Poutine en Afrique du Sud : diamant, métaux et nucléaire

Rsa23536865Non Poutine ne s’est pas rendu en Afrique du Sud pour un "simple" voyage diplomatique, détrompez-vous. D’ailleurs est-ce vraiment son style ?

Une certaine presse russe parle même d’un déplacement durant lequel Vladimir Poutine se serait comporté  plus en  homme d'affaires qu'en homme politique, parfois au grand dam de ses hôtes. En effet, les enjeux de cette visite pourraient être intimement liés aux ressources du pays en matières premières - aluminium et manganèse notamment - et à la coopération entre groupes mondiaux du diamant. De plus, comme souvent avec la Russie, le nucléaire et l’uranium ne sont pas loin.

I - Une visite historique  aux enjeux économiques

Jusqu'ici les dirigeants de l'Union soviétique et de la Russie ne s'étaient jamais rendus en RSA. Auparavant, l'Union soviétique était pratiquement en état de confrontation armée avec l’Afrique du Sud, soutenant les gouvernements marxistes de l'Angola, du Mozambique et les Sud-Africains qui combattaient le régime d'apartheid.

Compte-tenu de ce contexte, les relations économiques de la Russie et de la RSA se trouvent toujours à un bas niveau. En 2005, les échanges entre les deux pays se sont chiffrés à seulement 171 millions de dollars. A l'issue de sa visite en Grèce, Vladimir Poutine gagnera la République d'Afrique du Sud, après quoi il se rendra au Maroc. Visite dont nous reparlerons.

A l’heure actuelle, le plus important  investisseur russe en RSA est le groupe Evraz, qui en 2006 a acquis 24,9% des actions de la société de métaux Highveld Steel & Vanadium. Evraz entend désormais porter sa part à 79%, en investissant pour cela 700 millions de dollars. L'Afrique du Sud éprouve une pénurie d'investissements étrangers : les multinationales attendent de voir les résultats de la politique de renforcement économique du pays avant d’investir. La Russie pourrait profiter de cette pause, ses investissements dans ce pays pourraient ainsi atteindre 5 à 7 milliards de dollars dans les dix ans à venir, selon certains experts

II - Poutine salue la coopération entre Alrosa et De Beers

Le président russe Vladimir Poutine s'est félicité mardi au Cap de la coopération croissante entre la société russe Alrosa et le géant mondial du diamant De Beers. "Je voudrais vous remercier pour votre initiative proposant de créer un conseil économique Afrique du Sud-Russie", a-t-il déclaré, rencontrant le PDG du géant mondial du diamant De Beers, Nicky Oppenheimer.

Le chef de l'Etat russe a tout particulièrement souligné l'importance des accords de coopération bilatérale dans le commerce de diamants et a espéré que la compagnie De Beers partagerait sa riche expérience avec ses partenaires russes. Le patron de DeBeers a rappelé que la coopération de sa compagnie avec la Russie datait d'une trentaine d'années. Il s'est dit convaincu que cette coopération correspondait aux intérêts des deux peuples et a espéré une multiplication des contacts entre la Russie et l'Afrique du Sud dans le domaine des diamants.
On peut en effet rêver que les peuples russe et sud-africain bénéficient de la manne .. il est bon  parfois d’être utopiste.

III - Investissement dans le manganèse

La société Renova, dont le patron, Viktor Vekselberg, fait partie de la délégation qui accompagne le chef de l'Etat russe en Afrique, a elle aussi l'intention d'investir massivement dans l'économie sud-africaine.  Renova détient 49% des actions d'United Manganese of Kalahary et promet d'investir en RSA plus de 1 milliard de dollars dans la mise en valeur de gisements de manganèse. Il s’agit d'un programme de cinq ans qui comporte la mise en valeur d'un gisement, le développement de l'infrastructure et la construction d'une usine. La production ne démarrera pas avant 2009 et le groupe russe ne signerait qu'un accord cadre avec les responsables locaux du transport et de l'énergie.

