EDF : le gouvernement met en lumière une hausse de tarif

AssomptionptSi la date du 15 août célébre bien cette année encore l'assomption de la vierge Marie, elle marquera aussi une autre élévation : celle du tarif EDF. Tel en a décidé le gouvernement.

Une hausse des tarifs d'EDF de 1,7% à compter du 15 août a en effet approuvé mercredi, à la demande du groupe et après avis favorable de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

La mère du Christ n'est elle pas pourtant symbole de lumière à sa façon ?

Selon une porte-parole du ministère de l'Industrie, l'arrêté visant à revaloriser les tarifs réglementés de l'électricité a été signé mercredi. La dernière hausse des tarifs d'EDF remontait à janvier 2003, avec une augmentation de 3%. Il y eut ensuite une baisse de 1,6% en janvier 2004.

Avant même que la décision ne soit rendue publique, l'augmentation programmée des tarifs de l'électricité avait suscité de nombreuses critiques dans les rangs de l'opposition, ainsi que de la part des associations de consommateurs.

Le député socialiste Jack Lang a estimé, au nom du PS, que l'augmentation des tarifs de l'électricité constituait un "mauvais coup contre le pouvoir d'achat".

Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé quant à lui une hausse qui "s'attaquerait au pouvoir d'achat des familles pour satisfaire les volontés des actionnaires d'EDF".

L’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité ne semble pas constituer autant de bonne nouvelle pour les consommateurs. Nos voisins européens en ont déjà fait l’amère expérience avant nous. Selon une étude réalisée en juillet 2005 par le cabinet britannique Nus Consulting, la déréglementation de ce secteur énergétique s’est traduite par une hausse significative des prix dans les pays concernés. La Grande-Bretagne, qui a entamé le processus dans les années 1990, a enregistré en 2005 une hausse spectaculaire de 24,2 %.

En Allemagne, où le marché est totalement ouvert pour les entreprises et pour les particuliers depuis 1998, les tarifs ont progressé de + 5,5 % en 2005. Les prix ont augmenté outre-Rhin de 9 % par an durant quatre années consécutives.

Quant à l’Italie, elle occupe la place de pays le plus cher d’Europe, avec un prix record de 0,095 € par kilowatt et une augmentation de 6,8 % en l’espace d’une année. En comparaison, la France, où les prix sont restés sages entre 2000 et 2005 (passant de 0,054 € le kilowatt à 0,055 € ), fait figure de bonne élève.

Pour bon nombre d’observateurs, c’est en effet la libéralisation du marché de l’énergie qui est à l’origine de cette flambée des prix. En effet, contrairement à ce que l’on pouvait espérer, l’ouverture des marchés n’a pas entraîné une concurrence plus forte, mais a eu pour conséquence d’accélérer les concentrations dans le secteur de l’électricité. Et de consolider la position dominante de quelques géants, tels que l’allemand EON, ou encore l’italien Enel.

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