USA : les exportateurs pour un maintien du tout-pouvoir de Bush

Bush_2Qui disaient que Georges W.Bush semblait avoir tout les droits, surtout quand il s'agit de restreindre ceux des autres ?

L'actualité risque de leur donner plus que raison, les grandes associations de l’agriculture, de l’industrie et des services aux USA ayant en effet entamé le 2 août une campagne en vue de prolonger le droit de G.W. Bush de négocier des accords commerciaux sans que les élus américains ne puissent les amender.

Dans un appel commun, l'American Farm Bureau Association (AFBF), la fédération des industriels NAM et celles des services CSI, qui affirment représenter 96% de l'ensemble des exportations américaines, se sont prononcées en faveur de la prolongation de ce droit particulier accordé au président de conclure des accords qui ne peuvent être amendés par le Congrès américain. Ce droit appelé "Trade Promotion Authority" (TPA) expire fin juin 2007.

"L'autorité du président fournie par le TPA expire dans moins d'un an et nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer de grandes occasions comme le cycle de négociations de Doha de l'OMC et les accords de libre-échange bilatéraux avec la Corée et la Malaisie, pour n'en citer que quelques-unes simplement parce qu'une fenêtre d'opportunité s'est fermée", a souligné John Engler, président de la fédération des industriels.

"Sans le TPA, il sera quasiment impossible d’obtenir le feu vert du Congrès pour ces accords importants d’ouverture de marchés", a-t-il ajouté, précisant qu’il était «essentiel que le TPA soit prolongé pour permettre aux Etats-Unis de continuer à supprimer les barrières douanières au profit des industriels américains».

Le Trade Promotion Authority (TPA) – auparavant connue sous le terme « Fast Track » permet à la Maison-Blanche jusqu'à la mi-2007 de soumettre au Congrès un accord général que ce dernier ne peut qu'adopter ou rejeter en bloc sans pouvoir modifier les accords commerciaux. Si l’administration Bush perd la TPA, il sera difficile, sinon impossible, de faire approuver de nouveaux accords commerciaux par un Congrès des plus protectionnistes.

Passée cette date butoir, le Congrès pourra amender à son gré toute proposition qui lui est soumise, rendant du coup impossible l'adoption d'une entente multilatérale du type visé par le cycle de Doha.

Les élections américaines de mi-mandat à l'automne qui pourraient mettre le président Bush en minorité ne l'inciteront pas à relancer les négociations suspendues. « Dans l'état actuel des choses, nous ne nous attendons pas à pouvoir utiliser l'actuelle TPA pour promulguer un accord qui serait éventuellement conclu dans le cadre du cycle de Doha », confie d'ailleurs Susan Schwab, représentante américaine pour le commerce.
A noter que démocrates et républicains sont au diapason dans ce dossier.

Jusqu'ici, les parties étaient parvenues à quelques résultats restés sur la table, au grand dam des pays émergents. Il avait ainsi été conclu en décembre dernier à Hong Kong de la fin des subventions agricoles à l'exportation, d'ici 2013.

A lire également :

. Les subventions agricoles indigestes aux USA

. USA : dossier à l'OMC contre la Turquie

. L'Inde menace d'un impact à l'OMC du duel MITTAL/ARCELOR

 

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée