Vladimir Poutine s'est voulu rassurant samedi auprès de Jacques Chirac, affirmant que la Russie remplirait toutes ses obligations vis-à-vis de l'Union européenne en matière d'approvisionnement énergétique, à l'issue du sommet franco-germano-russe.
Pour rappel le Président russe avait débuté l'année en faisant frissonner l'Europe entière. Sa récente alliance avec l'Algérie dans le domaine gazier avait récemment provoqué quelques troubles, et ce d'autant plus que l'Opep du gaz pourrait rapidement voir le jour.
En ce qui concerne EADS, Vladimir Poutine a assuré samedi que l'entrée de la Russie dans le groupe aéronautique franco-allemand n'était pas "le signe d'une conduite agressive de la part des parties russes". La création d'un groupe de travail tripartite franco-germano-russe sur cette participation, a été par ailleurs annoncé lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet avec Jacques Chirac et la chancelière allemande Angela Merkel.
I – Energie : la Russie remplira ses obligations envers l'UE
Vladimir Poutine a assuré que la Russie remplirait toutes ses obligations vis-à-vis de l'Union européenne en matière d'approvisionnement énergétique. La chancelière allemande Angela Merkel avait auparavant déclaré que la coopération entre les Européens et la Russie devait être fondée sur la fiabilité, lors de cette conférence de presse commune avec M. Poutine et le président français Jacques Chirac.
Rappelant que la chancelière allemande lui avait déjà demandé si la Russie pouvait réorienter ses approvisionnements énergétiques vers l'Europe occidentale, M. Poutine a estimé qu'"il serait tout à fait possible de réorienter certains flux vers l'Europe". Le géant russe "Gazprom réfléchit à cette possibilité" et "j'espère que des décisions seront prises", a-t-il ajouté.
Pour sa part, Mme Merkel a souligné, dans un propos destiné à la Russie, que la coopération russo-européenne devait être "basée sur le fait que nous sommes des partenaires fiables". Le renforcement des coopérations entre l'Europe et Moscou doit se faire selon un schéma "gagnant-gagnant", a insisté Angela Merkel, repoussant l'idée d'une Union "otage" des ressources énergétiques russes.
La Russie, qui avait fait frissonner l'Europe l'hiver dernier en cessant d'approvisionner l'Ukraine en gaz, peut être considérée comme un partenaire fiable, a-t-il assuré. L'UE semble néanmoins avoir quelques difficultés à établir un "partenariat énergétique" avec Moscou, qui lui fournit le tiers de son gaz. La signature d'une charte sur l'énergie , censée "ouvrir" le marché russe constitue le principal point d'achoppement.
Selon le président russe, le géant Gazprom envisagerait d'exporter vers l'Europe du gaz du gisement de Shtokman, dont les réserves de 25 à 45 milliards de mètres cube" garantissait "50 à 70 ans" de fourniture à l'Europe. "Cela crée une situation stable et fiable dans le domaine de l'énergie européenne et en particulier pour l'Allemagne", a-t-il ajouté. Beaucoup d'humour, Mr Poutine tout de même alors que les compagnies pétrolières et notamment TOTAL se bataillent pour obtenir des licences sur ce champ. Alors, humour ou "sous-entendu" ... ?
D'autant plus, que le Président russe avait jugé la veille "exagérées" les rumeurs d'un retrait de la licence du groupe pétrolier français Total dans le cadre du projet Kharyaga de partage de production.
II – Pas d'agressivité russe envers EADS
Lors de la quatrième réunion franco-germano-russe organisée depuis 1998, le président russe s'est voulu rassurant quant aux ambitions de Moscou vis-à-vis d'EADS. La prise d'une participation de 5% dans le constructeur européen par la banque publique russe Vnechtorgbank n'est pas "le signe d'une conduite agressive de la part des parties russes", a assuré samedi le président russe Vladimir Poutine.
Il a par ailleurs ajouté qu'il souhaitait mettre en place une "coopération substantielle" avec EADS, ajoutant que les trois parties s'étaient mis d'accord pour créer un "groupe d'experts" qui devra réfléchir au contenu de cette coopération.
