L'Iran souffle le chaud et le froid sur le pétrole

Soleil_neige1024Le prix du baril de pétrole a progressé mardi après les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad remettant en cause un compromis entre l'Iran et la communauté internationale sur le nucléaire, alors qu'un relatif optimisme s'était emparé du marché depuis deux séances.

Soufflant le chaud et le froid, Téhéran a en effet précisé en début de journée ne pas souhaiter bouger "d'un iota" sur son programme nucléaire. Mardi soir le négociateur en chef iranien, Ali Larijani a déclaré que l'Iran jugeait l'offre des grandes puissances globalement "acceptable", estimant tout de même que la condition de suspension préalable de tout enrichissement d'uranium devait faire l'objet de négociations.

I – Le pétrole en hausse

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en août a gagné 55 cents, clôturant à 74,16 dollars. A Londres, le Brent de la mer du Nord a terminé à 73,67 dollars, soit une hausse de 78 cents.

La hausse des cours a été consécutive au discours tenu en début de journée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, précisant que Téhéran ne bougerait "pas d'un iota" sur son programme nucléaire, semblant ainsi rejeter de fait les propositions de la communauté internationale. Le négociateur iranien sur le nucléaire Ali Larijani a pour sa part averti que la "route" des négociations avec les grandes puissances serait "longue à parcourir".

Ces propos ont fait réagir le marché car l'Iran était jusque là la principale cause de la baisse des cours, les propos tenus les jours précédents par le négociateur iranien ayant laissé espéré qu'une conciliation pouvait être menée. Ali Larijani avait en effet qualifié de "fructueux et constructif" son entretien de jeudi soir à Bruxelles avec le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana.

L'Iran semble ainsi vouloir souffler le chaud et le froid, selon certains analystes, faisant par ailleurs remarquer que le ton des déclarations pouvait grandement différer selon l'orateur. En fin de journée, M. Larijani a en effet qualifié - avec des réserves - l'offre des grandes puissances de globalement "acceptable", ce qui s'est traduit par un léger repli des cours, qui avaient auparavant pris jusqu'à un dollar environ.

Pour certains toutefois, le semblant d'échec subi mardi par les négociateurs ne constitue pas une surprise. L'optimisme affiché par les marchés sur les éventuelles avancées qui pourraient découler de la rencontre de Bruxelles pouvait à leurs yeux sembler bien plus étonnant, le ressenti des courtiers allant tout de même jusqu' à engendrer des opérations de ventes depuis deux jours, puis désormais des ordres d'achats. Pour certains analystes, la crise iranienne est appelée à se poursuivre avec des hauts et des bas, la réaction aux annonces de court terme comportant un risque financier.

L'Iran, quatrième producteur mondial de brut avec 4 millions de barils par jour, a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'un recours à l'interruption de ses exportations au cas où elle subirait des sanctions de la communauté internationale. Le pays demeure néanmoins très dépendant de la manne pétrolière.

Les marchés attendent désormais la publication mercredi du rapport hebdomadaire sur les stocks américains de pétrole. Pour rappel, la demande américaine d'essence avait atteint la semaine dernière un niveau quasi historique. Ce rapport sera le premier à faire état du niveau de la demande d'essence lors du week-end prolongé du 4 juillet, qui marque traditionnellement un pic de la consommation d'essence aux Etats-Unis. Les analystes s'attendent à une baisse des stocks d'essence et de brut la semaine dernière aux USA.

II – L'Iran juge au final l'offre des 6 acceptable

L'Iran juge l'offre des grandes puissances globalement "acceptable" mais estime que la condition de suspension préalable de tout enrichissement d'uranium doit faire l'objet de négociations, a déclaré mardi soir le négociateur en chef iranien, Ali Larijani.

Même si elle comporte des ambiguïtés, l'offre de coopération faite à l'Iran par les grandes puissances "a un noyau central qui est acceptable", a déclaré M. Larijani lors d'un point presse à l'ambassade d'Iran à Bruxelles, après sa rencontre avec des responsables européens et russes.

Interrogé pour savoir si les Iraniens refusaient de suspendre toute activité d'enrichissement d'uranium en préalable aux négociations sur cette offre, comme l'avait indiqué un peu plus tôt un haut responsable iranien, M. Larijani a implicitement répondu par l'affirmative. "Les négociations sont précisément destinées à arriver à une entente sur les points sur lesquels nous différons", a-t-il répondu.

Les six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) à l'origine de l'offre de coopération présentée à Téhéran le 6 juin dernier ont fait de cette suspension une condition préalable, afin d'écarter la menace que l'Iran se dote de l'arme nucléaire. Les Iraniens affirment toutefois qu'il existe des divergences entre Occidentaux sur ce point.

