Iran-nucléaire : Espagne-Russie dile que si / USA dile que no

Mapa_exploracion_iran_2004__108630Espagne et USA semblent danser la salsa autour de l'Iran, dans une rueda parfois endiablée ou valse hésitation .... mais la Russie parfois plus discrète n'est pas loin derrière... ainsi que les affaires.

Alors que le département d'Etat américain a indiqué mercredi que la réponse de l'Iran à l'offre des grandes puissances sur la suspension de son programme nucléaire ne remplissait pas les conditions spécifiées par l'Onu permettant d'éviter des sanctions à l'encontre de Téhéran, l'Espagne change de politique à l'égard de l'Iran et intervient désormais en faveur du droit de Téhéran pour développer son propre programme nucléaire, a déclaré mercredi dans une interview à la Radio nationale espagnole l'ambassadeur Maximo Cajal.

Une délégation iranienne séjournera en Russie les 23 et 24 août. Elle se rendra à la centrale nucléaire Kalininskaïa et débattra avec la partie russe de questions ayant trait à la construction de la centrale nucléaire de Bushehr, a par ailleurs annoncé Rosenergoatom.

I – Washington insatisfaite de la réponse de l'Iran

Le département d'Etat américain a indiqué mercredi que la réponse de l'Iran à l'offre des grandes puissances sur la suspension de son programme nucléaire ne remplissait pas les conditions de l'Onu pour éviter les sanctions. "Nous reconnaissons que l'Iran estime que sa réponse est une offre sérieuse et nous allons l'étudier (...). La réponse toutefois ne remplit pas les conditions posées par le Conseil de sécurité qui réclame une suspension totale et contrôlable de tout le processus d'enrichissement" d'uranium, a ainsi déclaré le porte-parole Gonzalo Gallegos.

Alors que l'Iran a manifesté mardi en fin de journée sa volonté de négocier sur son programme nucléaire avec les grandes puissances, le porte-parole du département d'Etat Gonzalo Gallegos a indiqué que Washington était en consultation avec des membres du Conseil de sécurité en vue d'établir une réponse.

Les Etats-Unis examinent avec "l'attention qu'elle mérite" la réponse de l'Iran à l'offre des grandes puissances mais continuent à exiger que la République islamique suspende l'enrichissement d'uranium, a indiqué pour sa part la Maison Blanche mercredi.

"Nous la prenons en compte et nous l'examinons avec l'attention qu'elle mérite", a déclaré devant la presse la porte-parole adjointe de la Maison Blanche Dana Perino après que la République islamique eut remis mardi sa réponse à l'offre des six grandes puissances destinée à la convaincre de renoncer à enrichir.

Selon elle, il existerait un consensus sur le fait que la communauté internationale se soit exprimée, et demande la cessation du programme nucléaire iranien. "Le Conseil de sécurité a dit clairement quelle était sa position, et nous allons décortiquer (la) réponse (iranienne) avant d'apporter une réponse complète", a-t-elle déclaré. Dans la matinée, le président George W. Bush s'est entretenu avec sa secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et la question nucléaire iranienne figurait probablement parmi les sujets de discussion.

Malgré le risque de sanctions internationales, le régime iranien n'a affiché aucune intention de satisfaire à l'exigence primordiale d'une suspension de l'enrichissement, mais a offert des "négociations sérieuses" sur le sujet.

II - L'Espagne change de politique à l'égard de l'Iran

L'Espagne change de politique à l'égard de l'Iran et intervient désormais en faveur du droit de Téhéran pour développer son propre programme nucléaire, a déclaré mercredi l'ambassadeur Maximo Cajal.

"Il faudrait sans doute octroyer à l'Iran une possibilité de travailler selon son propre programme nucléaire", a notamment estimé Maximo Cajal. Le fonctionnaire espagnol haut placé a argumenté ce point de vue par le fait que d'autres pays de la région, et notamment le Pakistan et l'Inde, développaient déjà depuis longtemps leurs programmes nucléaires. L'Iran est tout à fait en droit de développer son propre programme nucléaire tout comme le font ses voisins", a fait remarquer Maximo Cajal.

Commentant ces propos, un porte-parole du ministère espagnol des Affaires étrangères a précisé à la presse russe qu'il "ne s'agissait pas là de l'opinion personnelle d'un diplomate, mais d'un revirement dans la politique extérieure de l'Espagne qui s'en était tenue jusqu'à tout dernièrement à la position commune de l'Union européenne (UE) à l'égard de l'Iran".

