Mittal-Steel se retire discrètement d'Algérie

Mittal3Selon des sources proches de la direction du complexe d’El-Hadjar en Algérie, Mittal-Steel pourrait bien se préparer très discrètement à se retirer du pays.

Plusieurs postes de responsabilité devraient prochainement subir des changements, le personnel indien qui assurait jusqu'à présent certaines hautes fonctions aurait d'ores et déjà reçu signification de leur fin de mission.

Suite à la fusion entre le groupe sidérurgique indien Mittal Steel et l’européen Arcelor signée en juillet dernier, donnant naissance à Arcelor-Mittal, Mittal Steel serait sur le point de quitter l'Algérie.  Les conséquences de cette union devraient se répercuter prochainement sur le complexe sidérurgique d’El-Hadjar détenu par Mittal Steel à 70% , l’entreprise publique algérienne Sider en possèdant quant à elle 30%.

Des sources proches du site indiquent qu’il y aura prochainement un changement au niveau de plusieurs postes de responsabilité détenus jusqu’à maintenant par des Indiens à qui on aurait d'ores et déjà signifié leur fin de mission. Des cadres algériens devront les remplacer au pied levé.

Les postes qui devront être touchés en premier lieu (probablement dès le mois d’octobre) seront ceux relevant de la production. Ainsi, il serait prévu que sur la quinzaine d’Indiens qui sont en poste actuellement, seulement cinq devront rester. Ces derniers continueront à assumer leur charge au niveau de certains départements-clés tels ceux de l’approvisionnement, du commerce et des finances. Des postes de responsabilité d’une importance primordiale dans la gestion du complexe que Mittal Steel ne compte vraisemblablement pas abandonner pour le moment.
Par ailleurs, des changements palpables ont été enregistrés depuis deux semaines au niveau de plusieurs secteurs. Plusieurs postes de responsabilité ont été doublés et des duos indo-algériens ont été créés. Une démarche qui montre bien que les responsables indiens sont en train de préparer des cadres algériens à prendre en main les commandes le moment venu.

En ce qui concerne le département de l’approvisionnement, le pouvoir de signature a été délégué à un Algérien chapeauté par un responsable indien. Même au niveau supérieur de la hiérarchie, les postes ont été doublés. Alors qu’initialement il n’y avait qu’un seul adjoint au directeur général, un autre poste d’adjoint a été décidé depuis deux semaines et octroyé à un cadre algérien.

Ainsi, même si rien d’officiel n’a été annoncé au niveau de la direction du nouveau géant mondial Arcelor-Mittal, ces faits viennent confirmer l’information donnée par Liberté-Algérie le 24 juin dernier sur le probable retrait d’Algérie de la compagnie indienne.

Arcelor aurait exigé lors des négociations que Mittal Steel cède ses actifs “peu rentables” en Algérie. La fusion a eu lieu finalement il y a plusieurs semaines sans toutefois que l’information du désistement ne soit confirmée. Un probable retrait de Mittal Steel d’El-Hadjar devrait avoir des conséquences loin d’être négligeables sur l'emploi algérien, l'entreprise employant environ 9 000 personnes.

Le complexe sidérurgique d’El-Hadjar, sis à la zone industrielle de Sidi Amar à une dizaine de kilomètres de Annaba, d’une superficie de 800 ha, compte 22 filiales. En octobre 2001, Ispat a repris, à hauteur de 70%, une dizaine d'actifs, dont Alfasid le cœur du complexe. De 10 400 travailleurs, l’effectif est redescendu à 9 000 après de nombreux départs à la retraite anticipée ou non. 900 employés ont été recrutés dans le cadre de l'opération.

La production d’acier est passée de 700 000 tonnes en 2003 à 1, 2 million de tonnes en 2005. Elle sera plafonnée à 1, 5 million de tonnes en 2006. le savoir-faire, la bonne gestion et l’efficacité de l’investissement apporté par Mittal Steel auraient été autant d'éléments moteurs pour obtenir ces résultats.

A la fin juin 2006, les syndicalistes étaient pourtant loin de craindre que la fusion Arcelor-Mittal soit une menace pour la destinée du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, s'estimant même satisfaits de leur partenaire indien.

Cette satisfaction, annoncée par les responsables du site, tient à la fusion d’ex-filiales du groupe national algérien Sider avec Mittal Steel telles Alfatus, Refractal. Des augmentations des salaires seraient également en cours de négociation.

