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AZF : la justice pressée d'en finir
Qui disait que la justice française était laxiste ? Qui plus est à Toulouse ou sévit le quart d'heure toulousain, coutume locale que même Airbus a su faire sienne aux dépends parfois de ses clients et actionnaires.
N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, les juges de la Ville Rose semblent même être pris d'un certain zèle pour clore le dossier AZF.
Si on peut raisonnablement penser que le Français est une langue difficile à manier, cela ne l'empêche pas pour autant de posséder quelques subtilités, bien au contraire. Et si les juges peuvent montrer quelque hâte pour en finir sur cette affaire, rien ne dit qu'ils ne soient soumis à des pressions.
I – La fin de l'instruction signifiée aux parties
La fin de l'instruction sur la catastrophe d'AZF, qui a fait 30 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001, vient d'être signifiée aux différentes parties par les juges Thierry Perriquet et Didier Suc. Les avocats de la défense et les 260 personnes qui se sont constituées partie civile après l'explosion ont en effet reçu samedi une lettre recommandée du parquet de Toulouse les informant de la fin de l'instruction.
Cette notification faite le 20 septembre, veille du 5e anniversaire de l'explosion de l'usine chimique, "ouvre aux parties, dans un délai de 20 jours, la possibilité de faire des observations ou des demandes concernant le dossier", a indiqué le procureur de la République, Paul Michel. Si ces éventuelles demandes sont rejetées, le dossier sera transmis au parquet afin que soit établi le réquisitoire définitif qui devra tenir compte des différents examens de recours dont a été saisie la chambre de l'instruction.
Le ministre de la Justice, Pascal Clément, avait annoncé en mars que le procès de la catastrophe débuterait au premier semestre 2007. Deux mois plus tard, les juges d'instruction et les experts chargés de l'enquête avaient présenté leur rapport final imputant la catastrophe à un accident chimique, un mélange d'un produit chloré avec une demi-tonne de nitrate d'ammonium.
Dans un document de 700 pages remis aux parties civiles, les experts retenait l'hypothèse d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, 20 minutes avant l'explosion.
Dans le dossier d'instruction, seuls Grande Paroisse (groupe Total) - en tant que personne morale - et le directeur de l'usine de Grande Paroisse, Serge Biechlin, sont toujours mis en examen. Douze autres personnes, parmi lesquelles un manutentionnaire soupçonné d'être à l'origine du mélange chimique, poursuivies pour les mêmes raisons, ont bénéficié d'un non-lieu.
II – Salariés et sinistrés s'inquiètent d'une telle précipitation
Mais d'ores et déjà, bon nombre de parties s'inquiètent de la célérité avec laquelle le dossier d'instruction a été clôturé, faisant même fi – semble-t-il - des demandes qu'elles ont engagé parallèlement et qui devraient en tout état de cause faire plus qu'alimenter le dossier mais être prises en compte selon la législation en vigueur.
Le collectif "Plus jamais ça", qui regroupe plusieurs associations de sinistrés, s'inquiète que leur demande d'expertise portant sur l'organisation générale de l'usine, l'organisation du travail et de la production au sein du site "ne soit pas pris en compte" avec la fin de l'instruction. "A partir d'une telle expertise, on pourrait mettre en marche les mécanismes ou des mesures préventives pour que cela ne se reproduise plus", a indiqué Sophie Vittecoq, responsable du collectif, qui organisait samedi des conférences-débats notamment sur la pertinence des mesures prises après la catastrophe. Pour elle l'instruction semble bâclée", et la décision pour le moins “'abrupte”.
"Nous allons demander une expertise sur l'enchaînement des causes de l'explosion", a souligné Sophie Vittecoq. "Certes les experts du 16 mai dernier ont abordé ce problème mais n'ont pas poussé l'investigation."
"Nous sommes scandalisés", a souligné samedi pour sa part Me Stella Bisseuil, avocate de l'Association des familles endeuillées. "La première phase de notre bataille, celle des causes de l'explosion, est achevée. La seconde phase de l'instruction, la recherche des responsabilités, débutait. Et on nous informe que le dossier est clos. Seul Serge Biechlin, directeur général de l'usine Grande Paroisse, est sur le banc des accusés. C'est insuffisant. Car il y a aussi les responsables du groupe Total".
Les Verts déplorent eux aussi que les collectivités locales n'aient pas porté plainte contre Total tandis que Les Amis de la Terre regrettent que les "responsabilités n'aient toujours pas été établies" et que "toutes les conséquences de la catastrophe n'aient pas été traitées".
Lors de la cérémonie organisée le 21/09/2006 sur le site de l'ex-usine chimique, par l'association AZF Mémoire et solidarité, son Président, Jacques Mignard a tenu à rappeler que les salariés refusaient toujours l'hypothèse accidentelle retenue par les experts selon laquelle l'explosion avait été la conséquence d'un mélange chimique.
Le délégué du groupe Total, Patrick Timbart et le président du Conseil économique et social Jean-Louis Chauzy, avaient rendu hommage aux 21 salariés de l'usine décédés dans la catastrophe. Car un des problèmes demeure : Total et par effet domino, ses salariés, sont parfois présentés selon ou l'on se place et ... ce qu'on recherche ... comme des bourreaux ou des victimes. Pourtant les photos quasi lunaires prises sur le site, après la catastrophe devraient en faire réfléchir plus d'un, parfois bien prompts à accuser le "grand Capital". N'oublions pas que sommes toutes, il y a des êtres humains derrière et que le personnel d'AZF a payé un lourd tribu.
