Eni : accord stratégique avec Gazprom

Gazprom240306big_1 Comme cela avait été envisagé depuis quelques mois, le groupe pétrolier italien ENI va mettre les gaz avec Gazprom.

Eni signera d'ici le 15 octobre un accord avec le géant gazier russe concernant toutes les étapes de la production à la commercialisation de pétrole, de gaz, d'électricité et de gaz naturel liquéfié (GNL), a-t-il annoncé mardi.

On parle beaucoup de Russie actuellement, vous ne trouvez pas ?  Il faut dire que les enjeux sont autant majeurs que stratégiques tant sur Airbus que sur la fusion GDF/Suez.

I -L'Italien Eni partenaire de Gazprom

Le Pdg de Gazprom, Alexei Miller et l'administrateur délégué d'Eni Paolo Scaroni se sont mis d'accord sur les principes et les conditions d'un accord qui concernera toute la chaîne de production, de l'extraction à la commercialisation de pétrole, gaz, électricité et GNL, comme cela avait été initialement prévu. L'accord sera signé d'ici le 15 octobre, a précisé Eni dans un communiqué.

Les dirigeants des deux groupes avaient d'ores révélé en juin qu'ils négociaient un accord selon lequel le géant gazier russe pourra vendre sa production sur le marché italien sans intermédiaire. En échange, Eni sera associé à la recherche de sources d’hydrocarbures en Russie. Le président russe Vladimir Poutine et le nouveau chef du gouvernement italien, Romano Prodi, avaient ainsi convenu le 20 juin d'ouvrir leurs marchés énergétiques respectifs aux entreprises de chacun des deux pays.

De son côté, Eni a intérêt à proroger son contrat avec Gazprom sur les fournitures de gaz qui expire en 2017 mais aussi à avoir accès à de nouveaux gisements russes. Le groupe pourrait prendre une participation dans l'immense champ gazier sibérien de Ioujno-Rousskoïe, un gisement convoité depuis des mois par l’allemand E.ON.

De 2009 à 2012, Eni projette d'augmenter de 3% par an sa production, mais la compagnie, pour parvenir à ce taux, participera, entre autres, à la mise en valeur des gisements ayant des perspectives à long terme, notamment au Kazakhstan et en mer de Barents.

En février 1998, Gazprom et Eni avaient signé un accord de coopération stratégique dans le cadre du projet Blue Stream, gazoduc reliant la Russie à la Turquie sous la mer Noire. Pour financer la construction du gazoduc, les deux compagnies avaient créé une joint-venture baptisée Blue Stream Pipeline Company. Mis en service en février 2003, le nouveau gazoduc a déjà permis de livrer à la Turquie 7,8 milliards de m3 de gaz naturel.

II – Gazprom pourrait se renforcer via l'Italie

Depuis la libéralisation du marché de ses actions, Gazprom souhaite développer les relations d'affaires avec les clients italiens importants, plus particulièrement avec Enel, Edison. Le patron de Gazeksport a également admis que Gazprom avait des visées sur Snam Rete Gaz, la société chargée du réseau de transport du gaz. En mars 2006, le dirigeant de Gazprom avait également rencontré le patron d'un autre distributeur d'énergie italien, Edison. A l'heure actuelle, Edison importe 2 milliards de m3 de gaz par l'intermédiaire de Promgas, joint-venture fondée par Gazprom et Eni.

L'Italie constitue le 3ème plus grand marché européen du gaz naturel, après la Grande-Bretagne et l'Allemagne, cette source d'énergie représentant plus de 30% du bilan énergétique italien. Les importations assurent près de 86% des besoins italiens en gaz naturel, l'Algérie et la Russie étant les principaux fournisseurs. L'Italie est le 2ème importateur européen de gaz russe. Ce dernier lui est livré par Gazprom dans le cadre de cinq contrats à long terme. En 2005, les approvisionnements russes se sont élevés à 21,85 milliards de m3 de gaz naturel.

III – GAZPROM partenaire envisagé d'ENEL dans la reprise de Suez

Les dirigeants de Gazprom ont également rencontré fin mars le PDG de l'électricien Enel, Fulvio Conti. Enel aurait eu des "discussions avancées" avec plusieurs groupes français intéressés par la branche environnement de Suez. Le groupe italien, s'il était venu à acquérir Suez, aurait pu être amené à revendre certains actifs, pouvant même ne conserver à terme qu'Electrabel, filiale d'électricité belge de Suez.

A la même époque, certains faisaient écho de "marques écrites d'intérêt" de la part de groupes internationaux. Etaient évoqués les noms du russe Gazprom mais aussi, la banque australienne Macquarie ou le fonds Terra Firma. Mi-mars, le ministre de l'Energie, Marc Verwilghen, avait également précisé que Gazprom était intéressé par le marché belge de l'énergie, notamment l'approvisionnement, le stockage en gaz naturel liquide et le hub de Zeebrugge, véritable plaque-tournante des flux gaziers en Europe.

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