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Pétrole : prix soutenu avec l'Iran, et pendant encore 6 mois
Les prix du pétrole devraient rester confinés dans des marges étroites lors des six prochains mois, soutenus par les risques géopolitiques mais minés par le ralentissement de la demande et le renflouement des stocks, a estimé lundi le Centre for Global Energy Studies (CGES).
Confirmant la tendance, le cours du brut a rebondi lundi après que l'Iran eut réitéré son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium, le marché craignant que des sanctions soient imposées contre ce pays dont la production d'or noir est d'une importance majeure.
I – CGES : prix du pétrole dans des marges étroites
Le centre d'études note dans son rapport mensuel d'août que les fondamentaux pointent vers un repli des cours alors que le pic saisonnier de la consommation d'essence aux USA - liée a saison des grands déplacements - touche à sa fin et que les stocks continuent de se renflouer.
Selon le CGES, les inquiétudes demeureront tant que les troubles persisteront au Nigeria, que la situation en Irak restera chaotique et que l'Iran continuera « à défier les grandes puissances avec son programme d'enrichissement nucléaire". "Ces forces devraient se contrebalancer, maintenant les prix du pétrole dans des marges étroites au moins lors des six prochains mois, mais les incertitudes sont nombreuses et la moindre détérioration sur la fragile scène internationale pourrait faire de nouveau flamber les prix", estime le CGES.
En revanche, selon lui, un apaisement des tensions géopolitiques, couplé à la progression des stocks, pourrait provoquer un recul majeur des prix.
Le CGES estime que les inquiétudes liées à la géopolitique mondiale et à l'incapacité des raffineries de produire suffisamment de carburant pour satisfaire une demande mondiale en pleine croissance dans le secteur des transports, "empêcheront le marché de réagir à l'évolution des fondamentaux", c'est-à-dire à l'amélioration de l'équilibre entre offre et demande. La question des moyens de raffinement est en effet cruciale.
En matière d'offre, les pays non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) devraient fournir plus de pétrole cette année, tandis que la production du cartel a peu reculé (200.000 barils par jour jusqu'à présent).
Côté demande, le centre d'études parie sur une croissance "plus lente" de la consommation mondiale de pétrole cette année, de près de 1% ou 860.000 barils par jour, comparé à une progression de 1,3% en 2005 et 3,9% en 2004. Cela représente une importante révision en baisse par rapport à son estimation de juillet, qui plaçait la croissance de la demande à 1,5% en 2006.
Aux Etats-Unis, de loin le premier consommateur d'énergie, la croissance de la demande de pétrole a été nulle sur les sept premiers mois de l'année, note le CGES. En Chine, deuxième plus gros consommateur de pétrole, la demande enregistre une forte croissance (+700.000 barils par jour depuis le début de l'année), mais la moitié de cette progression sert à renflouer les stocks du pays après leur fort recul de l'an dernier, observe le centre d'études.
Son scénario de référence prévoit un baril de Brent à 74 dollars en moyenne au quatrième trimestre, contre 73 dollars au troisième et 69,50 dollars au deuxième. Si le ralentissement de la croissance de la demande se confirme, le baril de Brent pourrait retomber à 70,20 dollars en moyenne au quatrième trimestre, 62,80 dollars au premier trimestre 2007 et seulement 55,80 dollars au trimestre suivant.
Mais si l'offre des pays non-Opep déçoit ou si les tensions géopolitiques montent, le baril de Brent pourrait atteindre 80,10 dollars en moyenne au quatrième trimestre, puis 82,90 dollars au premier trimestre 2007 et 84,10 dollars au trimestre suivant, selon le CGES.
II - Les prix du pétrole soutenus par les craintes de sanctions contre l'Iran
Les prix du pétrole ont rebondi lundi, l'Iran ayant refusé à nouveau de suspendre l'enrichissement d'uranium, le marché craignant que ce pays producteur majeur d'or noir régaisse contre d'envetules sanctions qui lui seraient imposées.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour l'échéance septembre, qui expire mardi soir, a pris 1,31 dollar, clôturant à 72,45 dollars. A Londres, baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a progressé de 1,10 dollar, terminant à 73,40 dollars.
Alors que les prix du pétrole avaient perdu quelque 4 dollars en début de semaine dernière, après le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, l'attention du marché s'est reportée du Liban sur l'Iran, provoquant une hausse du cours vendredi.
Téhéran doit répondre formellement mardi à une offre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne lui ayant été présentée en juin et visant à le convaincre d'arrêter d'enrichir de l'uranium. Un refus lui fait courir le risque de sanctions de l'Onu, qui lui a donné jusqu'au 31 août pour se plier à ses demandes.
Or, les déclarations des responsables iraniens durant le week-end semblent pencher vers un rejet de l'offre, dans la mesure où elle impliquerait une cessation de l'enrichissement d'uranium. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, a en effet affirmé dimanche que la suspension de l'enrichissement « n'était pas au programme de la République islamique". Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a même affirmé lundi que l'Iran allait poursuivre son programme nucléaire "avec force".
De plus, l'Iran a également conduit ce week-end des manoeuvres militaires destinées à préparer l'armée iranienne face à toute menace extérieure, testant notamment des missiles tactiques terre-terre.
Parallèlement, le président américain George W. Bush a réclamé lundi que le Conseil de sécurité de l'Onu décide rapidement des sanctions contre l'Iran si ce dernier n'accepte pas de suspendre l'enrichissement d'uranium à l'expiration de l'ultimatum du 31 août.
La réaction de la République islamique à d'éventuelles sanctions inquiète le marché, car ce pays est le quatrième producteur mondial de brut avec 4 millions de barils par jour, dont environ 2,7 millions sont exportés. Ce que le marché redoute le plus, c'est que Téhéran réagisse en coupant ses exportations de brut ou, pire encore, en bloquant le détroit d'Ormuz, passage stratégique par où transite 20% du trafic mondial de pétrole.
D'après les analystes, les prix devraient également rester soutenus par l'entrée dans la période la plus active de la saison cyclonique dans l'Atlantique, et par l'instabilité géopolitique en Irak et au Nigeria, tandis que le marché examine les retombées de la fermeture partielle du champ de Prudhoe Bay en Alaska, et surveille les signes de ralentissement économique aux Etats-Unis.
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