Kofi Annan appelle au "oui" de l'Iran

Kofi6annanLe secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a appelé dimanche l'Iran à donner une réponse positive à l'offre des grandes puissances faite en vue d'obtenir de sa part la suspension de son programme controversé d'enrichissement d'uranium.

"Je suis content que la République islamique d'Iran ait annoncé qu'elle répondrait mardi à la proposition (de la Chine, la Russie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne) pour une solution globale à la crise nucléaire", a déclaré M. Annan dans un communiqué.

"Je lance un appel au gouvernement iranien pour qu'il saisisse cette opportunité historique. La réponse de l'Iran, je suis confiant, sera positive, et constituera la base pour un accord final négocié", a-t-il ajouté.

Quelques heures avant le communiqué de M. Annan, la télévision d'Etat iranienne a annoncé que le pays avait testé un missile terre-terre dans le cadre d'opérations destinées à préparer l'armée à toute menace extérieure.

I – Kofi Annan appelle l'Iran à choisir la bonne direction

Pour tenter de convaincre Téhéran de renoncer à son programme, que la communauté internationale considère comme avant tout destiné à doter le pays de l'arme nucléaire, les grandes puissances ont proposé à l'Iran des mesures de coopération dans les domaines nucléaire et économique.

"Il est temps de progresser dans la bonne direction", a insisté le secrétaire général de l'Onu, expliquant que le règlement de la crise nucléaire iranienne était essentiel à la stabilité de la région et du monde.

Les grandes puissances "ont réaffirmé le droit de l'Iran à développer un programme nucléaire destiné à produire de l'énergie pour des objectifs pacifiques. Il est important que l'Iran assure maintenant au monde que ses intentions sont pacifiques", a-t-il ajouté.

II – L'Iran exclut de se plier à la demande

Alors que l'Iran doit répondre formellement mardi à une offre des grandes puissances pour qu'il suspende son enrichissement d'uranium, le porte-parole de la diplomatie iranienne a exclu dimanche que Téhéran se plie à cette demande. "La question de la suspension est un retour au passé et n'est pas au programme de la République islamique", a dit Hamid Reza Assefi dans son point de presse hebdomadaire.

Téhéran avait indiqué dès début d'août qu'il n'entendait pas obéir à cette injonction. Mercredi, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a rappelé que l'Iran jugeait la résolution 1696 "illégale et politique, et ne lui accordait aucune valeur". Déclarant que l'Iran ne voyait aucune logique dans l'application d'une suspension de l'enrichissement d'uranium, il s'est estimé prêt à expliquer et exprimer sa position à ce sujet. Mais Téhéran exige que la suspension de l'enrichissement constitue un sujet de négociation, alors que les grandes puissances rejettent fermement cette éventualité.

Peu après voir reçu l'offre des grandes puissances, les responsables iraniens avaient annoncé qu'ils donneraient leur réponse le 22 août, date à laquelle les Iraniens fêtent l'anniversaire de la révélation à Mahomet de sa mission prophétique. Mais des sources diplomatiques étrangères à Téhéran supputent que ce délai ait été mis à profit pour pouvoir annoncer de nouveaux progrès dans le programme d'enrichissement ou la construction du réacteur nucléaire d'Arak.

Les Etats-Unis n'ont jamais exclu une éventuelle option militaire pour forcer Téhéran à obtempérer. En attendant, ils pèseront de tout leur poids pour "agir très rapidement, début septembre, pour un débat au conseil de sécurité sur des sanctions", a averti jeudi le numéro trois de la diplomatie américaine Nicholas Burns.

III - Rappel de l'offre faite à l'Iran

L'offre a été présentée le 6 juin par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne. Elle propose à l'Iran des mesures de coopération dans les domaines nucléaire et économique, incluant notamment l'aide à la construction de centrales nucléaires à eau légère, ainsi qu'un soutien à la candidature de la République islamique à l'Organisation mondiale du commerce.

Mais l'ouverture de négociations ne pourra avoir lieu en l'absence de suspension par l'Iran de toute activité d'enrichissement d'uranium et la reprise d'une coopération élargie de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique. Si Téhéran obtempère, les grandes puissances s'engagent dans un premier temps à suspendre toute action au Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien. Après avoir préalablement donné "quelques semaines" à Téhéran pour faire état de ses intentions, les Six ont obtenu le 31 juillet une résolution du Conseil qui donne à l'Iran jusqu'au 31 août pour se plier à leurs demandes. A défaut, le conseil étudiera l'adoption de sanctions pour l'y contraindre.

IV - L'Iran teste avec succès un missile à courte portée

Quelques heures avant le communiqué de M. Annan, Téhéran a annoncé que le pays avait testé un missile terre-terre au second jour d'importantes manoeuvres militaires destinées à préparer l'armée à toute menace extérieure. Le missile Seagheh (coup de foudre) de fabrication iranienne dispose d' une portée de 80 à 250 km.

L'armée iranienne a entamé samedi d'importantes manoeuvres  militaires à travers le pays. Les manoeuvres se déroulent dans seize provinces du nord, nord- ouest, sud et sud-est du pays, et sont destinées à préparer les  forces iraniennes à faire face simultanément à un ennemi potentiel dans différentes régions, selon l'Irna.   

L'Iran avait organisé en avril des manoeuvres dans le Golfe pour préparer ses forces à parer à toute "menace" et de nouvelles armes, notamment des missiles et des avions militaires, avaient été testées avec succès. L'armée devait tester également dimanche des missiles sol-mer.

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3 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    L'Iran va poursuivre son programme nucléaire "avec force" (Khamenei)
    TEHERAN, 21 août 2006 (AFP)
    L'Iran va poursuivre son programme nucléaire "avec force", a déclaré lundi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a rapporté la télévision d'Etat.

    "Dans le dossier nucléaire et d'autres dossiers, avec l'aide de Dieu, de la patience et de l'effort, l'Iran poursuivra son chemin avec force et en recueillera les fruits", a dit la plus haute autorité de l'Etat.

    Cette déclaration équivaut à un rejet de l'offre des grandes puissances visant à ce que l'Iran suspende son enrichissement d'uranium, et à laquelle il doit répondre formellement mardi.

  2. 2

    elisabeth

    BRUXELLES, 21 août - RIA Novosti. Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana a examiné lundi par téléphone avec Ali Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale de l'Iran, la situation autour du programme nucléaire iranien.

    "C'était un entretien constructif, nous avons examiné de nouveau divers aspects du programme nucléaire iranien", lit-on dans la déclaration faite par M. Solana aux médias.

    Selon la déclaration, les parties ont convenu de poursuivre les contacts en vue de persuader de nouveau la communauté internationale que le programme nucléaire iranien poursuit des objectifs civils.

  3. 3

    Elisabeth

    22 Aout : bonne " supputation"

    Nucléaire: l'Iran va prochainement démarrer l'usine à eau lourde d'Arak (officiel)

    TEHERAN, 21 août 2006 (AFP)
    L'Iran va "très prochainement" démarrer son usine d'eau lourde à Arak (centre), destinée à alimenter le futur réacteur nucléaire à eau lourde qui est en construction sur le site, a déclaré lundi un haut responsable nucléaire iranien, cité par l'agence semi-officielle Fars.

    Mohammad Saidi, vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a promis que "dans un avenir très proche le grand projet de production d'eau lourde entrera en exploitation", a rapporté l'agence Fars.

    Cette production devrait "démarrer dans environ deux semaines", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

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