IV - Projets en vue dans l’aluminium

Vladimir Poutine a également ajouté qu'une autre société russe proposait d'investir en Afrique du Sud dans la production d'énergie électrique pour alimenter une usine d'aluminium actuellement en projet.

Selon un membre haut placé de la délégation russe, il s’agirait de Rusal. D'après le directeur d’une société de conseil, le groupe russe Sual avait ambitionné à une certaine époque de construire une usine d'aluminium à Kuga.Envisageant désormais  une fusion avec Rusal et Glencore, les producteurs d'aluminium considèrent disposer de tous les atouts nécessaires pour pouvoir s'attaquer au projet.

V - Accord de coopération entre banques russe et sud-africaine

L’établissement financier russe Vnesheconombank (VEB) et la sud-africaine Nedbank Limited ont signé mardi un accord de coopération dans le cadre de la visite du président russe Vladimir Poutine en Afrique du Sud. Les banques ont l'intention de développer leur partenariat stratégique et leur coopération à long terme pour resserrer les liens économiques et commerciaux entre les deux pays. La VEB et la Nedbank envisagent de financer ensemble la mise en oeuvre de projets d'investissement dans différentes branches de l'industrie, notamment dans l'extraction de ressources minérales. Nous y voilà.

La Nedbank figure parmi les plus importants établissements financiers sud-africains. Elle finance la réalisation de projets économiques d'envergure en Afrique du Sud et dans d'autres pays africains.

VI - La Russie livrera du combustible nucléaire à l'Afrique du Sud

La Russie livrera du combustible nucléaire à l'Afrique du Sud, a annoncé mardi le président russe Vladimir Poutine, au cours d'une conférence de presse au Cap. Le Président Russe a ainsi annoncé la signature d’un accord sur la livraison de combustible nucléaire à la centrale sud-africaine jusqu'à 2010.

Vladimir Poutine estime que les deux pays pourraient coopérer dans des domaines tels que la production d'uranium, la construction et l'exploitation de centrales nucléaires. Le chef de l'Etat a fait remarquer qu'après la signature de documents portant sur le partenariat dans le nucléaire civil, la république sud-africaine pourra désormais participer aux activités de l'Institut d'études nucléaires près l'Académie russe des sciences. Le président russe a ajouté que pour le développement du secteur nucléaire, la Russie pourrait proposer plusieurs innovations techniques inédites ainsi que des spécialistes très compétents.

La Russie est prête à promouvoir la coopération nucléaire avec l'Afrique du Sud, a déclaré pour sa part mercredi le chef de l'Agence russe de l'énergie atomique (Rosatom), arrivé à Londres pour participer le 7 septembre à une conférence de l'Association nucléaire mondiale. "Nous sommes prêts à élargir la coopération avec la république sud-africaine qui se propose de développer toutes les sphères de l'énergie atomique nationale, de l'extraction d'uranium à la construction de centrales nucléaires", a-t-il précisé.

En août dernier, une délégation sud-africaine avait tenu des négociations dans les locaux de Rosatom à l'issue desquelles les parties s'étaient entendues pour rédiger un mémorandum.

A lire également :

. Diamant-ALROSA : Koudrine réélu

. Accord Alrosa/De Beers dans le diamant validé

. Russie : éventuelle fusion nickel/diamant

. Aluminium-Rusal/Sual: la Russie inquiète l'UE

 

5 Commentaires

  1. 1

    Dadounet

    >Le patron de DeBeers a rappelé que la coopération de sa compagnie avec la Russie datait d'une trentaine d'années.

    Tout à fait ; de Beers commercialisait les diamants de l'URSS pendant que les politiciens donnaient du grain à moudre à leur électorat respectif...

  2. 2

    RFI

    Position dominante sur le diamant

    Vladimir Poutine est accompagné d’une centaine d’hommes d’affaires et c’est là aussi sans précédent, en tout cas par le nombre. Cela désigne l’objectif premier de ce voyage en Afrique du Sud qui est de relancer, réactiver les liens économiques et commerciaux avec certains atouts : tout d’abord une volonté politique affichée de part et d’autre d’accroître ce volume.