III – Des dates pour le moins incohérentes
Alors que les parties disposent d'un délai de 20 jours à partir du 20 septembre pour faire des observations ou des demandes concernant le dossier, cette nouvelle date butoir semble être en incohérence avec les procédures engagées, voire même en faire totale abstraction.
En effet, Me Daniel Soulez-Larivière, avocat de l'ancien directeur d'AZF Serge Biechlin et de Grande Paroisse (TOTAL), société propriétaire de l'usine, a fait appel début août de la décision du juge d'instruction Didier Suc rendue le 28 juillet rejetant la demande de non-lieu établie pour ses clients. Serge Biechlin et la société Grande Paroisse sont toujours mis en examen pour "homicides et blessures involontaires" après l'explosion de l'usine le 21 septembre 2001 à Toulouse. A noter qu'en pleine période estivale, la justice n'avait mis que 4 jours pour rejeter le non-lieu : qui se plaignait de la lenteur des tribunaux français ?
Alors que la requête devait être examinée à la mi-octobre, des sources proches du dossier feraient état d'un vraisemblable report de l'instance pour janvier 2007, soit beaucoup plus tard que les 20 jours accordées aux parties pour d'éventuelles remarques sur le dossier d'instruction...
La demande de non-lieu déposée par Me Soulez-Larivière le 24 juillet, se fondait sur une nouvelle expertise chimique, déposée le 13 juillet devant le juge d'instruction et qui, selon lui, remettait en cause la version des experts judiciaires principaux selon laquelle un mélange accidentel de DCCNa (produit chloré) et de nitrate d'ammonium serait à l'origine de l'explosion de l'usine AZF.
Selon Me Soulez-Larivière, les résultats de cette expertise chimique, ordonnée par le juge le 20 décembre 2005, concluent à l'absence de trace de DCCNa sur le sol du bâtiment 335, alors que le rapport final des experts judiciaires affirme que "quelques kilos" de DCCNa, balayés par un manutentionnaire sur le sol du bâtiment 335, avaient ensuite été déversés sur un tas de nitrate d'ammonium. D'où une certaine incohérence ....
Le rejet des demandes de non-lieu vendredi 28 juillet est notamment fondé selon le procureur de la République de Toulouse Paul Michel, sur le fait que les échantillons prélevés pour l'analyse chimique l'ont été "deux mois après l'explosion, ce qui en réduit la portée".
"Grande Paroisse et Serge Biechlin ont été surpris par le rejet de leur demande", indiquait alors un communiqué de l'avocat de Total. "Le fait que les prélèvements pour ces analyses aient été faits deux mois après le sinistre ne peut affecter leur résultat", selon Me Soulez-Larivière - réfutant ainsi le principal motif de rejet de la demande de non-lieu pour ses clients - "car on ne voit pas comment il aurait été possible de chasser les poussières de DCCNa avant les prélèvements en les discriminant des autres poussières qui ont été ramassées dans les échantillons soumis à expertise".
L'avocat a également déposé à la même date des compléments de contre-expertise au nom de Grande Paroisse.
A lire également :
. Toulouse : 5 ans entre AZF et le Canceropole
. AZF : TOTAL fait appel du rejet de la demande de non-lieu
. AZF : aux innocents les mains pleines
. AZF-Total : rejet de la demande de reconstitution
. AZF : TOTAL ne croit pas à l’accident chimique
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Commentaires
marie
25 sep 2006 01:03:30
Je viens de lire vos différents articles sur la catastrophe AZF et je suis atterrée par les derniers développements de cette affaire.
Comme d'autres Toulousains, j'avais le sentiment que l'on nous bernait et qu'il s'agissait d'un attentat de la même mouvance que celui des USA.
J'apprends donc aujourd'hui l'existence de plusieurs pistes possibles, aussi plausibles les unes que les autres.
J'étais présente à Toulouse ce 21 septembre 2001(rue Bouquières où une cloison de mon appartement s'est gravement fissurée)et ni moi ni ma famille ne pourront jamais l'oublier. Mon fils était dans un amphi de médecine à Rangueuil dont les vitres ont volées en éclat, ma fille était dans des locaux de la fac de droit de la rue des lois qui a également subit des dégâts.
Nous avons TOUS entendu les DEUX détonnations à quelques secondes d'intervalle. En allant immédiatement à Rangueil récupérer mon fils j'ai parfaitement VU les nuages sales émanants de derrière Empalot.
Comme la plupart des toulousains nous avons été extrêmement choqués par les propos péremptoires et précipités du Procureur, au lendemain de la catastrophe.
Enfin, la manière éhontée de remettre en cause dans la version "officielle" relayée par les médias, les témoignages de deux déflagrations et des phénomènes anormaux qui ont été constatés par un grand nombre d'habitants (qui comme nous, n'ont pas tous témoigné)nous a paru tellement indigne pour les victimes que nous avons immédiatement compris qu'il s'agissait une fois de plus, et en plus haut lieu, d'une volonté de ne pas dire la vérité.
Meurtris par cet horrible évenement et profondemment dégoûtés par l'orientation de l'enquête, nous en étions restés là, en essayant d'oublier ces moments de cauchemar.
Voilà, je vous ai un peu raconté mon vécu de cette journée terrible alors qu'en fait je voulais simplement vous féliciter et vous remercier de votre tenacité et pour la qualité de vos articles, au sujet d'AZF mais aussi ceux de la finance.
marie
PS : je n'ai rien trouvé sur google de l'identité des passagers de l'accident d'hélicoptère du 8 juin 2004 qui est mentionné dans des commentaires.
