Les prix du pétrole ont rebondi lundi, après avoir touché de nouveaux plus bas depuis six mois.
Des commentaires du président de l'Opep ont en effet ravivé la spéculation sur le marché quant à une possible intervention du cartel pour empêcher les prix de trop chuter.
Le cours du brut devrait continuer à reculer à moins que l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ne décide de réduire sa production, ce qui est loin d'être garanti, a estimé par ailleurs lundi le Centre for Global Energy Studies (CGES).
La prochaine réunion ordinaire de l'Opep est normalement prévue pour décembre.
I – Le pétrole rebondit
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre, a gagné 90 cents, à 61,45 dollars, après avoir touché 59,52 dollars, son plus bas niveau depuis le 8 mars. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 39 cents à 60,80 dollars sur l'échéance de novembre, après avoir touché 59,32 dollars en séance, un plus bas depuis le 8 mars également.
Les prix du pétrole avaient commencé la journée en baisse, sous 60 dollars le baril, alors que l'Iran semblait prêt à un compromis sur son programme nucléaire et que la production de BP en Alaska pourrait reprendre dès cette semaine.
La tendance des prix reste néanmoins baissière, selon l'ensemble des analystes, en raison des fondamentaux du marché. Certains citent notamment le niveau élevé des réserves de brut, un ralentissement de la demande mondiale, et un affaiblissement de la prime de risque liée aux tensions avec l'Iran.
La capacité du groupe BP de reprendre sa production plus tôt que prévu dans le champ de Prudhoe Bay en Alaska a pu également contribué au sentiment que le marché était suffisamment approvisionné. BP a en effet indiqué vendredi que les régulateurs américains lui avaient donné l'autorisation de tester, en vue d'une remise en route, l'oléoduc sur la partie orientale du champ fermée depuis le 10 août après la découverte de corrosion.
II – Possible intervention de l'OPEP
Mais le président de l'Opep, Edmund Daukoru, a évoqué lundi une éventuelle intervention de l'organisation, si les cours atteignaient un certain seuil. Ses propos, rapportés dans la presse, ont suffi à raviver les inquiétudes du marché au sujet d'une réduction de la production par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, ce qui a fait remonter les cours.
Certains analystes estiment que si les prix "lâchaient" encore cinq dollars, l'Opep déciderait très certainement de diminuer sa production, tout en prévoyant que de telles mesures ne verraient pas jour avant le printemps.
A l'inverse, d'autres spécialistes du marché pensent quant à eux raisonnement envisageable que le cartel planifie une réunion générale extraordinaire début octobre, en vue d'annoncer une réduction de production qu'ils estiment à un million de barils par jour.
III – Le CGES s'interroge sur l'évolution du cours
Alors que les prix du brut ont chuté de 25%, le Centre for Global Energy Studies (CGES) s'interroge sur la probabilité qu'un nouveau rebond surgisse, ou qu'au contraire le cours se stabilise autour de 60 dollars le baril voire même recule davantage. "Dans l'état actuel des choses, un plus ample repli est probable à moins que l'Opep ne parvienne d'une façon ou d'une autre à réduire sa production", estime le centre d'études dans son rapport mensuel de septembre.
Pour que l'Opep intervienne, les membres du cartel, qui fournit 40% de la production mondiale, devront d'abord se décider sur le niveau de prix qu'ils souhaitent défendre, que ce soit 60 dollars, 50 dollars ou un seuil encore plus bas, estime le CGES. Ensuite, explique le centre d'études, l'Opep voudra s'assurer qu'il est urgent d'agir.
Mais point potentiel majeur d'achoppement : certains membres de l'Opep devront accepter de partager le poids des réductions de production avec l'Arabie saoudite, qui devra sinon agir seule.
Pour que le baril de Brent échangé à Londres se maintienne autour de 60 dollars cet hiver, l'Opep (Irak inclus) devra ramener sa production à 29,4 millions de barils par jour (mbj) au 4ème trimestre, et 29 mbj au 1er trimestre 2007, contre 29,97 mbj en août, prévoie le CGES. Il s'agit donc d'une réduction de près d'un million de barils par jour d'ici six mois, qui sera lourde à mettre en place par l'Arabie seule, selon le Centre.
Selon lui, Ryad cherchera à obtenir un accord collectif au sein du cartel pour réduire la production, mais le Venezuela, l'Iran, l'Irak, le Nigeria et l'Indonésie devraient "faire la sourde oreille". L'Algérie et la Libye devraient promettre d'abaisser leur offre, mais ne rien faire en pratique. Restent les Emirats arabes unis et le Koweït "dont l'aide sera limitée", prévoit le CGES.
L'Arabie saoudite aura donc à faire un choix difficile : soit insister pour que les autres membres de l'Opep réduisent aussi leur production, ou accepter d'agir seule, ce qui paraît le plus probable au CGES. "Obliger les autres membres à agir pourrait conduire à un écroulement des prix, donc l'Arabie va probablement laisser sa production décliner lentement", conclut le rapport.
Le CGES a par ailleurs revu en nette baisse ses prévisions de prix. Son scénario de référence prévoit désormais un baril de Brent à 60,70 dollars en moyenne au 4ème trimestre, contre une estimation de 74 dollars le mois dernier, et 68,90 dollars au 3ème trimestre (contre 73 dollars estimés en août). Le baril de Brent devrait retomber à 59 dollars en moyenne au 1er trimestre 2007, puis 58,20 dollars au 2ème et 56,30 dollars au 3ème trimestre, selon le Centre.
A lire également :
. Le prix du pétrole dégringole
. Le pétrole rebondit déjà en Asie après l'OPEP

1 Commentaire
1
Net rebond du pétrole, malgré des stocks élevés aux Etats-Unis
NEW YORK, 27 sept 2006 (AFP)
Les prix du pétrole ont nettement rebondi mercredi, malgré une forte hausse des stocks d'essence et de produits distillés aux Etats-Unis, le marché spéculant toujours sur une possible intervention de l'Opep pour enrayer une chute des cours.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre, a gagné 1,95 dollar, à 62,96 dollars.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 2,09 dollars à 62,21 dollars sur l'échéance de novembre.
Les prix avaient ouvert en hausse, puis la publication des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis les a fait reculer, le pétrole ayant même refait à Londres une incursion sous les 60 dollars le baril.
Dans son rapport, le département américain de l'Energie (DoE) a fait état d'une hausse près de six fois plus importante que prévu des stocks d'essence la semaine dernière aux Etats-Unis, de 6,3 millions de barils.
27 septembre 2006 à 22:39Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.