Alors que l'Iran se rapproche du Maroc et de l'Algérie pour tenter de trouver de nouveaux alliés susceptibles de le soutenir dans sa volonté de poursuivre ses activités nucléaires civiles, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a évoqué dimanche à Doha les développements au Proche-Orient avec l'émir du Qatar. L'entretien aurait porté également sur les liens de coopération entre le Qatar et l'Onu.
Rappelons, qu'en août, le Qatar était rentré activement dans les négociations menées en vue d'un règlement du conflit au Proche-Orient, l'émir du pays s'étant même déplacé à Beyrouth, après avoir préalablement effectué "une visite de travail" à Damas au cours de laquelle il s'était entretenu avec le président syrien Bachar al-Assad.
Fait primordial : le Qatar partage avec l'Iran l'un des plus grands champs gaziers du monde, Pars South dont les majors pétrolières se disputent les concessions. Le pétrole et le gaz pourraient bien être encore une fois le nerf de la guerre ...
I – Kofi Annan : de l'Iran au Qatar
M. Annan était arrivé dimanche à Doha en provenance de Téhéran où il s'était entretenu avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad du dossier nucléaire iranien et du Liban. Il quittera le Qatar lundi dans la matinée en direction de l'Arabie saoudite, dans le cadre d'une tournée au Proche-Orient destinée à stabiliser la paix au Liban après un mois de guerre entre Israël et la milice chiite libanaise du Hezbollah.
Après son entretien avec M. Ahmadinejad, le secrétaire général avait affirmé avoir obtenu du président iranien l'assurance de son "complet soutien" à la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis fin aux hostilités au Liban. L'Iran est par ailleurs accusé par Israël de fournir des armes au Hezbollah, mais Téhéran assure n'apporter qu'un soutien moral à la milice chiite libanaise.
L'Iran refuse néanmoins toute suspension de son enrichissement d'uranium avant des négociations sur son programme nucléaire, a déclaré dimanche le secrétaire général de l'Onu, à l'issue de son entretien avec Mahmoud Ahmadinejad.
"Le président m'a assuré que l'Iran était prêt à négocier et à trouver une solution à la crise (...), (mais) il n'accepte pas la suspension avant des négociations", a dit M. Annan lors d'un point de presse. L'Iran a jusqu'à présent toujours refusé de suspendre son enrichissement d'uranium comme l'exige une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, et risque de ce fait des sanctions
II - Le Qatar apport son soutien au Liban
L'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, s'est rendu à la fin août à Beyrouth. Sa venue constitue la première visite d'un chef d'Etat étranger au Liban depuis la cessation des hostilités avec Israël. L'émir du Qatar avait alors rendu hommage au peuple libanais et à sa résistance nationale "qui a réalisé pour les Arabes la première victoire sur l'ennemi israélien depuis des années".
Dans une conférence de presse qu'il a tenue conjointement avec le président Emile Lahhoud au terme de leurs entretiens à Beyrouth, Cheikh Hamad avait critiqué les appels à interdire les armes pour la résistance libanaise tout en permettant à Israël de s'armer. "C'est une chose inadmissible et celui qui soutient cette théorie veut faire du Liban une proie facile à prendre", a-t-il précisé.
Cheikh Hamad a déploré la non utilisation par les Arabes de l'arme du pétrole durant l'agression israélienne contre le Liban et insisté que son pays soutenait chaque pays défendant son territoire. L'Emir de Qatar a par ailleurs appelé Israël à exécuter la directive 1701, à cesser ses violations de la souveraineté libanaise et à lever son blocus maritime et aérien sur le Liban.
Le président Lahhoud a de son côté salué la position de Qatar et son aide au Liban, notamment ses efforts au Conseil de Sécurité pour modifier les clauses de la résolution internationale "qui est venue, même améliorée au-dessous des espérances du Liban et qui n'a pas refléter le cours des événements dans les champs de batailles".
III - Le Qatar : un pays producteur de gaz partenaire de l'Iran
Avec 25.700 milliards de mètres cubes (Gm3) de réserves prouvées de gaz naturel, le Qatar occupe la troisième place mondiale. Il renferme 14,7% du total des réserves prouvées derrière l’Iran (15,2%) et la Russie (26,7%). Grâce à son potentiel gazier considérable, le Qatar peut envisager une exploitation de ses ressources pour plus de huit siècles, au rythme actuel de production.
Gaz de France pourrait rejoindre en fin d'année un consortium constitué de la compagnie nationale pétrolière iranienne, du pétrolier français Total et du malaisien Petronas, pour l'exploitation de l'un des plus importants site offshore de gaz naturel au monde - le South Pars - que l'Iran partage avec le Qatar.
La participation de GDF dans South Pars approcherait les 10 %, pour un investissement de 300 millions de dollars. Le gisement Iranien est situé à la frontière de l'Iran et du Qatar. Il devrait produire près de 10 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an à partir de 2010. L'investissement s'élèverait à 300 millions de dollars et un contrat de 330 millions de dollars serait signé pour l'achat de 2,6 milliards de mètres cubes de gaz par an sur vingt ans. Détenant les deuxièmes réserves mondiales de gaz, l'Iran viendrait diversifier les sources d'approvisionnement de Gaz de France, confronté notamment au déclin des champs de la mer du Nord.
Au Moyen-Orient, c'est le Qatar qui dispose actuellement du plus grand gisement de gaz du monde, le North Dome, encore peu exploité (au rythme d'extraction actuel, il tiendrait plus de 500 ans). Le pays peut aisément devenir le premier fournisseur mondial de GNL, la production doit presque tripler d'ici 2012.
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3 Commentaires
1
ou est ce que vous avez vu que l'iran se rapproche du maroc ?
04 septembre 2006 à 01:372
Jeu à 4 :
. Russie et maroc
. Iran et Russie
. Iran et Algérie
cf.
Maroc, Algérie et Russie médiateurs de l’Iran ?
04 septembre 2006 à 09:423
Liban: le Qatar premier pays arabe à participer à la Finul
DOHA - Le Qatar a annoncé qu'il serait le premier pays arabe à participer à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Il enverra un contingent de 200 à 300 hommes.
Cette décision a pour but "de dire au monde qu'il y a une présence arabe, même réduite, et de dire à Israël que nous croyons en cette résolution et que nous voulons l'appliquer", a déclaré le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, dans une référence à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Cheikh Hamad a fait cette annonce lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, au terme d'une visite de ce dernier au Qatar.
Le ministre n'a pas précisé quand le contingent partirait. Le Qatar entretient des relations minimales avec Israël et est un important allié des Etats-Unis, ayant sur son territoire une grande base militaire américaine.
(ats / 04 septembre 2006 12:41)
04 septembre 2006 à 16:57Ajoutez un commentaire
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