Corée du Nord: les USA appellent à être résolus

Coree49798369Le principal négociateur américain sur le dossier nucléaire nord-coréen, Christopher Hill, a affirmé dimanche soir à Tokyo que tous les pays concernés étaient "résolus" face au régime de Pyongyang, réfutant toute idée de division au sein de la communauté internationale sur la réponse à apporter à la crise des missiles.

Russie et Chine avaient tout de même laissé sous-entendre vouloir mettre quelques bémols au semblant d'harmonie affichée par les américains, n'étant pas favorables à d'éventuelles sanctions. Pour rappel, le Conseil de sécurité de l'Onu a tenu mercredi une réunion d'urgence pour s'entretenir des positions à tenir suite aux essais de missiles réalisés le jour même par la Corée du Nord.

I – USA : les pays doivent se montrer résolus face à la Corée

Selon le diplomate américain Christopher Hill, arrivant de Séoul, tous les pays font "preuve de résolution à leur manière", ce qu'il juge comme point positif majeur. D'après ses dires et son ressenti, aucune division ne ferait de l'ombre à ce semblant d'unité. Selon lui au contraire, le message à l'adresse de la Corée du Nord, serait très clair.

M. Hill est arrivé dimanche soir pour des entretiens à Tokyo, troisième étape d'une tournée visant à trouver une réponse internationale commune à la crise des missiles nord-coréenne. Son séjour au Japon sera suivi d'un voyage à Moscou. Le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires asiatiques avait commencé sa tournée vendredi à Pékin où il n'a pas réussi à vaincre les réticences chinoises à l'adoption d'un projet de résolution japonais menaçant la Corée du Nord de sanctions après les tirs de missile auxquels elle a procédé mercredi.

La Chine, qui a un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, préférerait une déclaration présidentielle moins contraignante, tout comme Moscou. La date du vote sur la résolution doit être annoncée lundi.

II – Le projet de sanctions mis en avant par le Japon

Le Japon a présenté vendredi un projet de résolution du Conseil de sécurité prônant la mise en oeuvre de sanctions contre la Corée du Nord. Le projet, "co-parrainé" par la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis, invoque le chapitre 7 de la Charte de l'ONU, qui autorise des sanctions voire une action militaire.

Demandant que Pyongyang cesse "immédiatement le développement, l'essai, le déploiement et la prolifération des missiles balistiques et rétablisse ses engagements antérieurs à un moratorium sur le lancement de missiles", le projet appelle également les pays membres à prendre les mesures nécessaires pour empêcher l'achat auprès de la Corée du Nord de missiles, de composants ou de technologie associés.

Jeudi, le ministère des Affaires étrangères de la Corée du Nord avait affirmé dans une déclaration que les derniers tirs de missiles faisaient partie des exercices militaires de routine menés par l'armée pour renforcer les capacités d'auto-défense militaire du pays.

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Aso, a demandé vendredi à son homologue russe, Sergueï Lavrov, de soutenir la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant les essais de missiles en Corée du Nord. Tokyo n'ignore pas la position de Moscou et de Pékin qui estiment que des sanctions contre Pyongyang pourraient compromettre le retour de la Corée du Nord à la table des négociations à six. Mais le Japon considère qu'une réaction énergique peut, au contraire y contribuer. Selon Tokyo, l'absence d'une réponse catégorique pourrait être interprétée comme un faux-message par la Corée du Nord.

III – Chine et Russie en accord sur la Corée et autres dossiers

La Chine et la Russie ont appelé vendredi à la résolution diplomatique de la crise de tirs de missiles de Pyongyang, alors que le Japon a manifesté son intention d'imposer des sanctions  contre la la République populaire démocratique de Corée (RPDC). 

Le ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing et son homologue russe Sergei Lavrov ont par ailleurs discuté samedi par téléphone de la réponse des Nations unies à des essais de missiles effectués par la Corée du Nord, a-t-on appris du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les deux parties ont également abordé la promotion du partenariat de coopération stratégique entre la Chine et la Russie, selon la même source.

IV – La Chine contre d'éventuelles sanctions

La Chine souhaite que la réponse de l'ONU à des essais de missiles de la RPDC soit "propice à la paix et la stabilité dans la Péninsule coréenne", selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu. Pékin estime qu'au lieu de chercher à imposer des sanctions contre Pyongyang, le Conseil de sécurité de l'ONU devrait donner une réponse unanime et ferme aux tirs de missiles de la RPDC à l'aide d'"une déclaration présidentielle libellée en termes sévères", a déclaré vendredi Wang Guangya, représentant permanent chinois à l'ONU.

En plus de ces messages forts, le Conseil de sécurité doit entreprendre d'une façon responsable des actions, en prenant en considération toutes les conséquences négatives possibles qu'elles pourraient provoquer, a-t-il poursuivi.

V - La Russie pour une solution diplomatique

L'ambassadeur russe auprès de l'ONU, Vitaly Churkin, a déclaré pour sa part que la Russie avait "de sérieuses inquiétudes" sur les actions de la Corée du Nord. Mais il a cependant exprimé l'opposition de la Russie à toute sanction, plaidant en faveur d'une déclaration présidentielle. Il a exhorté toutes les parties à être "lucides" et à ne pas oublier la nécessité des pourparlers pour trouver une solution diplomatique.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est quant à lui déclaré certain vendredi dans une interview publiée par le quotidien Rossiïskaia gazeta que le retour de la Corée du Nord au régime de non-prolifération des armes nucléaires passait par des négociations. "Nous devons faire ce qu'il faut pour obtenir le résultat que nous voulons tous. L'objectif à atteindre est de régler le problème nucléaire de la péninsule de Corée, ce qui implique le retour de la RDPC au régime de non-prolifération des armes nucléaires et l'élimination de toutes les menaces contre ce régime", a-t-il indiqué. "Les pourparlers à six doivent reprendre. [...] Cinq pays y sont prêts. Nous invitons la RDPC à confirmer également qu'elle y est prête afin que nous puissions commencer à nous préparer à la reprise des négociations", a affirmé le ministre.