De plus Mittal Steel, Ferphos et la SNTF projetteraient la création d’une société mixte de transport ferroviaire, dont Mittal sera actionnaire à 60 %.

Les syndicalistes précisaient alors qu’au titre des dispositions de l’accord de partenariat Algérie-Mittal Steel, Mittal n’a pas le droit, pour les dix années à venir, de quitter le complexe sidérurgique ou de vendre une action. A rappeler que la fusion Arcelor-Mittal se répartit comme suit : Mittal 43, 6 %, Arcelor 50, 5 %, autres 5,9 %. Syndicalistes et travailleurs avaient à l'époque condamné, à l’unanimité, Arcelor, la qualifiant de "cerveau de toutes les propagandes de déstabilisation lancées contre le complexe sidérurgique et Mittal Steel. "

Ambiance prochaine assurée ...

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15 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    Mittal Steel Annaba est une entreprise mixte entre Mittal Steel (avec la part de 70 pour cent) et SIDER.
    C'est la plus grande usine sidérurgique intégrée et dans la région du Maghreb, elle est situé à 12 kilomètres de sud de la ville d'Annaba.

    Il a une capacité sidérurgique de 2.0 millions de tonnes par an.L'usine a ses propres mines de fer captives situées dans Ouenza et Boukhadra sous le nom de Mittal Tebessa.

    Les équipements et les installations au niveau de l'entreprise portuaire d'Annaba, reliés par chemin de fer à l'usine,assurent le mouvement efficace de la matière première et l'expédition des produits finis aux marchés nationale et internationale.

  2. 2

    Elisabeth

    Le retrait risque de remettre le feu aux poudres :
    ----------------------------------------------------

    Annaba : complexe sidérurgique Mittal Steel d’El Hadjar
    Un arrêt prolongé du haut fourneau
    lundi 27 mars 2006.

    Déstabilisés également par la fin de non recevoir qui a ponctué la dizaine de demandes d’audience adressée par leur directeur général indien aux services de la Présidence,...

    ... à la chefferie du gouvernement et à différents ministres.

    Cette déstabilisation s’est accentuée avec l’incident technique survenu, il y a quelques jours, dans le haut fourneau. Cet incident a entraîné un arrêt prolongé de cet outil stratégique dans la production sidérurgique, hypothéquant sérieusement l’objectif de 1,6 million de tonnes à atteindre en 2006.

    Plusieurs cadres ainsi que les syndicalistes et leur secrétaire général ont estimé que ces agissements sont préjudiciables au complexe sidérurgique d’El Hadjar. Tout en affirmant être dans l’impossibilité de confirmer ces informations, Sanjay Kumar, le directeur général, a précisé : « Nous travaillons en étroite collaboration avec le syndicat pour la réussite du business plan. Nous ne croyons pas à ce qui se dit et à des actes de SABOTAGE à l’usine même si des incidents surviennent de temps à autre. » Démentis également par le comité de vigilance mis en place et assuré par les syndicalistes 24 H/24 suspectant des tentatives de sabotage des installations, à l’image de celui des bandes transporteuses survenu il y a quelques mois.

    A ces agissements s’ajoutent ceux générés par l’insuffisance énergétique à laquelle sont confrontées les installations et l’importation du million de tonnes de rond à béton d’Ukraine.

    L’importation devait servir de joint venture aux besoins nationaux en la matière, estimés à 2,2 millions de tonnes/an. Elle serait à l’origine des difficultés d’écoulement sur le marché national du même produit importé en importantes quantités par des opérateurs économiques algériens.

    Situation que dément Sanjay Kumar. Il a affirmé : « L’importation des produits sidérurgiques n’est pas une activité nouvelle. En 2005, nous avons importé la même quantité. Le seul développement intervenu porte sur l’acquisition par Mittal Steel du plus grand laminoir d’Ukraine en décembre 2005. »

    Du côté des syndicalistes de Mittal Steel, on impute les perturbations dans les activités du complexe sidérurgique aux professionnels de la faillite de l’économie nationale. « Je ne peux confirmer que le haut fourneau a été saboté pour entraîner son arrêt sur plus de 15 jours. Mais compte tenu que l’incident est intervenu quelque temps après la réception des menaces, tout est possible.

