EDF : une entreprise qui veut être dans le vent

EolienEDF souhaite visiblement démontrer qu'elle est une entreprise dans le vent. Quoi de plus normal alors en somme d'investir 3 milliards d'euros dans l'énergie éolienne d'ici 2010, et de miser sur les énergies renouvelables, selon les propos mêmes de son PDG.

A noter que Total est également moteur sur l'éolien, grâce notamment au projet de centrale éolienne de 12 MW à proximité du site de sa Raffinerie de Dunkerque, à Mardyck, représentant un investissement d’environ 15 millions d’euros.

L’orientation prévue par l’Union européenne est de faire passer la part des énergies renouvelables des États membres de 14 % en 1997 à 22 % en 2010. Pour la France, cet objectif nécessiterait que la capacité éolienne installée à cette échéance dépasse les 10 000 MW.

I – EDF souhaite investir dans l'éolien

Selon les propos du PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, dans le Journal du dimanche, daté du 9 juillet, l'entreprise étudie la possibilité d'introduire en bourse sa filiale Energies nouvelles avant la fin de l'année, EDF conservant dans le cadre de l'opération 50% du capital de la société.

L'investissement de trois milliards d'euros est équivalent à celui de la construction de la prochaine nucléaire EPR. "C'est un symbole très fort", selon Pierre Gadonneix. Les ressources "éventuellement levées" par l'introduction en bourse permettraient à EDF Energies nouvelles d'investir en France et sur les marchés porteurs, comme les Etats-unis, l'Espagne ou le Portugal.

En France, l'objectif est d'évoluer de 15% à 20% "d'un marché en plein développement", le parc éolien français ayant triplé en 18 mois, "passant de 350 mégawatts fin 2004 à un millier aujourd'hui".

II – Diversifier le bouquet énergétique

Pour diversifier le bouquet énergétique de la France et pour stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre, la France s’est fixée comme objectif, de produire 21 % de sa consommation d’électricité à partir de sources renouvelables en 2010 dans la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique du 13 juillet 2005. Pour atteindre cet objectif ambitieux, il est nécessaire d'agir sur tous les leviers dont la France dispose.

Ainsi en tout premier lieu, une maîtrise de la consommation d’électricité pourra permettre de réduire les besoins énergétiques à l'échéance 2010, facilitant ainsi mathématiquement l'atteinte de l’objectif de 21 %. En deuxième lieu, l'exploitation des gisements d’énergies renouvelables pourra être vue comme rentable ou proche de la rentabilité. A l’horizon 2010, les filières exploitables seront par ordre de disponibilité l'énergie éolienne, la biomasse (bois, résidus agricoles…), la petite hydroélectricité, la géothermie et l'énergie solaire.

Actuellement, les énergies renouvelables représentent 14 % de la production d’électricité en France : c’est principalement l'énergie éolienne que permettra d’atteindre l’objectif de 21 % en 2010.

III – Le secteur de l'énergie éolienne en France

Au 31/03/2006, la puissance totale installée en service en France était de 918,615 MW , les parcs en cours de construction de 53.700 MW , pour une puissance totale suivie en production de 589,81 MW . Après une progression de 377 MW en 2005 de la puissance éolienne installée en France, 18 nouveaux parcs éoliens d'un total de 151 MW ont été mis en service en janvier 2006.

A la fin de 2005, 757 MW de parcs éoliens étaient installés en France (DOM-TOM compris), en croissance de 94 % par rapport aux 390 MW installés en fin 2004. Ces taux de croissance gigantesques sont néanmoins à relativiser compte tenu du parc faible par rapport à ceux de l'Europe et principalement de l'Allemagne et de l'Espagne. Grâce au système tarifaire éolien en cours depuis Juin 2001, qui permet une rentabilité suffisante des investissements même sur les sites moyennement ventés, de nouveaux parcs sont installés non seulement dans les régions les plus ventées tel le Languedoc-Roussillon mais aussi dans celles qui le sont le moins comme le Nord Pas de Calais, la Picardie, la Bretagne, la Lorraine.

