Le groupe francais de pneumatiques Michelin est visé par plusieurs plaintes concernant l’amiante au sujet de ses sites de Clermont-Ferrand.
Trois veuves d'anciens ouvriers Michelin et un ancien salarié, victimes de l'amiante, demanderont le 14 septembre au tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de reconnaître la faute inexcusable de l'employeur.
C'est la première fois que Michelin est mis en cause pour ses sites de Clermont-Ferrand", a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse Jean-Pierre Sérézat, ancien délégué CGT et ancien secrétaire du Comité hygiène et sécurité (CHSCT) de Michelin.
Dans les usines Michelin, l'amiante était utilisée notamment comme isolant pour les presses de cuisson des pneus, fabriquées sur place, et dans les cloisons des bâtiments, a précisé M. Sérézat, lui-même malade de l'amiante.
Une première reconnaissance de faute inexcusable avait été prononcée en 2004 par le TASS d'Epinal, saisi par un ancien salarié de l'usine Michelin de Golbey (Vosges). Michelin avait fait appel et la cour d'appel de Nancy doit se prononcer le 29 septembre.
Au total, depuis 1998, l'association des victimes de l'amiante a recensé vingt-trois cas de contamination sur les sites clermontois de Michelin. Des procédures ont été lancées devant le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Clermont-Ferrand, dont dix par des ayants-droit d'anciens salariés de Michelin décédés. Les quatre premiers dossiers seront examinés le 14 septembre.
Trois des quatre salariés concernés étaient mécanicien sur presse, maçon ou affecté à la chaufferie de l'une des usines clermontoises du groupe. Ils sont morts en 2002 et 2003 d'un mésothéliome (dit "cancer de l'amiante"). Le quatrième cas, qui sera examiné jeudi par le tribunal des affaires de sécurité sociale, est celui d'un homme de 71 ans, atteint de plaques pleurales. L'exposition à l'amiante concerne essentiellement les bâtiments et leur entretien, plus que la production des pneumatiques elle-même.
Aucun salarié de Michelin ne manipule d'amiante ou est exposé à l'amiante actuellement, a indiqué jeudi dernier la direction de Michelin. L'amiante friable pouvant être inhalée a été "éradiquée" et le désamiantage des bâtiments se poursuit, selon la même source, qui a rappelé que l'amiante n'est pas un élément constitutif du pneu.
A lire également :
. ADP: attaque d'un salarié liée à l'amiante
. AREVA : arrêt de production et accusation
. Pirelli ne fera pas crisser ses pneux en Bourse
. Le groupe MICHELIN perd son maître

3 Commentaires
1
La justice a mis jeudi son jugement en délibéré au 16 novembre concernant les demandes de 4 anciens salariés de Michelin
14 septembre 2006 à 15:202
VALEO et amiante !!
on en reparle !
PARIS (AFP) 08:29 / 16/09/06
A la une : Sept ex-directeurs d'une usine d'amiante du Calvados convoqués par la justice
Sept anciens directeurs de l'usine Ferodo-Valéo à Condé-sur-Noireau (Calvados), spécialisée dans la transformation de l'amiante, sont convoqués mardi par les juges d'instruction parisiens en charge de cette affaire à l'origine d'au moins deux morts.
Les sept hommes, qui étaient en fonction entre 1952 et 1997 chez Ferodo, devenu Valéo en 1981, pourraient être mis en examen pour "blessures et homicides involontaires" et "non-assistance à personne en danger" par les juges Marie-Odile Bertella-Geffroy et Didier Peltier du pôle santé publique de Paris, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.
Des proches de deux salariés de Ferodo-Valéo dont la mort est liée à l'exposition à l'amiante selon des expertises, ont déposé plainte en 1996 et se sont constitués partie civile un an plus tard. Le cas d'une troisième victime reste soumise à une contre-expertise.
Sept autres anciens salariés souffrant de maladies liées à ce matériau ont également déposé plainte tout comme l'antenne locale de l'Andeva, l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante et la Fnath (handicapés, "accidentés de la vie").
L'usine Ferodo-Valéo fabriquait notamment des freins et des systèmes d'embrayage pour l'industrie automobile.
16 septembre 2006 à 15:083
Le tribunal des affaires de sécurité sociale de Clermont-Ferrand a reconnu jeudi la faute inexcusable de Michelin au profit de quatre anciens salariés de la manufacture, victimes de l'amiante.
L e tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Clermont-Ferrand a reconnu jeudi 16 novembre la faute inexcusable de Michelin au profit de quatre anciens salariés de la manufacture, victimes de l'amiante, dont trois sont décédés.
Trois des anciens salariés de Michelin sont décédés d'un mésothéliome (dit "cancer de l'amiante") en 2002 et 2003. La procédure est menée par leurs veuves et leurs enfants. Le quatrième, âgé de 71 ans, est atteint de plaques pleurales.
"Michelin utilisait une quantité considérable d'amiante sans dispositif de protection", a déclaré l'avocat des anciens salariés de la manufacture, Me Jean-Paul Teissonnière, selon lequel "la présence de l'amiante était importante à tous les stades de fabrication des pneus".
L'amiante était notamment utilisée pour isoler les presses de cuisson des pneus, pour calorifuger des conduits de vapeur ainsi que dans les cloisons et les plafonds. "En 1973 chez Michelin, on calorifugeait à l'amiante 1.400 mètres de tuyaux par mois, soit environ 17 kilomètres par an", a indiqué l'avocat.
"La direction alertée"
"La direction a été alertée à de multiples reprises sur les risques de l'amiante", a continué l'avocat : "mais je n'en vois jamais les conséquences en terme de mesures de sécurité prises par les dirigeants pour éviter que les salariés soient exposés".
16 novembre 2006 à 10:58L'un des trois salariés décédés a travaillé de 1962 à 1973 chez Michelin où il était chargé de l'entretien des presses de cuisson des pneus, isolées par de l'amiante, et intervenait sur les tuyaux calorifugés à l'amiante.
Un autre, agent d'exploitation chez Michelin de 1958 à 1983, "découpait des plaques d'amiante à la meuleuse sans aucune mesure de protection", selon Me Teissonnière.
"La manufacture se défend d'avoir exposé, dans le cadre d'une conscience avérée, ses salariés à un danger dont elle avait connaissance", a plaidé l'avocate de Michelin, Me Sophie Dischamp.
"Pour caractériser une faute inexcusable, il faut démontrer que cette conscience existait et que rien n'a été fait", a-t-elle affirmé. "La manufacture ne cherche pas à se dérober aux drames qui frappent les familles", a souligné l'avocate.
Une vingtaine de procédures ont été lancées devant le TASS de Clermont-Ferrand par d'anciens salariés de Michelin qui ont été exposés à l'amiante, dont dix sont décédés.
C'est la première fois que le premier fabricant mondial de pneumatiques, dont le siège se trouve à Clermont-Ferrand, est mis en cause pour avoir exposé à l'amiante le personnel de ses sites clermontois.
Une première reconnaissance de faute inexcusable avait été prononcée en 2004 par le TASS d'Epinal, saisi par un ancien salarié de l'usine Michelin de Golbey (Vosges). Michelin a fait appel et la cour d'appel de Nancy doit se prononcer le 19 septembre.
Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.