Après l'â€Ã©pisode†des fiançailles annulées de Severstal avec Arcelor, l'Europe tourne de nouveau un regard inquiet vers la Russie. Cette fois, ce sont les producteurs russes de métaux non ferreux - Sual et RusAl - qui sont la source des inquiétudes.
Rusal, premier producteur russe d'aluminium, s'apprête en effet à racheter simultanément son compatriote Sual et les activités d'alumine du suisse Glencore pour créer le numéro un mondial du marché.
En s'alliant, ils pourraient donner naissance au plus grand producteur mondial d'aluminium, devançant ainsi le leadership des sociétés américaine Alcoa et canadienne Alcan.
I – Un nouveau géant russe de l'aluminium
Alors que France et Europe se remettent à peine des combats de fer entre Mittal et Arcelor désormais unis, et de la “tentative†du groupe métallurgique russe Severstal de former le premier producteur mondial d'acier avec sa dulcinée européenne, les géants russes mettent de nouveau le secteur de l'aluminium en émoi.
Victor Vekselberg, copropriétaire de Sual, et Oleg Deripaska, propriétaire de RusAl (Aluminium de Russie), ont convenu de réunir leurs compagnies. Cette transaction donnera naissance au plus grand producteur mondial d'aluminium primaire qui détiendra 100% du marché en Russie.
Le protocole d'intentions sur la fusion des compagnies aurait été signé début août, la transaction devant être annoncée officiellement à la mi-octobre.
Les actifs de Victor Vekselberg constitueraient au moins 5,5 milliards de dollars, et la compagnie commune pèserait 22 milliards de dollars. Cependant, les banquiers qui financent les investissements ont recemment évalué la compagnie à 3,8 milliards de dollars au maximum. Selon certains analystes, le coût global de Sual et de RusAl ne sera que de 15 - 17 milliards de dollars.
En chiffres absolus, les deux sociétés font partie du Top 10 mondial des producteurs de métal pour l'industrie aéronautique : RusAl avec 2,7 millions de tonnes d'aluminium de première fusion et Sual avec 1,05 million. Tandis que les leaders actuels du secteur, l'américain Alcoa et le canadien Alcan, produisent chacun 3,5 millions de tonnes d'aluminium par an.
Le nouveau leadership des métallurgistes russes devrait leur permettre d'influer sur le prix de la matière première et de la production finie.
II - Rusal avale également Glencore
Rusal va également avaler l'activité aluminium du suisse Glencore, pour créer un géant d'une valeur totale de quelque 23,4 milliards d'euros, a indique cette semaine le Financial Times. La nouvelle entreprise, qui sera numéro 1 mondial devant l'américain Alcoa et le canadien Alcan, sera présidée par le patron de Soual, Brian Gilbertson, dirigée par le patron de Roussal, Alexandre Bulygin, et cotée à Londres d'ici trois ans, selon un accord préliminaire entre les trois parties que le FT a pu se procurer.
L'accord, qui doit être annoncé fin septembre, prévoit que Russal possèdera 64,5% de la nouvelle société, Sual 21,4% et Glencore 14% selon le FT. La transaction devrait se faire exclusivement en titres, sans composante en liquide. Ces chiffres avaient été évoqués par le quotidien suisse Neue Zächer Zeitung (NZZ) mardi.
Par ailleurs, Rusal s'est mis d'accord à la mi-août avec le géant minier Rio Tinto sur l'acquisition de 56,159% des actions du producteur d'alumine EurAllumina. L'usine est située dans la ville de Portoscuso en Sardaigne et transforme annuellement plus de deux millions de tonnes de bauxite acheminée d'Australie.
III – Des entreprises complémentaires
Du point de vue économique, l'idée d'une fusion RusAl-Sual semble pertinente. RusAl fournit 75% de la production d'aluminium nationale et 10% de la production mondiale. La société fournit de l'aluminium à plus de 50 pays du monde. Et pourtant elle souffre en permanence d'une pénurie de matières premières. Sual, à l'inverse, en possède plus qu'elle n'en consomme. Cette dernière produit 5,4 millions de tonnes de bauxite par an (90% de la production nationale) et 2,3 millions de tonnes d'alumine (60%) et regroupe des fonderies d'aluminium qui cependant n'ont pas les moyens de digérer toutes les matières premières disponibles.