IV – Les avancées technologiques

Si le faible coût des énergies fossiles freinait jusqu’à présent les recherches dans le domaine de l’éolien, la récente flambée du cours du brut incite les investisseurs à accélérer les recherches dans le domaine. L’apparition des nouvelles technologies éoliennes pourraient très certainement voir le jour au cours de l’année 2006.

La technologie actuellement la plus utilisée pour capter l’énergie éolienne consiste à placer au bout d’un axe horizontal des pales formant une hélice, mais elle présente certains inconvénients : l'encombrement spatial est important, le vent doit être le plus régulier possible, et donc interdit des implantations en milieu urbain ou dans un relief très accidenté. La production énergétique dépend directement de la force du vent, indépendamment des besoins.

Les nouvelles éoliennes en cours de développement permettent d'aboutir à une technologie qui s’affranchit du bruit, de l’encombrement et de la fragilité, tout en étant capables d’utiliser le vent quelque soit sa direction et sa force. Certaines éoliennes sont de petite taille, avec pour objectif de pouvoir les installer sur les immeubles d’habitation, ou sur les toitures d'immeubles industriels et commerciaux, dans des gammes de puissances allant de quelques kW à quelques dizaines de kW de puissance moyenne.

Concernant le stockage de l’énergie, une piste prometteuse est l’électrolyse de l’eau et la production d’hydrogène, qui peut être stocké avant d’être reconverti en énergie selon les besoins au moyen d’une pile à combustible. Mais ces technologies nécessitent des progrès, principalement de coût de fabrication et de maintenance, avant de pouvoir passer à un stade industriel.

V - Un tarif spécial pour l'éolien offshore

Un tarif d'achat à 13 centimes d'euros le kW/h, de l'électricité produite à partir de centrales éoliennes offshore a été créé, afin de favoriser le développement de projets, a annoncé le ministre délégué à l'Industrie, François Loos, jeudi 15 juin, lors du salon des Energies renouvelables.

Le premier parc éolien en mer de France devrait voir le jour d'ici 2008, en Seine-Maritime, à sept kilomètres au large de la petite station balnéaire de Veulettes-sur-Mer. Avec un total de 105 MW, soit 10 % de la puissance totale installée aujourd'hui dans les éoliennes à terre en France, il serait capable de produire environ 300 millions de KWh chaque année, c'est à dire l'équivalent de la consommation d'une ville de 150.000 habitants. Ce projet deviendra un parc à condition que l'ensemble des études en cours, notamment celles concernant les aspects techniques et économiques, démontrent qu'il est réalisable.

Depuis février 2000, EDF a l'obligation de racheter l'électricité d'origine renouvelable à un prix fixé par État. Le gouvernement veut donner un coup d'accélérateur au développement des énergies renouvelables pour respecter les engagements de la France dans ce domaine.

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5 Commentaires

  1. 1

    calidris

    le problème principal de l'éolien n'as toujours pas sa solution. En clair, l'énergie est trés diluée dans l'espace et n'arrive que rarement quand on en as besoin. Ce que cherche un producteur, c'est une énergie concentrée, souple et modulable, tout le contraire de l'éolien.

    Dans le meilleur des cas, cette technologie ne dépassera pas l'épaisseur du trait dans les courbes de production. Peut-être vaut t'il mieux dépenser des milliard d'euro ailleurs? Du coté des réacteurs de 4 emme génération par exemple.

  2. 2

    Elisabeth

    Oui, a priori le pb est bien celui du stockage de l'energie , la technologie associée n'est pas encore au top et pas encore rentable.

  3. 3

    Anonyme

    quel est le coût de fabrication d'une éolienne ?

  4. 4

    Anonyme

    quel est le coût de fabrication d'une éolienne ?

  5. 5

    Elisabeth

    Très bonne question, j'y réponds au plus tot

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