    La Russie et l’Afrique du Sud sont l’une et l’autre des marchés émergents sur la scène mondiale parmi les plus importants. Les compagnies russes sont tout particulièrement intéressées par l’industrie des métaux et des diamants : elles souhaitent pouvoir investir en Afrique du Sud dans ce secteur et on peut souligner qu’il y a de réels potentiels car ces 2 pays ont une position dominante sur ce segment, notamment le diamant.

    Moscou et Pretoria ont donc tout intérêt à s’entendre pour en quelque sorte dicter leur loi.

    On parlera aussi d’énergie, c’est en quelque sorte incontournable pour la Russie, grand pays producteur d’hydrocarbures. Mais aussi de nucléaire car les Russes veulent reconquérir des parts de marché dans ce secteur : Moscou fournit déjà de l’uranium enrichi pour l’unique centrale sud-africaine et envisage d’investir dans ce secteur.

  3. 3

    DIAMANT

    Alrosa et De Beers: coopération en vue dans la prospection géologique

    06/09/2006 15:49 MOSCOU, 6 septembre - RIA Novosti.

    Alrosa et De Beers ont signé un mémorandum prévoyant d'étudier la possibilité de mener conjointement des travaux de prospection géologique en Russie et dans d'autres régions du monde, notamment en Afrique, a rapporté mercredi la compagnie russe dans un communiqué.

    "Cet accord s'inscrit dans l'histoire unique et vieille de 50 ans des contacts d'affaires entre les deux sociétés qui ont notablement contribué à la promotion des rapports économiques entre la Fédération de Russie et l'Afrique du Sud, encourageant le développement de l'industrie diamantaire dans les deux pays", peut-on lire dans le communiqué.

    Alrosa et De Beers tiennent compte de la récente décision de la Commission européenne et agiront en stricte conformité avec toutes les normes de la législation antitrust, rappelle le document.

    "Les deux sociétés expriment leur attachement aux principes de la responsabilité sociale et à la protection de l'environnement" dans les régions du monde dont la prospérité pourra dépendre de l'industrie diamantaire, souligne le communiqué.

    Alrosa et De Beers ont également l'intention d'édifier leurs activités sur la base des principes du Processus de Kimberley et d'une pratique sérieuse du commerce des diamants, en coopération avec les organisations diamantaires internationales, dont le Conseil mondial du diamant et la Fédération mondiale des bourses de diamants.

  4. 4

    papys

    je suis un jeune africain repondant au nom de papys dieye, je suis originaire du senegal et je reside en cote d'ivoire(afrique de l'ouest) .
    en effet j'exerce le metier de la bijouterie et mon père m'a laissé comme herritage 150 kg d'or et des diamants. j'ai en ma possession 8 differents types de diamants que je vous donne comme suite:
    13 pierres d'1 carra v.v.s extrat blanc
    24 pierres de 0, 85 carra v.v.s extrat blanc
    19 pierres de 0, 50 carra v.v.s extrat blanc
    12 pierres de 0, 30 carra v.v.s extrat blanc
    5 pierres de 2, carra v.v.s extrat blanc
    8 pierres de 0, 45 carra v.v.s extrat blanc.
    17 pierres de 3 , carra v.v.s extrat blanc
    20 pierres de 0, 80 carra v.v.s extrat blanc .
    mon père les avaient obtenu lors d'un voyage qu'il effectuait en afrique du sud et il exerçait comme bijoutier au 43eme BIMA(bataillon d'infanterie de marine) de l'armée française basée en cote d'ivoire.
    je recherche des partenaires en chine et en europe pour pouvoir exporter les biens que je possède
    voici mon contact telephonique 00225 08078203
    cordialement
    papys dieye

  5. 5

    philippe kabaya masela

    je cherche de partenaire pour l'achat de diamant chez nous à kinshasa :republique demogratique du congo ex zaire je besoin des investissements pour la prospection dans mon village natal

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée