Iran-Japon : accord pour le pétrole... le 22 août

Iran_azadegan_203Voilà qui devrait éclaircir la position du Japon concernant le dossier nucléaire iranien.

Le ministre iranien du Pétrole Kazem Vaziri Hamaneh a déclaré vendredi que l'Iran et le Japon finaliseraient pour le 22 août leur accord, longtemps reporté, pour le développement du champ pétrolier géant d'Azadegan. Pour rappel, le 22 août est également la date à laquelle le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, devrait répondre à l'offre des Six médiateurs internationaux.

Le champ pétrolier d'Azadegan dans le sud-ouest de l'Iran est l'un des plus important au monde, et contiendrait quelque 26 milliards de barils de pétrole.

I – Accord pétrolier imminent entre Iran et Japon

"L'Iran et le Japon ont conclu un accord pour développer le champ d'Azadegan", a déclaré le ministre iranien du Pétrole, M. Hamaneh lors d'une interview auprès de l'agence Mehr. Le géant pétrolier russo-japonais Inpex pourrait finaliser cet accord d'ici la fin de Mordad, cinquième mois du calendrier iranien s'achevant le 22 août.

En février 2004, le Japon et l'Iran ont signé un accord sur le projet majeur d'Azadegan, ouvrant au Japon le plus grand champ pétrolier qu'il ait jamais exploité. Selon cet accord, Inpex devrait recevoir le droit d'exploiter ces gisements, proches de la frontière iranienne avec l'Irak.

Les deux parties ont convenu d'investir dans ce gisement 2 milliards de dollars, dont 75% seront apportés par Inpex et 25% par l'Iran. Le Japon importerait les deux tiers de la production.

2 – Potentiel du champs d'Azadegan

Le gisement, situé au nord-ouest du pays, est considéré comme le plus important d’Iran. Les réserves sont estimées entre 35 et 45 milliards de barils, selon les Iraniens, mais les Japonais, restant plus prudents, tablent sur 26 milliards de barils de réserves. Même revues à la baisse, elles n'en sont pas moins les deuxièmes réserves les plus importantes au monde. La production devrait démarrer en 2007 par l’extraction de 50 000 barils par jour avant de passer à 150 000 barils par jour un an après et 260 000 barils par jour au maximum de la production. Le contrat est d’une durée de 12 ans et demi.

En février 2004, la compagnie semi-publique japonaise Inpex avait signé un contrat de deux milliards de dollars en Iran pour aménager et exploiter pendant 12 ans et demi le champ pétrolier d’Azadegan, dans le sud-ouest du pays, en faisant le plus important accord pétrolier jamais conclu par le Japon . Compte tenu de l’importance du champ, en décembre 2005, Inpex avait souhaité s’associer Total, principal « client » du pétrole iranien (suivi par Shell, Statoil, Gazprom et la Malaisienne Petronas).

Le gouvernement japonais, principal actionnaire du groupe, hésitait jusqu’à présent à donner son accord pour le démarrage des travaux en raison de l’hostilité affichée par Washington. Mais Inpex craignait de perdre ses droits sur le champ pétrolier s'il ne démarrait pas le projet bientôt, plusieurs groupes Chinois et Européens étant également sur les rangs.

3 – Besoins énergétiques du Japon

Le Japon, pauvre en ressources énergétiques, importe la quasi-totalité de ses besoins en pétrole. Et, face à la montée en puissance de la Chine de plus en plus consommatrice en énergie au niveau mondial, Tokyo juge indispensable de diversifier ses fournisseurs afin de garantir son approvisionnement.

Le Japon occupe la première place sur le marché des exportations iraniennes avec 23 % de la part du marché (soit 6,9 milliards de $). Le Japon est également le 8e fournisseur de l’Iran avec plus de 1,3 milliards de $ par an ce qui représente 4% des importations iraniennes, mais le Japon est le premier client pétrolier de l’Iran et plus de 33% des importations de pétrole au Japon viennent de l’Iran.

Le développement du gisement d'Azagedan est donc un projet majeur pour le Japon en termes d'approvisionnement en énergie. Le pays, deuxième économie du monde, a développé sa propre "diplomatie pétrolière" au Moyen-Orient, en particulier avec l'Iran, quitte à mécontenter son proche allié américain. Tokyo s'estime très embarrassé par la crise nucléaire iranienne et espère que l'Iran prêtera une oreille attentive aux inquiétudes de la communauté internationale. La non-prolifération nucléaire et la nécessité d'un approvisionnement régulier en pétrole brut sont pour le Japon aussi cruciales l'une que l'autre.

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8 Commentaires

  1. 1

    Un algérien

    ....Et la france juge que l'Iran joue un role de stabilisateur dans la région !

