Selon le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, il y aurait eu "une faible mobilisation" lors du référendum interne organisé jeudi par FO et la CGT de GDF sur la question de la privatisation de l'entreprise, étape préliminaire de sa fusion avec Suez.
Le président UMP de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Patrick Ollier, assure pour sa part qu'il fera "tout pour qu'on n'utilise pas le 49-3" dans le débat parlementaire sur la privatisation de GDF, dans une interview à paraître lundi dans le quotidien "20 minutes".
Le ministre de l'Economie et des Finances s'est dit également persuadé dimanche que, face à l'avalanche d'amendements présentés par l'opposition, la raison allait l'emporter.
I – Faible mobilisation sur le référendum selon Breton
Thierry Breton a souligné dimanche que selon les informations fournies par la direction de l'entreprise, la mobilisation lors du référendum interne organisé jeudi par les principaux syndicats de GDF aurait été faible. Il n'a pas souhaité néanmoins en tirer d'autre conclusion.
"Chez GDF d'habitude, c'est 80% de salariés qui votent pour les élections professionnelles. La direction nous indique que là, 35% seulement se sont mobilisés, les syndicats 60%. On va faire une cote mal taillée: c'est peut-être à peu près un peu moins de 50% qui se sont mobilisés", a-t-il expliqué. "J'en déduis que d'abord, il y a eu un taux de participation très inférieur à ce qui se passe d'habitude lorsque les salariés sont consultés. Et deuxièmement, que ceux qui ont voulu répondre étaient plutôt contre", a ajouté M. Breton.
Les syndicats CGT et FO de GDF avaient annoncé jeudi avoir mobilisé une majorité de salariés de GDF contre la privatisation de leur entreprise, jugeant avoir opposé avec le référendum "un démenti cinglant" au gouvernement et à la direction.
Selon les résultats définitifs communiqués jeudi soir par la CGT, 60% des 53.000 salariés inscrits sur les listes électorales, ont participé au scrutin et 94% d'entre eux se sont déclarés opposés à la privatisation de l'entreprise publique. "D'après les estimations recueillies par nos managers, le taux de participation est autour de 35%", avait déclaré pour sa part un porte-parole de la direction de GDF en cours de journée.
II - Thierry Breton compte sur le retour à "la raison" de l'opposition
"Je pense qu'in fine l'opposition reviendra à la raison parce que c'est l'intérêt des Français", a déclaré dimanche le ministre de l'Economie Thierry Breton, à propos des quelque 130.000 amendements déposés pour tenter d'empêcher le vote de la loi qui prévoit la privatisation de GDF.
Invité du Grand Jury LCI-RTL-"Le Monde", Thierry Breton a dit espérer que "tous ces amendements" ne seraient "pas défendus". Pour "un très grand nombre" d'entre eux, ils "n'ont qu'un lien très indirect avec la question de fond qui est posée au parlement", a-t-il estimé. Selon lui, le parlement ne va pas se prononcer pour la fusion de Suez et de GDF, mais pour savoir si oui ou non il faut donner à GDF la possibilité de nouer des alliances" pour affronter la libéralisation, au 1er juillet 2007, du secteur énergétique en Europe.
Le ministre de l'Economie, par ailleurs défenseur du projet de fusion entre Suez et GDF, a appelé à tout faire pour "éviter ce drame qu'on a connu chez France Télécom"... entreprise qu'il présidait il y a encore peu, mais dont il n'avait jamais parlé en ces termes lors de ses précédentes fonctions.
"Précisément à la suite de la libéralisation du marché des télécommunications, les opérateurs de télécommunications ont voulu se marier", a rappelé Thierry Breton. "Tous se sont mariés par échange d'actions, pour ne pas obérer leur capacité d'investissement, sauf un, France Télécom, parce qu'on n'a pas eu le courage de prendre les dispositions législatives pour faire en sorte que France Télécom puisse acquérir Orange comme les autres, par échange d'actions. On sait ce qu'il s'en est suivi: ça a été la quasi-faillite de France Télécom par endettement", a-t-il constaté.
Quasi-faillite , tout de même ... Les actionnaires et les salariés vont être très certainement contents de voir T. Breton parler de son ancien "poulain" en ses termes... Qu'a t-il donc prévu pour France Telecom ? Une séparation de la production et des réseaux comme dans le cas de EDF/RTE ? les mois suivant les élections devraient nous permettre de le savoir.
En ce qui concerne, je reste persuadé que le rachat d'Orange par France Telecom a en grande partie était justifié par l'appétit croissant des opérateurs à son égard : il faut parfois manger pour ne pas être dévoré, d'autant plus que les infrastructures internationales que France Telecom a su tisser vers Afrique et Proche-Orient de part son passé historique intéressent des géants mondiaux des télécoms.
Interrogé par ailleurs sur le montant du surplus fiscal, Thierry Breton a confirmé qu'il se situe aujourd'hui "plutôt entre 2 et 3 milliards d'euros qu'entre 1 et 3" et réaffirmé qu'il serait "affecté au désendettement". "C'est mon combat, le combat du désendettement de la France", a-t-il indiqué.
III - Patrick Ollier fera "tout" pour éviter le 49-3
Dans une interview à paraître lundi, le président UMP de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, assure qu'il fera "tout pour qu'on n'utilise pas le 49-3" dans le débat parlementaire sur la privatisation de GDF
Il précise par ailleurs envisager de s'appuyer sur le règlement intérieur de l'Assemblée, pour faire en sorte que le débat se concentre sur le fond et soit terminé fin septembre, sans vouloir néanmoins préciser le contenu de ses alternatives, pour éviter que l'opposition ne s'en saisisse en vue de les contrecarrer.
Grâce à l'article 49-3, le Premier ministre peut engager sa responsabilité sur le texte qui est adopté alors sans vote, si aucune motion de censure n'est votée. Dominique de Villepin y avait eu recours pour faire le projet de loi Egalité des chances comprenant le CPE. Mais il a affirmé jeudi sa volonté de ne pas y recourir.
Patrick Ollier a jugé par ailleurs que l'adoption du projet de privatisation de GDF ne devait pas attendre l'avis de l'Union européenne fin novembre, les sessions parlementaires étant achevées à cette date. De plus, il considère que le projet doit avancer rapidement, le marché de l'énergie étant en pleine réorganisation. "Le texte que nous allons voter, ne concerne pas la fusion mais la baisse de la présence de l'Etat dans le capital de GDF", a-t-il souligné.
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