M. Larijani s'est cependant montré optimiste sur la suite des négociations avec les six, dont les chefs de la diplomatie doivent se retrouver mercredi à Paris pour évaluer les discussions de mardi à Bruxelles. "Il faut laisser le temps aux négociations" car elles "peuvent être déterminantes pour l'avenir de la région", a-t-il souligné. "Nous pensons que le dossier iranien peut être réglé très facilement à travers la négociation", a-t-il ajouté.

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4 Commentaires

  1. 1

    bertrand

    La question qui se pose maintenant: s'agit -il pour
    l'Iran de gagner du temps ? C'est l'impression générale qui se dégage de ce processus: d'un côté un négociateur, qui juge l'offre "Acceptable", de l'autre un président qui
    dit le contraire.

  2. 2

    libertaire

    Juste une petite question dont je n'ai vu la formulation en encore moins la réponse nulle part :
    Comment se fait-il qu'un pays, dont le pétrole est abondant et quasiment gratuit et par conséquent donc la production d'électricité par des générateurs à gazoil est abondante, comment se fait-il que ce pays veuille, à grand frais, se procurer des centrales nucléaires dont il n'a pas vraiment besoin ? A moins, mais aurais-je de mauvaises pensées, que ce ne soit dans un but militaire ?

  3. 3

    ISRAEL / LIBAN

    Israël impose un blocus sur le Liban, pénètre dans ses eaux territoriales
    JERUSALEM, 13 juil 2006 (AFP)
    Israël a imposé jeudi un blocus général sur le Liban dans le cadre de son offensive contre le mouvement chiite libanais Hezbollah responsable de l'enlèvement de deux soldats et sa marine a pénétré dans les eaux territoriales libanaises.

    "Israël impose un blocus aérien, maritime et terrestre au Liban jusqu'à nouvel ordre dans le cadre de ses opérations menées pour récupérer ses deux soldats enlevés par le Hezbollah mercredi", a affirmé la radio militaire en citant des responsables de l'état-major.

    Selon un officier supérieur, d'autres aéroports libanais vont être la cible de raids israéliens, tandis que la marine va empêcher les mouvements de navires dans les ports de Saïda, Tyr, Beyrouth et Tripoli.

    La marine de guerre israélienne est d'ailleurs déjà entrée dans les eaux territoriales libanaises dans le cadre de ce blocus imposé par Israël sur le Liban, a-t-on appris de sources militaires.

    "La marine a commencé à effectuer des patrouilles dans les eaux territoires libanaises", ont indiqué ces sources.

    Les raids israéliens ont visé, selon l'officier supérieur, des maisons où sont stockés des roquettes à longue portée du Hezbollah.

    Selon l'armée, une trentaine de combattants du Hezbollah ont été tués lors des attaques israéliennes.

    L'armée a l'intention de frapper très durement le Hezbollah à Beyrouth où se trouve le quartier général de cette formation ainsi que les familles de ses dirigeants, notamment dans le quartier où habite Hassan Nasrallah, son chef.

    "Si les attaques du Hezbollah se poursuivent, il y aura aussi des raids dans ce quartier de Beyrouth", a mis en garde l'officier.

  4. 4

    ISRAEL LIBAN : nouveau record

    Pétrole: nouveaux records face aux affrontements entre Israël et le Liban
    LONDRES, 13 juil 2006 (AFP)
    Les prix du pétrole ont battu de nouveaux records historiques jeudi, en réaction à l'escalade des tensions géopolitiques liée à la crise entre Israël et le Liban et au renvoi du dossier nucléaire iranien devant l'Onu.

    Le prix du "light sweet crude" coté sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) a grimpé jusqu'à 75,89 dollars le baril pour livraison en août, contre un précédent record de 75,78 dollars vendredi dernier.

    Le prix du Brent coté à Londres a atteint quant à lui 75,45 dollars le baril sur l'échéance d'août, contre 75,09 dollars vendredi.

    Les cours prix du brut étaient revenus au-dessus de 75 dollars durant les échanges asiatiques sur fond d'aggravation de la crise entre Israël et le Liban.

    "Le problème israélo-palestinien avait été relégué au second plan par l'Irak et l'Iran, mais c'est le grand-père des problèmes pétroliers", a commenté Tony Nunan, responsable de la gestion du risque dans le secteur de l'énergie chez Mitsubishi Corp's à Tokyo.

    A 07H40 GMT, le Brent s'échangeait à 75,09 dollars, en hausse de 70 cents par rapport à la clôture de la veille, et le "light sweet crude" prenait 67 cents à 75,62 dollars.

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