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    Douste juge que l'Iran a un rôle stabilisateur au Proche-Orient

    BEYROUTH (Reuters) - L'Iran est un acteur important et respecté au Proche-Orient où il joue un rôle stabilisateur, a déclaré lundi à Beyrouth le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.

    "Il est évident que nous ne devons pas accepter une déstabilisation du Liban qui pourrait entraîner une déstabilisation de la région", a souligné le chef de la diplomatie française lors d'une conférence de presse dans la capitale libanaise où il effectue une visite de quelques heures.

    "Dans la région, il y a bien sûr un pays comme l'Iran, un grand pays, un grand peuple et une grande civilisation, qui est respecté et qui joue un rôle de stabilisation dans la région."

    Les Etats-Unis accusent l'Iran et la Syrie de déstabiliser la région en soutenant au Liban les rebelles chiites du Hezbollah qui combattent depuis près de trois semaines les forces israéliennes.

    Avant de quitter Paris pour Beyrouth, dans une interview au Figaro, Philippe Douste-Blazy avait cité l'Iran "parmi les pays qui comptent dans la région". "Il ne faut pas s'interdire les contacts avec les autorités de Téhéran", disait-il. "Quant à la Syrie, le président de la République (Jacques Chirac) a déjà répondu à ce sujet. Nous estimons qu'il ne faut pas entrer dans des discussions avec la Syrie."

    "Il est tout à fait normal que les responsables politiques qui veulent un accord politique puissent se rencontrer les uns et les autres", a répondu Philippe Douste-Blazy quand on lui a demandé, lors de cette conférence de presse, s'il allait voir son homologue iranien Manouchehr Mottaki dans la journée.

    Mottaki est attendu à Beyrouth lundi après-midi, peu avant que le ministre français ne quitte la capitale libanaise.

    Philippe Douste-Blazy s'adressait aux journalistes après un entretien avec son homologue libanais, Faouzi Salloukh. Il devait rencontrer ensuite le Premier ministre Fouad Siniora et le président du Parlement, Nabih Berri, un allié du Hezbollah.

    Le chef de la diplomatie française a réitéré l'appel de son pays à un cessez-le-feu immédiat, soulignant que l'option militaire menait à une impasse et qu'une solution à la crise ne pouvait être que politique.

    "On voit bien aujourd'hui, depuis le 12 juillet, que ce n'est pas par une solution purement militaire que l'on arrivera, ou qu'Israël arrivera à ses fins", a-t-il dit.

    "Ce qui s'est passé à Cana il y a quelques heures me confirme l'importance de la cessation immédiate des hostilités et me confirme aussi qu'une cessation immédiate des hostilités est une condition pour les uns et pour les autres de se parler, de négocier et donc d'aboutir à un accord politique."

    Un bombardement israélien dimanche sur la ville de Cana, dans le sud du Liban, a tué 54 civils, dont de nombreux enfants.

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    Franchement l'activité diplomatique française me surprend, elle contredit systématiquement les thèses américaines.

  2. 2

    Elisabeth

    Tres vieille histoire entre France et Iran , et dossier nucléaire avec financement des centrales du Tricastin ...

    Certains affirment même que les attentats des années 80 à Paris étaient liés au pb , voire même l'assasinat de Georges Besse... donc la France se doit de caresser l'Iran dans le bon sens du poils .... surtout en ce moment.

    Et puis , AREVA ne doit pas être loin ...

  3. 3

    Petit rappel sur EURODIF ....

    Eurodif est une coentreprise créée en 1973 entre 5 pays : la France, la Belgique, l'Italie, l'Espagne et l'Iran.

    En 1974, le Shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi, prêta 1 milliard de dollars pour la construction de l'usine en contrepartie du droit d'acheter 10% de la production du site. Le remboursement de cette somme doit commencer l'année de la mise en service d'Eurodif, en 1981. En 1977, il versa encore 180 millions de dollars. Suite à la révolution islamique de 1979, l'Iran suspend ses paiements et reclame le remboursement du prêt en faisant pression sur la France.

    En avril 1979, le premier ministre Raymond Barre inaugure l'usine d'Eurodif. Dans le même temps, l'Ayatollah Khomeiny rompt le contrat de fourniture de centrales nucléaires passé avec la France. Mais il confirme l’actionnariat dans Eurodif de l’Iran qui possède toujours 10% des parts de cette usine. La France refuse de laisser l'Iran exercer son statut d'actionnaire d'Eurodif.

    En 1981, après la mise en service de l'usine Eurodif, l'Iran réclame 10% de la production d'uranium enrichi auquel ils ont contractuellement droit, ce que la France refuse. De 1981 à 1991, le régime des mollahs est soupconné d'avoir perpétré plusieurs assassinats, prises d’otages et attentats meurtriers : probablement des centaines de français ont payé de leur vie avant que la France et l’Iran ne règlent le contentieux Eurodif.