"Jusqu'ici, l'Espagne a essayé, tout comme les autres pays de l'UE, de persuader Téhéran de renoncer à son propre programme nucléaire, tout en soupçonnant que ledit programme était élaboré à des fins militaires", a poursuivi le représentant du ministère.

Par ailleurs, l'Espagne a également adopté une attitude indépendante de l'Union européenne dans le conflit libano-israélien, en soumettant à une critique virulente Israël et accordant son plein appui au gouvernement du Liban.

Le premier pétrolier espagnol Repsol YPF avait confirmé en octobre 2004 avoir signé un contrat de 27 M USD (21,6 M EUR) avec l'entreprise publique iranienne NIOC (National Iranian Oil Company) pour des travaux de prospection dans deux blocs pendant les 30 prochains mois.

Cet accord inclut des études géologiques, géophysiques et des forages de prospection dans les blocs de Mehr et Forooz, situés dans le sud du Golfe persique et s'étendant sur une superficie totale de 14.600 km2. La durée du contrat pourrait être prolongée en fonction des résultats des travaux de prospection, selon Repsol.
En septembre 2004, Repsol YPF et le géant anglo-néerlandais Shell ont conclu un projet d'accord cadre avec NIOC pour l'exploitation de gaz naturel liquéfié (GNL) en Iran. La commercialisation du gaz pourrait débuter en 2010 avec un rythme de production annuel de sept millions de tonnes de gaz naturel liquéfié, auquel il faut ajouter un million de tonnes de gaz liquéfié de pétrole (GPL).

III – L'Iran et la Russie : des frères décidément amis

Une délégation iranienne séjournera en Russie les 23 et 24 août en visite de travail pour débattre de questions ayant trait à la coopération énergétique nucléaire. Le vice-président de l'Organisation iranienne pour l'énergie atomique, Mahmoud Djanatian, et le directeur du projet de la centrale nucléaire de Bushehr pour la partie iranienne, Ali Reza Moradian, sont attendus à Moscou en visite officielle sur l'invitation de la société Atomstroïeksport, l'entreprise construisant actuellement le réacteur N°1 de la centrale iranienne de Bushehr.

La délégation iranienne s'initiera au fonctionnement de la centrale nucléaire Kalininskaïa et négociera la poursuite de la formation du personnel de la centrale nucléaire de Bushehr. Elle visitera le réacteur N°3 ainsi que le centre d'instruction et de training.

Le montant du contrat, signé en janvier 1995 sur la base d'un accord entre les gouvernements russe et iranien en date du 25 août 1992 est d'environ 1 milliard de dollar. La première centrale nucléaire iranienne de Bushehr devrait entrer en service dans le courant du second semestre de 2007.

Atomstroïeksport est la principale entreprise russe réalisant des contrats intergouvernementaux concernant la construction d'ouvrages énergétiques nucléaires à l'étranger. Actuellement elle est la seule compagnie au monde à mener de front la construction de cinq réacteurs dans des centrales nucléaires en chantier en Chine, en Inde et en Iran.

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. Pétrole : "TOTAL" bénédiction ? : TOTAL/REPSOL et Pars South

 

12 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    A lire :

    IRAN - Shell & Repsol Want To Develop South Pars Gas For LNG; But Face Trouble.

    http://www.allbusiness.com/periodicals/article/845142-1.html

  2. 2

    Elisabeth

    L’Iran et les compagnies pétrolières européennes
    27.02.2006


    L’Iran va signer des contrats avec le géant anglo-néerlandais Shell, le Français Total et l’Espagnol Repsol pour développer des projets dans l’immense gisement de gaz de Pars-Sud, dans les eaux du Golfe, a annoncé dimanche un responsable iranien.


    Les contrats concernent les phases 11 et 13 du gisement et sont destinés à la production de gaz naturel liquéfié (GNL) pour l’export.

    Total travaillera sur la phase 11, avec un projet appelé Pars GNL, tandis que Shell et Repsol travailleront sur la phase 13, avec un projet appelé Persian GNL. Les compagnies collaboreront avec la Compagnie nationale iranienne de pétrole (NIOC).

    L’investissement pour chaque phase est estimé à entre 1.2 et 1.5 milliard de dollars.

  3. 3

    Elisabeth

    Sur Espagne et France et l'immense champ gazier iranien de Pars South :

    cf.

    Pétrole : "TOTAL" bénédiction ?

  4. 4

    Elisabeth

    Potentiel de Pars South :
    -----------------------------

    Oil minister: Gas recovery in South Pars equals Qatari level Bushehr, Aug 23, IRNA
    Iran-Gas-Hamaneh
    -------------------
    Oil Minister Kazem Vaziri Hamaneh said on Wednesday that Iran's oil recovery equaled that of Qatari gas projects as development of five phases of South Pars gas field -- shared by both countries -- came on stream.

