nucléaires et utiliser et/ou commercialiser l’énergie électrique produite par ces dernières ; voilà une opportunité que notre association encourage dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

    Il y a plus de 540 réacteurs dans 32 pays qui produisent de l’électricité, 200 sont en construction aux Etats-Unis, 40 sont en phase de projet pour équiper les différents pays de l’Union européenne, c’est la Chine qui en a le plus besoin pour son développement ; elle projette de construire 75 autres réacteurs, l’Algérie aurait besoin au moins de 15 centrales nucléaires pour satisfaire tout juste ses besoins électriques en 2030, après le tarissement de ses ressources fossiles. L’Algérie, comme l’Iran, possède ses propres gisements d’uranium et détient la technologie de l’énergie nucléaire, ce sont deux grands producteurs d’énergie au service de l’approvisionnement mondial non discriminatoire.

    En 1979, après la révolution, le programme du nucléaire iranien fut temporairement gelé, mais il reprit plus tard avec le concours des Russes. Depuis les années 1950, le gouvernement iranien assure que le seul but du programme est de développer la capacité de produire et de diversifier ses sources d’énergie en produisant de l’électricité par le nucléaire, et planifie de générer 6000 mégawatts d’électricité d’ici à 2010 pour arriver à produire 23 000 mégawatts pour ses besoins locaux. Jusqu’en 2008, l’énergie nucléaire iranienne n’a pas pu encore produire de l’électricité. La France, le premier pays à s’opposer au programme nucléaire civil iranien, produit 50 % de sa consommation électrique, soit 31 000 mégawatts, par le nucléaire, commercialise plus de 18 000 mégawatts sur le réseau européen et vend du plutonium aux pays non signataires du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) .

    La promesse américaine de l’arme nucléaire à l’Iran

    En 1975, le secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger, signe le document National Sécurity Décision Mémorandum 292 (Mémo 292 de la décision pour la sécurité nationale) intitulé « Coopération US-Iran », qui décrit les détails de la vente des équipements nucléaires devant rapporter plus de 6 milliards de dollars/US aux compagnies américaines. En ce moment, l’Iran extrayait plus de 6 millions de barils de pétrole par jour (aujourd’hui 4 millions de barils). Dans la liste de ses équipements était inclus du matériel nécessaire pour la fabrication de l’arme nucléaire. Les relations de l’Iran avec l’Occident en ce moment étaient excellentes.

    En 1976, le président américain de l’époque, Gérald Ford, signe une directive offrant à Téhéran l’opportunité d’acheter et d’utiliser une installation de traitement du combustible usé, de fabrication américaine, qui permet d’extraire du plutonium à partir du combustible, suffisant pour fabriquer deux à trois bombes nucléaires chaque année. L’accord était écrit en vue de parvenir à maîtriser le « cycle complet de l’atome », avec tous les risques de prolifération nucléaire qu’il pourrait engendrer. Alors à quoi va servir l’achat d’un matériel très coûteux, si on vous interdit de vous en servir officiellement ? L’équipe de Ford a approuvé les projets iraniens qui visaient à construire une filière de l’électronucléaire et aussi à travailler dur pour conclure un accord de plusieurs milliards de dollars, accord qui aurait donné à Téhéran le contrôle sur de grandes quantités de plutonium et d’uranium enrichi les chemins qui mènent vers la bombe nucléaire.

    Des documents classés au musée du président Ford, dont deux datés du 22 avril 1975 et 20 avril 1976, prouvent que les Etats-Unis et l’Iran ont tenu des négociations pour une coopération sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à toutes les échelles, même militaire.

    La fortune du shah convoitée par les compagnies occidentales

    Après la révolution iranienne, en 1979, la France a refusé à l’Iran de l’uranium enrichi pour des raisons politiques, par des prétextes contre les effets de la révolution islamique. L’imam Khomeiny voulait contrôler les compagnies occidentales corrompues qui volaient la République islamique. Alors, l’Iran refuse de cautionner son investissement dans l’Eurodif, une société anonyme qui avait était fondée en 1973 par la France, la Belgique, l’Espagne et la Suède. En 1975, la part suédoise de 10% dans l’Eurodif était parvenue à l’Iran à la suite d’un accord entre la France et l’Iran.