    Le 17 novembre 1986, après plusieurs attentats meurtriers à Paris, et l'enlèvement de journalistes français (Jean-Paul Kauffmann, Michel Seurat, ...) retenus en otage au Liban par des groupes liés à l'Iran, la France rembourse 330 millions de dollars, mais refuse de fournir toute livraison d'uranium enrichi. Le même jour se produit l'assassinat de Georges Besse, le fondateur d’Eurodif. En décembre 1987 a lieu un 2eme versement officiel de 330 millions de dollars par la France à l'Iran.

    Le 6 mai 1988, entre les deux tours de l'élection présidentielle, les otages français sont libérés. Le premier ministre Jacques Chirac assure dans un accord avec l'Iran des garanties politiques sur l'octroi sans restrictions par le gouvernement français de licence d'exportation d'uranium enrichi et le rétablissement du statut d'actionnaire de l'Iran dans Eurodif sous la condition du retour des derniers otages du Liban,.

    En septembre 1989, le président François Mitterrand confie à François Scheer la formalisation d'un accord définitif de règlement du contentieux franco-iranien. Finalement un accord est trouvé en 1991 : la France remboursa plus de 1,6 millards de dollars. L’Iran est rétabli dans son statut d’actionnaire d’Eurodif via un consortium franco-iranien nommé Sofidif, avec le droit de prélever 10 % de l’uranium enrichi à des fins civiles.

    De source diplomatique française, on indique que l'Iran est bien membre d'Eurodif. Mais en l'absence de centrale nucléaire civile opérant en Iran, il n'y a pas de livraison d'uranium enrichi.

    Source : WIKIPEDIA

  4. 4

    Un algérien

    Oui mais la situation est grave et les américains ont grandement besoin de soutien, mais on remarque bien que l'activité française dernièrement elle est aussi active sinon plus que celle américaine et n'est surtout pas pour s'aligner le moins du monde avec la lignée américaine, bien au contraire elle s'en démarque publiquement, et elle l'a contredit systématiquement.

    Et en ces derniers temps elle est plus virulente que la Russie.

  5. 5

    Elisabeth

    L'Iran doit etre trop dur en affaire ;) :


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    Le mardi 01 août 2006


    Le Japon approuve le «message ferme» de l'ONU à l'Iran

    Agence France-Presse

    Tokyo


    Le gouvernement japonais s'est félicité mardi du «message ferme» adressé à l'Iran par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a accordé un mois à Téhéran pour cesser ses activités d'enrichissement d'uranium.

    La résolution adoptée lundi constitue «un message ferme de la communauté internationale sur la question du nucléaire iranien», a estimé le ministère nippon des Affaires étrangères dans un communiqué.

    «Le Japon considère qu'il s'agit d'une étape significative vers un règlement diplomatique du dossier nucléaire iranien», a ajouté le ministère, qui exhorte Téhéran «à revenir au processus de négociations».

  6. 6

    Elisabeth

    A méditer, alors que relations se tendent sur le sujet entre Iran et japon ... on en reparle

    -----------------------------------------------
    "Bruxelles, le 19 septembre 2006

    Concentrations: la Commission autorise le projet d’acquisition du groupe anglo-américain Westinghouse Electric/BNFL par Toshiba sous réserve du respect de certaines conditions
    La Commission européenne a autorisé, en application du règlement communautaire sur les concentrations, le projet de rachat du groupe anglo-américain Westinghouse Electric/BNFL par le conglomérat japonais Toshiba, tous deux présents dans le secteur nucléaire. La Commission est parvenue à la conclusion que, sous réserve que Toshiba respecte l'engagement de modifier ses dispositions contractuelles qui le lient aux autres actionnaires de son entreprise commune, Global Nuclear Fuels, l'opération n’entraverait pas de manière significative une concurrence effective dans l’Espace économique européen (EEE) ou une partie substantielle de celui-ci."

  7. 7

    Westinghouse

    Lire la suite dans

    Concentrations: la Commission autorise le projet d’acquisition du groupe anglo-américain Westinghouse Electric/BNFL par Toshiba sous réserve du respect de certaines conditions

    en lien

    http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/1215&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

  8. 8

    Westinghouse

    Tiens,tiens, on en reparle ce soir :

    Toshiba va partager le capital de Westinghouse avec Shaw et IHI
    TOKYO, 4 oct 2006 (AFP)
    Le groupe japonais Toshiba, qui avait annoncé en janvier l'acquisition de 100% du constructeur américain de réacteurs nucléaires Westinghouse, a indiqué mercredi qu'il n'achèterait finalement que 77% et qu'il laisserait une part de 20% à l'américain Shaw Group et 3% au japonais IHI.

    Cette opération sera bouclée courant octobre, après le feu vert définitif donné fin septembre par les autorités de la concurrence européennes et américaines, a fait savoir Toshiba dans un communiqué.

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