"Nous avons parlé en détail de la prise de participation (russe) de 5% dans EADS", a indiqué le président russe, en soulignant son "intérêt pour une coopération économique soutenue avec la France et l'Allemagne en matière aéronautique et spatiale".
Vladimir Poutine a également souligné que la banque Vnechtorgbank avait acheté les actions EADS parce qu'elle étaient à un "bon prix", ajoutant qu'elle n'avait nullement l'intention de demander un changement de la structure institutionnelle de la maison-mère d'Airbus. Certaines rumeurs persistantes à ce sujet avaient en effet circulé récemment.
III - Transfert éventuel de participation dans une nouvelle société
Vladimir Poutine a néanmoins indiqué à quelques journalistes russes, à l'issue de la conférence de presse, que Moscou pourrait placer sa part de 5,02% dans une nouvelle société spécifique en cas d'accord sur la production et le partage de pouvoirs. Certains responsables russes avaient précédemment laissé entendre que cette participation pourrait être transmise à la future United Aircraft Corporation (UAC), qui regroupera les constructeurs militaires russes comme Mig, Irkout, EADS détenant 10% de cette dernière société.
"Notre banque a utilisé la conjoncture puisque les actions (EADS) étaient un peu moins chères et elle a pu les acquérir. Nous n'utiliserons pas ce paquet d'actions pour changer en quoi que ce soit la politique d'EADS. Nous sommes prêts à coopérer avec l'entreprise", a déclaré Vladimir Poutine.
"Si nous pouvons nous mettre d'accord en termes de production et de partage des pouvoirs, nous pourrions transférer les actions détenues par la banque à une société spécialement créée", a-t-il précisé aux journalistes russes. "Mais avant cela, nous devons nous mettre d'accord sur les règles du jeu (...) si nous n'y parvenons pas, alors nous ne coopérerons pas et voilà. La banque continuera de travailler sur le marché actions", a ajouté Vladimir Poutine.
Des analystes ont estimé qu'une alliance stratégique entre la Russie et EADS pourrait compromettre les chances du groupe européen de remporter des contrats aux Etats-Unis, où le groupe cherche depuis longtemps à prendre des positions, comme par exemple l'appel d'offres en cours des avions ravitailleurs de l'armée américaine.
A la suite de l'entrée imprévue, le 10 septembre dernier, de la banque publique Vnechtorgbank dans le capital EADS - dont le cours a subi un réel crash boursier suite à l'annonce de premiers retards de livraison de l'A380, les dirigeants du groupe s'étaient montrés favorables à l'extension de la collaboration groupe avec l'industrie aérospatiale russe tout en rappelant les impératifs attachés au pacte d'actionnaires qui lie DaimlerChrysler, l'Etat français, le groupe Lagardère et l'espagnol Sepi.
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3 Commentaires
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OAK :
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Russie: le Groupe aéronautique unifié enregistré avant fin septembre (Rosrpom)
20/09/2006 18:42 MOSCOU, 20 septembre - RIA Novosti. Le Groupe aéronautique unifié (OAK) sera enregistré avant fin septembre, a annoncé mercredi aux journalistes le directeur de l'Agence fédérale russe pour l'Industrie (Rosprom) Boris Aliochine.
Le décret présidentiel instituant le nouveau groupe a été signé le 21 février 2006. La nouvelle compagnie regroupera des entreprises aéronautiques civiles et militaires, définira les modèles à construire et apportera une assistance publique aux constructeurs. La part de l'Etat dans le capital social de l'OAK représentera 75% au moins.
Une commission chargée d'intégrer les entreprises aéronautiques dans le nouveau holding a été instituée au sein du gouvernement. Les sociétés Ilyushin Finance Co, la Compagnie financière de leasing, le Holding aéronautique Sukhoi, ainsi que les sociétés Ilyushin et Tupolev feront partie de l'OAK.
