Boeing : le secteur militaire bat de l'aile

Boeingc17_2Sur le www.leblogfinance.com nous nous devons d'être impartial. C'est pourquoi après avoir âprement suivi les malheurs d'Airbus, il nous faut à présent évoquer les éventuels problèmes de Boeing, le cas échéant.

Merci de n'y voir aucun chauvinisme “toulousain” bien sur ... mais les faits sont là : le constructeur aéronautique américain envisage d'arrêter la production de l'avion cargo militaire C-17 à la mi-2009, en l'absence de nouvelles commandes du gouvernement américain, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué.

Parallèlement, Boeing vient d'annoncer que la compagnie anglaise Monarch Airlines lui a passé commande de 10 Boeing 787-8 dont 6 fermes.

L'arrêt de la production du C-17 pourrait affecter 5.500 emplois directement liés à la production de l'avion cargo ainsi que la main d'oeuvre des 700 fournisseurs sous-traitants de Boeing qui emploient 25.000 personnes dans 42 Etats, a souligné Boeing dans son communiqué.

L'avionneur américain a indiqué avoir ordonné à ses fournisseurs d'arrêter le travail sur les avions qui ne font pas déjà l'objet d'une commande, qualifiant cette décision de "premier pas d'un arrêt ordonné de la chaîne de production".

Nous ne pouvons pas poursuivre le programme sans commandes supplémentaires", a souligné Ron Marcotte, vice-président et directeur général de la division Boeing Global Mobility Systems. L'avionneur n'a cependant pas exclu de poursuivre la production de l'avion s'il recevait de nouveaux contrats.

A la mi-juin, plusieurs journaux avaient mentionné que le gouvernement canadien pourrait acquérir des C-17 sans appel d'offres, Ottawa étant même sollicité avec insistance par l'administration Bush. Le Pentagone chercherait des pays membres de l'OTAN à qui vendre l'appareil pour maintenir active la chaîne de montage et le réseau d'approvisionnement en pièces.

Selon les médias canadiens, le groupe européen EADS, maison mère d'Airbus, insisterait aussi auprès d'Ottawa en souhaitant un appel d'offres "ouvert, équitable et transparent", pour proposer son A400M un peu plus petit que le C-17. L'autre cargo gros porteur disponible est l'Antonov, construit en Russie.

Cependant, le Congrès pourrait voter à nouveau, dès septembre, en faveur d'autres commandes. La production repartirait alors, impliquant néanmoins des frais supplémentaires de remise en route qui pourraient être répercutés sur le prix de vente, actuellement de 154 millions $ US l'exemplaire.

Baptisé Globemaster, le C-17 peut se poser et décoller de courtes pistes non bétonnées, il permet ainsi de réduire le transport routier qui est vulnérable aux attaques en Irak et en Afghanistan.

A noter également qu'à la mi-juillet, le constructeur américain avait confirmé que la production du futur long-courrier 787 de Boeing se heurtait à des problèmes de poids et devait faire face à des retards de certains fournisseurs, tout en indiquant pouvoir maintenir tenir son calendrier d'origine.

Le responsable de la branche aviation commerciale, Alan Mulally avait alors souligné que l'avionneur comptait toujours livrer ses premiers 787 en 2008, confirmant des propos tenus par le président du groupe, James McNerney.

Ces commentaires interviennent alors que le rival européen de Boeing, Airbus, connaît d'importants problèmes de production pour son avion géant A380, dont le calendrier de livraisons a pris plusieurs mois de retard.

Depuis son lancement en 2004, le 787 "Dreamliner" de Boeing, réputé peu gourmand en carburant grâce à l'utilisation massive de matériaux composites dans sa fabrication, a été vendu à 363 exemplaires. Toute la production des trois à quatre prochaines années serait déjà vendue, alors que le constructeur serait en négociations avec une trentaine de clients pour près de 1.000 commandes supplémentaires. Boeing envisageait même d'augmenter le rythme de production de l'appareil pour satisfaire la demande.

Le constructeur vient en effet d'annoncer que la compagnie anglaise Monarch Airlines va passer commande de 10 Boeing 787-8 dont 6 fermes, pour une valeur de 916 millions de dollars, selon un tarif « de base » non négocié. La compagnie les recevra à partir de 2010, et les utilisera pour développer sa flotte long courrier composée actuellement de 767, d'A300 et d'A330-200. La cabine sera en configuration 2 classes Business/charter.
La compagnie Monarch Airlines est une low-cost basée à l''aéroport de Londres Luton, Gatwick et Manchester.

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