Elisabeth
25 sep 2006 01:15:13
merci beaucoup pour votre commentaire.
De la tenacité, il faut en avoir dans cette "affaire" ..
Mais, à force "d'en faire trop", tous les Toulousains voient bien qu'on cherche à nous dissimuler quelque chose, certes de très important.
Comme vous, je suis consternée - le mot est faible - par le fait que coute que coute , on nie ce qu'a attendu plus de 3/4 de la population , à savoir 2 explosions.
Pour ma part, j'ai été en deplacement à Paris ce jour là , mais en ligne avec une amie à Portet. Là bas , c'est carrèment deux vibrations de la dalle qu'ils ont senties (j'en suis témoin, demeurant au téléphone pdt ce temps), en + des deux déflagrations .
Il faut arreter de nier l'evidence et de nous prendre pour des "andouilles" ... cela fait finir par sembler "plus que louche" ...
Par respect au moins pour les victimes, les blessés, les personnes devenues mal voyantes , ou mal entendantes, ces enfants choqués ... et parfois ces papas , qui compte tenu de leur handicap ne peuvent plus prendre leurs enfants dans leurs bras ...
Pour Philippe.
Elisabeth
25 sep 2006 07:31:51
Pour revenir sue les deux explosions, on doit pouvoir retrouver aisément dans la presse les élémentrs suivants , surtout qu'à l'époque ces dernières ne faisaient aucun doute :
nombre de personnes ont été très sérieusement blessées au visage par des éclats de vitre , justement à cause des deux déflagrations
1ère déflagration : elles vont à la fenêtre pour mieux voir ce qu'il se passe
2ème déflagration : étant à la fenêtre qui explose , les personnes se retrouvent extrememement blessées.
On a souvent oublié de parler des blessures dues aux bris de vitres , pourtant ces dernières sont extremement douloureuses.
A noter qu'une très petite fille avait extremement blessée à la tête (au cerveau je crois) suite à ce type de phénomène.
Comme d'habitude , ile st à déplorer la stricte clasification entre morts et blessés , on devrait parler des handicaps, des blessures graves ...
Pour rappel , plus de 1 000 personnes déclarées en Incapacité Partielle Permanente en 2003 + 2004
Elisabeth
25 sep 2006 07:34:14
A paraitre dossier spécial dans Valeurs Actuelles (JC Tirat) à paraître vendredi.
On en reparlera ici -même .
Grésillaud
25 sep 2006 19:09:41
Marie,
regarder, à la fin de ce site technique sur le calcul de l'épicentre principal souterrain, le témoignage d'une étudiante qui était dans l'amphi du dessous de la fac de médecine.
http://lesnews.org/documentation/EPICENTRE.html
Votre fils était-il dans cet amphi ou dans celui du dessus ? Pourrait-il décrire comme cette étudiante, de manière précise ce qu'il a ressenti...?
Merci beaucoup pour votre témoignage et merci d'avance pour votre réponse ( sur le forum ou sur mon email).
Grésillaud
25 sep 2006 19:14:36
Petit rappel important sur les victimes...:
confirmé par quelques emploéys de la SNPE sur des forum, en plus du premier salarié mort le 21-9-2001, il y a eu de nombreuses victimes de la catatsrophe à la SNPE suite aux événements depuis ces dernières années... aucun hommage n'a été rendu pour toutes ces personnes... le silence, le silence et toujours le silence !
Honte au gouvernement Jospin de 2001 dont plusieurs amis proches étaient employés de la SNPE !
Elisabeth
25 sep 2006 19:17:14
@ tous : je pense que les Toulousains decouvrent qu'on a tenté de les berner ,
peu d'entre eux suivent précisement les circonvolutions de la procédure, et ce d'autant plus que les articles et depeches sur le sujet se font faits plus que rares pendant des mois.
mais La Ville rose semble découvrir qu'on lui réfute une Evidence avec un grand "E" : qu'il y a a bien eu 2 explosions ...
Attention , à la colère des Toulousains ...
Elisabeth
25 sep 2006 19:18:55
a t-on egalement etudie precisément les conséquences sanitaires et invalidité à la SNPE ?
Elisabeth
25 sep 2006 19:20:51
Sur bris de vitre et impact des 2 explosions : j'essaie de retrouver vieux articles.
Bugaled BREIZH / justice
28 sep 2006 11:21:51
mercredi 27 septembre 2006, mis à jour à 19:10
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Bugaled: les parties civiles dénoncent des freins à l'enquête Reuters
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Les parties civiles reprochent au gouvernement de ralentir l'enquête sur le naufrage du Bugaled Breizh en janvier 2004, à la suite de la découverte de traces de titane sur un des câbles du chalutier.
"A chaque fois qu'il y a une avancée dans l'enquête, on retrouve le ministère de la défense ou la procureur de la République de Quimper qui mettent des freins", a déclaré Christian Bergot, l'avocat représentant les familles des cinq marins victimes de ce naufrage.
"J'ai le sentiment profond que l'on fait tout pour que la vérité ne se découvre pas", a ajouté Me Bergot lors d'une conférence de presse à Brest (Finistère)..
Pour les parties civiles, la récente découverte de titane sur un câble du chalut du navire accrédite la thèse selon laquelle un sous-marin aurait pu couler le chalutier.
L'avocat a évoqué les déclarations du procureur de Quimper, Anne Kayanakis, pour qui cet élément ne signifie pas forcément qu'un sous-marin est impliqué dans le naufrage du chalutier.
Il a également rappelé les interventions du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, expliquant qu'aucun submersible français ne pouvait avoir eu un rôle dans cet accident.