En ce qui concerne la proposition de certains pays de prendre des sanctions contre la Corée du Nord, Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie était persuadée que la réaction du Conseil de sécurité de l'ONU était nécessaire, plaidant même pour de la fermeté, tout en se positionnant contre toutes menaces, qui – selon lui - ne peuvent susciter que d'autres menaces en retour. Selon le ministre russe des Affaires étrangères, "la réaction doit être bien réfléchie, elle doit viser à la reprise des négociations. Il n'y a pas d'autre choix. J'estime que tout le monde est d'accord là-dessus, et nous occuperons cette position".

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2 Commentaires

  1. 1

    Anonyme

    juillet 2006 - 09:06

    L'Inde teste un missile capable d'atteindre Pékin et Shanghai

    NEW DELHI - L'Inde a procédé à son premier essai d'un missile balistique de moyenne portée à capacité nucléaire, ont annoncé des responsables indiens de la Défense. Cette arme pourrait atteindre les villes chinoises de Pékin et de Shanghai.

    Le test d'un missile Agni-III s'est déroulé à Wheeler Island, à 180 kilomètres au nord-est de Bhubaneswar, capitale de l'Etat indien d'Orissa (Est), selon la même source. Le ministre de la Défense Pranab Mukherjee avait annoncé en mai que le missile était prêt.

    Le test intervient en pleine crise suscitée par le tir d'essai mercredi d'au moins sept missiles nord-coréens, dont un Taeopodong-2 d'une portée suffisante pour frapper l'Alaska. L'ensemble des engins de la Corée du Nord se sont abîmés en mer du Japon peu après leur décollage.

    L'Inde, puissance nucléaire déclarée depuis 1998, a déjà mis au point et déployé plusieurs missiles balistiques à capacité nucléaire.

    Elle entend couronner son programme avec un missile balistique d'une portée de 5000 km baptisé Surya (Soleil) pour se donner la capacité militaire de frapper au-delà de l'Asie du Sud.

  2. 2

    Anonyme

    Missiles: Séoul lance un avertissement à la Corée du Nord
    PUSAN (Corée du Sud), 12 juil 2006 (AFP)
    La Corée du Sud a adressé mercredi un sérieux avertissement à sa voisine du Nord qu'elle a dissuadée de procéder à d'autres tirs de missiles tout en l'exhortant à reprendre les pourparlers sur ses programmes nucléaires, a-t-on appris de source officielle.

    "Nous avons clairement indiqué que la situation pourrait échapper à tout contrôle si le Nord procédait à de nouveaux tirs de missiles", a indiqué Lee Kwan-Se, porte-parole de la délégation sud-coréenne aux rencontres intercoréennes ouvertes mercredi dans la ville de Pusan (sud-est).

    "Nous avons également exhorté le Nord à revenir aux pourparlers à Six afin de prévenir une escalade des tensions et de résoudre la crise à travers le dialogue", a-t-il ajouté.

    Ces pourparlers (Etats-Unis, deux Corée, Chine, Japon et Russie), lancés en 2003 et qui visent à obtenir de Pyongyang l'abandon définitif de son programme nucléaire, sont au point mort depuis novembre 2005.

    De leur côté, les Nord-Coréens ont demandé à la Corée du Sud, alliée des Etat-Unis, "de cesser à partir de l'année prochaine toute manoeuvre militaire conjointe avec des puissances étrangères à de façon à éviter une guerre et à préserver la paix dans la péninsule coréenne", selon le porte-parole.

    Ils ont également réitéré leur demande de livraison de 500.000 tonnes de riz que Séoul avait décidé de suspendre par mesure de rétorsion après les essais de la Corée communiste, selon la même source.

    Une délégation de cinq responsables sud-coréens chapeautée par le ministre de l'Unification, Lee Jong-Seok, entame jusqu'à vendredi des entretiens avec leurs homologues du Nord conduits par Kwon Ho-ung, conseiller en chef du gouvernement.

    Des réunions à haut niveau se tiennent depuis plusieurs années dans le but d'apaiser les tensions entre les deux pays toujours théoriquement en guerre en l'absence d'un traité de paix concluant le conflit de 1950-53.

    La semonce sud-coréenne intervient alors qu'aucun progrès sensible n'a été enregistré à l'ONU dans la recherche d'un consensus sur la réponse à donner aux tirs de missiles du régime communiste, grandes puissances restant suspendues aux entretiens entre Pékin et Pyongyang.

    La Chine et la Russie demeurent opposées à l'imposition de sanctions contre la Corée du Nord. La France a émis l'idée d'une approche graduelle, prévoyant une "déclaration présidentielle forte" sans écarter par la suite un projet de résolution contraignant proposé par le Japon.

    La Corée du Nord a procédé le 5 juillet au tir d'essai de six missiles à courte et moyenne portée et d'un septième missile intercontinental de modèle Taepodong-2 pouvant en théorie atteindre les Etats-Unis. Tous se sont abîmés en mer du Japon au large des côtes nippones et russes.

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