    Ce qui nous a contraints à mettre en place un comité de vigilance H/24 pour éviter les surprises qu’on nous promet », révèle le secrétaire général de la plateforme syndicale UGTA de Sidi Amar et de Mittal Steel.
    ********************************************************

    Les mêmes interlocuteurs ont affirmé que l’apparente dégradation des relations entre leur employeur et les pouvoirs publics algériens serait la conséquence du contentieux Arcelor/Mittal Steel France et des retombées de l’échec subi par la filiale Alfatus du groupe Sider à décrocher le marché portant réalisation de l’oléoduc Arzew (Algérie)-Almeria (Espagne), long de 147 km. La société allemande Tessen a remporté ce marché, devant Alfatus classé 5e sur la liste des soumissionnaires.
    *******************************************************

    Cet échec s’est déjà répercuté sur les postes d’emploi de la filiale. Plus de 160 travailleurs contractuels devraient être licenciés dans quelques semaines. Une compression des effectifs composés de 470 agents devrait également intervenir dans les deux prochains mois. C’est-à-dire au lendemain de la réalisation des 23 km de tubes reliquat d’une commande en phase d’achèvement.

    Rappelons qu’après s’être portée candidate à l’acquisition de la filiale Sider, la société anglo-allemande Primary Bender se serait rétractée à l’annonce de la perte par Alfatus de l’important projet de réalisation de l’oléoduc, étalée sur quatre années.

    A. Djabali - EL-watan

  3. 3

    mai 2000

    Pour rappel :

    "En janvier 2000, les 6 000 travailleurs d’Alfasid (filiale du groupe Sider) dans le complexe sidérurgique El-Hadjar à Annaba ont débrayé contre un projet de « compression » d’effectifs dans le cadre des préparatifs pour la privatisation de la société.

    Le mouvement est reparti le 15 mai suite au non-paiement des salaires. La protestation s’est étendue aux aciéries, à la cokerie et aux hauts fourneaux, et aussi aux Ateliers maghrébins de mécanique. Le 16, les ouvriers tentaient de manifester devant le siège de la direction. Cette marche a été réprimée sauvagement par un Groupement d’intervention rapide avec des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc, faisant 30 blessés.


    Le quotidien porte-parole des hommes d’affaires Liberté (18 mai 2000) s’inquiétait des «signes d’un embrasement généralisé », craignant que « ce qui s’est passé mardi à Annaba puisse se reproduire à la SNVI de Rouiba ou à l’ENIEM de Sidi Bel Abbès ». En effet, le complexe entier était paralysée et le 20 mai, 120 000 métallos étaient dans la rue pour une journée de protestation de la fédération métallurgique. Mais Sidi Saïd (le chef de l’UGTA) et ses lieutenants ont encore joué les pompiers; deux jours plus tard, la grève était terminée avec la promesse du paiement des salaires. Le chef du syndicat local était condamné à six mois de prison ferme. "

    http://www.internationalist.org/kabylie0601b.html

  4. 4

    Elisabeth

    c'est à dire ? le possibilites ?

  5. 5

    mourad

    moi perso je pense que mittal ne va pas lacher le complexe de annaba vu que le gisment ghar djbilet au sud du pays va bientot rentrer en service (c'est le plus grand gisment de fer en afrique )
    ya aussi la construction d'une ligne ferroviaire entre béchar ou se trouve le gisment et le nord du pays pour un transfert rapide vers le complexe de annaba

  6. 6

    kamel

    tout cela c encore de l'arrogance d'Arcelor.
    Mittal ne voulait pas partir mais arcelor a demandé la cession de cet établissement. Cela me surprend pas je me souviens "monnaie de singe" propos du président d'arcelor lors de l'OPA de Mittal... Arcelor préfere le Maroc...
    Pourtant l'Algérie est le géant énergétique de la méditerrannée (énergie pas cher) et les programmes d'investissement et d'équipement et d'infrstructure se chiffrent à plus de 20 milliards par an hors investissemnt direct étrangers et 6 milliars d'inv par an dans le domaine des hydrocarbures (raffinerie, transport exploration etc)...

    Sans parler du potentiel minier notamment de fer ou l'une des plus grosses mines au monde est présente (sud ouest) 2 milliards de tonnes de minerai de fer...
    Si ils s'en vont il y aura des repreneurs je ne me fais pas de soucis et de toute façon ils reviendront c sûr...