RusAl pourrait, avec l'aide de Sual, résoudre tous ses problèmes de matières premières et parallèlement aider cette dernière à se débarrasser de ses stocks excédentaires. A ce jour, les entreprises formant le groupe RusAl n'arrivent à s'en approvisionner qu'à 60% et trouvent de la matière première à l'étranger, en achetant des complexes miniers
IV – Position du service anti-trust russe
Le gouvernement russe semble par ailleurs convaincu que l'union des deux sociétés serait profitable au pays. Il y a quelques années, le Service antitrust avait constaté que la Russie exportait 80% de son aluminium primaire et importait deux tiers de bauxite, alors que les prix sur le marché mondial étaient contrôlés par les deux leaders mondiaux: Alcoa et Alcan.
Face à ce constat, la Russie souhaite s'affranchir de sa dépendance vis à vis des matières premières par tous les moyens possibles, notamment en renforçant les entreprises russes du secteur au niveau international. L'objectif principal devient donc alors de faire baisser le prix de l'alumine.
Parallèlement, le Service antitrust avait conclu que cet objectif n'était accessible qu'aux entreprises capables de faire concurrence sur le marché extérieur aux plus importants producteurs mondiaux, lesquels dictent les règles du jeu à tous les autres.
Comme l'a déclaré un représentant du FAS (Service fédéral antitrust), la loi "Sur la concurrence et la limitation de l'activité antimonopole" permet d'approuver les transactions de ce genre, si elles "contribuent au renforcement de la position des producteurs russes sur le marché mondial" et obtiennent l'autorisation de l'administration présidentielle. D'après les données dont dispose le quotidien Kommersant, les participants à la transaction ont déjà reçu l'approbation du président Vladimir Poutine.
V – Premier accord de participation
En attendant, RusAl et Sual n'ont actuellement aucune expérience de coopération pratique. C'est seulement en avril 2006 qu'elles ont signé leur premier accord de participation sur un pied d'égalité au projet Komi Aluminium portant sur l'élaboration, la construction et l'exploitation d'un complexe minier sur la base du plus important gisement de bauxite d'Europe dont les réserves prouvées sont estimées à 260 millions de tonnes. Les deux partenaires se proposent de porter leur production de bauxite à 6 millions de tonnes vers 2008 et de construire une usine d'alumine d'un rendement de 1,4 million de tonnes par an.
D'ailleurs, une plus large alliance des deux sociétés russes ne suscitera pas de changement sérieux sur le marché mondial. La Russie continue de vendre son aluminium en lingots tandis que la transformation plus approfondie de ce métal constitue une bonne partie des activités d'Alcoa et d'Alcan. Dans les années à venir, les sociétés russes, agissant isolément ou s'alliant pour former un nouveau géant, ne seront pas en état d'évincer leurs collègues d'outre-Atlantique. Ceux-ci seront nénamoins obligés de compter avec l'aluminium russe.
VI - Alcoa envisagerait la construction de 2 sites en Russie
Alcoa, jusqu'à présent toujours le premier aluminier mondial, discute avec le russe GidroOGK d'un projet de trois milliards de dollars comprenant la construction d'une fonderie d'aluminium et d'une centrale électrique en Russie, selon le quotidien financier russe Kommersant.
Alcoa n'était pas joignable dans l'immédiat.
"Les pourparlers sont à un stade très précoce", a simplement indiqué Evgueni Drouziaka, porte-parole du groupe public russe, qui gère les centrales hydroélectriques du pays.
Citant des sources de GidroOGK, Kommersant rapporte que la fonderie pourrait développer une capacité annuelle de 300.000 tonnes d'aluminium.
Les deux sites pourraient être localisés dans l'extrême est de la Russie, où GidroOGK dispose d'un parc de plusieurs centrales qu'il compte également agrandir.
Alcoa est propriétaire de deux usines en Russie, le site métallurgique de Samara et celui de Belaya Kalitva, racheté en 2004 à RUSAL, premier producteur russe d'aluminium....
Comme quoi tout le monde se retrouve dans ce bas monde ....
A lire également :
. Aluminium-Alcoa : bénéfice net 2T record
. Aluminium-ALCOA : bénéfice plus que doublé
. Aluminium : introduction de SUAL Ã Londres ?
. Severstal : IPO à la bourse de Londres après la bataille Arcelor ?

1 Commentaire
1
super! merci pour ces initiatives .bonne continuation
30 mai 2011 Ã 10:46Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.