La constitution des actifs de l'OAK doit être entièrement achevée d'ici au premier trimestre 2007. La nouvelle société aura des organes collégiaux de direction. Son entrée sur le marché des valeurs est prévue pour fin 2007 - début 2008.
23 septembre 2006 à 20:282
SARKO fait encore dans la finesse ...
dimanche 24 septembre 2006, 12h28
Nicolas Sarkozy répond à ceux qui "serrent la pogne de Poutine"
PARIS (Reuters) - Conforté par des sondages favorables, Nicolas Sarkozy considère que les critiques de ses adversaires ou les "tacles" de Jacques Chirac ne l'empêcheront pas d'atteindre son objectif: l'Elysée.
"Aller contre moi, c'est aller contre l'opinion publique", a confié le président de l'UMP au Journal du dimanche, dans l'avion qui l'emmenait au Sénégal pour l'un de ces voyages surprise qui lui permettent de provoquer l'événement.
"Si ça continue comme ça, ça peut marcher", a-t-il ajouté au terme d'une semaine qui l'a vu multiplier les polémiques sur les relations avec les Etats-Unis, l'Europe, le service civil obligatoire et le rôle des juges, notamment.
"En quinze jours, j'ai ouvert plus de débats que pendant toute la campagne de 2002", se réjouit-il.
Accusé par les socialistes d'utiliser "la colère du peuple" pour éviter de répondre de ses échecs dans la lutte contre l'insécurité, Nicolas Sarkozy a été rappelé à l'ordre par le chef de l'Etat après ses attaques contre les juges.
Mais le flot des critiques n'impressionne guère le ministre de l'Intérieur, désormais qualifié de "petit Bush français" par une grande partie de la gauche et systématiquement "recadré" durant la semaine par le tandem Chirac-Villepin.
"Ce n'est pas parce que Chirac me tacle que c'est une semaine qui commence mal. Je suis habitué à ce qu'il ne soit pas d'accord avec moi", dit-il.
Selon le JDD, Nicolas Sarkozy se délecte encore de sa rencontre avec le président américain George W. Bush, qui a pourtant semé le trouble au sein de l'UMP, et réplique vertement à Jacques Chirac.
25 septembre 2006 à 07:26*****************************************
"Quand je pense que ceux qui me reprochent de rencontrer Bush sont ceux qui serrent la pogne de Poutine, ça me fait doucement rigoler", dit-il au lendemain de la quatrième réunion franco-germano-russe.
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Vladimir Poutine : La Charte sur l'énergie doit être complétée de nouvelles dispositions, sinon, il faut élaborer un autre document
23/09/2006 17:11 COMPIEGNE (France), 23 septembre - RIA Novosti. Vladimir Poutine juge nécessaire de compléter la Charte sur l'énergie de nouvelles dispositions, sinon, il faut élaborer un autre document.
"Nos producteurs qui ont des contrats à long terme pour la fourniture (de matières énergétiques) sont mécontents, car la charte nous place dans des conditions désavantageuses lors de la conclusion de contacts de transit à long terme", a déclaré Vladimir Poutine.
Qui plus est, a-t-il dit, la Commission européenne insiste que cette approche doit s'étendre à l'Union européenne, mais non pas aux pays de l'EU, car cette dernière est un groupement économique restreint.
Le président russe a également mentionné que la Russie et l'UE s'étaient entendues pour accorder une attention particulière aux investissements dans le secteur énergétique.
Vladimir Poutine a rappelé que ce travail avait été pratiquement suspendu en 1998 à l'initiative de l'UE et qu'il ne reprenait toujours pas.
"Nous insisterons pour revenir à ce sujet, d'autant plus que la Russie et les Européens sont intéressés aux investissements", a poursuivi le président russe.
"Selon une entente intervenue, le marché des matières nucléaires en Europe sera libéralisé. Nous estimons que nos positions sont discriminées, la Russie perd tous les ans 200 à 300 millions de dollars", a souligné Vladimir Poutine.
25 septembre 2006 à 07:46Ajoutez un commentaire
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