    Pour moi ils font une erreur

  7. 7

    kamel

    En plus le gouvernement algérien est rancunier...
    le jour où l'exploitation de Ghar Djebilet sera opérationnel (infrastructure de transport en cours de réalisation) la gigantesque mine sera cédée soit à des brésiliens ou des chinois point final

  8. 8

    kamel

    ça commence!!!
    source aps
    Protocole d'accord algéro-chinois dans le secteur minier
    Actualité (Mardi 05 Septembre 2006)


    Exploration et production minière en Algérie
    Les Chinois s’impliquent


    Par : Faïçal Medjahed (liberté algérie)
    Lu : (347 fois)

    La capacité de la mine d’El-Abed est estimée à 1 000 tonnes/jour. Elle sera portée à 3 000 tonnes/jour après la réalisation de ce projet. Quant aux réserves de la mine, elles sont évaluées à 12 millions de tonnes.

    Le ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, a signé, hier à Alger, un protocole d’accord avec le bureau de l’exploration et de l’exploitation des ressources minérales et géologiques de la province de Henan sise en Chine. Ce contrat porte, selon M. Chakib Khelil, sur la réouverture de la mine de zinc-plomb d’El-Abed (Tlemcen), la reprise de la production du zinc et l’exploration de périmètres avoisinants pour la recherche de ces substances. “Ce projet permettra de renforcer davantage la coopération algéro-chinoise”, a déclaré le ministre en soulignant que “le montant global de l’investissement est évalué à 1 200 millions de DA, dont 800 millions de DA pour la réhabilitation de la mine et 400 millions de DA pour la réalisation du programme d’exploration géologique qui sera mené sur trois ans”.
    Le groupe Sonatrach a prévu, ajoute M. Khelil, une prise de participation de 10% dans la société de droit algérien, qui sera créée pour gérer ce projet.
    La capacité de la mine d’El-Abed est estimée, dira-t-il, à
    1 000 tonnes/jour. Elle sera portée à 3 000 tonnes/jour après la réalisation de ce projet. Les réserves de la mine sont évaluées à 12 millions de tonnes. Le bureau d’études chinois détient, également, deux titres d’exploration minière situés respectivement à Bougetara (cuivre) et Boukaïs (manganèse) dans la wilaya de Béchar. Les Chinois ont installé, indique-t-il, une école de formation minière dans la ville d’El-Abed.
    La réouverture de cette mine permettra, affirme-t-il, de relancer la ville d’El-Abed à travers, notamment, la création de nouveaux postes d’emploi.
    Le potentiel en zinc/plomb est évalué, selon le ministère de l’Énergie et des Mines, à 150 millions de tonnes de minerai, dont une part importante est localisée au nord du pays. Le secteur des mines a généré, selon la même source, plus de 50 millions de dollars d’investissements directs étrangers en 2005, dont 11 millions de dollars pour l’exploitation des gisements de calcaire pour le ciment par la société Orascom Construction et 12,5 millions de dollars pour le développement des gisements aurifères de Tirek-Amesmessa en association de l’ENOR et Gold mines (Australie).
    Le dernier bilan établi par le ministère de l’Énergie et des Mines fait ressortir que “16 opérations d’adjudication ont été réalisées depuis la promulgation de la nouvelle loi minière entre 2000-2005 ayant permis l’octroi de 491 titres miniers qui ont généré 2 milliards de DA versés au Trésor public”. Ce secteur a enregistré une croissance de 10%. L’ouverture de ce secteur a permis, également, la création de 1 000 PME privées qui emploient 16 594 personnes.
    Le potentiel géologique en fer est estimé, selon le ministère, à 3,5 milliards de tonnes, qui se trouve au sud-ouest du pays. Les réserves en phosphate ont atteint 2 milliards de tonnes.

  9. 9

    Elisabeth

    Toujours bien informés et présents les Chinois ....

  10. 10

    Elisabeth

    Et merci beaucoup pour cette article ters interessant !

  11. 11

    Anonyme

    Faycal Medjahed est tout sauf une lumière

  12. 12

    Hicham

    Pourquoi la Sonatrach intervient-elle dans ce projet ? Je comprends mieux les réticences d'Arcelor-Mittal. Difficile de faire du business quand le lobby militaro-pétrolier se mêle de tout...

  13. 13

    Elisabeth

    même remarque au départ : pourquoi Sonatrach ? ... on s'en doute ..

  14. 14

    Amine M

    J'ai dit plus haut : ,ne vous fiez pas a Fayxal Medjahed :-)

  15. 15

    Sof

    "lobby militaro-pétrolier" que l'Algérie soit diriger par les militaires qui n'est un secret pour personne (comme d'autres pays voisins). mais Sonatrach est une société publique à 100% et le fait qu'elle veut se diversifier dans d'autres secteurs c'est tout a fait normale, en plus elle a les moyens avec le cours actuel du pétrole !

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