    La société française nationalisée, Cogéma, spécialisée dans l’extraction et l’enrichissement du minerai et le gouvernement iranien ont alors fondé la Sofidif (Société franco-iranienne pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse), possédant respectivement 60 % et 40 % des parts. En retour, la Sofidif a acquis une part de 25% dans Eurodif, qui donnait à l’Iran sa part de 10 % dans Eurodif. Le shah, Mohammed Réza Pahlavi, a prêté un milliard de dollars US une première fois, et, la deuxième fois, 180 millions de dollars US en 1977, pour la construction de l’usine Eurodif, afin d’avoir le droit d’acheter 10 % de la production de l’uranium enrichi du site. Les Américains étaient aussi payés pour livrer du combustible nucléaire à l’Iran en accord avec un contrat signé avant la révolution. Les Américains n’ont ni livré le combustible ni rendu le milliard de dollars de payement qu’ils avaient reçu. L’Allemagne fut aussi rétribuée par des milliards de dollars pour les deux installations nucléaires de Bushehr. Après trente ans, l’Allemagne a refusé à la fois d’exporter les équipements nécessaires et de rendre l’argent. En 1982, la France de François Mitterrand fait des pressions politiques sur l’Iran pour abandonner Hezbollah et finit par refuser de lui livrer de l’uranium enrichi. Alors, l’Iran réclama le remboursement d’une dette d’un milliard de dollars qui ne fut jamais rendu.

    Les Français, acculés par les Américains, font du chantage et résilient leurs contrats, accusant l’Iran d’être derrière les attentats qui ont secoué la France en 1985-1986 et refuse de payer ses dettes contractées informellement auprès de la personne du shah, Mohammed Réza Pahlavi. Avec l’aide et l’intervention des services de renseignement iraniens, un accord fut trouvé en 1991 : la France a rendu plus de 1,6 milliard de dollars. L’Iran est resté actionnaire d’Eurodif, via la Sofidif, un consortium franco-iranien, actionnaire à hauteur de 25% d’Eurodif. Cependant, l’Iran s’est abstenu de demander l’uranium enrichi produit.

    Les compagnies européennes sabotent le programme

    Les Iraniens, animés par une incroyable volonté politique nationaliste, et ce, malgré les entraves créées par les contractants européens, réussissent à les outrepasser et à continuer leur programme.

    La Kraftwerk Union, entreprise de Siemens AG et d’AEG Teléfunken qui avait signé un contrat avec l’Iran en 1975, s’est complètement retirée du projet de la centrale de Bushehr, en juillet 1979, avec un réacteur à moitié fini et l’autre à 90 %. Ils ont dit qu’ils avaient basé leur action sur le non-paiement d’une somme de 450 millions de dollars due par l’Iran. La compagnie avait reçu 2,2 milliards de dollars du contrat total. La compagnie française Framatome, filiale de Areva, s’est solidarisée avec les Allemands pour annuler elle aussi son contrat. Par chantage politique, en 1984, la Kraftwerk qui avait d’autres projets nucléaires avec l’Iran, a déclaré qu’elle se décline tant que la guerre entre l’Iran et l’Irak n’était pas terminée. En avril de la même année, le département américain très perturbé affirme qu’« il pensait que cela prendrait au moins deux ou trois ans pour finir la construction des réacteurs de Bushehr ».

    Le porte-parole a aussi dit que « les réacteurs a eau légère sont particulièrement adaptés a un programme militaire ». D’autre part il dit : « Nous n’avons pas de preuves de la construction d’autres installations iraniennes qui seraient nécessaires pour séparer le plutonium du combustible du réacteur utilisé. » Avec l’aide du Mossad israélien et de l’aviation américaine, les frappes irakiennes, en mars 1984 et courant 1988, ont endommagé le site nucléaire de Bushehr et d’autres installations de moindre importance, mais quand même stratégiques. En 1995, l’Iran sous embargo a signé un contrat avec la Russie afin de rafistoler le reste des installations nucléaires de Bushehr endommagées. En 1996, l’Iran se tourne vers la Chine pour acheter une usine d’enrichissement d’uranium ;les Américains ont tout fait pour les en empêcher, ignorant les multiples circuits de l’informel et le système des leurres.

    Pourquoi les Arabes et les Américains font-ils pression sur l’Iran ?

    La fortune des Arabes provient de l’exploitation des gisements pétroliers du Golfe persique, autrefois appartenant à la Perse antique (l’actuel Iran), mais au cours du partage de la région par les Anglais en 1848, la partie de la rive nord-ouest du Golfe, celle qui recèle le plus de pétrole, fut soustraite à l’Iran et remise aux Arabes. Les Arabes et les Américains partagent la même conviction, de manger dans le même plat la part des autres. Cette fois-ci, Arabes et Américains se sont concertés pour se servir du même scénario, utilisé auparavant par les Américains, avec l’aide de l’AIEA, pour envahir l’Irak.

    L’auteur est conseiller sur les questions de l’énergie Association algérienne des relations internationales


    Par Y. Merabet

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