"A chaque fois, on nous dit que la France n'avait pas de sous-marin sur zone, mais ce n'est pas la question", a dit Christian Bergot.
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"Ce qu'on voudrait comprendre c'est pourquoi on a caché au juge d'instruction pendant quinze mois l'existence de manoeuvres militaires britanniques le jour du naufrage, ce qui a été finalement révélé par la presse", a-t-il poursuivi.
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"Quand Mme Kayanakis met hors de cause le Dolfjin, ce sous-marin hollandais qui se trouvait près de la zone du naufrage, alors que les déclarations de son commandant sont notoirement insuffisantes, cela pose aussi problème", a t-il dit.
La semaine dernière, les parties civiles ont eu connaissance des premiers résultats d'expertises menées dans le laboratoire d'essai de Trappes établissant la présence "inexpliquée" de "l'élément titane" sur le câble bâbord du chalut qui a été retrouvé déroulé sur 140 mètres de plus que le câble tribord.
Ces traces de titane, un élément susceptible d'être présent sur la coque des submersibles, ont été précisément retrouvées sur la zone du câble se trouvant normalement entre 40 et 60 mètres de fond et présentant des "traces de frottement".
Le Bugaled Breizh a coulé le 15 janvier 2004 au large du cap Lizard, dans le sud-ouest de l'Angleterre
Xavier-Yves PEDRI
28 sep 2006 13:33:48
Le 23 Janvier 2003
Objet : Informations scientifiques sur ce qui n'a pas pu se passer à AZF
Madame, Monsieur,
Suite à notre conversation téléphonique du jeudi 23 Janvier 2003, je me permets de vous écrire pour vous apporter quelques données techniques qui, je l'espère pourrons vous donner quelques éclaircissements sur ce qui n'a pas pu se produire à l'usine d'AZF le 21 Septembre 2001.
Pour information, je tiens à vous préciser que mon père est chimiste à la retraite, qu'il a travaillé comme technicien supérieur en Résonance Magnétique Nucléaire à Rhône-Poulenc pendant plusieurs décennies. Il est passionné par tout ce qui concerne les poudres et explosifs et m'a transmis cet intérêt et bien d'autres.
Je n'ai pas lu l'article que vous avez écris, grosse erreur de ma part, je vous promets de rectifier ceci le plus rapidement possible.
Cette lettre concerne un volet technique de l'accident : la chimie du nitrate d'ammonium. Je suis persuadé que vous avez effectué de longues recherches à ce sujet, mais à toutes fins utiles je souhaitais vous apporter mon concours au cas ou des informations mêmes minimes vous manqueraient.
Reprenons donc depuis le début. Pour comprendre un peu de quoi on parle, la première chose à savoir c'est que :
Les explosifs se classent en 3 catégories :
. Catégorie 1 : Les poudres propulsives
Ce sont des explosifs lents. Ils fusent ou déflagrent. Ce sont des mélanges combustibles qui contiennent leur propre comburant, l'oxygène. Leur vitesse de combustion est comprise entre 1600 et 2500 mètres par secondes. Le meilleur des exemples est la poudre noire, la poudre sans fumée (armes à feu)
. Catégorie 2 : Les explosifs primaires ou initiateurs.
Ce sont des explosifs qui détonnent par friction, par choc même faible, au contact d'une flamme. Ils ne brûlent pas et ne contiennent pas d'oxygène.
Ils servent entre autre à produire l'onde de choc nécessaire pour faire exploser les explosifs de la catégorie 3.
. Catégorie 3 : Les explosifs brisants
Ce sont des explosifs qui détonnent avec une quantité suffisante d'initiateur de type 2 ou sous un choc TRES violent. Ils ne fonctionnent pas par combustion. Certains ne brûlent pas, d'autres brûlent tranquillement (mais sans explosion) s'ils sont allumés par une flamme. Le exemple le plus connu est : le plastic (PETN + huile de ricin). Ils exercent un effet mécanique sur leur environnement lorsqu'ils explosent combinés ou pas. Leur vitesse de décomposition est de 6500 à 8500 mètres par seconde. Exemple : PETN, Cyclonite ou C4, Acide Picrique.
Comment faire exploser le Nitrate d'Ammonium (NH4-NO3 ) seul
S'il n'est pas mélangé intimement à un autre produit qui pourrait le faire réagir (en l'oxydant), son explosion ne peut se produire que dans trois cas :
1 - S'il a été amorcé avec un explosif puissant et en quantité suffisante
2 - S'il a été pris dans un incendie il fond à 152°C. Fondu, il pourrait alors se mélanger avec des combustibles et exploser ; mais ceci uniquement après environ une à dix heures d'exposition aux flammes, parfois plus, jamais moins. Dans ce cas, on peut pendant tout ce lapse de temps assister à l'émission abondante de vapeurs rousses qui, couronnant le hangar, n'auraient pas passé inaperçues.
3 - Sous un choc thermique, c'est-à-dire par montée brutale de la température ambiante, au dessus de 300°C. Mais l'explosion ne peut alors se produire que si le produit est extrêmement sec.
C'est tout !
Mais concernant « l'accident » d'AZF
1 – Mauvais état de conservation dans le hangar = produit mouillé
suivant les multiples rapports des experts, l'état du hangar 221 était déplorable, et on peut donc en conclure qu'aucune attention particulière n'avait été portée à l'humidité de l'air ambiant. Le Nitrate d' Ammonium est un produit fortement hygroscopique c'est-à-dire qu'il absorbe très fortement l'eau contenue dans l'air ambiant. Mouillé, il se recouvre d'une pellicule visqueuse qui dégrade son pouvoir détonnant. En le séchant avec une technique particulière, il se transforme en un bloc compact, mais on arrive à retrouver ses propriétés détonantes. Aucun séchage de ce type n'a eu lieu sur ce produit, on peut donc conclure qu'il avait absorbé l'humidité ambiant depuis qu'il fut entreposé dans le hangar 221. On peut donc d'emblée exclure l'explosion due à un choc thermique.
