Iran : l'Onu mise en garde

Iran_boulle En plein conflit ouvert entre Hezbollah et Israel, on en oublierait presque le dossier nucléaire iranien. Ceci pourrait constituer un des buts non affiches d'une partie des belligérants. Néanmoins, le problème qui demeure bel et bien non résolu, est toujours d'actualité.

L'Iran veut continuer ses activités d'enrichissement d'uranium et met en garde contre l'adoption par le Conseil de sécurité d'une résolution "visant à limiter ses droits en matière nucléaire", a déclaré en effet jeudi le chef du nucléaire iranien.

I – L'Iran souhaite poursuive ses activités d'enrichissement

Défiant les appels de la communauté internationale, l'Iran s'est dit jeudi déterminé à produire du combustible nucléaire sur son territoire et a accusé les Etats-Unis de vouloir empêcher un règlement négocié de la crise suscitée par son programme énergétique.

Conformément au plan établi, pour produire du combustible nécessaire pour 20.000 mégawatts d'énergie nucléaire d'ici 20 ans, la République islamique d'Iran, annonce dans un communiqué avoir décidé de produire une partie de son combustible nucléaire en Iran même, tentant de produire le combustible nécessaire.

"Si le chemin de la confrontation est choisi à la place de celui du dialogue, et en cas de toute action pour limiter le droit absolu du peuple iranien, la République islamique d'Iran n'aura d'autre choix que réviser ses politiques nucléaires", ajoute le communiqué.

L'Iran continue l'examen des propositions avancées par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne en vue d'obtenir une renonciation de sa part à son programme d'enrichissement, affirmant souhaiter que la crise soit réglée par la négociation. Téhéran déplore néanmoins que les Etats-Unis "cherchent à dresser des obstacles sur la voie des discussions et d'une solution diplomatique".

Pour rappel, le Conseil de sécurité des Nations unies a été saisi la semaine dernière du dossier nucléaire iranien, Téhéran n'ayant pas répondu à une série de propositions des cinq membres permanents du Conseil et de l'Allemagne qui l'invitaient à renoncer à enrichir de l'uranium en échange d'incitations économiques et diplomatiques.

La République islamique a affirmé qu'elle donnerait sa réponse d'ici au 22 août. Le président Mahmoud Ahmadinejad a envoyé mercredi à la chancelière allemande Angela Merkel une lettre dont le contenu n'a pas été rendu public. Mais selon des diplomates occidentaux, Larijani n'aurait pas été ouvert aux discussions lors de sa rencontre de la semaine dernière avec Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne.

Des responsables iraniens ont précédemment déclaré que l'Iran pourrait être amené à remettre en cause sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

II – Désaccord sur d'éventuelles sanctions

Le représentant permanent des Etats-Unis à l'Onu, John Bolton, a indiqué mercredi que les membres du Conseil de sécurité et l'Allemagne n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord sur les moyens de contraindre l'Iran à mettre fin à son programme nucléaire, soupçonné d'etre en partie militaire.

La Russie et la Chine ont soulevé des questions sur un projet de résolution élaboré par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, qui comprend des menaces de sanctions et vise à imposer une date-butoir à la République islamique pour qu'elle respecte la volonté de la communauté internationale.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a indiqué dans un entretien publié jeudi que la Russie était favorable à une date-butoir. Moscou est prêt à débattre, au Conseil de sécurité de l'ONU, de sanctions à infliger à l'Iran - y compris à caractère économique - si ce dernier ne réagit pas aux exigences de l'AIEA, a déclaré mercredi à Moscou le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

"Beaucoup de temps s'est écoulé, beaucoup plus que ce que le président iranien avait promis à notre président (...)", déplore le ministre des Affaires étrangères. "Nous serons prêts à soutenir une résolution qui renforcera les exigences de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) en ce qui concerne l'Iran et qui l'invitera à répondre après un délai précis", précise-t-il.

Le Conseil de sécurité de l'ONU peut revenir à l'examen du dossier nucléaire iranien à tout moment, car Téhéran n'a toujours pas répondu aux propositions des "six" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne).

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