Les négociations sur le partenariat entre AvtoVAZ et Renault semblent faire du sur-place, un comble tout de même, s'agissant de constructeurs automobiles, lesquelles sont destinées avant tout à assurer nos déplacements.
La proposition du constructeur français d'acquérir 25% du géant automobile de Togliatti et de créer une co-entreprise qui sortirait une voiture assemblée sur la base de la Renault Logan apparaît ne pas satisfaire pleinement AvtoVAZ.
D'après les rumeurs, la Russie pourrait en fait vouloir travailler sur une plate-forme plus avancée – comprendre très certainement "plus moderne" - comme par exemple celle de la Mégane.
En juillet, Igor Essipovski, aujourd'hui "ex-directeur général" (...) de l'usine russe, avait déclaré que céder une minorité de blocage à une société étrangère reviendrait à lui donner le contrôle du marché russe.
Les négociations entre les deux constructeurs ont démarré au printemps dernier. Renault proposait de créer une entreprise conjointe pour produire une voiture commune élaborée sur la base de la Logan. En échange de son offre, il prétendait à une minorité de blocage dans AvtoVAZ.
Vendredi, le directeur de la section russe de Renault, Jean-Michel Jalinier, déclarait aux journalistes que les négociations avec AvtoVAZ étaient toujours en cours et que Renault tentait d'élargir sa présence sur le marché russe avec l'aide de l'usine de Togliatti. Un représentant d'AvtoVAZ a confirmé que les négociations se poursuivaient, comme d'ailleurs avec d'autres constructeurs étrangers. Mais le groupe russe serait d'avantage intéressé par de nouveaux modèles et technologies, que le créneau de la Logan. On peut aisément le comprendre, cette dernière n'étant tout de même pas le fleuron du constructeur français.
Selon une source proche de la direction d'AvtoVAZ, l'entreprise russe souhaiterait construire une voiture avec Renault sur une autre base. D'après une autre source, bien informée sur la teneur des négociations, il s'agirait de la Mégane. Mais il se pourrait bien que Renault refuse, ce modèle se vendant bien en Russie. De plus, une voiture russe créée sur la base de la Mégane pourrait faire concurrence à la Logan.
Les spécialistes russes estiment pour leur part comme satisfaisante l'éventuelle production d'une voiture basée sur la Mégane dans les usines d'AvtoVAZ. "Cette plate-forme a trois ans environ. Mais à la différence de la Logan qui a été conçue spécialement pour les marchés en développement, la Mégane se prête au développement et au perfectionnement", déclare Vitali Novikov, de la société Avtomir de Saint-Pétersbourg.
Le directeur exécutif de l'Association des constructeurs automobiles russes, Igor Korovkine, considère que la Mégane est une "véritable voiture de classe C" sur laquelle mise précisément AvtoVAZ. 8.751 Mégane ont été vendues en Russie en 2005 et 4.686 au cours du premier semestre 2006, avec un prix de base fixé à 18.000 dollars. Les spécialistes estiment qu'assemblée et élaborée en Russie, la voiture pourrait coûter moins cher. "Si une voiture réalisée dans les usines AvtoVAZ sur la base de la Mégane coûtait entre 14.000 et 16.000 dollars, elle pourrait devenir très populaire", affirme M. Novikov.
Après seulement huit mois de gestion à la tête d'AvtoVAZ, le conseil d'administration du géant automobile russe a voté début août la démission du directeur général Igor Essipovski, issu de Rosoboronexport, exportateur officiel d'armements russes.
Les actionnaires lui avaient alors reproché l'absence de stratégie de développement claire et l'incapacité à attirer les investissements publics dont l'entreprise a tant besoin. En outre, le manager était hostile à toute cession de titres à des étrangers: Renault qui convoitait 25% des actions s'était vu opposer un refus catégorique.
Même si l'Etat russe ne semble pas prêt à céder sa participation - même partiellement - à des investisseurs étrangers, l'opération revenant à perdre le contrôle de l'entreprise, il se pourrait qu'AvtoVAZ n'ait peut-être pas le choix. Selon les analystes, l'usine serait en train de perdre tout un segment du marché qui regroupe les voitures coûtant entre 12.000 et 16.000 dollars. Les ventes de marques étrangères en Russie sont tous les ans multipliées par 2 ou 2,5, et les producteurs russes risquent bientôt de perdre définitivement ce segment, étant donné que la fabrication de la fameuse Volga sera prochainement arrêtée. Dans cette hypothèse, l'Etat et l'administration d'AvtoVAZ seraient obligés de rechercher des partenariats avec les géants internationaux.
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