2 – Aucun incendie n’a eu lieu
Aucun incendie, aucune vapeur rousse n'a été constatée autours du hangar 221, pendant ne serait-ce qu'une heure avant l'explosion. Le point 2 peut donc être aussi exclus.
Ainsi, sans qu'il soit mélangé intimement à un autre produit pouvant le faire réagir, la seule hypothèse scientifiquement plausible est celle de l'amorçage avec un explosif puissant et en quantité suffisante.
3 – Nitrate d’ammonium : produit en vente libre…
Enfin soyons lucide : si le nitrate d'ammonium était un explosif, il ne serait pas en vente libre comme engrais, transporté en sac de plusieurs dizaines de kilos dans des semi-remorques. On ne les retrouverait pas dans les laboratoires de chimie sans aucune consigne de sécurité particulière. En revanche on aurait entendu parlé depuis bien longtemps d'attentats commis par des groupes terroristes basques ou corses avec ce produit. Or à ce jour, heureusement aucun attentat au nitrate d'ammonium n'est à déplorer. Et ça ne risque pas d'arriver.
Faire exploser un mélange contenant du nitrate d'ammonium
1 – Mélangé intimement il devient explosif
L'utilisation du nitrate d'ammonium pour fabriquer un explosif est une technique connue depuis bien longtemps.
En mélange avec d'autres explosifs de classe 3, (par exemple le Dinitrophenol), il est utilisé comme explosif de sécurité dans les mines de charbon, car sa décomposition ne produit pas de flamme et évite les coups de grisou (exemple : explosif FAVIER)
En 1885, l'allemand GÄNS DE HAMBOURG breveté un mélange composé de 45% de salpêtre, 35% de nitrate d'ammonium et de 20% de charbons de bois (AMIDPULVER) ayant le même usage
Durant la 1ère Guerre Mondiale, l'Armée Française utilisa la SHNEIDERITE (S ou SC) composé de 7/8ème de Nitrate de ammonium et d'1/8 de Dinitronaphtalène.
La série NX - NT - NTN - NDNT et N2TN furent des mélanges de Nitrate + autres dérivés nitrés ou trinitrés. Pour les Anglais : L'AMATOL qui est constitué soit de 50% de Nitrate et 50% de TNT, ou alors de 60%de nitrate et de 40% de TNT. Les AMONAL sont des mélanges Nitrates/TNT/Aluminium très puissants, brisants et explosent avec un important flash lumineux.
2 – Mélange explosif = mélange intime = mélange volontaire !
Vous l'aurez compris : mélangé intimement avec d'autres produits, des chlorates par exemple, ça n'est plus du tout comme s'il était seul. A tel point que le mélange intime peut mener dans certains cas à l'explosion par une simple friction.
L'action de mélanger ces deux produits s'avère même très dangereux : en effet, plus on mélange les deux produits, plus le mélange devient intime. Et si on continu encore à le mélanger, alors le simple travail de friction peut engendrer l'explosion. Mais comprenons-nous bien : ce travail de mélange des deux produits aura déjà dû être minutieux et long afin d'obtenir un mélange très intime.
Ainsi, je vois mal comment on peut mélanger accidentellement et d'une manière intime, deux produits.
Pour expliquer ce que signifie le mot « intime », je souhaite vous faire part de ma propre expérience : lorsque j'étais gamin, avec mon père et ma soeur, nous fabriquions de la poudre noire pour confectionner des petites fusées. Nous mélangions intimement les composants nécessaires. Et je me rappelle le temps qu'il fallait pour mélanger ces composants d'une manière intime : on mettait bien deux à trois heures à broyer le tout dans un mortier !...
Un mélange intime ne peut donc PAS être accidentel.
Les théories des experts
Maintenant que nous connaissons toutes les principales propriétés chimiques du nitrate d'ammonium, que penser des thèses établies par les experts ?
1 – Chaleur ? Non car il faudrait un choc thermique.
En octobre 2001 certains "experts" ont affirmé qu'une fuite d'acide sulfurique aurait, au contact de soude et de chaux provoqué une brusque montée de chaleur telle qu'elle aurait fait exploser le nitrate d'ammonium. S'il est vrai que la réaction de l'acide sulfurique sur la chaux et la soude est une réaction exothermique (créant du sulfate de calcium et du sulfate de sodium), elle montre très rapidement mais n'est en aucun cas un « choc thermique » de plus la température obtenue n'atteint PAS les 300°C nécessaires pour faire exploser du nitrate d'ammonium. Cette température se situe entre 150 et 200 °C. Le nitrate d'ammonium fond uniquement à une telle température. Question : d'où ces experts nous ont-il sorti cette théorie ?
2 – Hydrocarbures ? Non car aucune vapeur rousses.
Fin octobre 2001, une nouvelle thèse apparaît : une chape de béton recouverte de bitume serait devenue poreuse avec le temps et le bitume se décomposant en produits hydrocarbures aurait été mis en contact avec le nitrate d'ammonium. Thèse que n'importe quel chimiste sérieux exclut d'emblée étant donné qu'aucune vapeur rousse n'a été constatée autours du hangar 221 une à dix heures avant l'explosion.