    "Presently, 125 million cubic meters of gas are recovered from South Pars field in Bushehr province while Qatar's recovery also equals the same amount," Hamaneh told reporters after touring different sections of South Pars gas field in Asalouyeh in Bushehr province.

    Hamaneh said the proportion would remain unchanged by expediting the implementation of oil and gas projects in the area.

    He said the recovery project in South Pars has provided jobs for 9,200 people.

    The minister said phases 17 and 18 of the field are in stage of development and will become operational soon.

    Elsewhere in his remarks, Hamaneh said negotiations with the Japanese party on Azadegan and Yadavaran oil fields are in their final stages.

  5. 5

    Elisabeth

    Ne pas oublier le Qatar et sa politique par rapport au Liban ...


    le Qatar partge Pars South avec l'Iran :

    cf.

    L'émir du Qatar apporte son soutien au Liban

  6. 6

    alladin

    enfin un pays européen qui fait preuve de pragmatisme et ose s'affranchir du "boss" americain engagé dans sa danse du scalp.L'iran a bien trop avancé dans son programme pour faire machine arriere.

  7. 7

    Elisabeth

    De toute manière, les USA ont monté le sujet quelque peu en epingle ... tout simplement parce qu'ils n'ont pas eu une part assez grosse du gateau, voire aucune.

    Le cote nucleaire militaire est pour intimider/avoir du poids , du point de vue de l'Iran

  8. 8

    alladin

    cette aspect est à apprendre en compte mais pas seulement.
    je pense que les USA,ont vraiment l'intention de contraindre les Iraniens à stopper leur activité.Au delà des enjeux économique,la securité d'israel,mais aussi l'equilibre des forces dans cette region s'en retrouverait modifié,notement l'influence de l'arabie saoudite.
    je dirais que le "kiff" pour les USA,serait de renverser le regime des mollahs et d'instaurer un regime "ami" et apres miam-miam le petrole et le gaz.

  9. 9

    Elisabeth

    Effectivement ,de plus, le scénario a été rodé ...

    Quand le shah n'est plus là, les souris dansent ?

  10. 10

    Mise au point

    Un diplomate espagnol n'a exprimé que son point de vue personnel concernant le programme nucléaire iranien

    24/08/2006 17:03 MADRID, 24 août - RIA Novosti. Les autorités espagnoles affirment qu'un diplomate haut placé qui a parlé mercredi dernier dans une interview à la radio du droit de l'Iran de développer son propre programme nucléaire n'a exprimé que son point de vue personnel.

    "La déclaration de l'ambassadeur Maximo Cajal, représentant personnel du premier ministre espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero, pour le programme "Alliance des civilisations", ne reflète pas la position officielle de l'Espagne, mais le "point de vue personnel" de ce diplomate", lit-on en substance dans une note publiée jeudi par le ministère des Affaires étrangères de l'Espagne.

    Or, Gabriela Canas, représentante du gouvernement espagnol, a indiqué dans un communique de presse que le diplomate "aurait sans doute réfléchi comme les Iraniens eux-mêmes pourraient le faire, en réagissant à la prise de position de l'Occident".

    Pour sa part, le Bureau pour l'information extérieure de l'Espagne a souligné que lesdites déclarations du diplomate "avaient un caractère strictement personnel", et que le ministre espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération, Miguel Angel Moratinos, avait plus d'une fois répété que "l'Iran devait accepter le plan européen" concernant son programme nucléaire.

    Evoquant le programme nucléaire iranien dans une interview à la Radio nationale espagnole Maximo Cajal s'est posé la question: "Pourquoi refuse-t-on à l'Iran le droit� d'entrer en possession d'armes nucléaires alors qu'il est entouré par des pays qui en ont déjà?".

    Cette déclaration du diplomate espagnol haut placé a été interprétée par bien des médias nationaux et internationaux comme un revirement dans la politique de l'Espagne à l'égard du dossier nucléaire iranien.

  11. 11

    Elisabeth

    Pour rappel sur l'annonce et la mise au pojnt de l'Espagne

    on en reparle ce soir alors que :

    "MADRID, 5 oct 2006 (AFP)
    Le premier groupe pétrolier espagnol, Repsol YPF, a signé avec le géant gazier russe Gazprom un accord de principe pour "étudier le développement de possibles projets communs sur le marché du gaz et du pétrole", selon un communiqué diffusé jeudi par le groupe espagnol."

  12. 12

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