Pétrole : perquisition chez Repsol en Bolivie

Repsol_boliviaLe groupe pétrolier espagnol Repsol YPF a annoncé dimanche avoir l'intention de "prendre des mesures légales" si les poursuites judiciaires "injustifiées" continuent en Bolivie, où la justice a perquisitionné vendredi des bureaux de sa filiale Andina.

Selon Repsol YPF, cette perquisition "est une mesure ne respectant pas l'Etat de droit et l'ordre juridique constitutionnel".

Il se pourrait bien néanmoins que la Bolivie puise ses forces politiques à travers les négociations menées actuellement par le Président vénézuelien Hugo Chavez dans le cadre de ses tribulations qui le mène bien au delà de la Chine, consommateur d'hydrocarbures de tout premier ordre, mais également dans la plupart des pays producteurs d'or noir et de gaz, et dont le but ultime pourrait bien être la création d'une future OPEP du gaz.

I – Repsol estime la perquisition injustifiée

"Face à la perquisition injuste effectuée vendredi par la justice bolivienne dans les bureaux d'Andina", Repsol YPF "prendra des mesures légales en défense de ses droits si les poursuites systématiques contre la compagnie continuent", annoncé le groupe dans un communiqué. "Le manque de sécurité juridique existant actuellement en Bolivie est préoccupant", estime Repsol, et "dans ces conditions, il est difficile de maintenir un dialogue nécessaire avec les institutions boliviennes".

La justice bolivienne a perquisitionné vendredi les bureaux d'Andina à son siège à Santa Cruz avec le renfort d'une cinquantaine de policiers.

L'Etat bolivien accuse un ex-gérant d'Andina et deux directeurs de Petrobras-Bolivia d'avoir souscrit des contrats préjudiciables, de conduite anti-économique, d'escroquerie et d'abus de confiance pour avoir fixé un prix d'exportation du gaz inférieur au prix du marché international. Ce contrat aurait induit pour la Bolivie une perte économique d'environ 160 millions de dollars, selon le ministre bolivien des Hydrocarbures, Andres Soliz. Selon Repsol YPF, ce contrat "a respecté la loi bolivienne" et "n'a entraîné aucun préjudice économique".

Certaines personnes "ont une attitude similaire à celle déjà adoptée il y a quelques mois, lorsqu'une procédure pénale a été lancée contre Repsol YPF", ensuite "annulée par la propre justice bolivienne", précise le communiqué.

Les bureaux de Repsol-Bolivia avaient déjà été perquisitionnés en mars à la demande des Douanes qui accusaient la multinationale d'avoir fait de la contrebande entre 2004 et 2005 pour quelque 230.400 barils de pétrole, valant plus de 9,4 millions de dollars. Deux mois plus tard, le tribunal constitutionnel avait annulé les ordonnances de mises en détention prononcées à l'encontre de deux dirigeants du groupe pétrolier espagnol.

Repsol YPF, très présent en Amérique Latine, a annoncé en juin vouloir rééquilibrer ses zones d'activités, et réduire ainsi sa dépendance vis-à-vis de cette région du monde. Il a notamment annoncé de nouveaux investissements en Russie, en Libye et au Kenya.

II – Bras de fer de la Bolivie en vue d'une OPEP du gaz ?

La Bolivie veut devenir membre de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) avait déclaré début mai à Vienne le président bolivien Evo Morales en marge du sommet UE-Amérique latine.

Mais , il se pourrait bien que les ambitions de Morales aillent bien au delà du pétrole et marquent un coup d'entrée dans le nouvel OPEP du gaz qui pourrait bientôt voir le jour. Pour rappel, la Russie et l'Algérie se sont alliés récemment dans le domaine, provoquant même l'inquiétude des pays européens qui y voient là les prémices de la création d'un cartel gazier.

"Je voudrais que mon pays devienne membre des pays exportateurs de pétrole et d'hydrocarbures", avait dit alors M. Morales lors d'un point  de presse tenu à la fin de la réunion des chefs d'Etat ou de  gouvernement dans le cadre du IVème Sommet UE-ALC.  "C'est un souhait: qui ne voudrait pas devenir membre de ce cartel ? », a-t-il ajouté.

Le président bolivien a décidé le 1er mai de nationaliser le secteur des hydrocarbures de son pays, qui possède les 2èmes réserves de gaz d'Amérique du Sud derrière  le Venezuela, qui est, lui, membre de l'OPEP. C'est aussi nation la plus pauvre du sous-continent, où la misère touche 70% de la population.

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4 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    Terme de Morales , dont je n'avais pas releve toute l'importance à l'époque, mais qui confirme bien mes propos :

    il parle en effet selon ces termes :
    "Je voudrais que mon pays devienne membre des pays exportateurs de pétrole et D'HYDROCARBURES" ..

    Pour rappel, l'OPEP est l'organisation des pays exportateurs de pétrole , et UNIQUEMENT le pétrole

    Ce qui laisse sous-entendre que Morales évoque bien un nouveau cartel gazier.

    cqfd

  2. 2

    Elisabeth

    De + la Bolivie exporte + de gaz que de pétrole

    encore cqfd ....

  3. 3

    Elisabeth

    Le sujet intéresse au moins Téhéran, bonjour à nos lecteurs Iraniens.

    Ici, nous accueillons tout le monde.

    Concernant le sujet, il semble qu'il y ait un léger blocus dans la presse française.... des fois que cela risquerait d'impacter TOTAL .... présent en Bolivie .

  4. 4

    mohammed bendziri

    je suis un ingénieur en electronique option:communication.et maintenant je cherche un travail.

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