3 – « Ca explose à chaque fois » ? Non car il faudrait un mélange intime.
Début janvier 2002, un magistrat chargé du dossier indique dans les colonnes du Parisien que "Si on mélange du nitrate d'ammonium avec des produits chlorés ou des dérivés, cela explose à chaque fois". Qui est une demie vérité. En effet nous l'avons vu : certains produits (chlorates par exemple) mélangés finement avec du nitrate d'ammonium peuvent produire un mélange très sensibles. Mais ces experts oublient de dire que de tels mélanges avec une telle finesse ne peuvent se produire dans la nature. C'est thèse est donc à exclure.
4 – Orage souterrain ? Non car produit mouillé.
A la mi Janvier 2002 les experts nous font état d'un dysfonctionnement d'un transfo EDF très haute tension qui aurait provoqué un orage souterrain sous le site et fait explosé le hangar de stockage. Là les experts se base sur la théorie du choc thermique provoqué par l'orage souterrain. Rappelons simplement que le nitrate d'ammonium était probablement humide.
5 – Souffre et mèche chimique ? Effet d’annonce.
Toujours à la mi-janvier 2002 on nous annonce que l'on a trouvé du souffre dans le cratère, qu'on a trouvé la mèche chimique. On n'en saura pas plus.
6 – Produit chloré bis ? Non car il faudrait un mélange intime.
Début Juin 2002, on nous annonce que le nitrate d'ammonium a été mélangé avec des produits chlorés servant à purifier l'eau. Jusqu'à preuve du contraire, le mélange du nitrate d'ammonium avec de l'eau de javel n'a jamais produit d'explosion. Quoiqu'il en soit, les experts n'arrivent toujours pas à expliquer comment ces produits ont pu se mélanger intimement tout seul.
7 – Sac de produits chloré déposés ? Non car il faudrait un mélange intime !
C'est la dernière hypothèse en date. Elle fait part de sacs de produits chlorés déposés sur ou à côté du « tas » de nitrate d'ammonium, 15 minutes avant l'explosion. Encore une fois, pour exploser, le mélange doit être « intime » c'est-à-dire qu'il doit se faire d'une manière très fine. Seule la main de l'homme peut l'effectuer (ou une machine commandée par lui) de telle sorte qu'il devienne explosif.
Certainement pas la nature, et encore moins en 15 minutes !
8 – Explosion par mélange ? Non car absence de mèche chimique !
Enfin dans tous les cas qui appellent à l'utilisation d'un second produit qui se mélangerait avec le nitrate d'ammonium, rappelons qu'à ce jour aucun mélange aussi intime soit-il entre un produit chloré et du nitrate d'ammonium ne peut exploser tout seul sans l'utilisation de ce que l'on appelle une mèche. Ce peut être une friction dans le cas d'un mélange très intime, un choc dans le cas d'un mélange moins intime etc.
Conclusion
- Les thèses impliquant un mélange ne peuvent pas tenir au regard de la chimie telle qu'on la connaît aujourd'hui.
- De plus, comme nous l'avons vu plus haut, sans qu'il soit mélangé intimement à un autre produit qui le fasse réagir, la seule hypothèse scientifiquement plausible est celle de l'amorçage avec un explosif puissant et en quantité suffisante.
On en tire donc qu'une première explosion très violente a forcément eu lieu, amorçant celle du nitrate d'ammonium.
Ensuite, il semble particulièrement étrange que les thèses énumérées plus haut aient pu être émises par des personnes expertes en chimie.
En espérant vous avoir apporté quelques bribes d'informations dont vous ne disposiez pas, j'aurai souhaité, au cas où vous jugerez que cette lettre est digne d'intérêt pour vos lecteurs, que les initiales X.Y.P. soient utilisées à la place de mes noms et prénoms.
Je me tiens évidemment à votre entière disposition pour vous apporter tout le complément d'information que vous jugerez nécessaire.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes amitiés les plus sincères.
Xavier-Yves PEDRI
Elisabeth
28 sep 2006 13:47:03
Mile mercis pour votre témoigngage, pour rappel article de JC TIRAT à paraître dans Valeurs Actuelles demain .
Nous en reparlerons .
ARTICLE DE Valeurs ACTUELLES JC TIRAT
29 sep 2006 11:27:30
Article en lien , on en reparle ce soir
http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/index.php?num=3644&position=0&nb=4&PHPSESSID=34ce5406d1b7bb6cd2729c43318778d2
Attention , le format papier du journal est BEAUCOUP plus riche .
Grésillaud
29 sep 2006 16:02:07
L'article de M. Tirat est d'une importance capitale. Je le REMERCIE sincèrement pour la première fois car il met en évidence, en très peu de lignes, un nombre conséquents de domaines où la justice a volontaire failli et il met ENFIN ET POUR LA PREMIERE FOIS DANS UN MEDIA hord-Internet le problème des données sismiques du CEA Militaire et son rôle étrange dans l'affaire.
En revanche, il omet de préciser que le juge Perriquet malgré une attitude plus "honnête" dans l'instruction que son précédesseur, n' A RIEN FAIT POUR QUE LES DONNES SISMIQUES PRECISES DU CEA-DAM soient au dossier malgré DEUX DEMANDES DE PARTIES CIVILES.
Ces données n'étant soumises à aucun secret défense, relevant d'une catastrophe industrielle, un tel secret implicite de la part de la Direction des Applications Militaires du CEA se cachant derrière le secret de l'instruction, dénoterait soit que l'épicentre se trouve bien sur un terrain militaire comme la SNPE, soit qu'il est dans une base militaire souterraine déclarées ou non devant les pays alliés.
