Flambée du pétrole:grave problème selon le G8

Danseuploaded_14686Les pays du G8 ont qualifié de "problème grave" la hausse spectaculaire des prix du pétrole, dans une déclaration commune publiée dimanche à Saint-Pétersbourg. Cette flambée demeure d'autant plus préoccupante que le conflit ouvert entre Israël et le Liban attise le feu.

L'urgence de la situation énergétique et environnementale de la planète semble rendre poétique Jacques Chirac, puisque selon ses termes lors de la réunion du G8, "l'humanité danse sur un volcan". Néanmoins, les mots sont là de toute évidence pour choquer en vue de faire -enfin – réagir – entreprises et populations, parfois bien semblable à des autruches. Celles-ci ont une excuse : elles ne lisent pas les journaux.

Les membres du G8 se sont également engagés dans une déclaration commune à promouvoir des marchés de l'énergie "ouverts et transparents".

I – Hausse des cours du brut : un "problème grave"

Les pays du G8 ont qualifié de "problème grave" la spectaculaire flambée des prix du pétrole dans une déclaration commune publiée dimanche à Saint-Pétersbourg, les évènements actuels au Moyen-Orient ne pouvant qu'attiser le feu.

"Pour relever le défi qui consiste à garantir un approvisionnement suffisant" en énergie dans le monde "nous devons résoudre des problèmes graves" tels que les "prix élevés et volatils du pétrole", souligne le texte.

Le prix du baril de pétrole a dépassé cette semaine le seuil record de 78 dollars, en raison de craintes d'un conflit généralisé au Proche-orient compte-tenu des opérations militaires menées par Israël et le Hezbollah libanais. Cette évolution menace également la croissance économique mondiale.

II - Le G8 s'engage à promouvoir des marchés de l'énergie ouverts

Sujet favori de Vladimir Poutine, les pays du G8 réunis à Saint-Pétersbourg se sont engagés à promouvoir des marchés de l'énergie "ouverts et transparents" dans une déclaration commune publiée dimanche.

Ils acceptent le principe de "marchés ouverts, transparents, efficaces et compétitifs", permettant un accès effectif au marché pour les opérateurs économiques, et la promotion d'un "cadre législatif transparent et équitable" pour favoriser les investissements.

Les pays du G8 affirment en particulier leur soutien aux principes de la Charte de l'énergie, signée en 1994 par la Russie mais qu'elle n'a depuis jamais ratifiée. Cette charte impose la soumission aux règles de la concurrence dans l'énergie.

III – Lutte contre le réchauffement climatique, division sur Kyoto

Le sommet du G8 de Saint-Pétersbourg a appelé dimanche à agir contre le réchauffement climatique, sans toutefois surmonter ses divisions sur le protocole de Kyoto, rejeté par les Etats-Unis. Les huit grandes puissances ont affirmé, dans un communiqué sur les questions énergétiques, vouloir "continuer d'oeuvrer pour réduire les gaz à effet de serre et relever efficacement le défi de la lutte contre le changement climatique".

Les divisions sur Kyoto apparaissent toutefois clairement. "Ceux d'entre nous qui ont pris l'engagement de réussir la mise en oeuvre du protocole de Kyoto soulignent l'importance qu'ils y attachent", indique le texte. Le communiqué reconnaît "diverses approches pour faire face aux problèmes indissociables que sont la sécurité énergétique, la maîtrise de la pollution atmosphérique et la réduction des gaz à effet de serre responsables du changement climatique à long terme".

Selon l'organisation écologiste Greenpeace, ce document "démontre l'isolement de l'administration Bush dans son opposition au protocole de Kyoto". Le WWF International, a estimé pour sa part que "le G8 n'a pas réussi à apporter une réponse sérieuse sur la protection du climat". Pour le WWF, "il y a toujours un fossé entre l'ampleur du problème et les solutions proposées". Outre les Etats-Unis qui rejettent Kyoto, le nouveau gouvernement conservateur canadien s'est montré très sceptique sur ce protocole.

Le président français Jacques Chirac, l'un des plus fermes partisans de Kyoto, a estimé dimanche à Saint-Petersbourg que "l'humanité danse sur un volcan" et que "nous ne pouvons pas discuter de sécurité énergétique en faisant l'impasse sur le changement climatique".

Le Protocole de Kyoto, entré en vigueur en février 2005 a été ratifié par 163 pays qui représentent environ 61% des émissions des six principaux gaz à effet de serre (GES), dont le dioxyde de carbone (CO2), responsables du changement climatique. Il impose des réductions d'émissions de gaz à effet de serre variables selon les pays industrialisés concernés d'ici 2012.

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