Bien entendu, ceux qui ont pu regarder de près les courbes sismiques de l'OMP dans le rapport de l'académie des Sciences se rendront compte avec l'échelle des vitesses de ces courbes que la deuxième phase sismique appelées "ondes acoustiques" par Mme Souriau de l'OMP n'est tout bonnement que le séisme crée avec le cratère d'AZF de magnitude inférieur à 1.6, le premier séisme de magnitude 3.4 étant très souterrain et ailleurs !
CEA DASE
29 sep 2006 16:30:41
Pour info la carte sur
http://www-dase.cea.fr/evenement/evenements.php?type=alerte&identifiant=20010921-081757
Elisabeth
29 sep 2006 16:32:52
Pour rappel, dans article de VA :
"Les données sismiques du CEA-DASE.
Le Département analyse surveillance environnement du Commissariat à l’énergie atomique, Direction des applications militaires (CEA-DASE), a mis en ligne sur son site Internet (www.dase.cea.fr;) les coordonnées de l’épicentre d’un séisme de 3,2 degrés sur l’échelle de Richter, enregistré par ses stations, le 21 septembre 2001, à 10 h 17 min et 57 s. Nous avons entré ces coordonnées dans un GPS, ce qui nous a conduits très précisément à 8 180 mètres au nord-ouest d’AZF… entre les usines d’Aérospatiale et le tarmac de l’aéroport de Toulouse-Blagnac !
Partant de cette constatation, comment peut-on croire à la précision des données sismiques sur lesquelles se base pourtant une part fondamentale des conclusions des experts ? Comment leur accorder le moindre crédit alors que l’un des responsables du CEA est aussi membre du conseil d’administration de la SNPE ? "
Eliabeth
29 sep 2006 16:34:56
Attention le lien dans VA est erroné car le format EST TRES RARE ,
ce n'est pas www.dase.cea.fr
mais bien
http://www-dase.cea.fr/evenement/evenements.php?type=alerte&identifiant=20010921-081757
avec www-dase et non www.dase .
Elisabeth
29 sep 2006 16:37:42
Attention temps TU : temps universel
le 21/09/2001 compter GMT + 2
Elisabeth
29 sep 2006 20:00:23
La version papier dans Valeurs Actuelles est correcte quant à elle
Grésillaud
29 sep 2006 20:12:21
Voici la version officielle du RéNaSS utilisant le réseau civil national.
loc: SSW TOULOUSE(31)(EXPLOSION USINE AZF)
date: 21/09/2001-08:17:56.40
lat: 43.57
lon: 1.43
ml: 3.4
LPEF PG 08:18:09.33
GRBF PG 08:18:09.81
MELF PG 08:18:12.25
MTHF PG 08:18:15.09
PAND PG 08:18:15.69
RESF PG 08:18:16.62
LABF PG 08:18:18.01
VIEF PG 08:18:19.40
VIEF SG 08:18:36.59
FILF PG 08:18:19.41
ATE PG 08:18:26.02
ATE SG 08:18:48.47
FDAF PG 08:18:27.17
LARF PG 08:18:30.71
LBL PN 08:18:31.86
LBL SG 08:19:04.67
PYM PN 08:18:36.70
PRAF PN 08:18:39.73
AGO PN 08:18:40.91
TREF PN 08:18:41.77
PLDF PN 08:18:42.18
BERF PN 08:18:44.91
TAVF PN 08:18:48.70
CALN PN 08:18:56.90
MVIF PN 08:18:59.98
TOUF PN 08:19:01.00
AURF PN 08:19:01.49
AUTN PN 08:19:02.62
SAOF PN 08:19:03.66
Comme vous pouvez le constater, la précision des arribées d'ondes du RéNaSS est en 0.01 sec et pour ceux qui ne le savent pas celles du site public du CEA-DASE est en 0.1 sec, dix fois moins précises que celles du RéNaSS !
Bien entendu, le CEA-DASE dispose de sismographes bien plus sensibles que le RéNaSS et particulièrement adaptés pour les séismes d'origine articielle (explosions nucélaires, explosions près des centrales etc...)
La version publique des données AZF, comme l'indique justement M. Tirat est largement DEGRADEE.
Mais il est étonnant de constater que le dossier judiciaire et les juges n'ont pas eu mieux de la part du CEA-DASE concernant les sismogrammes !
malgré deux demandes de parties civiles , les sismogrammes précis des 35 stations du CEA-DASE ne sont toujours pas dans le dossier et n'ont pas été étudiés 5 ans après la catastrophe !
Et pourtant, les experts officiels annoncent de grandes certitudes de datation grâce aux données sismiques... étranges non !
Voilà où se situe le SECRET DEFENSE qui se cache derrière le SECRET DE L'INSTRUCTION.
En Janvier 2006, j'ai alerté le Procureur d'Aix et le Procureur de la cour d'Appel de Montpellier avec des pièces judiciaires à l'appui les manipulations du collège des experts et du CEA sur les données sismiques et le soutien aveugle suspect du Procureur de Toulouse Paul Michel. Ce courrier a eu deux conséquences : un appel à mon domicile du procureur de Toulouse Paul Michel pour savoir où j'avais récupérer le dossier judiciaire suivi d'une audition à la demande de Paul Michel à la Police Nationale pour que je m'explique sur mon geste d'alerte.
Ce Procureur a continué à suivre aveuglément ce collège expertal et a même accélerer le processus de cloture du dossier sans que le CEA-DASE (CEA-DAM) ne fournisse ses données sismiques.
Aujourd'hui tous mes disques durs qui contiennent mon étude sismique sont sous scellées et sont arrivés dans les mains du procureur Paul Michel grâce à une procédure judiciaire enclenchée par l'affaire bidonnée du Groupe AZF3 qui envoie des lettres de menaces d'empoisonnement aux groupes agroalimentaires (AMORA est le dernier en date), à PPDA et à B. Schoenberg.
les deux gardes à vue activées par l'OCRB que j'ai subies en Février et Juin 20065 ont été motivées par une dénonciation calmonieuse du maire de la commune du Vernet à 15 km au sud de Toulouse, dont le maire lui-même nie l'existence ! Le juge en charge de cette manip qui permet à tous mes disques durs d'arriver sur le bureau du Procureur paul Michel est Jean-Louis PERIES (T.I. de Paris).
Aujourd'hui le juge erriquet chargé d'AZF a cloturé le dossier et l'a transmis à Paul Michel.
Voici le résultat de l'étude sismique à partir des données brutes du RéNaSS jamais étudiées de près par les experts :
http://lesnews.org/documentation/EPICENTRE.html
et l'alerte au juge Perriquet du 26 Janvier 2006, et l'analyse du rapport sismique étrangement validé par l'Académie des Sciences sur
http://lesnews.org/documentation/SISMOLOGIE.html
ouf les sites internet échappe aux perquisitions... !
Grésillaud
29 sep 2006 20:18:48
Concernant le vol de l'hélicoptère de la Gendarmerie mentionné par M. Tirat dans son article de VA de ce Vendredi, voici l'étude de la trajectographie officiel de cet hélico et tout ce que j'ai appris depuis.
http://perso.orange.fr/AZF.10H18M00/AZF/TRAJECTOGRAPHIE.html
Elisabeth
29 sep 2006 20:26:08
Pour rappel données CEA -DASE , au cas ou le lien - comme tant d'autres - disparaitraient :
21/09/2001 08:17:57 TU
1 km à l´Ouest de Toulouse (31)
Latitude = 43 DEG 37 MN NORD ( 43.62)
Longitude = 1 DEG 22 MN EST ( 1.37)
Magnitude = 3.2 (Ml)
SEISME LE PLUS RECENT SITUE A MOINS DE 100Km (Source DASE)
03/08/2001 14h47m39s 42.88N 1.38E Magnitude = 2.1
LES 5 SEISMES LES PLUS FORTS SITUES A MOINS DE 100Km
(Source DASE, Recherche depuis 1970)
04/10/1999 18h14m26s 42.92N .60E Magnitude = 5.1
28/09/1979 05h28m46s 43.14N .47E Magnitude = 4.0
02/10/1985 13h41m49s 42.95N 1.36E Magnitude = 3.8
18/08/1979 00h36m05s 43.12N .49E Magnitude = 3.7
17/05/1996 19h18m24s 42.81N .90E Magnitude = 3.5
Elisabeth / 3 mois de délai
13 oct 2006 12:01:42
TOULOUSE, 12 oct 2006 (AFP) - 16h52
AZF: la chambre de l'instruction se donne 3 mois pour étudier les demandes
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse s'est donné jusqu'au 18 janvier 2007 pour étudier les demandes des parties concernant la catastrophe d'AZF, qui a fait 30 morts et des milliers de blessés, le 21 septembre 2001, a-t-on appris jeudi auprès de l'avocat de Grande-Paroisse, propriétaire du site de l'usine.
On fait le point au plus tot
Elisabeth
15 jan 2007 18:09:33
Pour rappel , c'est jeudi 18 janvier
Bugaled Breizh et justice
15 jan 2007 18:11:27
Bugaled Breizh: plainte pour entrave au fonctionnement de la justice
AFP 15.01.07 | 16h31
Les familles des cinq marins-pêcheurs disparus lors du naufrage du Bugaled Breizh ont annoncé lundi qu'elles allaient déposer plainte contre X pour entrave au fonctionnement de la justice, trois ans après la perte du chalutier.
La plainte avec constitution de partie civile sera déposée dans les prochains jours auprès du juge d'instruction de Quimper en charge du dossier, a indiqué Christian Bergot, avocat des familles des victimes. "Elle vise à savoir qui a fait de la rétention d'information concernant l'exercice militaire britannique du 15 janvier 2004, jour du naufrage", a précisé Me Bergot, également avocat du comité des pêches du Guilvinec (Finistère).
L'implication d'un sous-marin demeure l'une des hypothèses examinées par la justice, même si le Bureau Enquête Accident Mer, dépendant du ministère des Transports, a conclu en novembre à un accident de pêche, écartant l'idée d'un accrochage avec un sous-marin.
Parmi les arguments de la justice figure l'exercice Aswex 04 mettant en jeu plusieurs submersibles qui se préparait sur zone dans le cadre de l'Otan.
Un exercice distinct de la Royal Navy, le "Thursday War", avait également eu lieu le même jour. Les familles reprochent de n'avoir été informées, avec les autorités judiciaires, qu'au printemps 2005 de cet exercice par le biais d'une enquête journalistique, "alors que la justice aurait dû être au courant tout de suite", selon Me Bergot.
L'exercice Aswex 04 avait été, lui, signalé dès le 16 janvier.
Dans un livre d'enquête publié jeudi dernier, "Le Bugaled Breizh, secrets d'Etats autour d'un naufrage", deux journalistes suggèrent que le train de pêche du chalutier de Loctudy a été croché par le Turbulent, sous-marin nucléaire britannique participant au "Thursday War".


